Le programme économique du Premier ministre








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Gerard CLEMENT Page DU 6 AU 11 JUILLET 2017 18191.doc17/01/2018


CENTRE RHONE –ALPES D’INGENERIE SOCIALE SOLIDAIRE & TERRITORIALE



REVUE DE PRESSE

DU 6 AU 11 JUILLET 2017



  • Cérémonie nationale d’hommage à Mme Simone VEIL. Cour d’Honneur de l’hôtel national des Invalides

  • Pourquoi les chiffres sur les générations sont à manier avec précaution

  • Droits de l’Homme (plutôt que "droits humains")

  • Tony Meloto : "Les jeunes ont l'obligation de bousculer l'ordre établi"

  • Le prix de l’hôpital

  • M1717 : Hamon se met en mouvement

  • Le programme économique du Premier ministre

  • Macronisme et bonapartisme

  • Encore une fois, le déficit budgétaire sort des clous

  • COMMENT TRAVAILLERONS-NOUS DEMAIN ? L’AVENIR DU SALARIAT

  • FRACTURES FRANÇAISES 2017

  • DROITS DES FEMMES AUX NATIONS UNIES : QUEL BILAN ?

  • Attentats : prévenir les traumatismes

  • Retraites : le bel avenir est à portée de main Contre les visions catastrophistes du COR

Cérémonie nationale d’hommage à Mme Simone VEIL. Cour d’Honneur de l’hôtel national des Invalides

05 Juillet 2017

Cher Jean, cher Pierre-François, chers membres de la famille VEIL,

Messieurs les présidents,

Mesdames et messieurs les chefs de gouvernement,

Mesdames et messieurs en vos grades et qualités,

Votre nombre, vos qualités, votre présence, la présence de tant et tant de nos concitoyens qui sont là parmi nous, sont les témoignages vivants de l’importance de cet instant.

Au moment de rendre à Simone VEIL l’hommage de la nation, après les témoignages si puissants et poignants de ses deux fils, suspendons un instant le fil obligé des discours officiels et contemplons cette vie ? car elle ne cesse décidément de nous étonner.

Jamais nous n’en pourrons mesurer les souffrances ? si profondes, si violentes, de celles qui brisent une âme - qu’il s’agisse de la noire expérience des camps de la mort où moururent sa mère bien-aimée Yvonne, son père André, son frère Jean ; plus tard du décès accidentel de sa sœur Madeleine, compagne de déportation, et de son neveu Luc : de la mort trop précoce de son fils Claude-Nicolas ; enfin de la disparition d’Antoine, si présent aujourd'hui dans nos pensées, dans notre cœur, Antoine l’indispensable, Antoine toujours bouillonnant d’idées et d’histoires, si gai et au fond si solide.

Mais jamais non plus de cette vie nous pourrons peser exactement l’invincible ardeur, l’élan profond vers ce qui est juste et bien, et l’énergie inlassable à le faire triompher. Oui, cette vie de femme offre à notre regard des abîmes dont elle aurait dû ne pas revenir et des victoires éclatantes qu’aucune autre qu’elle n’aurait su remporter.

A ce mystère d’existence, de caractère, à ce mystère qui défie la raison commune et nous inspire tant de respect et de fascination, nous donnons en France un nom, bien ancré dans notre génie national. Ce nom c’est la grandeur. Cette grandeur est celle des combats qu’elle livra les uns après les autres, parfois les uns en même temps que les autres car ce ne furent ni plus ni moins que les combats du siècle.

Son engagement pour transférer en France sous statut de réfugiées politiques ces femmes qui subissaient dans les geôles françaises en Algérie le viol, la faim, les coups, fut d’une lucidité implacable, généreuse, qui aujourd'hui encore nous stupéfie. Sa bataille pour que cessent les conditions sordides et meurtrières dans lesquelles se déroulaient les avortements, mais aussi contre l’hypocrisie sociale qui les favorisaient fait partie pleinement de l’histoire de notre modernité.

Son combat pour l’Europe ne datait pas de son élection comme députée au Parlement européen, puis comme première Présidente de celui-ci. Il remontait plus loin, dans l’intimité même de son existence. Il datait de 1945. Les plaies de la déportation n’étaient pas refermées mais cela ne l’empêchait pas de vouloir renouer avec l’Allemagne.

Un de ses proches m’a fait cette confidence : jamais il n’entendit Simone VEIL prononcer sur l’Allemagne et les Allemands la moindre parole amère ou blessante. Elle aima l’Europe, elle la défendit toujours. Dans les moments où le pays pouvait douter, ou d’autres la critiquait, elle était là. Parce qu’elle savait qu’au cœur de ce rêve européen, il y avait avant tout ce rêve de paix et de liberté pour lequel elle s’est tant battue.

Elle ne fit pourtant pas de l’oubli et encore moins du pardon aux bourreaux la condition de cette réconciliation. Bien au contraire. Parce qu’elle tenait que la mémoire est là pour que l’inconcevable ne se reproduise pas, et non pour amoindrir l’horreur. Je vois ici, dans cette cour, tant et tant de compagnons de ses combats menés durant tant d’années alors que trop nombreux étaient ceux qui étaient prêts à ne rien dire. Comme présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, elle observa cette ligne d’une exigence totale. Ne rien céder à l’oubli, redonner corps à toute trace, redonner des visages et des noms et réconcilier.

D’autres combats – ils sont si nombreux – nous reviennent à l’esprit comme celui pour la ratification de la déclaration universelle des droits de l’homme à la tribune des Nations Unies, celui de la protection sociale, ses combats de ministre aux côtés de Valéry GISCARD D'ESTAING, Jacques CHIRAC, François MITTERRAND et Edouard BALLADUR, celui des droits de l’homme en Yougoslavie et partout, toujours, sa lutte pour les femmes, son engagement contre le racisme, contre l’antisémitisme. Les temps, hélas, lui fournirent bien des raisons de s’engager avec force.

Mais il y a plus encore. Ces combats, elle les mena bien souvent avant que la société et les mœurs ne les aient faits leurs, avant que la majorité ne les ait adoptés. Elle eut raison bien souvent avant l’opinion commune et souvent contre elle. Simone VEIL fut cet éclaireur de la République qui monte seul à l’assaut de Bastille réputées imprenables et qui, pourtant, les prend, pour ensuite nous les offrir en partage, à nous qui n’avions pas cru que cela serait possible, ou qui par indifférence parfois avions permis que le scandale prospère.

Aujourd’hui, la République s’enorgueillit d’avoir livré ces combats. Mais avons-nous toujours été justes avec cette Juste ? Le salaire de son courage, ce fut souvent la haine venimeuse des uns, les injures exécrables des autres. De cela elle fut blessée, mais jamais abattue. Elle tenait tête, car elle savait la solitude des pionniers, le sort cruel qu’on réserve à ceux qui bousculent l’ordre établi et dérangent l’assoupissement général. La victoire était à ce prix car la victoire, en vérité, n’avait pas de prix.

La liberté aussi était à ce prix et Simone VEIL l’avait résolument choisie. Elle sut se tenir aux marges, dans cette insoumission intraitable et vigilante qui, lorsqu’elle se met en action, obtient les plus belles conquêtes et change ce qui se croyait établi pour toujours. Mais d’où lui venait cette force, cette volonté toujours de se battre pour des causes justes ? Quelle fut cette boussole intérieure qui toujours lui indiquait le chemin vrai ? Comment se fait-il que jamais elle ne se trompa de combat ?

A cela, chacun apportera sa réponse selon ce qu’il eut à connaître d’elle. Je crois, pour ma part, que le secret s’en trouve dans son expérience si précoce et si radicale de l’arbitraire et du Mal.

De cela, elle tira presque aussitôt une morale de vie inaltérable. La souffrance ne donne qu’un droit : celui de défendre le droit de l’autre. Tel était son absolu, né de sa douleur intime ineffaçable : aider, protéger l’autre, en particulier les plus faibles.

Nous le savons elle eut souvent la dent dure avec les plus puissants. Mais elle fut toujours tendre avec les faibles. Elle ne défendit pas les femmes parce qu’elles étaient femmes, mais parce qu’elles étaient humiliées par la puissance des hommes.

Combien il reste à faire à cet égard comme à tant d’autres ! Comme nous avons encore besoin de cette capacité de colère et d’action qui jusqu’au bout l’animèrent !

Car, ne nous y trompons pas, les combats de Simone VEIL ne sont pas des victoires acquises pour toujours, ce qui les a fait naitre ressurgit sans cesse, ici ou ailleurs, aujourd’hui malheureusement dans trop d’endroits en Europe et au cœur de nos sociétés.

Intolérance, sectarisme, haine fanatique ou doctrinaire, extrémismes avançant sous le masque d’un populisme débonnaire, compromissions de toutes sortes avec ce qui piétine notre humanité restent des braises ardentes prêtes à rallumer les pires embrasements.

La détermination inexorable de Simone VEIL à faire prévaloir en tout l’humain, est ici notre cap.

Son humanité, du reste, n’était pas réservée à la sphère publique. Elle irriguait son intimité à l’égard de son époux, de ses fils, de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Aux lettres si nombreuses qu’elle recevait où des correspondants lointains exprimaient leur détresse ou leur solitude, elle répondait avec attention. Parfois, dit-on, cela irritait un peu Antoine. Elle employait pour cela une langue française de grande élégance que nourrissait sa vive passion pour la littérature française, ce goût inculqué dès l’enfance par son père. Il eût été si fier de voir sa fille accueillie à l’Académie Française.

Lorsqu’une vie se consacre à la justice, et singulièrement à la justice pour les plus faibles, les plus exposés, les plus humiliés ; lorsque cette vie est nourrie par une bienveillance sans partage à l’égard de cette humanité dont pourtant elle a vu la face la plus hideuse ; et lorsque cette vie choisit de se construire sous l’égide de la République, c’est la France qui en est grandie.

Vous avez, Madame, prodigué à notre vieille Nation des dons qui l’ont faite meilleure et plus belle. Vous avez jeté dans nos vies cette lumière qui était en vous et que rien ni personne n’a pu jamais vous ôter. Les Français l’ont su, l’ont compris. Votre grandeur fit la nôtre.

Aussi, ce n’est pas seulement l’hommage de la Nation qu’en ce jour endeuillé nous vous présentons. C’est la France et l’Europe tout entière qui sont là témoignant de vos combats.

Et au moment où vous nous quittez, je vous prie, Madame, de recevoir l’immense remerciement du peuple français à l’un de ses enfants tant aimés, dont l’exemple, lui, ne nous quittera jamais.

C’est pourquoi j’ai décidé, en accord avec sa famille, que Simone VEIL reposerait avec son époux au Panthéon.
Pourquoi les chiffres sur les générations sont à manier avec précaution

Le thème des générations, ou des classes d’âge, revient souvent dans le débat public sous le mode de la comparaison. Certaines générations seraient avantagées, d’autres sacrifiées. Les essais sur le sujet, qui rencontrent d’ailleurs un large public, mettent habituellement en avant l’avantage particulier dont aurait bénéficié la génération du baby-boom d’après-guerre, parfois même aux dépens des générations suivantes1.

Exercice délicat

La comparaison entre les générations est pourtant un exercice délicat car il est difficile de mettre sur le même plan des vies qui ont eu lieu à des époques différentes. Et, même lorsque l’on se restreint aux dimensions économiques, telles que mesurées par le niveau de vie, on est confronté au simple fait qu’il évolue au cours de la vie. Comparer, à un moment donné, le niveau de vie de personnes d’âges différents n’est donc pas nécessairement pertinent. L’enjeu est alors de reconstituer, pour chaque génération, l’évolution de leur niveau de vie et ensuite de les comparer.

La comparaison des niveaux de vie entre les classes d’âge et entre les générations est délicate pour plusieurs raisons. La première concerne le choix de la variable d’intérêt. Parfois, des articles mettent en avant une variable particulière, telle que le chômage des jeunes ou les revenus du travail, qui même si elle est importante, ne reflète qu’un aspect de la situation relative des différentes générations. Dans un article écrit avec Ikpidi Badji2, nous avons sélectionné des variables plus globales. Nous utilisons, tout d'abord, l’ensemble des revenus disponibles, ce qui permet de prendre en compte les revenus sur les marchés du travail et des capitaux et, également, les revenus de transferts nets, qu’ils soient publics ou privés. Nous utilisons aussi une variable décrivant la consommation privée. Utiliser deux variables est un choix pragmatique : il permet de ne pas trancher la question de savoir si le niveau de bien-être est mieux mesuré par les revenus ou par la consommation. Disposer de deux variables permet aussi d’apprécier la robustesse de nos résultats. Ces deux variables sont en outre décomposées en spécifiant la part du logement, et notamment des loyers imputés (les loyers qui seraient versés par les propriétaires-occupants s’ils étaient locataires de leur logement). Ceci permet d’effectuer des analyses de robustesse en éliminant le logement des variables étudiées. Enfin, ces variables sont rapportées au nombre d’unités de consommation dans le ménage. Pour simplifier la rédaction, nous qualifions de « niveau de vie » cet ensemble de variables.

Des données difficiles à exploiter

La deuxième difficulté concerne les données disponibles. Idéalement, on souhaiterait disposer de panels qui suivraient des individus de plusieurs générations tout au long de leur vie. Dans la pratique, on ne dispose d’informations que sur des individus différents d’une enquête à l’autre et qui décrivent les comportements de différentes générations à des moments différents de leur cycle de vie. Nous utilisons donc sept vagues de l’enquête Budget des Familles réalisées par l’Insee entre 1979 et 2010 que nous retraitons afin de construire un pseudo-panel permettant de suivre différentes cohortes le long de leur cycle de vie. Il serait en revanche incorrect de « mélanger » toutes les enquêtes en faisant « comme si » les individus interrogés étaient les mêmes d’une enquête à l’autre.

La troisième difficulté concerne la méthode d’estimation. Il est en effet difficile de dissocier les effets de l'âge, de ceux de la date de naissance et de ceux de la période (appréciée par la date de l’enquête). En effet, la somme des deux premières étant égale à la troisième, les variables du modèle estimé sont colinéaires, ce qui biaise l’interprétation des résultats. Nous répondons à cette difficulté en imposant des contraintes sur les effets de période, ce qui est une procédure classique depuis l’article de Deaton et Paxson3.
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