Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997








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III - DIDEROT PHILOSOPHE, LE PENSEUR DU MATÉRIALISME
Diderot n’a jamais eu le temps ni le goût de développer un système cohérent. Il y a tout de même un fil conducteur dans sa pensée, et ce fil, c’est les questions qu’il se pose sur la matière, le matérialisme et l’athéisme.
Le matérialisme de Diderot a été appelé le « matérialisme athée » (paradoxal, car pour les autres Philosophes, c’est le spectacle de la nature qui empêche de tomber dans l’athéisme). Diderot ne voit pas d’intelligence créatrice, il ne voit que la physique, la biologie, l’anatomie.

En 1745, il rompt avec le déisme, et écrit un Essai sur le mérite et la vertu. Il explique le sentiment du divin par le spectacle de la nature, mais il va montrer qu’on peut se passer de toute transcendance, et que cette absence de Dieu n’empêche pas d’être vertueux.

Il se proclame matérialiste, et à partir de 1749 (La Lettre sur les aveugles), il va affirmer son idée-maîtresse qu’il n’y a dans l’univers que de la matière (la pensée elle-même est matière).

Il y a au XVIII° siècle un regain d’intérêt pour les philosophes antiques, et notamment pour Lucrèce et Démocrite, avec deux théories sur les atomes :
Lucrèce et le clinamen :





Démocrite :




Diderot suit l’intuition selon laquelle des atomes se rencontrent, et créent tout le monde de cette manière. On ne fait pas appel au « Dieu horloger » pour expliquer la création de l’univers en redécouvrant le dynamisme de la nature (la Genèse est évacuée).

Il y a une opposition entre les matérialistes (qui croient que c’est le hasard qui préside à la création des mondes) et ceux qui sont contre (comment se fait-il que des êtres aussi complexes que les hommes soient apparus ? Ce ne peut être le fruit du hasard).

Diderot développe la théorie des monstres : tout ce qui est créé par la pluie d’atomes ne peut être parfait. Dans l’univers, n’ont eu la chance de survivre que ceux qui par hasard sont nés parfaits. Nos ancêtres ont pu être des monstres ! (aspect sérieux : c’est la théorie de l’évolutionnisme !).

Pour Diderot, la matière n’est que mouvement, elle est en devenir incessant (Buffon s’en inspirera).
Nous sommes, selon Diderot, une matière douée de sensibilité (cf. sensualisme). Diderot ne nie pas l’instinct de jouissance mais pose la vertu (cf. Le Neveu de Rameau).
La pensée politique de Diderot est moins développée. Pour lui, il y a l’homme sensible fait pour vivre en société (qui est le meilleur état, même si elle crée des inégalités). Contrairement à Rousseau, il y a une foi dans le progrès.

L’homme civil, chez Diderot, est doué de morale, et il n’est pas dénaturé comme chez Rousseau : il a conservé des qualités (comme l’énergie, qui fait aller de l’avant, la sensibilité, ou encore la sociabilité). L’homme de génie, c’est celui qui va savoir utiliser l’énergie en lui, et qui va la mettre au service de sa sociabilité. Mais en face des génies, il y a des « monstres » (ce qui reste de notre état de Nature et qui ne serait pas policé).

Il faut donc un gouvernement. Il souhaite une monarchie tempérée, mais il va bien moins loin que les autres Philosophes. Diderot est gêné par la politique, il est foncièrement individualiste, et il ne met pas son penchant anarchiste au service de la révolution.

IV - LE SUPPLÉMENT AU VOYAGE DE BOUGAINVILLE
Il est publié en 1772. Le XVIII° siècle est un siècle de voyageurs scientifiques. On découvre Tahiti. Le mythe des sauvages heureux resurgit (après Montaigne et ses cannibales). Diderot s’en sert pour une réflexion politique. Il est un des premiers à se demander ce que sera dans le futur le résultat de la colonisation.

Il réfléchit aussi sur la liberté sexuelle des tahitiens, qui le frappe, et il va en devenir le porte-parole (avec deux tabous : l’inceste et la zoophilie).

V - LES ROMANS DE DIDEROT
Cf. Jacques Chouillet, L’Esthétique de Diderot.
Il y a une esthétique de la rupture, du mouvement, de la forme brisée (cf. la structure de Jacques le fataliste).

Il y a une morale, même dans les romans libertins comme Les Bijoux indiscrets. Avec également un aspect ludique, sous un substrat philosophique (mais moins que chez Montesquieu).

Il y a aussi une rupture totale avec l’esthétique classique ; cela donne des romans dans lesquels Diderot se pose un certain nombre de problèmes narratologiques (réflexions sur la forme du récit). Ainsi, dans Jacques le fataliste, Diderot se demande comment fonctionne un récit.
1) Le Neveu de Rameau.
C’est un dialogue entre lui et moi (mais aussi un dialogue entre Diderot et lui-même). Le dialogue est une forme très prisée au XVIII° siècle, car il donne l’impression de rentrer dans l’intimité des gens.

Il fait le point sur deux aspects contradictoires :

— le Philosophe raisonnable (un être vertueux, bon sociable).

— le neveu lui-même, un parasite, anarchiste, dénué de morale, qui ne songe qu’à sa propre liberté.

Il y a également une réflexion sur la musique, importante.

Le Neveu de Rameau est un ouvrage complet (quoique sans conclusion), plus accessible pour comprendre Diderot que les œuvres philosophiques.
2) Jacques le fataliste.
On est encore dans une esthétique de la forme brisée. Jacques raconte des histoires à son maître. Ce roman comporte une destruction systématique de l’intrigue principale, par une multiplication d’intrigues qui n’aboutissent pas, et par le dialogue (aspect très moderne, qui annonce le « nouveau roman »). Il y a une mise en question du récit, une recherche de renouvellement du roman.

L’idéal des Lumières ne va pas mourir, mais il va au contraire se perpétuer. Stendhal fait encore partie des Lumières ! Mais il y a une réaction contre le rationalisme des Lumières ; la raison ne sera plus au premier plan comme elle l’était auparavant (mais il reste quelque chose de l’idéal des Lumières de nos jours).
En 1761, avec la parution de l’Émile (et son livre IV, « La Profession de foi du vicaire savoyard »), on a le retour à une certaine forme de spiritualité (Rousseau réagit contre le matérialisme qui progresse au XVIII° siècle).
En 1802 paraît le Génie du christianisme. On a le passage de la sociabilité des Lumières à un individualisme de plus en plus marqué, qui va donner une attitude d’esprit, « l’illuminisme » (les anti-lumières), contrairement aux idéologues (qui vont perpétuer les idéaux des Lumières dans la première moitié du XIX° siècle).
Avec l’illuminisme, on a le retour à une spiritualité douteuse (sectes avec membres refusant les dogmes, les religions révélées, et ils ont une explication purement rationnelle du monde).

Il y a des gens sérieux, mais aussi des charlatans (le comte de Saint-Germain, qui prétend vivre depuis 100 000 ans et qui est reçu à la cour de France ; ou bien Cagliostro, qui se dit le meilleur guérisseur d’Europe et qui finit en prison à Venise, condamné par l’inquisition...). Ce sont des personnages qui fascinent, car il y a une idée centrale : il n’y a pas de cloison entre le monde matériel et le surnaturel.
Il existe des individus plus sérieux, comme Mesmer, un scientifique qui est à la frontière entre les charlatans et les illuminés de bonne foi. (il a découvert l’hypnose) ; ou Swedenborg et sa représentation de l’univers par laquelle tous les êtres humains sont en constante communication avec d’autres êtres (il aura une influence sur le romantisme).

Il y a aussi Cazotte (1719-1792), l’auteur du Diable amoureux, considéré comme le premier roman fantastique français (une histoire d’amour entre Alvare et l’étrange Biondetta, qui serait peut-être Satan). C’est un ennemi des Lumières, de la révolution aussi. Il revient à une explication théologique de l’histoire (la Révolution serait le retour de Satan dans l’histoire). Il fut emprisonné et décapité.
La fin des Lumières est aussi marquée par l’influence du roman noir anglais avec Ann Radcliff et Lewis (Le Moine).

BIBLIOGRAPHIE 1
INTRODUCTION 1

La conception du philosophe au XVIII° siècle 1

L’idée de nature 2

Le rapport nature / morale 2

Relation nature / société 3

Relation nature / politique 3

Conclusion 4
MONTESQUIEU 5

Sa vie 5

Considérations sur les causes de la

grandeur des romains et de leur décadence 6

L’Esprit des lois 6
VOLTAIRE 9

Bibliographie 10

Introduction 10

Sa vie 10

Son œuvre 12

Les contes 12

Candide 12

L’Ingénu 13

Le Dictionnaire philosophique 13

Sa forme 13

Les thèmes 13
LE ROMAN AU XVIII° SIÈCLE 15

Bibliographie 15
LE THÉÂTRE AU XVIII° SIÈCLE 16

Marivaux 16

Le Jeu de l’Amour et du Hasard 16

Beaumarchais 17
ROUSSEAU 18

Bibliographie 18

Sa vie 18

L’unité de la pensée de Rousseau 19

Le Contrat social 20

L’Émile, traité d’éducation 20

Les autobiographies 21

Les Confessions 21

Les rêveries du promeneur solitaire 22

La Nouvelle Héloïse 22
DIDEROT 23

Bibliographie 23

L’homme de l’Encyclopédie 23

Un théoricien du théâtre 23

Diderot philosophe, le penseur du matérialisme 23

Le Supplément au voyage de Bougainville 24

Les romans de Diderot 24

Le Neveu de Rameau 24

Jacques le fataliste 24
LA FIN DU XVIII° SIÈCLE :

LES ANTI-LUMIÈRES 25





Page / — Bibliographie.
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