Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997








télécharger 226.49 Kb.
titreCours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997
page5/7
date de publication12.08.2018
taille226.49 Kb.
typeCours
l.21-bal.com > littérature > Cours
1   2   3   4   5   6   7

I - MARIVAUX (1688-1763)
C’est un polygraphe. Il a écrit deux grands romans (Le Paysan parvenu et La Vie de Marianne), c’est un journaliste (le seul de son journal !), un homme de théâtre également.

De son nom vient le terme de marivaudage. C’est un terme très péjoratif au XVIII° siècle (ce terme existe déjà du vivant de Marivaux). Voltaire : « C’est une métaphysique du cœur » (mot très péjoratif pour lui) ; il dira aussi que l’art de Marivaux consiste à « peser des œufs de mouche avec des balances en toile d’araignée ». Il réduit Marivaux à un théâtre qui prend pour thème la complication subtile du sentiment amoureux. Le terme de marivaudage est resté péjoratif pendant presque tout le XIX° siècle ; il aura fallu attendre les années 1950 pour que Marivaux soit rejoué. La thèse de Frédéric de Deloffer : Marivaux et le marivaudage, une préciosité nouvelle, réhabilite le marivaudage. Certes, c’est un badinage amoureux, mais cela n’exclut pas une forme de gravité qui met en péril ceux qui se livrent à ce marivaudage.
Marivaux a écrit deux types de pièces : des pièces italiennes, qui sont le plus jouées (comme Le Jeu de l’Amour et du Hasard) ; mais aussi des pièces allégoriques, à contenu politique et social (des drames, réservés aux français).
Le Jeu de l’Amour et du Hasard.

Marivaux est un novateur dans sa vision des rapports sociaux (surtout amoureux). Nous sommes au XVIII° siècle, et le statut de la femme est en train de changer. Les héroïnes se prennent en charge.

L’héroïne de Marivaux veut donc, avant de se marier, savoir à quoi s’en tenir. Silvia, une jeune fille noble, riche, va rencontrer le fiancé que son père lui a destiné. Pour mieux l’observer, elle décide de se travestir en servante, et prend la place de sa servante, Lisette, et Lisette prendra la place de sa maîtresse. Le hasard fait que le fiancé, Dorante, fait la même chose, et échange sa place avec Arlequin, son valet ! Le père tire les ficelles, étant au courant des deux stratagèmes.

C’est la crise nuptiale, propre à Marivaux : les personnages, face à l’amour et au mariage, se trouvent dans une période de grands troubles, au bord d’un déséquilibre profond, qui amène à l’interrogation « où en suis-je ? » (les personnages perdent leurs repères). Silvia pénètre dans le monde des serviteurs, un univers nouveau qui la déstabilise. Elle s’aperçoit que ses serviteurs sont des êtres humains ; elle va détester le faux maître et tomber amoureuse de Dorante, le faux serviteur. Le problème, c’est : comment une fille noble peut-elle épouser un simple serviteur ? Silvia ne sait plus où elle en est jusqu’à l’acte IV, Dorante non plus. Mais Silvia découvre le stratagème, et elle joue au chat et à la souris avec Dorante, jusqu’aux aveux de la fin. C’est une comédie, et elle se termine donc bien.

Le marivaudage, c’est donc l’alliance du badinage et du grave.

II - BEAUMARCHAIS (1732-1799)
Avec Beaumarchais naît le drame. Il a écrit une trilogie composée de deux comédies (Le Barbier de Séville et Le Mariage de Figaro), et d’un drame (La Mère coupable).

Ses deux comédies lui ont valu une renommée internationale ; mais elles n’entrent absolument pas dans ses conceptions esthétiques.

Au XVIII° siècle, la comédie molièresque ne fonctionne plus, le public s’en est lassé. La tragédie est en train de mourir (la tragédie classique est morte avec Racine), même si Voltaire s’y essaie encore. On recherche des formes nouvelles pour le théâtre. Ce sera le drame, sous l’impulsion de Diderot (Le Fils naturel en 1757 ; Le Père de famille en 1758). Contrairement à la tragédie (où les personnages sont de haut lignage et où le peuple n’est pas représenté), Diderot veut donner un théâtre didactique : il faut enseigner la vertu au peuple (et donc faire monter des personnages du peuple sur scène) : c’est le genre dramatique sérieux (le XVIII° siècle est hanté par la vertu). Beaumarchais va accorder bien plus d’importance à ce genre, et il va tenter de fonder le drame sur les idées de Diderot.

Ce dernier a développé ses idées dans Entretiens avec Dorval, en 1757. Il part de la critique des formes théâtrales antérieures (tragédie et comédie), et il va leur faire des reproches, qui sont ceux de tous ses contemporains :

— la tragédie représente un milieu social qui n’est pas celui des spectateurs, et qui donc ne lui est pas adapté. Elle est condamnable, car elle met l’accent sur la fatalité, sur des personnages immoraux (alors que le genre dramatique sérieux doit avoir une portée morale, édifiante).

— la comédie est immorale : elle fait des fripons des personnages sympathiques. Il n’y a pas de vraie morale dans la comédie.
On recherche donc un nouveau genre. Pour Diderot, ce sera le drame bourgeois. On y pleure (la vertu fait pleurer ; on pleure de ce qui arrive à ces bourgeois). Il faut une morale, il faut établir un rapport entre le spectateur et le sujet de la pièce par une « peinture touchante d’un malheur de domestique ». Le genre dramatique doit peindre des conditions sociales.

C’est un théâtre qui devra être écrit en prose, car c’est la forme de langage la plus proche de la nature. Diderot pense que l’art dramatique a une mission, qui est de montrer les troubles du temps, le désordre dans les familles, pour éclairer les spectateurs et revenir à une harmonie.
Beaumarchais va reprendre les idées de Diderot dans son Essai sur le genre dramatique sérieux, et les amplifier. On va abandonner les sacro-saintes règles dramaturgiques des unités (critique du théâtre classique), ou du moins on va essayer (dans Le Mariage de Figaro, ou la folle journée, l’action se passe en 24h...). Beaumarchais rejette la tragédie encore plus que Diderot : « La tragédie dégrade l’homme en lui ôtant la liberté, hors laquelle il n’y a nulle moralité dans les actions ».

Il faut amener sur les planches des personnages nouveaux, qui appartiennent à la couche active de la nation (bourgeoisie).

Le théâtre doit être exemplaire et nous présenter une moralité, atteinte dans le genre dramatique sérieux par l’attendrissement : « L’attendrissement est supérieur au rire. Si le rire bruyant est ennemi de la réflexion, l’attendrissement, au contraire, est silencieux ». L’attendrissement est donc du côté de la réflexion.
La trilogie :
a) Le Barbier de Séville.

On y retrouve tous les éléments de la comédie traditionnelle. « Je veux revenir à l’ancienne et franche gaieté de la comédie ».
b) Le Mariage de Figaro.

Il y a un changement, et un succès de scandale (Louis XIV, sur les conseils de ses censeurs, a fait interdire la pièce (le valet Figaro prenant le dessus et bernant le comte)... d’où son succès !). Il y a des éléments nouveaux : c’est un couple de valets qui mène la danse (et encore plus, c’est Suzanne, une femme, qui la mène bien plus que Figaro...) ; dans les comédies de Molière, le valet est dévoué à son maître, il n’est là que pour servir le jeune noble.

Toutefois, Le Mariage de Figaro reste une comédie.
c) La Mère coupable.

On sort de la comédie. Beaumarchais revient au genre dramatique sérieux, et déclare qu’il n’aurait jamais dû le quitter.

L’action se passe vingt ans après le second volet, et on a un univers larmoyant. L’accent est mis sur la culpabilité féminine.





Bibliographie :

Rousseau, Les Confessions (Livres I à VI).

Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes.

Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire.

I - SA VIE
Chez Rousseau, tout repose sur l’idée d’état de Nature. Il faut considérer sa biographie en voyant comment cette vie est remplie d’œuvres, très fortement liées à sa vie.

NB : Lorsque l’on parle du romancier et autobiographe, on l’appelle par son prénom, Jean-Jacques.
« Je coûtais la vie à ma mère ». (premiers mots des Confessions). Sa mère meurt en couches, et Rousseau se retrouve orphelin dès la naissance ; c’est à l’origine d’un traumatisme, chez lui. Tout un mouvement de sa pensée (comme le mythe du paradis originel) est une tentative pour masquer ce traumatisme des origines.

Nous vivons tous un traumatisme en quittant l’état de Nature et en passant au social.
Rousseau est genevois (il vient de la République de Genève) et protestant.

C’est un autodidacte. Son père est horloger, et jusqu’à 16 ans, il ne fait pas d’études. Il lit énormément, sa mère disposant d’une bibliothèque fournie (le « vice impuni de la lecture »). De son origine paysanne, il garde un certain malaise en société. Il va fuir la République de Genève, car elle a un gouvernement théocratique, avec ses pasteurs ; c’est une ville sévère : les théâtres, les spectacles, la danse et la musique (sauf sacrée) sont interdits.

Il va en Savoie (une terre de mission, où beaucoup fuient, et qui recueille les protestants en tentant de le convertir au catholicisme). Il a 16 ans, et il erre dans la région ; il est recueilli par un brave curé savoyard (le curé de Pontverre, chargé des conversions). Ce dernier va le convertir au moyen d’une bonne table, plutôt qu’avec des arguments théologiques. Il va aiguiller Jean-Jacques vers Mme de Warens, une aventurière suisse ayant elle aussi fuit Genève en laissant son mari sans rien (elle a tout pris avec elle). Elle rencontre le roi de Sardaigne, et obtient de lui une pension, à charge pour elle de catéchiser les jeunes genevois qui s’échappent de Genève — bien qu’elle soit piétiste.
Elle va envoyer Jean-Jacques à Turin, la capitale de la Savoie, où il sera baptisé et catéchisé (ce sera le première rencontre de Rousseau avec la musique italienne). Rousseau va donc devenir catholique (pour récupérer son titre de citoyen de la République de Genève, il se reconvertira vers 1750).

Entre 1740 et 1742, Rousseau va quitter Chambéry, et cela fait son malheur. Il quitte le paradis terrestre des Charmettes pour monter à Paris, à pied.

Il va entrer dans le clan des Philosophes, avec Diderot. Jusqu’en 1750, Rousseau va être du clan des Philosophes. Il va travailler dans l’Encyclopédie (articles « Genève », « Économie Politique », « Musique »...), et prendre parti pour les italiens (buffa).

En 1749, c’est l’illumination de Vincennes. Diderot est alors en prison pour l’Encyclopédie, et il est enfermé au donjon de Vincennes. Rousseau va voir son ami tous les jours, à pied. Et en marchant, il lit. Dans la Gazette de Dijon, l’Académie de Dijon organise un concours, dont le sujet est : « Est-ce que les arts et les lettres ont été utiles au développement de l’humanité ? ». L’Académie s’attendait à un « oui » évident. Depuis le XVI° siècle, il y a des assemblées de notables qui se réunissent pour débattre de choses sérieuses (Académies), et qui chaque année proposaient des sujets de dissertation, dont le « gagnant » était récompensé. Rousseau obtiendra, en 1750, le premier prix, avec son Discours sur les sciences et les arts (c’est le « Premier Discours »).
C’est lors de l’illumination de Vincennes que Rousseau voit en une fois apparaître tout son système philosophique. Le problème, c’est que ce système va prendre le contre-pied des autres Philosophes : le social est le mal absolu, l’homme se dénature dans la société et il va à sa perte. Du jour au lendemain, Rousseau est célèbre.
En 1755, l’Académie de Dijon propose un deuxième sujet de dissertation. Rousseau va donc écrire son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (le « Second Discours »), où il commence à développer sa pensée politique.

« L’homme est né libre, et partout il est dans les fers ». Pour comprendre, on a besoin de remonter à l’origine des choses. Rousseau va se refaire une nouvelle histoire de l’humanité. Aux origines, l’homme vivait dans l’état de Nature. C’est un état mythique, qu’on ne connaîtra jamais, dans lequel l’homme est heureux, parce qu’il est libre. Mais les hommes vont vivre en société (passage de l’état de Nature à l’état Civil).
L’idée d’un état de Nature n’est pas une idée que Rousseau invente. On la retrouve dans la philosophie antique païenne, et on va la retrouver au XVI° siècle.

Hobbes et Locke sont deux théoriciens de l’idée d’état de Nature :

— Hobbes pose un état de Nature avant les sociétés. Mais c’est en fait un état de Guerre (l’homme est un loup pour l’homme). L’humanité, dans l’état de Nature, ne peut que se détruire, d’où le passage à l’état Civil. Mais il faut maintenir les hommes par la force dans cet état Civil (on a donc la légitimation d’un pouvoir fort).

— Locke, lui, pose un état de Nature dans lequel l’homme est heureux. Néanmoins, l’humanité va passer à l’état Civil, car il est supérieur à l’état de Nature.
Rousseau va tout reprendre dans son second discours. Il va d’abord critiquer Hobbes radicalement. Pour lui, l’état de Nature, c’est un état de bonheur et de liberté.

Rousseau va aussi critiquer tous ses collègues Philosophes. C’est dans l’état Civil, le social, la société, qu’est l’état de Guerre, c’est là que l’humanité va à sa perte. Le problème que se pose Rousseau, c’est : que faire ? Car si on laisse l’homme se dénaturer, l’humanité va à sa perte. Toutefois, on ne peut pas faire marche arrière.
Après 1755 et jusqu’en 1761 (date de l’exil de Rousseau), Rousseau va faire sa « réforme », et quitter Paris pour Montmorency, afin de mettre sa vie en conformité avec ses idées. L’homme se dégénère, l’humanité court à sa perte. Le problème, c’est comment régénérer (renaturer) l’homme contemporain ?

Rousseau donne sa réponse. C’est, en 1761, la parution simultanée de l’Émile et du Contrat social. Il s’agit de trouver un système politique dans lequel on se rapproche le plus possible de l’état de Nature (c’est-à-dire être le plus libre qu’il est possible de l’être). D’où aussi la nécessité d’un homme nouveau : l’Émile.
Rousseau est sur le point d’être emprisonné pour ces deux écrits. Le chef de la censure royale, Malherbes, le prévient. Rousseau s’enfuit alors, d’abord à Genève. Mais ses deux œuvres condamnées le sont là-bas aussi.
Voltaire fait paraître Le Sentiment des citoyens, où il révèle que Rousseau a abandonné ses cinq enfants (dernière phrase : « cela mérite la peine capitale »). Rousseau est marié avec Thérèse Levasseur depuis ses débuts à Paris ; elle est quasiment analphabète. Ils ont eu 5 enfants, abandonnés aux « enfants trouvés », car Rousseau a été pauvre toute sa vie et n’aurait pas pu s’occuper d’eux (il essaiera à la fin de sa vie de les retrouver, mais sans succès).
Rousseau va se rendre sur le lac de Bienne, à l’île Saint-Pierre (cf. la cinquième Rêverie...). Ensuite, il est accueilli en Angleterre par le philosophe Hume, mais il va se fâcher avec lui et il va rentrer clandestinement à Paris, où il sera toléré. Il réside rue Platrière, et il vit en copiant de la musique.
En 1778, il est accueilli par le marquis de Girardin, où il va écrire ses Rêveries d’un promeneur solitaire, et mourir, le 2 juillet 1778.

II - L’UNITÉ DE LA PENSÉE DE ROUSSEAU
Quel que soit le genre des œuvres que Rousseau a écrites, il y a une unité de pensée. Il s’agit d’un véritable système, dont l’idée centrale est celle d’état de Nature.

Chez les penseurs politiques, les Philosophes, on a l’idée qu’il aurait existé un état préalable à l’état Civil (un état social, civilisé). Le problème, c’est : est-ce qu’il y a un état préférable à l’autre (toujours en conservant l’idée de bonheur) ? Deux philosophes sont important sur ce point : Hobbes et Locke (voir plus haut).

Rousseau renverse totalement les idées de Hobbes. Pour lui, l’état Civil, c’est le mal absolu, la dénaturation. Si l’homme continue ainsi, c’est dans l’état Civil que l’humanité va à sa perte. Comment stopper cette course à la dénaturation ?
Rousseau ne prêche pas un retour à l’état de Nature. On ne sait pas s’il a existé, et de toute façon, l’Histoire ne revient jamais en arrière. L’état de Nature est une hypothèse pour essayer de comprendre l’évolution de l’homme, et un idéal dont il faut tenter de se rapprocher le plus qu’il est possible. Pour cela, il faut concevoir une cité nouvelle, et concevoir également un citoyen (et non plus un sujet) qui aurait la plus grande liberté possible.
Dans l’état de Nature, l’homme naturel est parfaitement heureux, car il est totalement libre. Il y a plusieurs hommes naturels (car la pensée de Rousseau évolue) :

L’homme naturel n°1, c’est celui du premier Discours. Il est très proche de l’animalité, solitaire, il a peu de besoins et peu de désirs (la faim, la femelle — pour perpétrer l’espèce seulement). C’est quand même un humain, mais qui a une « intelligence bornée » (c’est un de ses malheurs). Il est animé par deux passions (instincts) : l’amour de soi et la pitié. L’amour de soi n’est pas l’amour-propre (ce qui le détruit), mais l’instinct de survie. L’amour de soi s’accompagne de la pitié (le respect de ses congénères). Il est également dépourvu de sociabilité (le désir de se regrouper en société), et c’est sur ce point que Rousseau se démarque des autres Philosophes (comme Voltaire). Pourquoi cet homme naturel, non sociable, passe-t-il à l’état social, le mal absolu ? C’est parce qu’il est doté d’autre chose que la sociabilité : il est doté d’une intelligence et de la perfectibilité (cf. deuxième partie du Discours).

L’homme naturel n°2 apparaît dès le deuxième Discours. C’est un homme naturel qui évolue, et c’est celui qui va finir par passer à l’état Civil.

L’homme naturel n°3, c’est celui qui est opposé à l’homme civil, à « l’homme de l’homme » (la pensée de Rousseau fonctionne de façon binaire, par oppositions). Il renvoie à la notion de perversion et d’asservissement.

L’homme naturel n°4, enfin, c’est Rousseau lui-même, qui va essayer de se conformer à cet idéal de l’homme naturel.
L’homme civil, c’est « l’homme de l’homme », un homme produit par l’homme, et il est dénaturé. La première des deux passions qu’il va perdre, c’est l’amour de soi, qui va se transformer en amour propre. Être se transforme en paraître, et c’est le premier des maux de l’homme civil, qui arrive à ne plus vivre que dans le regard des autres. Il a besoin d’être admiré, et il vit complètement dans son extérieur. Il a perdu tout ce qui faisait son humanité. Il rentre dans des rapports de domination faibles-forts, et perd donc ainsi sa liberté (même le fort). C’est un homme asservi, qui a perdu toute forme de vertu. Il a aussi perdu le deuxième instinct, qui est la pitié pour les autres. Une opposition se forme : celle entre le sujet, l’esclave, et le citoyen, l’homme libre autant qu’il est possible de l’être (Hobbes est totalement renversé).
L’homme naturel va passer à l’état Civil par des étapes intermédiaires. L’homme de Rousseau n’est pas sociable, mais il est perfectible. Il va rencontrer des difficultés, et il va donc s’adapter à son environnement, il va tenter de l’améliorer. Petit à petit, il va inventer des outils (c’est le premier de ses malheurs). Les hommes vont s’assembler en familles, c’est la phase des cabanes. Les familles sont encore oisives. On y chante (importance de la musique pour Rousseau). Petit à petit, on cherche à être le meilleur et obtenir la première place, on va se donner des chefs. On va finir, par une suite de hasards, par s’assembler en nations.

On fait deux découvertes : l’industrie et l’agriculture. C’est une première division du travail, alors que l’homme naturel se suffisait à lui-même. Les hommes deviennent dépendants les uns des autres, et des rapports de domination s’instaurent.

Le problème, c’est de trouver le moyen, tout en étant des hommes civils, de se rapprocher le plus possible de l’état de Nature, et se doter de la plus grande liberté possible. Pour Rousseau, Emile est donc un « sauvage des villes ». (NB : l’homme naturel, pour Rousseau, ce n’est pas le mythe du bon sauvage de Diderot. L’homme naturel n’a jamais existé, c’est une hypothèse).
1   2   3   4   5   6   7

similaire:

Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997 iconArrêté du 9 septembre 1997 relatif aux décharges existantes et aux...

Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997 iconCirculaire du 22 octobre 1996 relative à l'application de l'article...

Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997 iconCours de madame tenenbaum
«Reinhard Gebhard» : aff. C-55/94, Rec. I, 4165; Europe janvier 1996, n°30, obs. L. Idot

Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997 iconCours de madame tenenbaum
«Reinhard Gebhard» : aff. C-55/94, Rec. I, 4165; Europe janvier 1996, n°30, obs. L. Idot

Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997 iconCirculaire n 96-247 du 25 octobre 1996

Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997 iconBulletin officiel n° 4418 du 19 joumada I 1417 (3 octobre 1996)

Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997 icon18 janvier 1996 journal officiel de la rйpublique franзaise page 00886

Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997 iconCours de Monsieur le Professeur Denis Baranger fiche n°13 et N° 14...
«Observations sur la production législative du Congrès américain. Étude de la 108ème législature (janvier 2003-décembre 2004)», Revue...

Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997 iconPhilippe lamour l’affaire seznec plaidoirie prononcée le 5 Octobre...

Cours de Philippe Koeppel, octobre 1996-janvier 1997 iconCours de Philippe Briand, maître de conférences en droit public








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com