Centre rhone –alpes d’ingenerie sociale solidaire & territoriale








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Gerard CLEMENT Page du 20 AU 24 JUIN 2016 8696.doc30/06/2017


CENTRE RHONE –ALPES D’INGENERIE SOCIALE SOLIDAIRE & TERRITORIALE



REVUE DE PRESSE

Du 20 AU 24 JUIN 2016



  • Oser l'Europe

  • Brave new work !

  • Un paysage syndical bouleversé par la bataille sur la loi travail

  • Les propositions du Conseil Economique, Social et Environnemental pour développer la culture du Dialogue Social…

  • Les cessations d’activité diminuent depuis 10 ans

  • Prévention de la pénibilité au travail : les entreprises sont-elles prêtes ?

  • Jeunes, ne renoncez pas à changer le monde !

  • Equilibrer vie professionnelle et personnelle : et si c'était aux salariés de choisir ?

  • Daniel Kawka, chef d'orchestre et d'entreprise : le boss

  • Le Brexit : la tension entre les deux Europe

  • Le problème de l’Europe, c’est le peuple !

  • Déclaration Président de la République à la suite du référendum britannique

Oser l'Europe

par Danielle Kaisergruber - 20 Juin 2016

Pour Jo Cox,

En ce moment, j'ai cette phrase dans la tête : « Le monde est fou, et ce serait être fou par un autre tour de folie que de ne pas être fou comme lui », c'est Erasme qui écrivait cela au début du 16e siècle, Erasme qui rajoutait le plus souvent « de Rotterdam », et qui était en « correspondances européennes » (le premier sous-titre de Metis) avec toute l'Europe. Faut-il être fou ou bien très lucide ? Mais peut-être est-ce la même chose ? Dans ce monde où l'on entend des propos d'histrion, où l'on tue des députés, des policiers dans leur maison, des homosexuels qui dansent, où l'on se bat dans les stades au nom d'un nationalisme de pacotille...

Les Anglais veulent sortir de l'Union européenne. Pourquoi pas ? Au plan économique, ou géopolitique, cela ne changera sans doute pas grand-chose : on passera des mois, des années peut-être à renégocier des traités, des bouts de traités... Mais au plan symbolique, donc politique, cela change beaucoup, et c'est grave.

Et pourtant, l'Europe existe d'une certaine manière. Ainsi, nous nous sentons tous concernés par ce fameux référendum anglais du 23 juin, les élections espagnoles du 26 juin (Podemos soutient l'idée de l'indépendance de la Catalogne, ce qui serait un nouveau sujet inédit pour l'UE), les élections municipales partielles en Italie, ou les référendums sur l'immigration que voudraient organiser certains premiers ministres tels Viktor Orban. L'Europe existe, et fortement, pour ceux qui veulent l'atteindre et rêvent d'y vivre un jour peut-être. Certes, c'est une image d'une Europe plutôt morcelée et composite qui se dessine, mais c'est aussi celle de nos interdépendances et d'une certaine place dans le monde. Est-il si choquant que chaque pays ait ses propres caractéristiques ? Et pourquoi est-ce que cela empêcherait de faire des choses et même de grandes choses, ensemble ?

La crise de 2008 a modifié brutalement les trajectoires des pays européens après une période assez longue de convergences économiques et sociales qui avait donné l'impression (vaguement euphorique) que tout le monde progressait dans le même sens. On a un peu de mal à s'en remettre. Mais les différentes trajectoires nationales ne doivent rien au hasard et il faut chercher à les comprendre. Les pays qui ont pu jouer sur leurs taux de change l'ont fait pour redonner du souffle à leur économie : la Suède, la République Tchèque, la Finlande qui fait face à des besoins forts de restructuration productive cherche comment répondre à cette situation par des moyens plutôt éloignés du « modèle nordique », par exemple en augmentant la durée du travail.

Faut-il s'étonner que, 25 ans après la chute des régimes communistes, après des décennies de « thérapie de choc », pas mal d'instabilité politique, les derniers pays entrés dans l'Europe « institutionnelle » s'interrogent sur leur modèle de société. Même lorsque, comme la Pologne, ils semblent avoir traversé la crise sans problème : le choix de la compétitivité uniquement par les prix, de l'arrivée massive des investissements étrangers, de politiques de bas salaires, et de ce que l'on nomme à Varsovie les « contrats-poubelles » (une variante des mini-jobs) a pu donner aux citoyens le sentiment d'une forme de colonisation économique. Qui plus est, majoritairement par l'Allemagne, le grand voisin dont on se méfie autant que du voisin russe, pour cause de sérieux déboires anciens. Les inégalités sociales s'y sont accrues, et sont violentes. Aucun acteur économique polonais d'importance n'a émergé ces dernières années. La coupure entre les élites et la majorité de la population y est largement aussi forte que celle que nous connaissons. Le « conservatisme social » actuellement au pouvoir en Pologne se situe dans ce cadre : l'un de ses premiers gestes a été de relever les prestations sociales. Tout comme en Hongrie, ce conservatisme n'a pas que des racines idéologiques. La critique de la mainmise des sociétés étrangères y est vive. Orban a introduit des taxes sur les banques en grande majorité étrangères, et les entreprises de grande distribution détenues par des sociétés d'autres pays. Bien sûr d'autres réponses sont possibles : la République Tchèque joue la carte des nouvelles technologies et d'un programme « Industrie 4.0 » pour essayer de monter en gamme et d'en finir avec son image de « sous-traitant industriel » de l'Allemagne. Mais on ne sort pas facilement des modèles de développement low-cost. On peut maudire l'Europe qui les a encouragés, mais est-ce si surprenant quand on sait que les gouvernements y ont été avec une grande régularité majoritairement de droite et en faveur du libéralisme économique.

L'Europe qui est sortie de la dernière guerre mondiale, puis l'Europe d'après la fin du Mur, est une Europe de « nations », les luttes contre le communisme ont renforcé encore cette dimension qui va parfois jusqu'au sentimentalisme, et au nationalisme de « petites nations vieillissantes » qui se sentent facilement menacées. Même lorsque la situation économique et de l'emploi est bonne, on l'a vu en Autriche où environ 80% des ouvriers ont voté pour le candidat d'extrême-droite tandis que 80 % des diplômés du supérieur se prononçaient pour le candidat écolo/gauche. Faut-il en conclure que les partis ouvriers d'aujourd'hui sont ceux-là ? Comme une grande part des futurs électeurs en faveur du Brexit ?

Alors quid de l'Europe après le référendum anglais, c'est-à-dire demain ? L'article (écrit au mode conditionnel...) d'Hubert Védrine dans Le Monde du 13 juin donne des pistes intéressantes. Les urgences de l'Europe comme institution doivent être les urgences des pays qui la composent et non les schémas tout prêts des fonctionnaires de la Commission : le développement de la recherche scientifique et technologique (et pas forcément en gardant les centres de recherche à l'ouest tandis que les usines et les entrepôts sont à l'est), la montée en gamme de l'industrie et des services, et l'appui aux starts-ups, des initiatives audacieuses en faveur de la transition énergétique, la sécurité et la défense des frontières. Aussi de nouveaux chantiers d'idées : le revenu universel (ou le dividende européen, dossier à venir de Metis), une autre conception de l'éducation, le statut des jeunes....

Pour le faire sans bureaucratie, c'est-à-dire pour agir vraiment, il faut choisir quelques grands programmes et les concrétiser rapidement : l'énergie, la défense, le numérique, et surtout ne pas attendre que tout le monde soit d'accord. La dimension européenne est indispensable pour que cela ait du sens face aux GAFA, face à la Chine et face au monde : cela s'appelle avoir une stratégie politique. Il ne faut pas être naïf et affirmer l'Europe comme une puissance dans le monde. S'en donner les moyens.

Il faut oser l'Europe, l'Europe puissance, pour Jo Cox aussi.
Brave new work !

par Pierre Maréchal - 20 Juin 2016

A propos du Working Paper " Les impacts sociaux de la digitalisation de l'économie "de Christophe Degryse. Un Working Paper est, certes, fait pour exposer des connaissances et des résultats, mais c'est aussi le moyen pour la pensée de cheminer : celle de l'auteur qui peut ouvrir des voies nouvelles mais aussi celle du lecteur qui, confronté au texte, construit son propre cheminement. Les travaux sur l'impact de l'économie digitale sont nombreux (et Metis en parle souvent, voir " Que devient le travail dans l'économie digitale ? " ) mais quelque chose du texte pousse à en faire une lecture subjective.

 L'auteur, Christophe Degryse, est chercheur senior à l'ETUI (European Trade Unions Institute), l'Institut syndical européen, un centre indépendant de recherche et de formation de la Confédération Européenne des syndicats (CES). Il expose d'une manière très claire et documentée le contexte général de la digitalisation de l'économie et les multiples impacts décelables sur le marché du travail. Il ajoute, en annexe, des exemples d'initiatives syndicales, principalement en Europe. Cette annexe est sans doute la partie la plus originale, ce qui n'enlève en rien à l'intérêt du texte principal. Mais cette construction pourrait être le signe d'un décalage : des acteurs classiques des relations sociales (les organisations syndicales en l'occurrence) ne sont pas au centre de la digitalisation de l'économie, ils sont pour le moment à côté.

 Il semble aisé de définir ce qu'est la digitalisation de l'économie. Cette nouvelle économie est portée par des entreprises dont l'émergence s'appuie sur trois évolutions récentes :

- l'internet et le développement des réseaux à haut débit,

- le Big Data, c'est-à-dire l'agglomération - par des plates-formes internet - de masses gigantesques d'informations commerciales, personnelles, géographiques, directement exploitables,

- l'extension fulgurante des appareils mobiles permettant d'avoir accès à l'internet mobile en tout lieu et tout instant.

Mais le texte révèle, en filigrane, un phénomène global dont quelques caractéristiques sont les suivantes : il s'agit de quelque chose allant très vite, non-détectable dans les statistiques, produisant des effacements, celui des distances et des territoires, celui des frontières entre lieux de travail, de loisir, d'habitation, celui des statuts des travailleurs... Ce phénomène est mû par des acteurs très agressifs, à la frontière de la légalité ; c'est quelque chose dont on a du mal à parler tant les confusions sémantiques abondent dans ce domaine...

Certes, on parlera de 4ème révolution industrielle, mais pour ajouter aussitôt que cette fois c'est différent : la dynamique vertueuse de la destruction-créatrice chère à Schumpeter produirait une grande restructuration, mais cette nouvelle dynamique promet un avenir sans emploi. Jusqu'ici, c'était les maîtres des infrastructures, ceux qui détenaient le capital, qui créaient et captaient la valeur. Désormais, les nouveaux maîtres sont ceux qui détiennent les données. Pour le dire d'une manière lapidaire, les usines du XXIème siècle seront les plateformes informatiques. Cela parait bien abstrait mais déjà certains font l'analyse « qu'après s'être désindustrialisée vers l'Asie, l'Europe (pourrait) se rendre dépendante aux données détenues aux Etats-Unis » et se demandent si « la création de valeur quittera en grande partie l'Allemagne (entre autres) en raison de ce processus de plateformatisation ». Et de citer l'exemple de la voiture qui est en train de devenir le prolongement de l'ordinateur (ou du smartphone) : elle devient un ordinateur sur roues et c'est le maître des données ( par exemple Google) qui créera et capturera la valeur.

Christophe Degryse détaille longuement les enjeux sociaux de ce nouveau monde du travail :

- Des nouvelles formes d'emploi sont générées par les plateformes qui développent un marché de l'emploi parallèle ultra-flexible, une forme non-contractuelle d'emploi : « Dans cette forme d'emploi, n'existent plus ni contrat de travail, ni normes sociales, ni aucune réglementation en termes de temps de travail, d'horaires, de lieu de travail, de formation, d'accès à des organisations syndicales, à l'action collective ». 
- De nouvelles formes de management. Par exemple, le technicien devient l'exécutant de son boîtier qui lui prescrit ses tâches et en vérifie l'exécution.
- L'estompement de la frontière entre vie professionnelle et vie privée. Comment dès lors parler de temps de travail ?
- La déresponsabilisation des employeurs qui, par la médiation des plateformes, entretiennent un flou sur leur nature et identité (Qui est le véritable employeur ? Le sont-ils ?) se dégageant des questions de sécurité, de santé et de formation, l'obsession de l'évaluation se substituant à l'obsession de formation.

 Ainsi émerge un marché du travail « digimondialisé » où les galériens du numérique sont mobilisés et mis en concurrence dans le monde entier pour exécuter par exemple des micro-tâches.

 Le sens même du travail est questionné : face aux algorithmes qui interviennent de plus en plus dans les processus, quelle sera la place du travail humain ? Ainsi, dans quelle mesure l'homme aura-t-il encore quelque responsabilité dans son propre travail ?

 Le mariage entre le Big data et la robotisation façonnerait donc une nouvelle économie et un nouveau monde du travail. Même si certains minimisent cette évolution, mais ne s'agit-il pas de déni ?

« Un consensus semble dessiner sur une polarisation accrue de la société de demain, avec une classe moyenne qui se rétrécit, une forte augmentation des ménages et travailleurs à bas revenu, et une infime minorité de « superstars » dont les niveaux de richesse explosent. »

Face à cela, que faire ? L'auteur n'aborde pas cette question immense sinon en suggérant - à la fin de son annexe sur les exemples d'initiatives syndicales - qu'il faudrait mettre la révolution digitale au service du syndicalisme, car cela pourrait renforcer son pouvoir de négociation collective ou bien parce que les nouvelles technologies auraient un fort potentiel d'émancipation sociale. Peut-être, mais face à ce tsunami annoncé, cela risque de n'être une faible digue.

Chacun est conscient que l'Europe voit son modèle social et économique en voie de délitement. Après le choc de la concurrence asiatique, c'est son potentiel économique qui est menacé par la nouvelle industrie dominée par les firmes numériques, essentiellement états-uniennes.

Avons-nous des atouts pour résister et nous adapter ? 

Autrement dit, comment faire face à une menace puissante dont on ne comprend pas bien la nature exacte et qui semble être « mortelle » ? Il faut en effet insister sur la difficulté à collectivement bien identifier ce nouveau monde numérique qui échappe totalement à notre système de représentations, avec un monde du travail qui se mobilise encore pour conserver un ordre ancien.

 Le très beau livre de Serge Gruzinski peut nous y aider. Son titre est « L'Aigle et le dragon, Démesure européenne et mondialisation au XVIe siècle » (Voir sa présentation faite à l'Ecole de Chartes). Il est paru en 2012.

 En deux mots, Serge Gruzinski montre comment et pourquoi, au XVIe siècle, deux mondes -l'un chinois et l'autre mexicain - ont été, au même moment, confrontés au même type de menace venant de l'extérieur. Dans leur course aux épices, les Espagnols partaient vers l'Ouest et les Portugais vers l'Est, vers la Chine. Les progrès de la navigation et l'ouverture au monde avaient libéré des énergies considérables pour conquérir de nouveaux territoires, de nouvelles ressources, dont les épices, mais pas seulement.

 Ce qui est intéressant est que les Portugais, face à la Chine, ont échoué tandis que les Espagnols ont détruit la civilisation aztèque : ce peuple du Mexique a été défait car il a été dans l'impossibilité de penser la nature de la menace représentée par une poignée d'aventuriers sans foi ni loi. La bande de Cortès a su jouer des rivalités internes et de leurs peurs pour les soumettre. Au contraire, les Chinois, en imposant leurs règles bureaucratiques ont considérablement entravé la marche de ceux qui voulaient les conquérir. De plus, ils ont su attribuer une identité claire à ces étrangers. Les portugais n'ont pas pu réussir à les diviser, à affaiblir l'unité du peuple chinois tenu par une bureaucratie impériale. La ruse et les intentions de ces intrus ont été comprises et leur tentative de conquête a échoué.
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