Retranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy








télécharger 37.42 Kb.
titreRetranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy
date de publication07.06.2017
taille37.42 Kb.
typeTranscription
l.21-bal.com > loi > Transcription

Mise en place d’une gestion concertée du littoral


et application au Golfe du Morbihan

Retranscription de la Conférence du professeur Yves LEBAHY


A Vannes le 8 juillet 2005

Rappel de quelques éléments d’un constat alarmant depuis longtemps inventoriés :


  • Densification de l’espace littoral 

    • En Bretagne, par exemple : 75 % de résidences secondaires à Carnac, 85 % à Arzon

  • Développement touristique

  • Modifications climatiques à l’horizon 2080

    • Elévation des températures + 0,6°C de 1860 à 2000 en moyenne sur la Planète

+1,5°C de 1961 à 1990 en Europe prévisions de +2,5 à +3°C pour nos régions

+4°C au Sud Portugal et Andalousie


    • Diminution des précipitations -20% en été en Bretagne

-42% en Andalousie


    • Elévation du niveau des mers Brest de 1865 à 2000 : +1,2 mm/an

Monde de 1993 à 2002 : +2,3 mm/an

Prévisions en moyenne de +50 à +60 cm avec 3% du territoire atteint

(Sources : GIEC et Oxford University)

  • Multiplication des fonctions


Qui ont pour conséquences :


  • La dégradation des paysages

  • Les conflits d’usage

  • Les désordres environnementaux


Et conduisent à :

  • Un milieu uniformisé

  • Un milieu accaparé pour des buts fonciers lourds de conséquences en matières sociale et économique

  • La mythification de la mer et du littoral


Les causes de cette situation sont évidemment multiples. Elles procèdent notamment de :


  1. La multiplicité, complexité et interaction des textes législatifs et réglementaires en vigueur, généralement pris en retard (correctifs) et sans véritable concertation :




  • 1959 loi sur les périmètres sensibles

  • 1973 création du conservatoire du littoral

  • 1977 révision de la loi de 1959

  • 1985 loi sur les espaces naturels sensibles

  • 1986 loi littoral

  • 1992 loi sur l’eau

auxquels il faut ajouter les rapports d’élus :


  • 1995 rapport BONNET

  • 1998 rapport RUFFENACK

  • 1999-2000 bilan d’application de la loi littoral

  • 2000 rapport MORVAN


et les multiples directives européennes.

Toutefois, le dispositif législatif oublie la dimension MER, se limite trop souvent à la dimension côtière du littoral ; on voit que le système actuel arrive à son terme.
A cet égard si le golfe est une des zones les plus fragiles, elle a de la chance d’expérimenter le SMVM et le PNR qui désormais n’apparaissent plus, selon le Pr Lebahy, en concurrence (notion d’émulation).



  1. Du concept de gestion « dirigiste » c’est à dire décidée puis proposée, voire imposée, par les élus sans options alternatives.


Ces dysfonctionnements et leurs conséquences ne constituent cependant pas une exception française.

En effet depuis les années 80 on assiste un peu partout dans le monde à une prise de conscience croissante des problèmes auxquels sont confrontées les zones côtières notamment :


    • Manque d’imagination

    • Méconnaissance ou incompréhension des évolutions du littoral

    • Implication inadéquate des groupes d’intérêt concernés

    • Inadéquation des politiques et législations sectorielles

    • Perpétuation de politiques bureaucratiques rigides

    • Absence de coordination entre les autorités compétentes

    • Absence de relais par des initiatives locales


En 1995 la Commission européenne a lancé un programme de démonstration sur l’Aménagement Intégré des Zones Côtières (AIZC) qui doit contribuer à résoudre les différents problèmes auxquelles sont confrontées lez zones côtières de la Communauté. Il s’agit notamment de :


  • la pression démographique,

  • la réduction de la biodiversité,

  • la pollution des ressources en eaux,

  • la banalisation des paysages,

  • la concurrence pour l’utilisation de l’espace et des ressources,

  • la complexité des interactions entre les activités humaines et l’environnement côtier,

  • la dilapidation de ressources particulières et la disparition de cultures spécifiques,


> en fournissant des informations concrètes sur les facteurs et les mécanismes favorables ou défavorables à une gestion durable des zones côtières

> en suscitant un large débat et un vaste échange d’informations entre les divers acteurs participant à la planification et à la mise en œuvre de l’aménagement des zones côtières y compris ceux situés aux niveaux local, régional, national et communautaire.
La phase initiale de ce projet a consisté à retenir 35 projets de démonstration reposant sur une approche innovatrice d’un ou plusieurs problèmes liés à l’aménagement des zones côtières.

Des études thématiques furent également élaborées par des experts nationaux sur 6 facteurs considérés comme déterminants pour l’AIZC (législation, information, politique communautaire, coopérations territoriale et sectorielle, solutions techniques, participation).
La déclinaison française de cette directive a donné lieu à plusieurs recommandations de la Commission du littoral du conseil National de l’aménagement et du développement du territoire (CNADT qui dépend du Premier Ministre) :


  • en 2001 : « Mieux gérer les espaces sensibles (relances des SMVM) »

  • en 2002 : « Soutien à la dynamique des pays maritimes et côtiers »

  • en 2003 : « Le littoral : pour un nouveau contrat social »

  • en 2004 : « Construire ensemble un développement équilibré du littoral »



et, plus particulièrement pour la Bretagne :

  • en juin 2004 : « pour une gestion intégrée du littoral breton » - démarche de réflexion du CESR

  • en préparation - probablement 2006 – une « Charte du littoral breton » - démarche du Conseil Général

qui proposent de refonder la politique du littoral autour de trois objectifs :


  1. élargir la définition du territoire littoral à celui des interdépendances fonctionnelles de la zone côtière vers la terre et vers la mer,




  1. enrichir la vision environnementale du littoral de toute sa dimension humaine, sociale, culturelle et économique …,




  1. rendre aux hommes et aux femmes vivant sur le littoral la capacité d’émettre et de porter un projet de territoire défini localement à bonne échelle.


Pour atteindre ces trois objectifs la Commission du littoral appelle à un changement de méthode.
Elle préconise que, dans le cadre de la nouvelle étape de la décentralisation, puisse être expérimentée la gestion intégrée des zones côtières, déjà expérimentée au niveau européen, et qu’elle définit comme étant une méthode de gouvernance globale qui favorise :
« un véritable dialogue à partir des aspirations et des contributions des différents acteurs de terrain tant publics que privés sur un projet de territoire »
NDLR : Bien évidemment notre association souscrit sans restriction à ces objectifs et a la methode mais constate avec tristesse que les effets sur notre territoire sont encore totalement inapparents.
Y.L. propose plus concrètement de passer d‘un aménagement correctif (coûtx10) supérieur à un aménagement projectif (= anticipation)

Correctif




Projectif


Protection



Préservation

Lecture terrestre & littorale sectorisée



Vision spatiale globale : mer, côtes, littoral, rétro-littoral

Système de gouvernance représentatif



Système participatif



Puis il définit et précise :

L’esprit de la Gestion Intégrée des Zones Côtières





La GIZC est une notion officielle issue des travaux de la Conférence de RIO reprise ensuite à l’échelle européenne.

Elle doit être considérée comme un moyen au service du développement durable d’un territoire littoral.

Elle s’inscrit dans :

  • une nouvelle approche,

  • un nouvel état d’esprit,

  • une nouvelle philosophie,

des rapports entre les sociétés et les espaces qu’elles occupent.
Au lieu de zoner l’espace en le découpant, elle tente de réaliser une « co-viabilité » entre activités et mode d’occupation du territoire.
L’intégration est multiple et relève de plusieurs ordres - elle est :


  • fonctionnelle, en cherchant à valoriser les synergies entre les activités (même apparemment incompatibles).

  • spatiale, en prenant en compte toutes les composantes d’un territoire (de l’amont à l’aval – densification opposé à éparpillement).

  • temporelle, dans la mesure où elle s’appuie sur un patrimoine et cherche à le préserver pour mieux rebondir.

  • méthodologique, car elle vise à intégrer la connaissance et l’action sur le territoire en associant : le savoir-faire des scientifiques qui observent et évaluent les évolutions et le savoir-faire des acteurs, décideurs et usagers qui y vivent et l’aménagent, le gèrent.

  • politique, car elle implique un travail commun aux différents niveaux des structures de pouvoir et de décision - l’élu ne doit plus avoir un rôle exclusif de décideur mais être un animateur de la discussion et un accompagnateur de la décision, d’où possibilité de développer la citoyenneté et de « vitaliser » un certain nombre d’instances.

  • sociale, dans la mesure où le projet de territoires doit intégrer la participation de tous les acteurs (élus-professionnels-usagers permanents ou occasionnels) = développement de l’éco-citoyenneté et de la mixité sociale.



Cela constitue un vrai programme de démocratie territoriale

auquel il faut sensibiliser et éduquer les populations.
NDLR : Cela pourrait être un des rôles essentiels des associations dès lors qu’une saine concertation pourrait être établie avec tous les élus locaux.

Quelles implications cela entraîne-t-il pour les communes littorales du Golfe du Morbihan ?
Il faut connaître le territoire et toutes ses composantes (par ex. les fleuves côtiers). Les territoires devraient être en corrélation avec les bassins versants où il n’y a pas toujours adéquation entre les pays, les bassins versants et les SCOTS ; cacophonie sur ce point dans le Golfe et le pays d’Auray ; les limites de pays vont en plus trop loin à l’Ouest et à l’Est par rapport aux bassins versants. Il faudrait travailler sur un ensemble de Quiberon au Crouesty et arriver à une structure unique de gestion sur un même territoire (Le Golfe, Le Mor Braz).
Les activités primaires sont fondamentales : problème de survie à moyen terme au niveau de la dimension halieutique qui ne pourra exister que si le milieu demeure sain ; il n’existe plus que 24 exploitations agricoles fonctionnelles sur l’ensemble des 20 communes riveraines du Golfe : il faut éviter de faire passer les terres en TAB car sinon éviction des populations et des activités.
Une autre politique de l’urbanisation fortement consommatrice d’espace. C’est un élément clé de l’avenir du littoral. Du fait de la contrainte de la mer, les villes près du littoral ont tendance à s’étendre et à se densifier. La tendance actuelle au plan économique est de créer progressivement des villes de 200.000 hab. en opposition avec un héritage ancien de villes de petite taille qui ont fait la richesse de la BRETAGNE ; avec des moyens de communication comme Internet la ville n’exige plus cette nécessité de concentration comme il y a 50 ans. Le SCOT du pays de Vannes ne va pas dans ce sens alors que l’agglomération de VANNES atteint 165.000 hab.

Une réflexion générale sur l’urbanisation est à entreprendre :

  • quelle taille de ville est optimale ?

  • quel réseau ?

Il faut également mettre un terme au mitage et à l’étalement le long de la côte morbihannaise.
Il nous est apparu que 4 points forts ont été présentés :


  • la carte des périmètres (on n’a pas les bons périmètres)

  • le manque de cohérence terre-mer (la mer est sous-évaluée)

  • le mitage

  • la notion des villes moyennes


 d’où la nécéssité d’adopter d’autres comportements : la G.I.Z.C.

similaire:

Retranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy iconProcès-verbal des DÉlibérations
«Seyssins ensemble» a bien compris qu’il existait un droit de retouche et de modification entre les termes tenus lors des conseil...

Retranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy iconMaître Yves cosqueric

Retranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy iconYves perrier à Bernard faureau secrétaire de séance

Retranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy iconPierre Bodros, Thierry Boulier, Vincent Bourgeois, Yannick Bramat,...

Retranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy iconLittérature québécoise Volume 546 : version 0 Le cow-boy traqué Numérisateur...

Retranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy iconVoici une lettre d’info bien remplie, grâce notamment à la contribution...
«Urbanisme et Eco-quartiers». Le message portant sur son organisation ne devrait plus tarder

Retranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy iconDocument professeur

Retranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy iconFiche professeur

Retranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy iconProfesseur ahmed cheniki

Retranscription de la Conférence du professeur Yves lebahy iconOuverture de la conférence








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com