Le français ne s’est jamais mieux porté








télécharger 32.85 Kb.
titreLe français ne s’est jamais mieux porté
date de publication03.06.2017
taille32.85 Kb.
typeDocumentos
l.21-bal.com > loi > Documentos
Vive le Québec trilingue!

http://www.unesco.org/courier/2001_07/fr/education.htm
Filippo Salvatore, professeur de communication à la Concordia University, ancien membre du Conseil de la langue française du Québec et ancien conseiller municipal de Montréal. (juillet/août 2001)
Les lois québécoises, qui ont imposé le français à l’école et au travail, ont été bien plus efficaces qu’on ne l’aurait cru. La Belle Province envisage de changer de cap car le trilinguisme gagne du terrain, au grand chagrin des nationalistes intransigeants.

Manifestation en faveur de la langue française à Montréal, Québec, en mars 1989



Avec ses paysages d’une rude beauté et son accent charmant, le Québec offre un bel exemple de détermination culturelle aux pays qui comptent, comme lui, de fortes minorités. Cet îlot francophone prospère dans un océan anglophone, grâce à une digue solide de lois et de mesures pédagogiques en faveur du français. Mais voici que la Belle Province envisage de changer de cap: selon une récente enquête officielle, il est temps d’assouplir la «Loi 101», qui impose depuis trente ans l’usage du français dans le système scolaire et sur les lieux de travail.


En vertu de cette loi (appelée aussi Charte de la langue française), tous les enfants sont tenus de fréquenter des établissements primaires et secondaires d’expression française. A une exception: les Québécois de vieille souche, qui ont reçu leur enseignement primaire dans une école anglaise de la province. Ceux-là peuvent choisir la langue de scolarisation de leur enfant. Mais pour tous les nouveaux venus, qu’ils arrivent du Canada ou d’ailleurs, le français est de rigueur jusqu’à l’université.


Née en 1977, la Loi 101 est la fille du mouvement nationaliste québécois, dont l’objectif a toujours été la sécession du Québec, ou, du moins, plus d’autonomie au sein de la fédération (voir encadré). La loi remonte aux jours exaltants de la «révolution tranquille», quand les Québécois français arrachèrent la province à la domination d’une puissante élite anglaise qui en contrôlait les immenses richesses. Ils ont alors modifié le paysage culturel à l’aide de textes, comme la Loi 101, destinés à «franciser» l’enseignement et le monde du travail.


L’affichage commercial, aussi: une réglementation limite l’usage de l’anglais dans les enseignes publiques et la police de la langue arpente encore les rues, mesurant la taille des lettres pour vérifier que «poulets frits» règne bien sur «fried chicken». Régulièrement, le gouvernement de la province passe une couche de nouvelles mesures pour raviver l’esprit de la Loi 101. A chaque coup de pinceau, une nouvelle vague de Québécois anglais émigre vers d’autres régions du Canada, ou aux Etats-Unis.


Le français ne s’est jamais mieux porté



Aujourd’hui, les Québécois anglais de vieille souche ne représentent plus que 8,5% de la population, contre 13% en 1971. Pourtant, à en croire les nationalistes, la menace anglophone a pris une ampleur nouvelle grâce aux allophones, jolie façon de désigner les immigrés dont la langue maternelle n’est pas le français. Il en arrive, chaque année, 25 000 à 35 000, essentiellement d’Amérique latine, du Moyen-Orient et d’Asie orientale. A elles deux, les minorités anglophone et allophone forment 18% de la population de la province. Les Québécois pur jus en constituent encore 82%, malgré un taux de natalité parmi les plus bas du monde. Mais beaucoup de ces «indigènes» sont convaincus qu’ils perdront bientôt la majorité dans leur capitale financière, Montréal, où s’installent la plupart des communautés minoritaires. Selon un sondage réalisé l’an dernier par le quotidien Le Devoir, 55% des Québécois sont convaincus que le français est en danger, dans toute la province.


Entendant ces cris d’alarme, le gouvernement de la province a lancé, l’an dernier, des Etats généraux sur le thème: «Que doit faire le Québec pour assurer l’avenir de la langue française?» Ces états généraux sont une sorte de rituel. Chaque fois que le gouvernement de la province mobilise pour un référendum séparatiste (voir encadré), il fait monter la pression en soulignant la situation désastreuse du français. Mais, après avoir dépensé plus de dix millions de francs pour une série d’auditions dans toute la province, les nationalistes ont été surpris: selon le rapport préliminaire, publié le 5 juin, le français ne s’est jamais mieux porté dans la Belle Province.


«Le français n’est plus la propriété de la majorité, il est devenu la langue de tous», a déclaré le président des états généraux, Gérald Larose, ancien dirigeant syndical et vieux séparatiste. 95% des habitants du Québec savent le français et l’utilisent quotidiennement, soit une augmentation de 7% en dix ans. Plus de 90% des élèves fraîchement arrivés dans la province vont droit à l’école française, affirme le ministère de l’Education du Québec. Certes, leur seule alternative est l’enseignement privé. Mais la Loi 101 ne peut obliger ces enfants à parler français hors des salles de classe. Or, beaucoup continuent à bavarder ou à hurler en français dans la cour de récréation, y compris à Montréal, où les migrants constituent près de la moitié de la population des écoles françaises.


Même les anciennes minorités — les anglophones et allophones qui sont nés et ont grandi au Québec — adoptent l’«esprit de la Loi 101»: légalement, ces parents ont le droit d’inscrire leurs enfants dans des écoles anglaises. Or, les trois quarts optent pour l’enseignement en français. A une exception près: les Italiens, l’une des communautés culturelles les plus importantes et les mieux ancrées du Québec. Ils continuent majoritairement de fréquenter les écoles anglaises. Mais, loin de rejeter le bilinguisme, ces familles parlent trois langues! Et le taux des mariages franco-italiens augmente chaque année. C’est par l’amour et non la contrainte, qu’ils sont peu à peu gagnés au français.

L’abolition de la police de la langue est envisagée



Le trilinguisme a aussi séduit les Etats généraux. Le rapport préliminaire, publié le 5 juin par la commission Larose, a fait l’effet d’une bombe: les communautés anglophone et allophone y sont présentées comme exemplaires. «Le vieil antagonisme anglo-français au Québec a été au moins un peu estompé. Et peut-être beaucoup», a dit Larose, avant de présenter un plan de promotion du français, mais aussi de l’anglais. Au lieu de préconiser un renforcement de la Loi 101, comme des durs s’y attendaient, la commission a suggéré de la démanteler partiellement en abolissant, par exemple, la police de la langue.


Selon la commission Larose, il faut au Québec une nouvelle charte, ou constitution, qui reconnaisse officiellement le français comme langue de citoyenneté de la province. Mais, poursuit-elle, l’anglais aussi mérite le respect, en tant que langue de la «minorité nationale» officielle du Québec. Les anglophones doivent avoir un accès garanti aux institutions judiciaires, aux services de santé, aux programmes d’aide sociale et à l’éducation. «Nous nous efforçons de dire à la communauté anglophone: votre place est reconnue, votre avenir est assuré», explique l’un des onze membres de la commission.


Ultime paradoxe: le rapport recommande que les élèves français améliorent leur anglais. Aujourd’hui, les enfants scolarisés dans les écoles anglaises ont des cours de français obligatoires dès le CP. Mais pour les enfants francophones, l’enseignement de l’anglais — généralement d’assez mauvaise qualité — ne commence qu’au CM2. Résultat: 38% seulement des Québécois français sont bilingues. Comme s’ils s’étaient assoupis, sûrs qu’au pays de la Loi 101 nul n’a besoin de l’anglais pour gagner sa vie. Or, non seulement leurs perspectives professionnelles s’effondrent dès qu’ils sortent du Québec, mais, à l’intérieur même de la province, la concurrence s’exacerbe avec les allophones bilingues et trilingues, de plus en plus nombreux.

«Blasphèmes!» s’écrient les durs du Parti québécois. Le français reste en situation précaire, «car trop de gens continuent à parler anglais dans l’intimité». Peut-être, assurent ces faucons, les migrants s’expriment-ils en français au travail ou à l’école, mais chez eux ou entre amis, ils passent aussitôt à l’anglais. Bref, pour ces intransigeants, intégration égale assimilation. Le reste n’est que trahison.

Si le père de la Loi 101, Camille Laurin, avait l’intention de couler les nouveaux arrivants dans le moule du «bon Québécois», le résultat est décevant. La génération 101 apprend le français, mais reste ouverte à la culture nord-américaine et attachée à sa langue maternelle et à ses valeurs. Ces jeunes et leurs parents acceptent, en général, le principe de prédominance du français au Québec. Il est temps que les Québécois, pour leur part, assument ce rôle de majorité établie et respectée, et non de minorité menacée. Le paradigme «blanc-catholique-français de souche» est dépassé. Un autre le remplace, multiracial, multireligieux et multilingue. L’heure est aussi venue de changer de méthode: moins de contrainte et plus d’incitation.

Raccommoder le Canada


Le débat linguistique au Québec dépasse largement ses frontières: il touche au cœur de l’identité et de l’unité canadiennes. Depuis trente ans, les dix provinces du Canada tentent d’amender leur Constitution pour résoudre le conflit entre une conception fédérale du pays et les revendications du Québec, qui veut davantage de souveraineté.
Ce débat remonte à 1971. Cette année-là, pour la première fois, le mouvement nationaliste québécois menaça de se séparer du reste du Canada. Le Premier ministre, Pierre Elliott Trudeau (lui-même Québécois français), plaida pour un Canada officiellement bilingue et multiculturel, avec dix provinces égales et un gouvernement fédéral fort. Les séparatistes comme René Lévesque rejetèrent cette idée et en lancèrent une autre: un Québec politiquement souverain, «associé» économiquement au reste du Canada.
En 1980, Lévesque organisa un référendum pour soumettre cette proposition au peuple du Québec qui la refusa. Un second référendum, fut organisé, en 1995, par Jacques Parizeau, devenu Premier ministre provincial et chef du Parti québécois (PQ). Le projet fut à nouveau repoussé, mais cette fois à une faible majorité (1%). Parizeau attribua cet échec «à l’argent et au vote ethnique», un commentaire largement interprété comme étant xénophobe et antisémite, et visant les communautés minoritaires de Montréal. Le propos fit scandale: il dut démissionner.

En 1996, un dirigeant plus accommodant, Lucien Bouchard prit le contrôle du PQ et fut nommé Premier ministre. Ouvert aux négociations avec le gouvernement fédéral, il s’est néanmoins efforcé de satisfaire les durs de son parti en organisant des états généraux sur l’avenir de la langue française au Québec. Certains faucons estimaient que l’enquête allait donner le coup d’envoi d’un nouveau référendum sur la souveraineté. Un nationaliste, Yves Michaud, évoqua à nouveau le spectre du «vote ethnique juif». Atterré par cet antisémitisme et les profonds clivages qu’il créait au sein du PQ, Bouchard démissionna, en décembre dernier. Mais sa voix modérée a trouvé un écho dans la position conciliante des états généraux.


Vive le Québec trilingue !
Partie 1:

1/ Effectuez une petite recherche et citez les principales minorités vivant au Québec.

2/ Dans quelle mesure la loi 101 a-t- elle contribué à la prospérité de la langue française ?

3/ Comment la loi 101 est elle aussi appelée ?

4/ Qui sont les Québécois dits de "vieille souche" ?

5/ Sous quel gouvernement la loi 101 et dans quel contexte a-t-elle été votée ?

6/ Rappelez ce qu'est la Révolution tranquille.

7/ Citez quelques-unes des conséquences de la Révolution tranquille.
8/ Quels sont les deux domaines principaux visés par la loi 101 ?

9/ Quelle organisme ou corps de métier a-t- il été mis en place pour s'assurer du bon respect de la loi 101 ?

10/ Faites une recherche pour évaluer la perception de cette loi par la communauté anglophone.
11/ Quelles lois ont elles été votées pour assouplir cette loi 101 ?


Partie 2:
1/ Qui sont les allophones ?

2/ Effectuez une petite recherche et écrivez en quelques lignes les principales caractéristiques de la politique d'immigration au Québec.

3/ Dans quelle mesure les Québécois «pur jus» se sentent ils menacés par les immigrants ? (Vous ne perdrez pas de vue le facteur démographique)

4/ Qu'est ce que les États Généraux ? A quoi cela peut il faire référence ?

5/ Dans quelle mesure les mouvements nationalistes québécois sont ils en contradiction avec l'état actuel de la langue ?

6/ Que nous apprend le rapport du ministère de l'Éducation du Québec sur la situation de la langue française hors de l'école ?

7/ Qu'en est il pour les "anciennes minorités" ? Imaginez les raisons qui les poussent à effectuer un tel choix.

8/ Quelle est la situation de la communauté italienne ?

9/ La communauté italienne est une des communautés les plus importantes et les mieux ancrées du Québec. Vous expliquerez quand les italiens ont immigré vers le Québec pourquoi (choix de la destination, contexte historique).

10/ Quelle facteur pousse les italiens à s'intéresser aussi au français ?
Partie 3:
1/ Quel portrait de la situation dressent les États généraux du 5 juin ?

2/ Quelles mesures sont alors envisagées ?

3/ Quel paradoxe a de surcroît été mis en valeur?

4/ A quels problèmes "nouveaux" les francophones sont ils confrontés ?

5/ Quels sont les arguments des nationalistes convaincus pour expliquer cette situation?

6/ En effectuant une petite recherche dans un dictionnaire, vous expliquerez la différence entre assimilation et intégration.

7/ Quel changement de paradigme est évoqué par l'auteur ? Vous expliquerez dans quelle mesure il peut s'appliquer aussi dans des pays de la communauté européenne comme l'Angleterre, la France ou l'Allemagne.

8/ Quel changement de méthode est préconisé ?

Partie 4:
1/ Que s'est il passé en 1971 ?

2/ Comment a-t- on appelé cet évènement ?

3/ Quels ont été les conséquences de cet évènement ?

4/ Quel rôle a joué René Lévesque dans ce mouvement ? Ses tentatives ont elles abouti?

5/ Qu'en est il pour Jacques Parizeau ?

6/ Faites une petite recherche sur le Parti Québécois et rappelez en quelques lignes leur orientation politique.

7/ La question juive a-t-elle joué un rôle dans ces débats ? Lequel?
Partie 5:
1/ Faites une recherche et rédigez un paragraphe sur le système scolaire au Québec. Vous pourrez éventuellement établir quelques comparaisons avec votre pays d’origine.
2/ A quelles vicissitudes de l'histoire fait il allusion ?
3/ Dans quelle mesure la communauté catholique irlandaise a-t-elle eu un impact sur les générations futures d'immigrations ?
4/ Quelles ont été les réactions des catholiques français ?
5/ Pourquoi la Révolution française a-t- elle constitué une rupture ?

similaire:

Le français ne s’est jamais mieux porté iconPhilosophie
On ne délibère jamais sur les choses qui ne peuvent être autrement qu’elles ne sont [ ] Le passé ne peut jamais être objet de choix...

Le français ne s’est jamais mieux porté iconEnsemble didactique
«Le succès n’est jamais total, l’échec n’est jamais complet. IL n’y a que le courage qui compte.» de Ben Tilton

Le français ne s’est jamais mieux porté iconConstitution de k'état français (jamais promulgué)

Le français ne s’est jamais mieux porté iconUne seule issue : le retrait
«on vaut mieux que ça !», avec elle, la cgt est disponible pour construire ce «mieux»

Le français ne s’est jamais mieux porté iconRecherche L’alphabet français semble mieux convenir à la fonction...

Le français ne s’est jamais mieux porté iconPrologue
«Monseigneur l’évêque prince Farnèse, qui demain célébrera la Pâque dans Notre-Dame, est le seul qui puisse vous dire pourquoi Jean,...

Le français ne s’est jamais mieux porté icon«…notre camp des progressistes ou des gens honnetes n'ont jamais...

Le français ne s’est jamais mieux porté iconVous ne vous posez jamais de questions ? Vous ne cherchez jamais...
«certains consommateurs pourraient réduire leur consommation d’énergie de 10 %», la Commission invite les Etats-membres à adopter...

Le français ne s’est jamais mieux porté iconPremière partie I quelques faits, quelques dates
«On plaint ce pauvre genre humain qui s’égorge à propos de quelques arpents de glace», disaient les philosophes à la fin du 18ème...

Le français ne s’est jamais mieux porté icontous les jours et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux, oui
«- c’est ce que l’on entend, c’est ce que l’on sème pour nous : ce sont les graines qui nous parviennent à l’esprit au travers des...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com