Emmanuel Kant








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Gérard Chauvier, dans sa résidence de Gennevilliers, été 1978

L’Odyssée de Pierrot LEHOUFF

(Ou les tribulations d’un Brave en Corse)
CHAPITRE 1

« Des pensées sans contenu sont vides,
des intuitions sans concepts, aveugles »
Emmanuel Kant

Introduction

Voilà, c'est une histoire... qui vaut ce qu'elle vaut. Je n’ai pas encore l’intention de la faire publier chez... Grasset ou autre. Elle sert de prétexte, bien évidemment, à une visite de la Corse. C'est l'histoire d'un type qui, au gré des circonstances, va être amené à parcourir la Corse en tous sens. Voici d'ailleurs, et le ton sera donné, le parcours simplifié, au pays où le maquis est roi:

Ne soyez pas trop dur avec moi, quant à l’aspect littéro-culturo-artistique de cet ouvrage. Ce n'est évidemment pas mon métier, tout au plus un passe-temps occasionnel et, dans le cas présent, tout à fait conjoncturel. Il n’est donc pas (encore) dans mon intention de présenter cette aventure initiatique et philosophique au Goncourt. N’ayez crainte quant au côté philosophique. Pourtant celui-ci est partout, qu’on le veuille ou non : en politique, comme en patchwork ou comme dans les vestiaires, après un match de football. C'est juste pour passer un moment et pour sourire un peu.

Le premier chapitre qui vous est présenté à titre gratuit, est un peu comme l’échantillon qui accompagne un produit acheté dans une parfumerie. C’est un produit d’appel, comme on dit en marketing. Il n’y a pas quelques jours de test à renvoyer au fournisseur si vous n’êtes pas satisfait. C’est dans un esprit de désintéressement total et sans aucune prétention que ce chapitre vous est offert sans conditions.

Il est évident que si cette lecture vous a mis en appétit, la suite vous sera facturée à un tarif non encore validé par l’amicale des « Auteurs Occasionnels Anonymes® ». Il vous suffira alors de passer par mon agent commercial pour connaître les modalités d’acquisition. (Possibilités vraisemblables de paiement en 12 mensualités avec le taux d’intérêts compensés en vigueur. Voir la loi du 19 mai 2007, L-47bis, article VII, alinéa 25, du Conseil Economique Littéraire Européen N° 72-AFS-02-54-08-33-00 dont l’arrêté d’application devrait être publié dans les jours, les semaines ou les mois à venir.

Bonne aventure.

CHAPITRE 1

01 - Réveil précipité.

En ce samedi d’avril, Pierre, comme chaque matin, vers 7 heures, allait chercher son courrier, un peu dans le brouillard, la tête encore dans des pensées opaques qu’il fallait dissiper au plus tôt. La veille avait été un jour difficile à cause du travail et de plein d’autres choses encore.

Comme un robot, il déposait mécaniquement sur la table du salon la pile de papiers en tous genres qu’il avait l’intention de ne consulter qu’après un petit déjeuner qu’il avait pris l’habitude de prendre seul depuis des années.

Pourtant, son œil fut étonnamment attiré par le coin d’une enveloppe qui dépassait à peine de sous une revue. Il y en avait des enveloppes, des magazines, les prospectus, de la publicité. Il avait remarqué ce coin parmi tout ce fatras : facture de téléphone, carte postale d’un parent éloigné, les « Lettres Françaises », « Sciences et découvertes », le renouvellement de son abonnement pour le « Courrier International », enfin, la revue hebdomadaire en papier glacé « Hot-Girls for Hard-Men », magazine anglophone plein de photos, (car Pierre était un passionné de photographie), ce qui ne le gênait pas car il jonglait avec toute l’aisance nécessaire - à cause de ses fonctions professionnelles - pour la langue de J. K. Rowling.

Il sorti cette enveloppe en priorité. Le café attendra. L’instinct de l’animal traqué, dont l’éveil est permanent, réminiscence d’années antérieures difficiles mais exaltantes au cours desquelles ses nerfs avaient été particulièrement sollicités.

« L’en-tête » ne lui donna aucun élément de réponse quant à la question qu’il se posait déjà : à savoir : qui pouvait être ce correspondant dont le cachet de la poste indiquait son origine : « Ajaccio, le 18/04/07 ».

Comme pris par une prémonition soudaine, il évacua toute autre pensée de son esprit qui se mit aussitôt à fonctionner à toute allure. Pierre avait toujours eu des situations délicates à négocier et, la plupart du temps, il avait été dans l’obligation, souvent vitale, de prendre une décision immédiate. Pour être sorti du sommeil, il en était sorti ! Et pourtant, rien ne pouvait lui laisser supposer que ce qu’il allait découvrir allait bouleverser sa vie. Sixième sens ? Il y avait toujours cru, et il s’était même imaginé qu’il lui servait de bonne étoile. N’avait-il pas, un jour, dans l’inconscience la plus totale, et au péril de sa vie et peut-être celle d’autres, traversé la place de la Concorde, un jeudi à 18 heures ! A la sortie des usines ! Et Dieu sait si elles sont nombreuses dans ce quartier. D’accord, il avait emprunté les passages pour piétons. D’accord il avait respecté les feux tricolores. D’accord, il n’était pas seul ; il l’avait traversée au milieu de cette horde de parisiens tous pressés qu’ils étaient de rentrer à leur domicile : il y avait un match du PSG le soir même sur Canal. Mais quand même ! Heureusement, il n’en avait jamais parlé à sa maman, qu’il chérissait par-dessus tout : elle se serait fait rétroactivement tant de soucis. Il se serait alors grandement fait fâcher, ce qui l’aurait particulièrement contrarié. Pierre n’aimait pas, mais pas du tout être contrarié, fusse par sa maman chérie.

Ce matin, il avait décidé d’accorder toute son attention à cette enveloppe, somme toute ordinaire. Mais son intuition lui commandait de l’ouvrir, toute affaire cessante. Ce qu’il fit, sans prendre le temps ni de prendre sa douche, ni son petit déjeuner, ni de lire le journal, ni de réveiller Madame, car Pierre était marié, mais ça, c’est une autre histoire !

02 - Un courrier étonnant.

C’est avec une certaine fébrilité qu’il déchira l’enveloppe. Il n’en connaissait pas son contenu mais il savait qu’il allait se passer quelque chose d’important, voire de définitif. Il ne lui fallu pas plus de dix secondes pour mener à bien cette opération. Cela ne l’empêcha pas, malgré ce laps de temps très court, de penser,- car Pierre avait cette faculté, comme tous les êtres sensiblement supérieurs à la moyenne, de mener à bien deux choses en même temps -, à cet évènement qui le taraude encore certaines nuits ou il lui avait fallu, un matin tout comme aujourd’hui, ouvrir une lettre de redressement fiscal (pour avoir omis de déclarer sa prime de vacances) tout en songeant qu’il avait, l’après midi même, un rendez-vous avec Sophie, qui s’était soldé, quelques mois plus tard par un « oui » très officiel et franchement calamiteux. Chère Maman !

C’était une lettre officielle, avec une superbe « en-tête » au nom de : « Maître Pietrosimoni fils », Notaire, sis, 18, boulevard de la Revanche de Waterloo, Bloc H, bâtiment 12, 3ème sous-sol, face à la mer, 20 000 Ajaccio » Elle était accompagnée d’une sorte d’armoirie qui retraçait (en résumé, bien entendu) la vie tourmentée d’un certain empereur qui aurait, selon les informations écrites en lettres minuscules, marqué l’Histoire. Pierre, avait, ce que d’aucuns considéraient comme un défaut (alors qu’il nageait au milieu d’un océan de qualités), l’intelligence de mettre l’essentiel entre parenthèse, pour jeter un dévolu sur Le détail qui pouvait lui sembler plus important que le reste. Toujours ce sens supplémentaire. Cette façon d’appréhender les choses, aussi surprenante qu’elle soit, lui avait parfois été fort utile quand il s’était trouvé dans certaines situations périlleuses. Il avait eu le reflex, afin d’en savoir davantage sur la vie de cet empereur, de se précipiter sur « Mon premier Larousse » situé sur l’étagère de la chambre de son fils âgé de 10 ans. Oui, Pierre avait un fils. (De dix ans). Mais il avait craint de le réveiller. Alors il décida de différer une belle occasion d’enrichir sa culture générale. Il était temps de revenir à l’objet de cette intrigue : le corps de la lettre de Maître Pietrosimoni. Alors il logea dans un casier déjà bien encombré de son cerveau, réservé à ce qu’il appelait « ses affaires en instances » : l’armoirie, qui lui semblait un élément remarquable, ainsi que l’empereur. « On verra le moment venu » aimait-il se dire sans que jamais il n’ait le temps de se plonger dans ce fouillis indescriptible.

«  Cher Monsieur,

J’ai l’immense plaisir de vous faire savoir que Ange-Marie Petrucelli, né Tenda di Borgu, Haute Corse, est décédé à l’âge de 53 ans, au lieu dit « A canedda », près de la commune de Tenda di Borgu, au croisement de la route de Tenda di Borgu et du chemin allant vers le lieu dit « Casa di Donizzetti », derrière la chapelle Sta Lucia di Lamermora.

Son corps, criblé de balles, (il n’aurait pas souffert, ou si peu, d’après un témoin qui n’a pas jugé bon de donner ses coordonnées) tenait encore fermement dans sa main, repliée sous sa poitrine, une lettre qui vous était destinée et dont je vous joins une copie. C’est évidemment la teneur de cette lettre qui fait que je me réjouis de vous annoncer son décès, sans quoi, évidemment, j’aurais mêlé ma peine à la vôtre.

En attendant de vous rencontrer prochainement, je vous prie d’agréer, Monsieur, mes respectueuses salutations insulaires.

Maître Pietrosimoni

P.S.
Nous trouverez ci-joint, la lettre de votre ami. »


03 - Jeu de piste.

Pierre ne s’était pas trompé. Son infaillible instinct l’avait alerté à propos de la teneur exceptionnelle de ce courrier surtout quand il déplia, avec une certaine angoisse, le fameux document joint. Une chose le frappa immédiatement : l’écriture difficilement lisible, faite de caractères désordonnés, tantôt penchés en avant, tantôt en arrière, parfois de taille différente. Une constante : les lignes étaient toutes inclinées vers la gauche. Un graphologue aurait conclu de la manière suivante : « une difficulté d'adaptation dans la société, de l’hypersensibilité, voire de l’agressivité, un tempérament qui ne parvient pas à s'imposer. Manque de confiance en soi, voire malhonnêteté ». Bigre !

Il y avait également du tremblement dans l’écriture. Elle ressemblait à celle d’un vieillard qui a perdu une bonne partie de la sûreté de ses gestes. Pourtant, « Il » n’avait que 53 ans. Pierre s’en voulu de ne pas avoir, dans la panoplie de tout son savoir, des notions de graphologie qui lui auraient sans doute permis de lui donner une image précise de cet homme, ses intentions, son âge, son sexe, la couleur de ses cheveux, son type de femmes, les circonstances de sa mort, bref tout ce qui pouvait être important pour cerner ce mystérieux personnage. Soudain, en se frappant la main restée libre contre son front, il réalisa qu’il avait presque tous ces renseignements, là, sous ses yeux ! « C’est vrai, je n’ai pas encore pris mon café. Oh, Pierrot, réveille toi ! ». Trop impatient d’en savoir davantage, il se mit en devoir de lire la seconde lettre. Il dû même s’y reprendre à deux fois, peut-être même à trois pour décrypter ce message aussi surprenant :

« Salut Pierrot,

Si tu lis cette lettre c’est que ça s’est pas bien passé pour moi. Je ne sais pas si tu te souviens de moi : Ange-Marie Petrucelli, dit « Trompe la mort ». Tu te rappelles ? Eh oui, voilà plus de trente ans que nous nous sommes perdus de vue. Je ne t’ai pas rappelé, toi non plus, c’est la vie. Un avantage ; cela a peut-être évité de se fâcher. En effet, je suis en très mauvais termes avec tout le monde. « Grave », comme me disait mon fils Paul que tu n’as pas connu et qui ne me parle plus depuis des années. « Infiniment regrettable » comme me le répétait cette garce de Marie-Françoise, mon ex-épouse.

Alors voilà, malgré mon âge qui pourrait me laisser espérer encore un bel avenir, je sens ma fin prochaine. Non, je ne suis pas malade. De ce côté (c’est bien le seul) tout va bien. Ce qui va moins bien, par contre, ce serait, comme qui dirait, sur le plan relationnel. Quand je te disais que je n’ai plus d’amis c’est que je n’ai plus d’amis. Ils se sont transformés en ennemis. Pourquoi ? Va savoir ! La politique peut-être, quelques copines, sans doute. Nous avions fait aussi des affaires ensemble. Je ne t’en dirai pas davantage, ce serait trop long à t’expliquer. Elles ont mal tourné. Toujours est-il que je me suis retrouvé à la tête, sans le vouloir vraiment, encore que, d’un immense pactole, des briques en pagaille. Les circonstances ont fait que je n’ai pas pu en faire profiter ceux avec qui j’avais récupéré cette manne, ceux qui étaient encore mes « amis » il y a peu. Ceci malgré ma propension à partager jusqu’à une de mes nombreuses chemises. C’est dire ! Dieu m’est témoin !

Jalousie de ma réussite sociale ? C’est vrai que j’avais quitté le « bar des supporters de l’ACA(1) » au profit du « Grand café du Cours ». C’est vrai que j’ai troqué ma Simca 1100 pour une Fiat Uno neuve avec alarme de recul. C’est vrai aussi que je me suis mis à porter des « Ray Ban » mais ça, ce n’est pas de la coquetterie, c’est à cause des reflets du soleil quand je fais mon quinté au café « Chez Francis ».

Bref, mes briques m’attirent des tas d’ennuis et me pèsent. Aussi, je me suis dit que, s’il m’arrivait des bricoles, je préfèrerais que ce soit toi qui puisse en profiter. Tu en seras averti par le notaire de l’ex mari de celle qui fut la compagne de mon voisin de palier et dont j’avais eu une aventure (en tout bien toute horreur comme elle aimait dire) avec la sœur de sa femme.

Or, malgré toute l’estime que j’ai pour toi, ce que je te lègue se mérite. Il va donc falloir aller le chercher car j’ai soigneusement planqué ce magot tant convoité. Te rappelles-tu mon caractère ? « Puisqu’ils le veulent, ils ne l’auront pas. Je ne me fais pas extorquer mon bien : je le donne ». Une seule condition cependant : Il faudra en prélever une part afin de consacrer le nécessaire pour me construire une chapelle, plus belle que celle de ces salopards de Tomasetti, qui m’ont tant fait de mal dans le passé, jaloux qu’ils étaient parce que j’avais réussi mon entrée du premier coup au lycée Fesch, dans le cimetière de Tenda di Borgu qui fait face à la mer. Tu planteras aussi et à côté, un de ces cyprès de Toscane que j’aime tant ! Tu en trouveras chez Jardiland à Mezzavia. Rassure toi, il en restera suffisamment pour te construire un château au moins aussi beau que celui des Pozzo di Borgo !

En deux mots, voilà comment t’y prendre pour récupérer le magot :

J’ai rédigé une lettre d’une page qui se trouve disséminée en quatre parties aux quatre coins de la Corse. Il te faudra en trouver trois, selon la formule du jeu de piste. En rassemblant ces trois morceaux tu auras l’ensemble du texte dans lequel j’évoque des souvenirs anodins de jeunesse. Il te faudra le décrypter et cela te permettra d’avoir l’adresse de la personne qui détient la quatrième partie de la lettre et, après juxtaposition, (j’ai trouvé ce mot dans le dictionnaire), elle te donnera l’indice manquant pour te conduire à l’endroit ou se trouve cette fortune. Evidemment, chaque personne que tu auras l’occasion de rencontrer ne sait rien de cette affaire et ne se connaissent pas entre elles. Mon trésor est bien caché.

Pour commencer ta quête, rends toi chez madame Benedetti à Ajaccio, (je ne me souviens plus de son véritable prénom car je l’appelais toujours Simone en souvenir de l’actrice qu’elle aimait beaucoup). Tout ce que je sais d’elle, c’est qu’elle habite pas loin de la maison natale de Napoléon, dans une petite rue, au 2ème étage. C’est pas difficile, elle étend toujours son linge sur un fil qui traverse la rue. Je crois même qu’il devait s’agir de vêtements. Ce détail devrait t’aider. Quand tu la verras, présente toi : dis lui que tu es un ancien ami à moi et ajoute dans la foulée, le mot de passe qui suit : « tes carottes sont cuites ? ». N’oublie pas l’accent d’interrogation. Cette formule est une allusion à la recette que je préférais quand nous allions lui rendre visite le jour de la St Jean Baptiste : « le sauté de veau aux olives ». Elle te donnera quelque chose pour poursuivre ta quête. Donne lui de mes nouvelles, elle sera contente.

Je vais te quitter en souhaitant, à l’heure où j’écris ces lignes, que tu n’auras pas à me lire. Sinon, je remets mon âme à Dieu.

Bon voyage, bon séjour chez nous. J’oubliais : les corses sont des gens formidables et accueillants. Il faut simplement savoir les respecter mais ça, c’est valable pour tout le monde.

Mes amitiés posthumes.

Ange Marie

P.S. Encore un oubli : Elle ajoutait des carottes aux olives. »

(1) Athletic Club d’Ajaccio
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