A messieurs Henry de Lesquen Michel Leroy Jean-Antoine Giansily








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Fonction du mythe « tiers monde »



Cette domination globale, hypocrite, du mythe de la révolution n’a finalement pas résisté aux faits. On la voit de plus en plus relayée, dès les années 1950, et au moyen des mêmes vecteurs, les intellectuels de gauche et les enseignants qui les suivent, par le mythe du tiers monde, qui déprécie urbi et orbi, à l’école et à la maison, par l’image et par le son, le monde industriellement avancé en général, et la France en particulier. A partir de quoi, ce qui apparaît à l’observateur historique une sorte de guerre psychologique contre l’identité nationale, renouvelle, dirait-on, non pas ses objectifs, mais ses moyens.

Les sentiments nationaux sont alors attaqués non plus au nom de la lutte des classes, des prolétaires qui n’ont pas de patrie, puis de la patrie des prolétaires qui est l’URSS, mais pour ainsi dire du dedans.Notre histoire, notre culture, l’histoire des lignées d’hommes qui passent par nous, nous-mêmes qui participons à ces lignées et à cette histoire, et qui sommes porteurs de cette culture, nous serions, en gros et en détail, collectivement et individuellement, coupables. Cette conception délirante qui utilise, à cause des émotions qui leur sont liées, des concepts d’origine théologique tels que le péché, conclut à la culpabilité de la nation à laquelle nous appartenons. Culpabilité dont nous ne pourrions nous laver, ou laver nos descendants, qu’en faisant nôtre la mentalité des «révolutionnaires tiers-mondistes», en épousant leur querelle contre nous-mêmes, en nous identifiant d’une manière hystéro-masochiste aux fantasmes de ceux qui font précisément contre notre culture et notre identité nationale ce genre de fixation.

Dans l’imputation de colonialisme, l’aversion et l’hostilité n’excluent pas l’ignorance. Il y eut par exemple conquête par l’Islam arabe de toutes les terres qu’il trouvait devant lui et qui ne lui résistèrent pas victorieusement. Il y eut ensuite conquête par les Turcs islamisés d’une grande partie de l’Asie, puis, derechef, par des musulmans venus d’Asie par l'Océan Indien, de toute la façade orientale de l'Afrique. L'Islam conquérant est arrêté en France dès le VIIIe siècle puis les siècles suivants, chassé d'Espagne, alors que l'Islam esclavagiste d'Afrique Orientale persiste jusqu'à la fin du XIXe siècle, et a laissé des séquelles jusqu'à nos jours.

Il y eut même des Etats musulmans spécialisés dans la traite des esclaves comme le Sultanat de Zanzibar. C'est pourquoi l'invention tardive de la notion très subjective de colonialisme appliquée au profit à la fois des arabo-musulmans et des peuples qu'ils avaient réduits en esclavage, et, plus généralement de tous les peuples conquis par l'expansion européenne au cours de ce que nous appelons les temps modernes, aurait de quoi surprendre non seulement l'historien, mais tout homme suffisamment informé et pensant avec un minimum de rigueur.

Colonialisme : les sophismes de la mauvaise conscience



Le phénomène de la conquête lui-même est aussi ancien que l'histoire. Dès les premières civilisations, celles de l'Indus, de la Mésopotamie et de l'Afrasie, une constante apparaît, et même une dominante. Il se manifeste entre les collectivités, quel que soit leur statut politique, Etats-temples, Etats-cités, empires, royaumes, ce qu'on pourrait appeler des différences de potentiel, des dénivellations d'énergie. Les potentiels de conquête et d'expansion des différentes formations historiques s'avèrent inégaux, et les collectivités qui, d'une part, ont des ressources exploitables, même si elles sont mal exploitées, et qui d'autre part, sont très inférieures quant à l'organisation et à la force militaire, se trouvent en état d'infériorité vis-à-vis de leurs voisins. Et cette dénivellation énergétique constitue aux yeux des plus forts une tentation. Ici, il ne s'agit pas de discours moraux. Il s'agit d'histoire. L'"unité politique" , royaume, empire, république, bref la formation historique qui cède à cette tentation devient conquérante. C'est ainsi - pour prendre des repères - depuis Sumer et Akkad, les premières en date des formations politiques conquérantes que nous connaissons suffisamment pour en parler. Cette constante, cette dominante historique, ne s'est jamais démentie. Lorsqu'au cours de ce que nous appelons nos temps modernes, des conquérants européens ont débarqué outre-mer, ce n'était pas, loin de là, une "grande première historique". Dès que les musulmans d'Asie, de leur côté, ont su maîtriser la mousson, ils ont débarqué sur les côtes orientales de l'Afrique et les ont conquises. Formellement le trinôme dénivellation culturelle et technique - tentation - conquête ne s'est jamais démenti au cours de l'histoire. Je l'ai appelé, en transposant Spengler, un effet de dyschronie. Ce qui veut dire que le conquérant et le conquis n'en sont pas au même stade de développement (n'ont pas le même âge, disait Spengler, n'en sont point au même niveau de civilisation scientifique et technique, dirons-nous) ce qui fait que ceux qui ont eu la supériorité d'organisation et de technique l'ont emporté, tandis que le résultat des épreuves de force entre unités politiques de même niveau est resté aléatoire. Les historiens ne nous donnent les résultats des épreuves qu'à terme échu.

Lorsque, dès la fin du XVème siècle, l'expansion européenne outre-mer gagne les cinq continents et grâce à la supériorité d'organisation et de technique, l'Europe s'établit dans de nombreux points du globe, ce n'est rien de nouveau en histoire. Si donc ce rapport de domination est constant en histoire, pourquoi réserver la damnation aux derniers en date, aux Européens, qui n'ont peut-être mérité le nom qu'on leur a donné en propre, de colonisateurs, que parce qu'ils ont civilisé davantage ? Pourquoi les successeurs d'Arabes et d'Asiatiques esclavagistes seraient-ils au contraire l'objet d'une élection quasi divine et apparaîtraient-ils une partie intégrante du tiers monde sacré ? Pourquoi l'idée non rigoureuse, ou plus exactement le thème agressif appelé "colonialisme" s'appliquerait-il exclusivement aux dernières en date des grandes puissances conquérantes de l'histoire, c'est-à-dire à la partie occidentale de l'Ancien Continent ? L'Empire Russe qui se dit, depuis 1917, "soviétique", n’est pas englobé dans l'anathème. Bien que la progression russe d'Ouest en Est et au Sud-Est soit le type même de l'expansion coloniale réussie. Il n'y a pas eu d'océan à franchir : l'empire est d'un seul tenant. Mais le développement du thème agressif "colonialisme" était fondé principalement sur le socialisme, dont le nouvel empire russe a passé depuis Lénine pour être la patrie. Ce thème colonialiste se fonde sur les conclusions d'un des catéchismes de Lénine. (Pour ses adeptes il n'a écrit que des catéchismes). Nous faisons allusion à l'Impérialisme, stade suprême du capitalisme.

Ce thème agressif du colonialisme consiste à tenir les derniers en date des grands peuples conquérants, et porteurs de civilisation, pour des incarnations du principe du mal, donc à autoriser et à approuver à la limite tout ce qui pourrait être entrepris contre eux. A partir des exactions de la conquête et des scrupules existant chez les individus et les groupes des nations conquérantes, la propagande anticolonialiste étend son rayonnement.

Si l'on se place d'un point de vue historique assez détaché, le sentiment de culpabilité cultivé, développé, organisé, et intellectualisé en idéologie, n'est pas le résultat de la conquête, sans quoi il aurait constitué un trait commun de tous les conquérants, mais le produit, dans un seul cas historique, celui de l'Europe Occidentale et particulièrement de la France, d'un changement d'état d'esprit, un changement subjectif, à l'intérieur de l'empire ou de la nation ex-conquérante.

En fait, les entreprises menées pour nous culpabiliser dans notre identité nationale entre les deux guerres du XXe siècle reposaient principalement sur le dynamisme communiste directement antipatriotique. Cette idéologie de culpabilité n'a pas survécu à la Deuxième Guerre Mondiale où le patriotisme français pouvait, après la fin de l'alliance Staline-Hitler, être utilisé par le Kremlin. Après la Deuxième Guerre Mondiale, l'entreprise de culpabilisation s'est appuyée sur l'anticolonialisme, que l'on voit alors se diversifier, se développer, et se raffiner. Il s'agit d'une culture intensive de la mauvaise conscience fondée sur la réprobation morale de l'action de la France et des Français outre-mer. Les fruits de cette culture intensive de la mauvaise conscience, nous pouvons les récolter et les examiner. Il s'agit d'une part d'une sorte d'épidémie psychologique qu'on peut nommer le culpabilisme et d'autre part de la mise au point d'une idéologie où certaines données de fait sont majorées, d'autres minimisées, d'autre censurées.

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