A messieurs Henry de Lesquen Michel Leroy Jean-Antoine Giansily








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Alliage fort et qui résiste au temps



Un des effets les moins récusables et les plus pernicieux de ce qu'on est convenu de nommer le pouvoir intellectuel de la gauche, qui a sévi depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, et qui a été très bien supporté par deux Républiques, est l'inversion, le changement de signe, le passage du positif au négatif en matière de sentiment national.

Nous avons le devoir de ne pas nous payer de mots : de quoi s'agit-il ? De notre identité nationale en tant que les Français l'appréhendent eu eux-mêmes comme sentiment, c'est-à-dire comme une source d'énergie psychologique perçue par intuition directe. L'identité nationale se présente objectivement sous forme d'institutions propres à la France, et peut se présenter en même temps sous forme de justifications intellectuelles : ce sont les différentes idéologies nationales et même nationalistes.

Mais quand nous disons "France", il ne s'agit pas seulement d'un pays mais de manières de vivre, de sentir, de voir, de réagir et d'agir, qui, cimentées par la longue durée, ont acquis comme une existence propre, une qualité distinctive. Ce type d'état psychologique vécu lie entre eux les hommes d'une cité ou d'une nation historique. Elle les lie en fonction même de l'histoire avec ses mythes historiques, ses grandeurs et ses malheurs qui ne sont qu'à eux. Il s'agit d'un alliage fort de sentiments résistant au temps ; plus durables que l'individu, ils sont transmis par la culture dont ils sont partie intégrante. Ils se colorent différemment avec les générations, mais ils ne sont pas à l'échelle des individus. Ils peuvent, ou non, donner lieu à une idéologie. On n'a pas besoin d'être nationaliste pour être national. Il s'agit là de ce que le plus grand sociologue d'Europe, l'Italien Vilfredo Pareto, nomme une persistance des agrégats. On dirait que les sentiments dont est fait cet alliage pénètrent en nous avec l'air que nous respirons et le lait maternel.

C'est ainsi qu'une réalité historique comme la France n'a pas l'inconsistance céleste des idées pures. Elle vit grâce à des hommes porteurs de ces alliages forts de sentiments, de ces agrégats qui se traduisent à l'heure des crises par le patriotisme. Cette réalité, elle ne peut vivre (car elle vit de notre vie) que s'il y a suffisamment de ces porteurs de culture chez qui existe un tel alliage de sentiments. Quand il n'y eut plus assez d'hommes porteurs des "agrégats" romains, Rome, remarque Pareto, fut condamnée. Autrement dit, il faut une proportion minimale de lignées françaises, de porteurs de culture française, pour acculturer d'autres hommes, en faire des compatriotes. Il ne peut y avoir de nouveaux Français si l'alliage en question est trop rare et menace de disparaître. Il y a des proportions à respecter. Le pouvoir d'acculturation de la France, de la société française, n'est pas illimité. Il est plus limité aujourd'hui qu'il n'était après la guerre de 1914.

Comment le sentiment national peut-il être culpabilisé ?

Il nous importe ici de noter un minimum de choses indispensables sur ce renversement de signe, ce passage du sentiment national du positif au négatif.

Mots parias



Nous n'avons pas de précisions mathématiques sur la fréquence de circulation de certains mots, donc de certains concepts, mais nous n'avons pas besoin d'un instrument plus précis que notre expérience vécue pour savoir suffisamment que des mots et des idées à très forte circulation il y a encore 40 ans sont beaucoup moins usités aujourd'hui, et qu'ils tendent à s'effacer et à être effacés, qu'ils s'éloignent. Exemple : patrie (les professeurs de philosophie n'osent plus guère parler à leurs élèves de ce sujet qui ne semble pas avoir été officiellement supprimé). Patrie, et bien entendu nation, ordre, honneur, règle de vie, famille, mariage, capacité, propriété, supériorité, autorité, grandeur, force, répression, obligation. D'autres mots sont satanisés, infernisés. Ce sont des mots parias, il convient de les prononcer avec une intonation de mépris sans équivoque ou assortis de commentaires péjoratifs, voire injurieux. Tels sont : élites, sélection, hiérarchie, ordre; dans une partie des cas : notables (alors qu'il y a toujours et de toute manière des notables).

A la place des notions ainsi poussées vers la sortie historique, et qui dans de larges espaces sociaux sont déjà des mots tabous et des notions d'abord inusitées, puis interdites et bientôt ignorées, il y a une sorte de cours forcé de concepts et de mots venant en particulier du marxisme simplifié par les communistes et leurs voisins politiques, et qui viennent remplacer les expressions traduisant l'identité nationale.

Les vecteurs les plus apparents de cette action ou de cette passivité psychologique sont les media, les livres imprimés et l’enseignement public. Rien ne vaut les exemples. Voici ce qu’écrit, dans la revue Commentaire (n° 24) un jeune universitaire parlant de ce qu’il connaît bien :

« Face à de Gaulle, le parti communiste, adossé lui aussi à la légitimité de la résistance, n’était pas seulement une contre-société, mais tout autant un contre-Etat. C’est par rapport à ce contre-Etat que l’intellectuel de gauche s’était prioritairement situé pour s’efforcer de l’influencer, se désespérant de son indigence théorique, ne cessant d’affiner ses analyses de la société contemporaine, tant nationale qu’internationale, pour le jour où le contre-Etat deviendrait Etat…

« A l’abri du double dispositif gaulliste et communiste qui domine l’histoire de la France d’après-guerre, s’institutionnalise un mécanisme essentiel du système politico-intellectuel central. La vie du milieu intellectuel est rythmée et régulée par les tentatives faites pour influencer le contre-Etat et le reflux des déceptions à son égard. La compréhension d’un tel mécanisme se dévoile à la lumière du traumatisme de la collaboration et du collaborationnisme. Parce que l’on ne peut pas pardonner la collaboration de l’intellectuel français avec l’occupant nazi, on pardonnera plus volontiers la collaboration avec le soviétisme et ce d’autant que l’idée de révolution relaie l’idée de nation »

La citation n’est pas finie. Notre auteur poursuit :

« Dans la sociologie des carrières intellectuelles, s’il ne faut naturellement pas avoir été collaborateur, il est recommandé, jusqu’à un certain point, d’avoir été communiste. Le service du contre-Etat représente l’équivalent fonctionnel d’un service militaire intellectuel, c’est-à-dire, si l’on pousse l’équivalence fonctionnelle jusqu’au bout, un outil d’intégration culturelle dans la nation ».

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