A messieurs Henry de Lesquen Michel Leroy Jean-Antoine Giansily








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L’Occident ne peut être vaincu que par lui-même.



Après l’évaporation en Europe du « socialisme scientifique », la destruction de la civilisation occidentale devient pour la logocratie impériale dite soviétique une fin en soi. Il ne s’agit pas ici de haute culture. Notre civilisation telle qu’elle est, par le fait seul qu’elle existe, soumet la Nomenklatura soviétique à l’épreuve permanente de la comparaison. La société de consommation à une époque de grande circulation des images, constitue une provocation permanente pour une Nomenklatura qui tient là-bas sa légitimité originelle du « socialisme », et qui ne peut se permettre comme le font volontiers d’éminents socialistes français, de jeter la doctrine aux orties.
Quant au fond, la vérité d’évidence concernant l’infériorité économique du système de décision économique centralisé, ne peut plus échapper à personne. L’économie de marché n’a plus de détracteurs systématiques depuis qu’on a vraiment essayé l’autre. Le dynamisme de l’économie de marché provient du fait que des énergies en grand nombre peuvent se déployer dans l’initiative, l’invention, le changement. Le système à décision économique centralisée ne prélève et ne met en jeu dans le pays où il sévit, qu’une petite partie de cette énergie employable. Un tel malthusianisme est en partie compensé par le marché noir qui traduit la résistance d’une société devant une politique d’appauvrissement systématique.

L’économie libérale fut une création historique de l’Europe : les physiocrates, puis les économistes comprirent que le fait de ne pas entraver les énergies du vivant en quête de ce qu’il recherche pour vivre, augmentait la somme des biens disponibles, et ils découvrirent qu’il y avait des régulations « naturelles » (formation des prix, etc…). Le fait que les résultats dans l’ordre de la distribution, révélaient des disparités souvent brutales, posait un problème nouveau dont la solution par approximation ne pouvait et ne peut passer en tout état de cause – et c’est l’erreur cardinale des socialismes – par la suppression partielle de la richesse inégalement partagée, suppression immanquablement consécutive à l’énorme déficit d’énergie psychologique qu’entraîne l’exercice de la décision économique centralisée. Ce genre de solution se réduit ou se réduirait à un déni d’intelligence : pour mieux répartir, supprimer une partie de ce qu’il y aurait à répartir. Le constructiviste – infantile - est porté à « couper ce qui dépasse ».

Un despotisme, un totalitarisme peuvent faire disparaître une évidence. Mais non à jamais. La logocratie impériale « soviétique » n’avait qu’un temps limité pour dominer le monde. Ce temps est épuisé. Même si elle sortait victorieuse d’une grande épreuve historique future, cela ne prouverait rien en faveur de dogmes irrémédiablement caducs. En fait l’impératif occidental de vérité et d’objectivité est à la source de tous les succès scientifiques et techniques de toutes nos nations apparentées et de la civilisation qu'elles forment.

L’ « action psychologique » visant un autre point faible de nos sociétés, le culte de l’égalité, a remporté plus de succès. Elle a fait échec bien des fois à l’application d’une politique des ressources rares portant sur la « matière grise » ou, beaucoup plus exactement, sur les hommes supérieurs dans un domaine donné. La montée des médiocres, la percée d’élites sans caractère, autant de coups que nous nous portons à nous-mêmes. Jointe à la submersion par des vagues d’allogènes chez qui les dispositions psychologiques qui ont, du XVIème au XXe siècles, assuré la prééminence mondiale de l’Europe, ne peuvent pas être postulées à coup sûr, cette haine maniaque des supériorités est, certes, efficace pour dénaturer nos sociétés. Mais on ne voit pas, en dépit d’indéniables efforts et d’irrécusables succès, qu’elle puisse être suffisante pour emporter la décision. Là encore, l’ « action psychologique » adverse n’a pas remporté le succès décisif.

Autre point faible : combien a nui à la France la propension de ses élites à ce que Taine appelle la politique déductive, et Hayek le constructivisme : le fait de ne pas savoir que les lois suivant lesquelles se forment et se succèdent les processus de pensée, et les lois selon lesquelles s’enchaînent les événements ne se confondent absolument pas !

Autre faiblesse : le fait pour la France de tendre à être une organocratie, c’est-à-dire un Etat de fonctionnaires, une société à la discrétion des fonctionnaires (par exemple : ils redeviennent fonctionnaires après avoir été députés ou sénateurs, privilège contraire à la formule politique du régime constitutionnel pluraliste dont la Vème République est une variante). Voilà qui nous rapproche, dans la taxinomie des formes politiques, de la société soviétique telle que la décrit Alexandre Zinoviev, et qui montre qu’on peut aboutir à un régime totalitaire sans prendre pour point de départ une révolution. Tout notre socialisme politique, qui n’est qu’un étatisme économique, n’est-il pas fondé sur un tel postulat que nos démagogues habillent de couleurs plus avenantes ?

Un autre défaut de nos sociétés, plus perturbateur encore, les met en péril. C’est d’ailleurs celui qui a rendu possible la formation du surmoi autodestructeur que nous combattons : avec le développement des media, notre civilisation a été littéralement décontenancée par une de ses performances les plus remarquables. La classe politique et les élites n’échappent pas, loin de là, aux effets perturbateurs de ce phénomène caractéristique de notre époque. Qu’un pouvoir politique domine les media, et on le voit s’intoxiquer de sa propre propagande ; qu’au contraire il les laisse faire, et on le voit, comme aux Etats-Unis à la fin de la guerre du Vietnam, ou lors du scandale du Watergate, se laisser traîner dans la boue par des gens irresponsables qui n’ont pas une formation intellectuelle et morale assez forte pour équilibrer chez eux les tentations du vedettariat. Ces « hommes médiatiques » sont les nouveaux riches du Pouvoir. Le génie occidental a produit des effets qu’il ne maîtrise pas. En sorte que la communication qui est le terrain sur lequel pourraient être vaincues les techniques psychologiques de diffamation des mobiles, est au pire l’instrument même de cette diffamation, au mieux un pouvoir sauvage qui inculque aux politiciens médusés par les media le langage avec lequel il trahiront leur propre civilisation et se trahiront eux-mêmes. Par media interposés, il arrive que nos gouvernants se laissent imposer le langage même qui sape leur pouvoir et détruit leur avenir et le nôtre. Tel leader prononce, à l’occasion, des paroles d’une imbécillité dostoïevskienne.

Enfin, je ne voudrais pas ne pas vous avoir parlé de la carence la plus grave de l’Occident, la carence du sacré. Bergson voyait dans l’Univers une machine à faire des Dieux, Pascal pensait que l’homme passe infiniment l’homme, Nietzsche le voyait comme une corde tendue entre l’animalité et la surhumanité. Il est certain que nous appelons une renaissance du sacré, et qu’une telle renaissance ne pourrait être contenue par quelque dogme que ce soit. Sans doute la future élite religieuse du XXIème siècle se cherche-t-elle dans les confessions et en dehors d’elles, et contre les dogmes, et sans doute l’Occident peut répondre aux périls qui le menacent par des fondations d’Ordres et des Chevaleries nouvelles.

Mais il faut détourner le regard de l’horizon pour le ramener plus près de nous. Certes, l’hédonisme lourd qui fait peser sur nous sa loi devra être contenu, c’est une question de survie pour notre culture. Et il faut que je revienne ici à ce que j’ai dit il y a trente-cinq ans dans « La Guerre en question ». Il s’agit toujours d’une immense partie jouée par deux joueurs, mais un des joueurs n’a pas à proprement parler de tête, c’est l’Occident. La supériorité stratégique de l’Est, c’est qu’il a une tête. Le Politburo ou ceux qui y font la loi, ont l’échiquier devant les yeux, et cet échiquier est celui de la guerre-Protée où on peut répondre à un coup par un coup tout autre. La réponse pouvant être très différente du stimulus et située très loin. Le joueur d’en face, nous, a beaucoup de têtes si l’on veut, mais plutôt minuscules. Pourtant il n’a pas encore été vaincu. Le terrorisme incite les nations civilisées à se donner une sorte de directoire, un organe sans précédent historique afin que se constitue le joueur « Occident ». Cela n’implique ni identification, ni mélange de cultures, ni renonciation politique. Il n’y a en Europe occidentale et aux Etats-Unis que des nations historiquement fortes. Les conflits d’intérêts et les concurrences économiques qui opposent ces nations, doivent se poursuivre selon leurs propres lois. Une certaine standardisation des méthodes de combat « sans guerre », laisse intacte l’originalité des mœurs, des coutumes et des mythes. Mais en définitive, le joueur Occident ne gagnera la partie du siècle que s’il existe.

Cette question ne concerne pas seulement les « unités politiques » ou « Polities », les nations, mais la civilisation qu’elles constituent ensemble. L’Occident, jadis, ne s’était pas délivré par le seul effort des royaumes, mais aussi par celui des Ordres religieux et combattants, qui recrutaient, sans tenir compte des frontières intra-européennes, les élites chevaleresques de la Respublica christiana. Les Polonais, les Teutoniques, les Hongrois, les Impériaux à l’Est, les Français, vainqueurs des barbaresques au Sud, ont tracé jadis les frontières à l’intérieur desquelles s’est élevée l’Europe. Les techniques sont plus nouvelles que les situations.


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PRECISIONS


I - La constitution du mythe «Fascisme»:
Colloque du Club de l'Horloge des 26 et 27 novembre 1983, à Paris. On peut trouver toutes les communications de ce colloque dans l'ouvrage: Le Club de l'Horloge: Socialisme et Fascisme, une même famille, Paris, 1984.

II - Culpabilisation du sentiment national




III - Patriotisme de civilisation



Université de Printemps du Club de l'Horloge, Nice (28,29 et 30 avril, 1985). On peut trouver toutes les communications présentées à cette «Ùniversité de Printemps» dans l'ouvrage: L'identité de la France, Paris, 1985.
IV - Du Pouvoir intellectuel de la gauche, vivisection d'un conformisme:
Paris, 12ème colloque du Club de l'Horloge: Rompre avec cinquante ans de socialisme 1936-1986. Les communications de ce colloque ont été publiées dans la revue «Contrepoint» no spécial 52-53.
V - La Guerre en question (suite):
Communication faite à l'Université de Printemps du Club de l'Horloge, à Nice, du 1er au 4 mai 1986.

TABLE DES MATIERES



Jules MONNEROT 1

Désintox, 1

Au secours de la France décérébrée 1

Comprends ou tu es dévoré. 2

Le Sphinx 2

La Constitution du mythe « fascisme » en France et l'utilisation politique de ce mythe 3

Fascisme : un mot chargé 4

L'infamie contagieuse 4

5

Les transferts d'exécration 5

Le pouvoir sémantique 6

La censure en action 7

Main basse sur la morale 8

Socialistes et communistes 8

La mauvaise conscience comme gaz paralysant 9

Reflux des « grandes sottises collectives » 9


La culpabilisation du sentiment national 11

Alliage fort et qui résiste au temps 11

Mots parias 11

Fonction du mythe « tiers monde » 12

Colonialisme : les sophismes de la mauvaise conscience 13

Classe messie et bon sauvage : une fusion de fantasmes 14

Culpabilisme et christo-marxisme 15

16

L'escroquerie au racisme 16

Une donnée actuelle du problème français 17


Patriotisme de civilisation 17

La loi en France 17

Un sentiment d'appartenance 19

Souveraineté d’un « ramassis » 19

Préférence occidentale 20


Du Pouvoir intellectuel de la gauche, vivisection d'un conformisme 21

Il s'agit bien de « Pouvoir ». 21

Inversion du conformisme 23

Imprégnation « sinistre » 23

Appropriation de la République 24

Du noyautage à la domination 25

De la reproduction chez les « Cryptos » 26

« Intellectuels », « Elite intellectuelle » : ne pas confondre. 26

L'ablation de la mémoire 27

Le langage piégé 28

Potestas nominum 29

Langue de bois et tête de bois 31

La conquête invisible 32

La politique « autruchienne » 32

Drogue en vente libre : trop tard 34

Thérapeutique de la lumière 35

Résistance moléculaire 35


La Guerre en question, Suite. 36

Retour du balancier 36

Transformations de l’art de vaincre. 37

La guerre seule ne peut pas « faire la décision » 38

La diffamation des mobiles 38

Socialistes: survivre à la doctrine 39

L’idéologie communiste vaincue par l’intelligence occidentale 40

Le temps des assassins. 41

Echec de la décolonisation 42

L’invasion permanente. 43

L’Occident ne peut être vaincu que par lui-même. 44




1 Isabelle Stal et Françoise Thom, L’école des barbares, Paris, 1985.

2 Idem.

3 Op. Cit.

4 Personne ne peut sans une naïveté confinant à la connivence, pousser le conformisme (ou plutôt l’aveuglement) jusqu’à ignorer les actions de guerre souterraine programmées et ordonnées au sommet de la pyramide impériale «soviétique » et s’exerçant à l’intérieur de la France au moyen des actes et des conduites de divers exécutants placés à tous les niveaux de l’échelle sociale, degrés supérieurs compris, et dont nous négligerons ici les particularités psychologiques.

La France de la deuxième moitié du XXle siècle bat vraisemblablement le record historique de la non-résistance à la trahison. Une nation, prise comme telle peut-elle être suicidaire ?

Voir le livre de Thierry Wolton, Le K.G.B. en France, Grasset, Paris 1985.

On peut dire qu’il y a dans cet ouvrage – qui est fort loin d’être complet – un bouquet de faits éclairants. Les remarques sociologiques, (par exemple celles que je suis en train de faire) sont comme une monnaie fiduciaire dont les faits historiques constituent l’encaisse-or. De ces faits nous ne connaissons qu’un échantillonnage.

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