A messieurs Henry de Lesquen Michel Leroy Jean-Antoine Giansily








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Appropriation de la République



Le mot "république" n'a échappé à ce destin funeste que grâce à une usurpation de sens. Historiquement au XIXe siècle, les républicains se distinguent des socialistes pendant la révolution de 1848. Les républicains du général Cavaignac emploient la force lors des journées de Juin 48 contre une insurrection soutenue par les socialistes. Les républicains qui fondent sous la IIIème République le parti républicain, se désolidarisent totalement de la Commune de Paris, dont ils n'amnistient les survivants que très tard. Les socialistes, même lorsqu'ils sont élus au suffrage universel, ont dans les années 1880 et 1890, des mots très durs pour la "république bourgeoise". C'est une aile modérée et "bourgeoisante" du socialisme qui collabore avec les républicains lorsque Jaurès devient le "ministre de la parole" du Cabinet Waldeck-Rousseau, et entraîne avec lui les camarades. Jusque là, les socialistes n'ont fait qu'entrer dans la République, non sans quelque réticence. Ils sont encore loin de s'en prétendre copropriétaires. Leur attitude est incertaine à la veille de la guerre de 14 : la majorité du parti rallie, non sans pleurs et grincements de dents, le drapeau de la République, mais après la Première Guerre mondiale, les ambiguités recommencent. Ce sont alors les communistes qui contestent, et eux seuls, la république. Les socialistes ne font pas partie ès qualités (je ne dis pas par transfuges interposés) de la majorité du "Cartel des gauches" de 1924, qu'ils soutiennent sans y participer. C'est en 1936 seulement que les socialistes acceptent ès qualités, avec Léon Blum, des responsabilités gouvernementales dans la République française, tandis que c'est au tour des communistes, en 1936, de s'introduire officiellement parmi les républicains avec leur "soutien sans participation", plus justement nommé "soutien à éclipses". C'est à partir de 1936 que les communistes qui ont déjà parmi eux de remarquables spécialistes de la guerre qu'on appellera plus tard psychologique, s'affirment membres à part entière de la famille républicaine. Et là, nous sommes carrément dans l'imposture. Pour Lénine cette "république bourgeoise" n'était que le masque hypocrite du brigandage capitaliste et impérialiste, et si Staline soudainement la ménage, c'est qu'il a deux fers au feu, le second étant Hitler. Lors de la guerre civile espagnole (1936) toute l'extrême-gauche clame, sur le mode obsessionnel, qu'il faut que la France (outre-Pyrénées) vole au secours de la "légalité républicaine", à qui jusque là les marxistes et léninistes des diverses obédiences ne passaient pas pour vouer un culte. Ces nouveaux républicains, comme on dit "nouveaux riches", eussent beaucoup étonné Gambetta, Jules Ferry et même Waldeck-Rousseau. Tels Tartuffe, ces derniers venus clamaient sur tous les tons : "La maison est à moi, c'est à vous d'en sortir".

Bientôt, le Bureau politique du Parti nommera sans vergogne les jeunesses communistes "Jeunesses républicaines de France". Les staliniens exploitent supérieurement les circonstances (Front populaire et Résistance); l'imposture n'en est pas moins flagrante; et entre 41 et 44, les buts de guerre des communistes vraiment conscients ne s'identifiaient pas aux buts de guerre des membres de la Résistance non-communiste, qui eussent eu - j'en étais - exactement le même comportement s'il s'était agi d'un socialisme allemand différent de celui de Hitler. Ce qui les dressait contre Hitler n'était certainement pas que le Chancelier révolutionnaire allemand ait trahi son allié Staline.

Un phénomène comme le Pouvoir intellectuel de la gauche n'est pas une fabrication artificielle. Il s'agit de l'exploitation de circonstances historiques favorables par une volonté politique servie par de très forts moyens. C'est un phénomène sociologique, résultante de facteurs parfaitement analysables, phénomène infléchi dans un certain sens par les forces historiques les mieux placées et les plus aptes à réaliser une telle inflexion, et ici, ce sont d'abord les communistes.

Ce pouvoir intellectuel de la gauche naît donc après la Seconde Guerre mondiale sur le terrain de l'"antifascisme" triomphant. La propagande alliée habilement déviée en France par les communistes suggérait que "les démocraties" avaient vaincu "le fascisme". L'Union Soviétique, donc le communisme, faisait partie des "démocraties" ! Eclipsés par les communistes, les socialistes à cette époque se contentaient de prendre place dans la grande famille républicaine. Ceux des socialistes qui avaient rejoint Londres dans les années 43-44 faisaient plus figure de chevaux de retour du parlementarisme que de tenants d'une Internationale. Dans l'"antifascisme" des années 1930 en France, s'étaient jadis unis des ressortissants de la "Ligue des Droits de l'Homme", liés à la Franc-Maçonnerie et au "socialisme démocratique", des républicains patriotes alarmés par l'expansion de l'Allemagne à qui les erreurs du Traité de Versailles avaient servi de tremplin, Allemagne qui reprenait, avec le pouvoir révolutionnaire des nationaux-socialistes, l'essentiel des méthodes de conquête sans guerre que le communisme, auparavant, avait mises à l'ordre du siècle (mais pour les Allemands, c'était avec une efficacité très supérieure à celle des Russes, et une très forte accélération). Cet état d'esprit dit "antifasciste" s'était retrouvé dans ce qu'on appelle, entre guillemets, la "résistance intellectuelle". Les Français les plus actifs alors s'adonnaient à diverses formes de guerre et non à l'idéologie. C'était le plus pressé. Au moment de la défaite allemande, c'est au sein d'un milieu très favorable aux Soviétiques, en raison de leur participation à l'issue de la guerre, qu'en France, dans les zones de l'Université, de l'Information et de l'Edition, du Spectacle, où la résistance était surtout "morale", les communistes se trouvèrent la seule force organisée, sûre de son but et ayant une idée précise des moyens.

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