Delivre des puissances des tenebres








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hiérarchie, il est de mon devoir de te révéler ne serait-ce que les
éléments de société, et l'extension de base des rouages de notre nos
pouvoirs. Après qu'il m'eut instruit sur toutes ces choses, il me remit
une sorte de lentille que je dus placer sur mes yeux. Il fit défiler
devant moi sur un écran des personnes portant des insignes ou des
figurines, sur le visage ou sur la poitrine. Parmi ces insignes, il y
avait par exemple le pentacle, étoile à cinq branches utilisée par les
occultistes dans leurs incantations.
Chaque dessin représentait
une certaine espèce d'esprits. Ils étaient différenciés par leurs
couleurs, qui couvraient tout le spectre. Mon instructeur me montra sur
l'écran un homme portant une couronne noire sur la poitrine. Il me dit
que C'était un sorcier: "La couleur nous indique qu'il en est encore à
ses débuts. Nous n'enregistrons pas toutes les couleurs, en particulier
le blanc, le rouge et le jaune. Nous utilisons à la place leurs
dérivés. Tu vois cet homme qui a un anneau bleuâtre sur la bouche?
C'est un voleur, doublé d'un menteur, dont la couleur est le bleu
sombre. Un féticheur est identifié par un triangle isocèle renversé. Un
impudique porte un cercle rose autour de la poitrine."
L'ivresse,
quelque soit le produit qui l'avait provoquée, bière, alcool, chanvre
ou drogue, était caractérisée par la même couleur.
A mesure que
les images défilaient sur l'écran, je remarquai que mon interlocuteur
en laissait passer certaines sans donner aucune explication. La
particularité de ces gens était qu'ils étaient tous en dessin ni figure
géométrique de couleur variée.
Plus tard, je compris que ces
personnes entourées de feu étaient des chrétiens régénérés. Le diable
ne pouvait rien faire contre eux directement. Je le dis en connaissance
de cause. La séance de cours terminée, mon instructeur me remit aux
bons soins de celui qui m'avait amenée chez lui. Quand il me vit, ce
dernier insista beaucoup pour que je sacrifie mon père. Je lui exprimai
mon désaccord en restant dans un silence de marbre! Ceci énerva mon
interlocuteur. Il se fâcha, et donna l'ordre qu'on me persuade
d'accepter. Deux autres personnes me conduisirent dans un endroit très
différent des Précédents. Ils me dirent: - Le Grand Prince éprouve pour
toi une grande estime. Il ne veut pas te contraindre à accepter de le
servir. Compte tenu des qualités qui sont en toi, il désire que tu
acceptes de le servir de ton propre gré. Fais Preuve d'intelligence, et
Profite de l'occasion qui t'est offerte maintenant. N'oublie pas que
même si tu persistes à refuser, il t'est impossible de nous fausser
compagnie maintenant que tu as pris connaissance des éléments de base
de notre organisation. Tu es des nôtres!
-Que mon Père meure de sa
mort naturelle, car je ne le tuerai pas. Quant à moi et à ce qui
pourrait m'arriver, je m'en moque éperdument!
- Tu ne mourras pas.
Si nous avions voulu t'éliminer, nous aurions eu plusieurs occasions de
le faire, à cause de l'affection que le Grand Prince éprouve Pour toi.
Sinon, tu serais morte le jour où les deux esprits qui te servaient en
ont eu assez et ont réclamé leur liberté! Tu seras morte, les jours où
les esprits qui te servaient en ont eu assez et ont réclamé leur
liberté! Tu serais morte aussi le jour où tu as décidé de quitter les
cimetières! Le Grand prince estime que tu lui sera utile vivante que
morte. C'est pour cela que tu as gardé la vie. Sans cela, nous n'en
serions pas là!
L'homme se retourna pour me montrer deux hommes
blancs. Il me demanda si je les connaissais. Comme je ne répondais pas,
il me dit que c'étaient ceux-là qui m'avaient servie depuis l'âge de
huit ans.
- Ils t'ont suivie partout où tu es allée. Actuellement,
il y en a cinquante-deux comme eux qui sont à ton service. Voici enfin
venu le temps où tu peux les voir et les admirer! Trop longtemps, tu
n'as entendu que leurs voix! Je vis alors les cinquante-deux
personnages. Chacun surgit en répondant "Présent!" à l'appel qui fut
fait devant moi.
- Si tu donnes ton consentement, tu seras
princesse, et des milliers te serviront! Accompagnée de tous mes
suiveurs, je fus reconduite à mon premier interlocuteur. Comme s'il
avait assisté à notre conversation, il me dit :
- Tu as de la
chance d'être encore vivante après un tel affront! Je ne vois pas ce
que le Grand prince trouve de spécial en toi! Tu retourneras donc chez
toi. Cependant, nous ferons en sorte que tu respectes nos exigences.
Sans plus mot dire, il me raccompagna à l'endroit par où j'étais entrée
chez eux, dans le monde spirituel sous-marin. Au moment où nous
atteignîmes notre objectif, on m'interpella et on me remit un objet de
forme arrondie, transparent, qui mesurait environ 16 centimètres de
diamètre. Je demandai ce que c'était et à quoi cela servait, mais on me
répondit de poser ces questions à celui qui m'avait amenée ici.

Je pris l'objet, en espérant qu'il représentait la solution à mon
problème, et que cela pourrait être un médicament ou un moyen de
recouvrer la santé. Sous l'eau, mon corps ne me faisait pas mal, mais
toutes les déformations provoquées par la maladie étaient toujours
visibles. Rien n'avait encore été fait pour ma guérison. Dans "l'engin"
qui me remontait, J'éprouvai à nouveau les mêmes sensations que pendant
ma descente, mais dans un ordre inverse. Une fois à la surface, mes
mains saisirent le bord de la pirogue, me permettant ainsi d'émerger de
l'eau. Je respirai une bouffée d'air frais dans mes poumons, ce qui me
procura un bien-être intense. J'étais revenue à la réalité, à l'air
libre!
Le magicien se tenait debout dans la pirogue. Il m'aida à
m'installer à bord. Tournant mon regard de gauche à droite, je conclus
que mon absence n'avait duré que quelques minutes. En dehors d'une
personne assise sur la berge, rien n'avait changé. A mesure que la
pirogue s'approchait de la berge, je réalisai que la personne sur la
berge n'était autre que mon mari, Jean! C'était le dernier que je
m'attendais à trouver à cet endroit! Mais, au lieu de me frustrer, la
présence de mon mari me revigora.
J'eus du mal à conserver mon
calme! La solitude et les derniers événements avaient suscité en moi le
besoin d'être en présence d'une personne chère. Toute joyeuse, je
courus me jeter dans ses bras. M'appuyant sur son épaule, je perdis
courage et me mis à pleurer. Jean demeura de marbre, sans un mot de
consolation ni un regard vers moi. Il se tourna vers le magicien et lui
dit:
- S'agit-il d'une revenante ou de ma chère épouse?
- C'est bien ta femme! Il doit y avoir quelques secrets entre vous, non? C'est le moment ou jamais de le savoir!
- Ce n'est pas la peine, ma femme ne peut pas vivre sous l'eau! Qui peut vivre sous l'eau?
Comprenant l'enjeu, je me dis qu'il était grand temps que j'intervienne.
- C'est bien moi, Jean! Souviens-toi, le jour où nous nous sommes rencontrés, de la première parole que tu m'as dite!
Je
lui rappelai alors nos souvenirs communs. Ces paroles semblèrent
apaiser Jean, dans une toute petite mesure. Mais que s'était-il passé
pour que mon mari se trouve ici? Les incantations n'avaient-elles pas
agi? Le magicien m'avait-il menti, ou avait-il pris peur après mon
plongeon, pour aller prévenir mon mari? Sur le chemin du retour, Jean
m'expliqua que le magicien était venu le trouver la veille, en lui
disant que j'avais besoin de lui. Il poursuivit:
- Je ne pouvais
douter de ses paroles, car tu ne m'avais rien dit de ta destination. Je
l'ai suivi sans hésitation, craignant qu'il ne te soit arrivé quelque
chose d'irréparable. Depuis que je me suis assis à la place où tu m'as
trouvé, je n'ai fait que regarder l'endroit où il m'avait montré que tu
étais tombée.
- Je t'expliquerai tout en détail. Sois patient, et
tu sauras d'où je viens. Je me rendis compte que j'étais restée sous
l'eau trois jours et deux nuits! Etait-ce possible? Etait-ce le
magicien qui était allé trouver mon mari? Seul le maître pouvait
répondre à toutes ces questions. Me souvenant enfin de la présence de
ce dernier, je lui demandai à quoi pouvait servir l'objet en forme de
boule. Voyant la boule, sans me répondre, le maître se prosterna à
trois reprises, sans souci de la présence de mon mari. Il me dit :
-
Madame, grâce à cette boule magique, vous occupez à présent un rang
sept fois supérieur au mien. A partir de maintenant, tous vos désirs
seront des ordres. Je ne peux plus rien vous apprendre. A ces mots, je
me sentis comme vidée. Tout espoir de guérison s'écroula comme un
château de cartes. Irritée, je jetai la boule à terre. Elle se brisa en
mille morceaux. Le maître était stupéfait.
- Pourquoi, madame, avez-vous agi de la sorte?
Effrayé
des conséquences que je pouvais subir pour avoir détruit la boule
magique, le maître s'enfuit. Je ne l'ai plus revu depuis ce jour.
Appuyée
sur l'épaule de mon mari, je me mis à sangloter et à pleurer sur mon
sort. Mon mari ne me posa aucune question. Il compatissait sincèrement
à ma peine. Fatigués et chargés, nous nous acheminâmes lentement vers
notre domicile.

Chapitre 8 : Les méandres de la servitude
Une
fois à la maison, la porte du salon s'ouvrit d'elle-même, à notre grand
étonnement. A peine entrés, une voix nous souhaita la bienvenue, dans
notre propre maison, et nous pria d'entrer dans la chambre à coucher.
Suivie de mon mari, nous sommes entrés, pour découvrir une boule
magique identique celle que je venais de casser. Une voix sortit de la
boule magique et nous donna l'ordre de nous asseoir. Nous nous
exécutions déjà lorsque la même voix ordonna que je reste seule,
c'est-à-dire que mon mari sorte. Je m'opposai à cet ordre, mais Jean
sortit de lui-même. Une feuille de papier sortit du sol. Il y était
écrit quelque chose dont on me demanda de prendre connaissance. Au
premier coup d'oeil, je remarquai qu'il s'agissait d'une liste de
cinquante-deux noms. Chaque fois que je citai un nom de la liste, une
voix répondait "Présent!" à la manière des écoliers.
Sur un ton
autoritaire, la voix poursuivit et me dit: "Puisque tu as cassé la
première boule, celle-ci st incassable! Nos anciennes clauses sont
toujours en vigueur. Pour t'aider à pactiser rapidement avec nous, la
boule te fournira de l'argent, des bijoux, et des victuailles, comme
des poules blanches et noires. Vous mangerez ces poules lorsque la faim
se fera sentir dans le foyer. Ou bien tu pourras obtenir de l'argent,
et faire le marché toi-même, ce qui reviendra même..."
Malgré
cela, je refusai d'obtenir de la nourriture ou de l'argent par ce
moyen. Les membres de ma famille étaient "aisés," pourra tant ils
commencèrent à m'éviter. Le diable faisait en sorte qu'il n'y ait
aucune compassion chez ceux qui nous connaissaient. Si un parent riche
nous rendait visite, il pouvait s'apitoyer sur notre sort ou même
pleurer, mais son coeur restait froid, et il ne nous venait pas en aide
matériellement. Depuis quelque temps déjà, les dettes de mon mari
avaient sérieusement augmenté. C'était la souffrance, la disette et la
misère au foyer. J'en étais réduite à quémander un peu de nourriture.
Ma vie n'était plus qu'un calvaire. Les jeûnes et les privations
m'avaient affaiblie encore davantage. Jean, qui depuis longtemps
gardait le silence, commença à manifester certains signes de
mécontentement et d'inquiétude. Un jour, il voulut que je lui explique
d'où provenait cet argent qui se trouvait dans notre chambre et que
nous ne pouvions utiliser. Il ne pouvait comprendre pourquoi nous
éprouvions la famine, alors que nous avions de la nourriture dans la
maison. Je lui répondais toujours qu'il devait attendre le moment
opportun pour que je lui explique la situation. Mais, ce jour-là, je
résolus de lui dire la vérité. Je lui expliquai que, lorsque j'étais
sous l'eau, les démons avaient exigé la mort de mon père en échange de
ma guérison. Il fallait que j'accepte de prendre un repas avec eux pour
que mon père meure.
Je lui dis que j'avais refusé dans l'espoir
qu'ils ne s'en prendraient qu'à moi seule, et qu'ils laisseraient les
miens tranquilles. Mais ils ne voulaient pas de ma vie. Pour me forcer
à pactiser avec eux, ils nous avaient privé de tout, dans l'espoir de
nous forcer à utiliser leurs produits. - Je t'en supplie, Jean, si tu
tiens vraiment à ce que nous utilisions cet argent et cette nourriture,
accepte de signer toi-même un pacte où tu donnerais en sacrifice les
membres de ta propre famille... - Quel rapport y a-t-il entre cet
argent et les membres de ma famille? Que viennent-ils faire dans tout
cela? - Tu dois comprendre que cet argent n'est pas venu tout seul. Ce
sont des esprits qui nous l'ont apporté... Ainsi, tu es au courant de
tout. Accepte de signer, mais en sachant que c'est ton père qui mourra
le premier.. Pour toute réponse, Jean demeura bouche bée pendant un
moment relativement long, avant de conclure: "Je comprends." Mais, en
réalité, qu'avait-il compris, le pauvre? Pas grand-chose, sans doute...

Les esprits se matérialisent
Pendant tout le temps où j'étais
en contact avec les démons, mon mari entendait bien leurs voix, mais
sans les voir. Un après-midi, nous revenions d'une visite, en quête de
quelques provisions pour la maison. Je me tenais au bord de la route
pour souffler un peu, car j'étais complètement exténuée. Une voiture
vint s'arrêter à environ dix mètres de l'endroit où nous nous
trouvions. Le conducteur, un européen, vêtu d'un pantalon bleu foncé et
d'une chemise bleue claire à manches courtes, portant de lunettes
noires, et une cigarette à la bouche, me signe de m'approcher.
A
sa façon de m'appeler, je l'identifiai comme l'un des esprits qui me
suivaient. Bien que l'ayant reconnu, je fis semblant de n'avoir rien vu
ni entendu Lui, en revanche, comme s'il voulait se faire remarquer,
persistait à klaxonner tout en me faisant de gestes.
Excédé par la
jalousie, je pense, mon mari ironisa et me dit: 'Tu ne vas tout de même
pas le laisse klaxonner éternellement! N'as-tu jamais le cour de dire à
tes amants que tu es mariée, pour qu'ils t'appellent plus en ma
présence?"
Prise par un sentiment de colère, puis de grande pitié
envers mon mari, je souris faiblement, malgré la présence de l'homme
blanc.
-Vous, les hommes ... ! Crois-tu, Jean, que cet homme
pourrait être mon amant? Crois-tu que ce genre de type pourrait manquer
de belles femmes pour accepter de me prendre comme maîtresse, dans mon
état actuel?
- Pourtant, il est là, et il t'attend!
- Il n'est pas mon amant pour la simple raison qu'il n'est pas de ce monde. Ce type n'est pas un être humain!
- Comment, ce n'est pas un être humain ...? Es-ce que les européens ne sont pas des hommes?
- Si tu ne crois pas ce que je dis, approche-toi de lui et tu seras fixé.

Pour une fois, Jean se conduisit en homme. D'un air téméraire, il s'avança vers le véhicule.
A
son approche, lorsqu'il fut à environ deux mètres, le conducteur
démarra en trombe. Après avoir parcouru moins de cinq mètres, la
voiture disparut, au grand étonnement de mon mari. Il demeura planté
là, ne sachant à quel saint se vouer. Oui, voiture et conducteur
avaient complètement disparu. Je lus sur le visage de mon mari un
découragement total, un désespoir infini, il bégaya: Ainsi, les voix
que nous entendons proviennent donc de ces blancs..." Etait-ce une
question ou une affirmation, je ne pus le discerner.
Un exorcisme raté
Bien
que partageant le même lit, il y avait très longtemps que nous n'avions
plus de rapports sexuels, mon mari et moi. Une nuit, Jean voulut
réclamer son droit sur mon corps. C'est alors que des coups fusèrent de
partout, coups qui lui furent administrés par des adversaires
invisibles. Il reçut l'ordre de ne plus mettre les pieds dans la
chambre à coucher, de peur de subir de graves sanctions.
Malgré
ces injonctions, Jean préféra braver la mort, plutôt que de
m'abandonner. Mais, chaque fois qu'il tentait de franchir la porte de
la chambre à coucher, il était violemment agressé. On lui assénait de
méchants coups de poing. J'avais pitié de mon mari, mais je ne pouvais
rien faire pour lui venir en aide. En revanche, il ne s'avoua pas
vaincu pour autant. Poussé par l'amour de sa Françoise, il fit ce qui
lui semblait bon, dans le but de me secourir. Sans me prévenir de son
projet, il alla trouver les prêtres catholiques et les invita à venir
exorciser la maison.
En effet, ce n'était un secret pour personne
qu'il y avait des bruits dans la maison, même en l'absence d'occupants.
Les voix de plusieurs personnes étaie Parfois audibles, même par les
voisins. Deux jours plus tard, un prêtre se présenta avec deux acolytes
munis des instruments nécessaires à l'exercice de leur mission,
c'est-à-dire exorciser la maison et ses occupants. La célébration de
l'eucharistie devait intervenir en dernier lieu, en signe d'action de
grâces en faveur de la soeur Françoise.
Outre le prêtre et les
deux servants, assistaient à cette cérémonie mon mari et nos quatre
enfantes ainsi que moi-même. La messe commença à dix heures quarante.
Tout alla pour le mieux, jusqu'au moment où nous remarquâmes de la
confusion chez le prêtre. Il avait encore les bras levés, tenant dans
ses mains le calice contenant le vin transformé en "sang de Christ,"
lorsqu'un vent venu d'on ne sait où commença à souffler violemment
balayant tout sur son passage.
La puissance de ce vent arracha le
calice des mains du prêtre, et fit tomber tous les objets qui se
trouvaient sur l'autel improvisé. Nous fûmes tous contraints de rester
accroupis, pour ne pas être battus par des êtres invisibles. Malgré
notre position d'humilité, la situation devint de plus en plus
intenable. Nous ne trouvâmes un peu de répit que dans la fuite, le
prêtre en tête, avec ses acolytes, suivis des enfants et de leur papa.
Tout le monde ne trouva son salut que dans une débandade digne des
temps apocalyptiques. Le prêtre se retrouva dehors avec ses habits tout
déchirés. Quant à moi, j'étais restée assise à la même place. Tandis
que l'ouragan battait son plein, quelqu'un me chuchota à l oreille:
"Reste calme, tu n'es pas concernée!"
Après la fuite du prêtre,
quelqu'un vint me dire: "Tu as de la chance que nous ne t'ayons pas
informée des conséquences entraînées par la venue de ces personnes ici.
Ne sais-tu pas qu'ils sont plus puissants que nous et que Dieu les
écoute plus que nous? Sache que le jour où ils remettront les pieds
chez toi, nous t'infligerons une punition que tu ne risqueras pas
d'oublier toute ta vie durant!"
Je fis part à mon mari de la mise
en garde des démons. Nous ne nous attendions pas à ce que les prêtres
puissent encore venir chez nous, compte tenu du mauvais traitement
qu'ils avaient subis de la part des démons, lors de leurs précédentes
visites. Mon mari et moi avions pensé qu'il était inutile de leur
demander de ne plus revenir. Cependant, le prêtre qui avait été chassé
ne s'avoua pas vaincu pour autant. Loin d'abandonner, il alla trouver
un collègue plus expérimenté que lui. Il ne voulait pas laisser ternir
l'image de sa congrégation. Environ une semaine plus tard, à notre
grand étonnement, nous vîmes venir un prêtre plus âgé que le précédent.
Il nous dit qu'il venait exorciser la maison. Nous ne pûmes l'en
empêcher, pour plusieurs raisons.
Personne chez nous ne lui avait
demandé de venir. Compte tenu de l'âge avancé de ce prêtre, nous nous
sommes dits qu'il devait avoir plus d'expérience. Enfin, il nous
restait encore un léger espoir. Ce fut à peu près le même scénario que
la fois précédente. Lors de la consécration, juste au moment où le
prêtre prononçait ces paroles: "Faites ceci en mémoire..." on entendit
un grand bruit. C'était le retentissement d'une gifle magistrale sur la
joue droite du prêtre. Ce dernier chancela et tituba, mais encaissa le
coup. Il parvint à conserver son équilibre et, à ne pas tomber. On
aurait dit une colonne qui vacillait, prête à tomber. Il se mit à
prononcer des paroles dans une langue incompréhensible. En guise de
réponse à ce que je pensais être une prière, un vent encore plus
violent que la fois précédente se mit à souffler et emporta tout. Le
vieux prêtre s'enfuit sans autre forme de procès.
Ces deux échecs
consécutifs me firent penser que ces prêtres, ou tout au moins les
membres de cette congrégation, étaient incapables de chasser les
mauvais esprits. Ils n'étaient manifestement pas habilités à s'octroyer
cette prérogative de l'exorcisme. A quelques nuances près, ces échecs
ressemblent à ce qui est écrit dans le livre des Actes des Apôtres,
chapitre 19, versets 13 à 17.
La sentence
Nous restâmes
impuissants, frustrés et résignés à notre sort, nous attendant à
recevoir la punition promise par les démons, le châtiment qui devait
s'abattre sur nous. J'étais lasse d'attendre une guérison utopique qui
ne venait jamais. Je me disais que la meilleure solution était encore
la mort. Je voulais mourir seule, pour que mon mari et mes enfants
soient épargnés. Mais nous ne pouvions que supposer la nature du
châtiment, puisque les démons ne nous avaient pas encore contactés.
Une
voix de quelqu'un qui se tenait auprès de moi me dit, comme s'il ne
voulait pas trop nous laisser languir: "Un homme averti en vaut
plusieurs... Demain, à midi, tu prendras connaissance de la
sanction..." J'informai à nouveau mon mari de la menace des démons. Il
perdit son calme et se mit à pleurer. Pour le consoler, je lui dis de
ne pas trop s'inquiéter sur son sort. C'est à moi qu'ils en voulaient,
et non à ma famille. Je lui rappelai qu'ils n'avaient rien pu faire
contre mon père, car je n'avais pas cédé à leur chantage. Ces paroles
réconfortantes rendirent courage à mon mari, qui ne dit plus rien.
Le
lendemain, après le déjeuner, Jean voulut emmener notre plus jeune fils
chez le coiffeur. Il alla dans la chambre des enfants, où il croyait
les trouver en train de jouer après le déjeuner, mais il ne trouva
personne. Il se rendit à la cuisine, où ils avaient pris leur repas.
Avant de pousser la porte, il eut le pressentiment qu'un grand malheur
venait de s'abattre sur sa vie, comme un mauvais présage. La première
chose qui le frappa fut le silence des lieux. Tout était parfaitement
calme!
Poussant la porte, il découvrit une scène macabre: cinq
corps étaient étendus pêle-mêle à terre, les cinq cadavres de nos
enfants et de notre domestique. Chaque corps gisait à côté de son
assiette. Le repas était à moitié entamé...
Aucun doute n'était
possible. Il n'était pas même besoin de faire une autopsie. Tout
indiquait une mort par empoisonnement. Mais qui avait pu empoisonner
les aliments des enfants, puisque même le domestique était mort? Quand
avait été déposé le poison, puisque ces mêmes aliments nous avaient
aussi été servis? Alors, les paroles prononcées la veille par le démon
me revinrent à l'esprit, et je perdis connaissance. Il était midi
lorsque j'appris la mort de mes enfants. Ils avaient tenu parole!
C'était une punition dont je devais me souvenir toute ma vie. Qui peut
donc oublier la perte de se quatre enfants en un seul jour? Mes
enfants, me très chers enfants, supprimés en un seul jour de la face de
la terre! J'étais touchée dans ce que j'avais le plus cher au monde...
Je
me laissai aller au désespoir. Je ne pouvais imaginer jusqu'où
pouvaient aller les représailles des assassins de mes enfants. J'étais
plus morte que vivante. Après ce deuil, les parents de Jean
s'accordèrent pour me séparer de leur fils. Ce fut pour moi un grand
choc de perdre, en moins d'un an, ceux qui m'étaient les plus chers au
monde! Mon mari n'obéit pas sur le champ aux ordres de ses parents,
mais il finit par céder. Les tracasseries causées par les démons,
ajoutées aux difficultés de tout genre, finirent par avoir raison du
peu de résistance qui lui restait. Une nuit, Jean partit pour ne plus
revenir.
Plus tard, il se remaria, mais je sais qu'il continuait à
m'aimer. Il se mit à boire et à fumer à l'excès. Trois ans après sa
séparation forcée, il succomba à une maladie des poumons. Bien que
n'ayant pas encore, à cette époque, reçu le salut de Dieu, je lui avais
pardonné. Je savais que ce n'était pas la faute de Jean s'il avait fui
les harcèlements des démons. Je ne lui en voulais en rien. J'ai prié
Dieu qu'Il nous pardonne tous les deux.
Au service du mal
A
présent que j'étais abandonnée à moi-même, les démons purent trouver en
moi un terrain d'action propice. Sachant que je n'avais maintenant plus
grand-chose à perdre, les démons changèrent de tactique envers moi. Ils
devinrent courtois dans leur manière de communiquer avec moi, parfois
même gentils. Ils m'utilisèrent de plus en plus pendant cette période.
Je devins leur femme.
Que ceci ne vous trouble pas. Les démons
peuvent entretenir des rapports sexuels avec les êtres humains. Pour
vous rafraîchir la mémoire, je vous renvoie à la lecture de Genèse 6,
versets 1, 2 et 4: "Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier
sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées, les fils
de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en
prirent pour femmes parmi toutes celles qu'ils choisirent... Les géants
étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent
venus vers les filles des hommes, et qu'elles leur eurent donné des
enfants-, ce sont ces héros, qui furent fameux dans l'antiquité."
Avant
de poursuivre mon témoignage, il me faut donner certaines explications
pour me faire comprendre. Les esprits mauvais sont les anges déchus qui
choisirent de suivre Lucifer dans sa révolte contre Dieu (Apocalypse
12:9).
Par la suite, certains esprits mauvais ont été retenus dans
l'espace (Daniel 10: 13), d'autres dans les cimetières, et d'autres
encore dans les eaux sous la mer. Les mauvais esprits ou démons sont
immortels, du moins jusqu'à l'ouverture de l'étang de feu dont nous
parle Apocalypse 20: 10.

Bien qu'immortels, les mauvais esprits ne peuvent pas se reproduire
entre eux. C'est ainsi qu'ils font toujours appel à des êtres humains
pour se reproduire, et pour mener à bien la grande campagne de
séduction de l'humanité organisée par Satan.
L'union entre un être
humain et un mauvais esprit donne naissance à un monstre mi-homme mi
animal. Ces esprits ne peuvent périr que carbonisé, par l'invocation du
feu du ciel sur eux. Cependant, les anges déchus ne périssent pas de
cette manière. S'ils ont élu domicile dans un corps humain, ils peuvent
être chassés ou délogés par le Saint-Esprit, lorsque nous invoquons le
Nom de Jésus-Christ (Matthieu 12:28).
Restée seule à la maison, je
devins l'épouse de plusieurs démons. Deux à trois fois par semaine, je
mettais au monde ces enfants monstrueux. Je les nourrissais au sein
deux à trois jours, et cela leur suffisait. Puis je m'occupais des
autres.
Je vous raconte ce que j'ai vécu, ou du moins ce que le
Seigneur a permis que je dévoile, afin d'exposer ces choses au grand
jour, pour la gloire de mon Sauveur! Peut-être y a-t-il parmi vous des
gens qui font toutes sortes de choses pour guérir, ou recouvrer leur
santé physique ou spirituelle. Mais venez à Jésus-Christ de Nazareth,
Il prendra soin de vous! Jésus-Christ est venu pour détruire les
oeuvres du diable. Or, la plus grande oeuvre de Satan est de vous
maintenir loin de Dieu, de nous empêcher de connaître Dieu et Son Fils
Jésus-Christ. Venez à Christ tels que vous êtes!
Si un être humain
était entré par hasard dans la pièce où je me trouvais, il n'aurait pu
voir personne d'autre que moi, alors que des légions de démons
s'affairaient autour de moi! Tout ce qu'un visiteur aurait pu voir,
c'était que j'avais les seins gonflés comme ceux d'une femme qui
allaite. Parfois, certains auraient pu entendre des enfants pleurer,
mais rien de plus. Je ne me lavais pas, On me lavait. Je ne faisais ni
la cuisine ni le marché, On les faisait pour moi. Je ne savais pas d'où
provenaient les aliments. Pouvez-vous imaginer une femme dont les
cheveux se tresseraient d'eux-mêmes, ou qui mangerait des aliments
invisibles ? C'était pourtant mon cas.
Oh, mon Dieu, que ma bouche ne cesse de louer Ta grandeur, Ta force, et Ta Toute-Puissance, dans les siècles des siècles, amen!
J'étais
comme un dépotoir de Satan, une réserve de démons. Personne ne me
rendit visite pendant cette période de ma vie. Pourtant, la Bible dit
que la vraie religion consiste à visiter les prisonniers, les malades,
les orphelins, et les veuves dans leurs afflictions. Dans ma solitude,
je n'ai vu aucun pasteur, aucun prêtre, aucun évangéliste, aucun homme
de Dieu!
Je ne pouvais plus bien réfléchir. Mon cerveau était
traumatisé par tout ce que j'avais vécu et tout ce que je vivais.
J'étais dépassée. Cependant, je n'avais pas peur de la mort. Je
désirais mourir, de toute la force de ma volonté, mais la mort semblait
ne pas s'intéresser à moi. Alors, lassée, je me laissai aller au gré de
la volonté des démons.
Exhortation
Bien-aimés dans le
Seigneur, vous devez savoir que les satanistes et ceux qui pratiquent
certaines sciences occultes utilisent un vocabulaire différent du
nôtre. Ainsi, par exemple, les bars, les night-clubs, les dancings, les
hôtels, etc. sont leurs "magasins." Pourquoi cette appellation? Tout
simplement parce que c'est dans un magasin que l'on peut trouver le
plus facilement ce dont on a besoin.
Par exemple, si un magicien a
besoin d'un "tesson ensanglanté" pour renforcer ses pouvoirs magiques,
il se dirige tout droit dans l'un de ses "magasins," ou dans l'un de
ses "dépôts": ban hôtel, dancing, etc... Une fois sur place, le
magicien fait appel à l'un des démons qui se trouvent dans ces lieux.
Ces derniers se chargent alors de provoquer une bagarre entre les
clients ou les consommateurs.
Poussée par les démons, l'une de ces
"victimes" va casser une bouteille et, toujours sous l'impulsion des
démons, va enfoncer le culot brisé dans le corps de son adversaire. Le
tesson sortira du corps tout couvert de sang, d'où l'appellation de
"tesson ensanglanté."
L'agresseur tentera de fuir, tout en se
débarrassant de l'objet compromettant, tandis que le blessé s'écroulera
en attendant qu'on l'emmène à l'hôpital.
Le magicien, qui est à
l'origine de la bagarre, viendra ramasser tranquillement le tesson,
sans être le moins du monde inquiété.
Que celui qui a des oreilles
pour entendre entende! Je vois mal certaines personnes qui se disent
"chrétiennes" tenir ou détenir des débits de boissons, des hôtels, des
night-clubs, etc... C'est insensé! Ma prière à Dieu est qu'Il les aide
à se débarrasser de ces établissements sataniques. Je ne leur dis pas
qu'ils devraient les démolir! Mais ils peuvent les transformer en
établissements qui glorifieront Dieu plutôt que Satan! Par exemple,
convertir des chambres d'hôtel en salles de classe pour l'enseignement
des enfants, un bar en salle de conférences bibliques, un dancing en
bibliothèque chrétienne, ou un night club en salle pour des réunions
chrétiennes! Gloire à Dieu!
Si Dieu nous permettait de "voir" ce
qui se passe dans notre univers, je ne suis pas certaine qu'il y aurait
beaucoup de personnes courageuses pour aller se promener en plein jour
dans certains endroits! Il se passe beaucoup de choses que Dieu, dans
Son amour immense, ne veut pas que nous puissions voir. Imaginez un
énorme crapaud en train d'uriner dans le verre d'un consommateur dans
un bar, alors que celui-ci croit qu'on est en train de lui verser à
boire! Le consommateur ne voit rien de ce qui se passe dans
l'invisible. Comment réagirions-nous si nous voyions voler dans le ciel
d'énormes orangs-outangs en plein jour? Tout le monde fuirait!
Cependant, ces choses se passent réellement, mais Dieu, dans Son amour,
n'a pas voulu que nous puissions les voir.
Louons le Seigneur!
Louons-Le d'avoir caché ces choses à nos yeux! Faisons tout ce qui est
en notre pouvoir, bien-aimés, pour demeurer dans Son amour!
La visite de mon père
Pendant
toute cette époque, aucun membre de ma famille n'était venu me voir,
bien que sachant tout ce qui m'était arrivé. Mais, un jour, mon père
vint me rendre visite. Je ne sais si quelqu'un était allé le prévenir.
Il arriva, une Bible à la main. Lorsqu'il fut sur le seuil de la
maison, une voix lui donna l'ordre de sortir. Comme il essayait,
perplexe, de comprendre d'où provenait cette voix, il reçut un coup sur
la tête et tomba. Mon coeur me fit très mal lorsque je vis mon cher
papa se relever avec peine tout en me fixant d'un air étonné. J'étais
assise dans un fauteuil et je me mis à pleurer.
Dès le moment où
j'avais aperçu mon père dans l'embrasure de la porte, J'étais restée
sans voix. Il m'était difficile d'émettre un son quelconque. Je voulais
crier pour le prévenir de ne pas s'approcher de moi, mais je restai
muette. A nouveau, la voix d'un démon tonna en s'adressant à mon père:
- Sors, c'est un ordre! Sors d'abord, jette ce que tu tiens à la main, puis tu diras ce qui t'amène!
Mon père marcha à reculons jusqu'à la porte. Une fois dehors, il tourna la tête dans ma direction, puis regarda sa Bible.
Puis
il se décida. Il ne jeta pas la Bible, mais la déposa cependant à
terre. Il s'avança pour entrer, mais on lui ordonna de s'avancer à
genoux. Je vis une larme couler sur une joue de mon papa!
Il
s'agenouilla et commença à ramper vers moi. Arrivé tout près de moi, il
tendit les mains pour m'embrasser. C'est alors que je fus soulevée de
terre.
- Ne la touche pas! Tonna une voix.
Mon père était
pasteur d'une grande Eglise Luthérienne. En le voyant venir, j'avais eu
un regain d'espoir, car il devait occuper la position privilégiée de
quelqu'un qui connaît la volonté de Dieu, il ne fallait pas avoir de
grandes connaissances pour comprendre que ma maladie était d'origine
diabolique.
Puisque les prêtres avaient échoué, les pasteurs ne
pouvaient que réussir! En l'occurrence, mon père ne pouvait que mieux
faire! Mais, à le voir à genoux, ramper comme un ver de terre,
obéissant aux ordres de ceux qui avaient demandé sa mort pour que je
guérisse, je perdis tout espoir de guérir un jour.
Toujours
accroupi, au lieu de prier Dieu et d'invoquer la Nom du Seigneur
Jésus-Christ et la présence du Saint-Esprit, mon père se mit à invoquer
les esprits de ses ancêtres, en les citant chacun par leur nom. Cette
prière occulte apaisa ou sembla apaiser les démons. Mon fauteuil
regagna le sol. Voyant cela, mon père poussa la hardiesse jusqu'à
exiger que les esprits de ses ancêtres païens m'amènent avec lui. Les
démons lui répondirent que cela était impossible.
- Elle mourra en cours de route! Nous la tuerons! Elle ne vivra pas!
Mais
ils bluffaient, comme le diable sait aussi bluffer. A la longue, mon
père eut le dessus et parvint à m'amener. Dans Matthieu 12:25-26, le
Seigneur nous dit ceci: "Tout royaume divisé contre lui-même est
dévasté et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut
subsister. Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même.
Comment donc son royaume subsistera-t-il?" Cela signifie que ce n'est
pas l'amour qui règne dans le royaume de Satan!
Si les mauvais
esprits qui me retenaient captive cédèrent aux demandes de mon père,
c'est que les esprits qu'il avait invoqués étaient d'un rang supérieur
au leur. Ils avaient plus de droits sur moi, du fait des liens de sang
et des liens familiaux. Il en est de même en Inde pour les castes, par
exemple.
Mon père avait poursuivi son monologue jusqu'au soir, et
les démons avaient relâché leur emprise sur moi, au point que je
pouvais me déplacer aisément.
Après m'avoir emmenée chez lui, mon
père convoqua le soir-même les membres de la famille, pour statuer sur
ma situation. Ils résolurent tous de me conduire chez le plus grand
féticheur qu'ils connaissaient, non loin de mon village natal.
Chez le féticheur de Kandelungu
Dans
notre société, la femme occupe la seconde position. Ainsi trouve-t-on
une longue liste d'interdits pour les femmes, alors que les hommes en
sont exonérés. Certaines personnes vont jusqu'à ne pas admettre des
femmes dans les pratiques traditionnelles.
C'était le cas du
féticheur que mon père avait contacté pour faire exorciser sa fille
bien-aimée. Dans un premier temps, et pour faire monter les enchères,
le féticheur refusa net de s'occuper de mon cas, simplement parce que
j'étais une femme. Il n'avait jamais traité de femme. Il dit: "Nous
amener ici une femme est pour nous une insulte!" Mais il ajouta:
"Cependant, compte tenu de votre notoriété de pasteur, j e veux bien
vous rendre ce petit service, pourvu que vous ayez les moyens d'apaiser
les esprits irrités par cet affront. En plus de l'argent, tu devras
m'amener douze chèvres."
La proximité de notre village natal fit
que la collecte des chèvres s'effectua sans grand problème. Une somme
importante d'argent fut aussi remise au féticheur, en plus des chèvres.
Je fus accompagnée par mon père et par ma petite soeur, et aussi par
d'innombrables démons, qui me sommaient de rebrousser chemin et de fuir
Nous allâmes chez le féticheur vers le soir.
Le lendemain matin,
on me donna un breuvage dans un bocal. Il s'agissait d'une drogue, car
après l'avoir consommée, tout mon corps s'affaiblit et je perdis
connaissance, je fus déposée inconsciente dans un trou d'un mètre
cinquante de profondeur, d'un mètre quatre-vingt de long, et de
cinquante centimètres de large. Le trou fut recouvert de troncs
d'arbres, de branches et de feuillages, puis de terre au-dessus. Un
grand feu fut allumé sur ce trou rebouché, alors que je me trouvais à
l'intérieur. Un groupe de danseurs se tenaient tout autour du feu.
Entraînés par des tamtams, les danseurs se lancèrent dans une danse
rituelle au rythme endiablé. A ce moment-là, le maître des lieux, le
féticheur, entra en scène. Il sortit de son "laboratoire" (case
construite un peu à l'écart des autres, qui abritait ses fétiches ainsi
que d'autres objets nécessaires à l'exercice de ses fonctions), paré
d'une tenue de cérémonie aux couleurs chatoyantes, et tenant une lance
dans sa main droite.
Il fit son apparition en dansant, et
s'approcha du trou recouvert dans lequel je me trouvais, inconsciente.
Après avoir effectué quelques pas de la danse rituelle autour du feu,
il enfonça sa lance dans le feu. Un cri jaillit du feu: "Hé!" Lorsqu'il
ressortit sa lance du feu, elle était toute trempée de sang. Le
féticheur s'écria: "Un de moins!" Et il se remit à danser. Il enfonça
une seconde fois sa lance dans le feu. Un second cri jaillit du feu:
"Hé!" Il retira à nouveau sa lance maculée de sang. Tout heureux de
constater l'efficacité de son art, il s'écria: "Deux de moins!"
Puis
il lança en direction de mon père: "Nous les aurons tous, les
persécuteurs de ta fille! Leur sang sur ma lance est un bon signe!" Le
vieux se remit à danser. lorsqu'il voulut enfoncer sa lance pour la
troisième fois dans le feu, un cri jaillit à nouveau, non pas dans le
feu cette fois, mais dans l'assistance, parmi les badauds accourus pour
la circonstance: "Au feu! Au feu! La case brûle!"
Convergeant
leurs regards dans la direction indiquée par le badaud, les assistants
virent en effet que la petite case d'où était sorti le vieux
tout-à-l'heure était en feu. Les flammes tendaient à s'étendre vers les
autres habitations.
Avec une rapidité étonnante pour son âge, le
féticheur se dirigea vers les flammes. Il manqua de peu se brûler, mais
il fut retenu. Il ne parvint pas à récupérer quoi que ce soit de sa
case en flammes. L'incendie fut tout de même maîtrisé, malgré la perte
du "laboratoire" et de tout son contenu. Les autres habitations furent
épargnées. Questionné pour savoir qui avait mis le feu au laboratoire,
le vieux, tout en colère, expliqua que ce n'était pas un homme qui
avait mis le feu à sa case, mais les esprits, qui s'étaient révoltés
parce qu'il avait accepté de traiter une femme!
- Sortez votre
fille d'ici et allez-vous-en de chez moi! Vous m'avez tué! Je suis
mort! Je ne veux plus vous voir! Allez-vous-en!
Encore
inconsciente, je fus sortie du trou et on m'emporta. Bien que n'ayant
pas honoré son contrat, le féticheur ne restitua rien à mon père, ni
une chèvre, ni un seul centime!
Le fait que mon père ait été
renvoyé n'était pas pour me rendre l'espoir. Les voix se moquaient de
moi et riaient. Elles ne cessaient de me dire que c'était eux qui
avaient eu le dernier mot. Pour eux, si je voulais parvenir au salut,
il fallait que je me décide à tuer mon père. Après ce dernier échec, je
sus qu'il ne me restait plus qu'une chose à faire: me suicider! Je me
disais: "Puisqu'ils n'ont pas le courage de me tuer, je le ferai à leur
place. Mon père sera alors épargné. Ce n'était pas du stoïcisme de ma
part, mais plutôt de l'amour paternel. Puisque j'avais tout perdu,
autant préserver celui qui m'avait engendré.
En route pour la Tanzanie
Je
réfléchissais à la manière de réaliser mon plan diabolique, mais le
Seigneur avait Pour moi un autre destin. Le jour où j'avais décidé de
m'empoisonner, mon père vint me dire qu'il envisageait de m'emmener le
plus vite possible en Tanzanie.

D'après un communiqué capté à la radio tanzanienne, il y avait un grand
réveil spirituel dans ce pays. Le Seigneur y opérait des miracles comme
aux temps bibliques. Les sourds entendaient, les aveugles recouvraient
la vue, les paralytiques marchaient, et ceux qui étaient possédés par
des esprits impurs étaient délivrés sans le concours d'autre chose que
de la Parole de Dieu. Mon père me dit: "J'ai résolu de t'emmener là-bas
dans une semaine, ma fille. Nous allons mettre cette semaine à profit
pour nous préparer.
Deux jours avant notre départ, un parent amena
une femme auprès de mon père, et lui demanda de raconter son histoire.
Elle le fit sans se faire prier, heureuse de trouver un auditeur
responsable.
- Papa pasteur, je ne sais si vous me reconnaissez?
Je suis celle qui était folle, et qui se promenait à moitié nue dans ce
village. (Depuis notre visite chez le féticheur, nous n'étions pas
retournés à Lubumbashi. Nous nous étions retirés dans notre village
natal.) Il y a moins d'une semaine, une nièce mariée à Kasongo
(chef-lieu de Zone situé à 90 km de Shabunda, notre village) est venue
me chercher pour m'y amener. Le pasteur de l'Assemblée de Dieu de
Kasongo avait invité un couple d'évangélistes venus de Kinshasa. Ce
couple prie Dieu d'une façon originale. Par exemple, ils chassent les
démons au Nom de Jésus. Plusieurs démoniaques dans mon cas ont été
délivrés grâce à la prière extraordinaire de ce couple. Lorsque ce
cousin (elle désigna la personne qui l'avait amenée) m'informa de votre
intention de vous rendre en Tanzanie, je n'ai pas hésité un seul
instant à venir vous voir pour vous demander d'aller plutôt à Kasongo.
Si vous consentez à y aller, je suis prête à vous accompagner. Je suis
certaine que le Dieu de ce couple délivrera votre fille comme Il l'a
fait pour moi.
Les démons ne tenaient pas que je me rende à
Kasongo. Ils me dirent qu'ils feraient tout ce qu'ils pourraient pour
m'empêcher d'y aller. C'est ainsi qu'ils me paralysèrent les deux
jambes, m'empêchant de me tenir debout. La soeur me porta sur son dos,
et nous pûmes continuer notre chemin vers Kasongo.
Nous étions un
groupe de six personnes: mon père, mon cousin, deux cousines, la femme
qui nous avait annoncé cette nouvelle, et moi. Chez moi, les voyages se
font à pied. Non pas que nous manquions d'infrastructures routières,
mais nous ne pouvions pas nous permettre d'attendre une voiture, compte
tenu de la rareté des véhicules dans cette partie du pays.
Poursuivant
notre pénible marche, nous nous arrêtâmes pour nous reposer dans un
village, après avoir marché pendant au moins vingt kilomètres. Nous
avons croisé une femme qui venait justement de Kasongo. Elle portait un
enfant sur le dos et glorifiait le Seigneur en chantant des cantiques
de louange. Mon père, qui voulait savoir la raison de son excitation,
l'interpella. La femme nous dit ceci:
Ma fille que voici était
sourde depuis longtemps. Je viens de Kasongo, où un homme et une femme
venus de Kinshasa ont prié Dieu pour que ma fille entende. Juste après
leur prière, j'ai appelé mon enfant, et elle m'a répondu. Vous ne
pouvez vous imaginer quelle joie est la mienne! J'ai voulu les
remercier pour ce qu'ils avaient fait, mais ils m'ont répondu qu'ils
n'étaient que de simples instruments utilisés par Dieu, et que c'était
à Dieu que je devais rendre gloire.
Depuis lors, je ne fais que Le
remercier pour la guérison de ma fille. C'est pourquoi vous me voyez
chanter, toute joyeuse. Les gens disent qu'ils comptent rentrer
bientôt. Il semble qu'ils doivent encore rester une semaine. Je vais de
ce pas chercher mon petit frère qui a perdu la vue dès son jeune âge.
Ce serait pour lui une grande chose que de recouvrir la vue! Pendant
tout le temps que cette femme parlait, les voix ne cessaient de me
répéter qu'elle "Elle ment, elle ment! Ne l'écoute pas! Retournons, n'y
va pas!" Mon père et tous ceux qui nous accompagnaient n'entendaient
rien de ce que disaient les démons. Mon père me dit:
- Françoise,
c'est Dieu qui nous envoie ces gens pour nous venir en aide. Prends
courage et dépêchons nous, sinon, si nous traînons, nous risquons de
les manquer!
A cet instant précis les démons clouèrent mon père au
sol. Il eut une sorte de crampe subite qui le força à rester couché. Il
était impossible d'avancer.
La paralysie qui m'avait empêchée de
marcher avait été transmise à mon père! Les démons me dirent: "Puisque
c'est lui qui tient à t'amener là-bas, nous allons voir maintenant
comment il va s'y prendre!" Je tombai en sanglotant dans les bras de
mon père, toute abattue.
Il m'encouragea à poursuivre le voyage
sans lui: "Cette crise de rhumatisme ne pouvait choisir un aussi bon
moment pour me terrasser! Avec un petit repos, un jour au plus, je
serai rétabli. La douleur sera moins forte que maintenant. Puisque tu
peux marcher maintenant, prends courage, ma fille, et va trouver ces
gens dont nous a parlé cette femme tout-à-l'heure. Je vous rejoindrai
dès que possible. Ne vous inquiétez pas pour moi, cela passera!" Puis,
se tournant vers son neveu, il dit: "Prends soin de ta soeur!"
Bien-aimés
du Seigneur, c'est par la foi que j'ai fait cette distance sans tenir
compte de tout ce que me disaient mes locataires. Je marchais lentement
en titubant. Tous les dix kilomètres, nous nous reposions pour
souffler. La maladie m'avait fortement affaiblie. Les privations,
ajoutées aux tracasseries des démons, m'avaient accompagnée sur ma
longue route vers la guérison. Mieux valait pour moi mourir en cours de
route, que de ne pas arriver à destination
Il ne me restait plus
qu'une journée de marche environ, lorsque les démons m'ôtèrent l'usage
de la parole, m'empêchant ainsi de communiquer avec le monde
extérieur...
Chapitre 9 : La délivrance
Relaté par Kapena CIBWABWA
Bien
qu'ayant à plusieurs reprises entendu témoigner la soeur Lutala
Françoise, je ne pouvais tout de même pas mettre ce témoignage par
écrit sans avoir interrogé des témoins oculaires, les acteurs mêmes que
Dieu a utilisés pour sa délivrance.
Ces deux témoins sont :
- Le frère en Christ M'Pongo Moïse, et
- La soeur en Christ Philomne Kaseka.
Kapena
Cibwabwa (K.C.): Pasteur M'Pongo, d'après la soeur Lutala, vous êtes
L'une des deux personnes dont te Seigneur S'est servi pour sa
délivrance. Pouvez-vous nous relater comment Dieu vous a demandé
d'accomplir cette oeuvre?
Pasteur M'Pongo Moïse (M.M.): Merci, mon
bien-aimé frère Kapena, pour l'occasion que vous me donnez de parler de
cette oeuvre grandiose, pour la première fois après tant d'années.
C'est par prophétie que Dieu nous avait demandé d'intervenir.
Vers
le mois de mai 1983, je me trouvais à Masina, au quartier Sans Fil, où
je dirigeais une église locale. Il m'arrivait souvent de me rendre au
quartier chic de Righini dans la zone de Lemba, où habitait ma soeur en
Christ Philomène Kaseka, pour aller lui rendre visite. Le 19 mai, après
un long temps d'absence, je suis donc allé lui rendre visite chez elle.
Elle m'accueillit par ces paroles:
- Sois béni, mon frère, puisque
tu viens de la part de Dieu. Il y a deux jours, le Seigneur m'a parlé
dans une vision nocturne. Dans cette vison, j'ai vu la carte politique
de mon pays, le Zaïre, suivie d'un gros plan sur la région de Kivu. Je
remarquai qu'il y avait un gros serpent enroulé autour de l'une des
sous régions, celle de Maniema.
J'ai demandé au Seigneur ce que
cela signifiait. Le Seigneur me donna l'interprétation de la vision:
"Le grand serpent que tu vois, c'est le diable. Il est en train de
séduire beaucoup de monde dans cette partie du pays. Si je t'ai montré
ces choses, c'est que j'ai une importante mission à te confier.
Descends vite à cet endroit pour glorifier mon- Nom!" Je répondis au
Seigneur: "Mais je suis une femme! Ta Parole m'interdit de prendre
autorité sur un homme (I Timothée 2:12). Il n'y a pas que des femmes
dans cette sous région!" Le Seigneur me dit: 'Tu n'iras pas seule. Dans
deux jours, je t'enverrai mon serviteur, M'Pongo Moïse. Ce sera un
signe de ma part. Arrange-toi Pour lui payer son billet de transport."
J'ai reçu ce message le 17 mai. Deux jours après, comme me l'a dit le
Très-Haut, te voici, après avoir disparu pendant je ne sais combien de
temps!
Après avoir entendu la soeur Philomène, je lui demandai de
m'accorder un temps de prière: "Non pas que je doute de tes paroles,
mais simplement pour me mettre dans l'ambiance du Saint-Esprit." Je fis
un jeûne de deux jours, au terme duquel Dieu confirma la prophétie en
mettant en moi une forte conviction.
La soeur Philomène était
certaine de mon accord. Sans me consulter, elle avait déjà acheté deux
billets d'avion Kinshasa-Kindu, le 20 mai 1983. Deux jours après ma
conversation avec elle, le 21 mal, je me rendis de grand matin à
Righini. J'avais emporté tous mes effets de voyage. Ma décision était
de ne rentrer qu'une fois la prophétie accomplie. "Es-tu prêt pour le
voyage?" me dit-elle en m'accueillant à mon arrivée chez elle.
- Quel voyage? Je n'ai pas de billet de transport.
- Tout est réglé, par la grâce de Dieu. Nous avons les billets. Debout! En route pour l'aéroport!
K.C. : Une fois à Kindu, chez qui êtes-vous descendus? Aviez-vous un point de chute pour débuter vos services?
M.M.
: Une fois les formalités terminées à l'aéroport, nous avons traversé
le fleuve Lualaba par le bac de Kindu. Puis nous sommes allés au
chef-lieu de la zone de Kasongo, dans la sous-région de Maniena. C'est
là que se trouvait notre point d'attache. En effet, à Kasongo vivait un
pasteur qui nous connaissait depuis le temps de notre groupe de prière
situé sur la 9e rue à Kinshasa-Limete. Dieu sait arranger les choses,
mon frère. Ce pasteur était le représentant légal de toutes les
Assemblées de Dieu de la sous-région!
Puisqu'il nous connaissait
en notre qualité de serviteurs de Dieu, il ne s'opposa pas à notre
demande de travailler au sein de l'église qui lui était confiée.
Même
envoyés par Dieu, ce que nous nous gardions de révéler, nous ne
pouvions pas commencer des réunions sans nous remplir encore davantage
de l'Esprit du Seigneur, dans la prière. Nous avons observé trois jours
de jeûne et de prière. Nous avons commencé par faire des séminaires
bibliques dans les églises avant de faire des croisades
d'évangélisation. Dieu glorifia le Nom de Son Fils au travers de notre
ministère là-bas. Il y eut beaucoup de miracles: les Paralytiques
marchèrent, les sourds entendirent, les aveugles recouvrèrent la vue,
ceux qui étaient possédés par des esprits impurs furent délivrés. C'est
surtout cette dernière catégorie qui était la plus nombreuse.
Les
gens, apprenant ce que le Seigneur faisait au travers de notre
ministère, amenèrent de nombreux malades et démoniaques. Et Dieu les
guérissait tous! Quelle joie pour nous de voir ces démoniaques, venus
littéralement enchaînés, s'en aller libres, leurs chaînes sur l'épaule
en signe de témoignage! Oui, le Seigneur avait accompli pour moi Sa
Parole, qui dit, dans Lue 10: 2: "La moisson est grande, mais il y a
peu d'ouvriers. Priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des
ouvriers dans sa moisson."
A voir combien de gens acceptaient le Seigneur, cela ne faisait que confirmer les paroles du Maître de la moisson!
Notre
travail ne se limitait pas à Prier pour les malades. Nous parcourions à
pied de grandes distances pour atteindre des églises éloignées de
Kasongo. Nous confiions ceux qui étaient sauvés les, responsables des
églises, non sans les avoir recommandés à la garde du Saint-Esprit.
Nous
ne manquions pas de leur rendre visite chaque fois que l'occasion se
présentait, pendant tout le temps que nous avons passé dans cette sous
région, c'est-à-dire un mois.
K.C. : Si je comprends bien, c'est
durant cette période que vous avez fait connaissance de la soeur Lutala
Françoise? Pourriez-vous éclairer les lecteurs sur les circonstances
dans lesquelles vous l'avez connue, et donner sa description physique?
M.M.
: Bien, mon frère, que Dieu vous bénisse pour la question! Parmi ceux
que le Seigneur avait délivrés au travers de notre ministère, se
trouvait une jeune femme de Shabunda, qui est aussi la zone d'origine
de la soeur Lutala. Cette soeur avait été délivrée d'un esprit impur
qui la tourmentait depuis longtemps. Une fois de retour chez elle, elle
informa les parents de Lutala de ce que le Seigneur avait fait dans sa
vie. Elle ne manqua pas de leur dire que nous nous trouvions à Kasongo,
à environ 90 kilomètres de là. Partant de sa propre expérience, elle
parvint à convaincre les parents de Lutala de l'amener, non e Tanzanie,
mais là où nous nous trouvions, à Kasongo.
Un dimanche soir, le
pasteur Sansaku, qui nous accueillait, la soeur Philomène Kaseka, et
moi-même, nous revenions de Mitende, localité située à 7 km de Kasongo,
où nous avions été prêcher la Parole de Dieu dans l'une des paroisses
des Assemblées de Dieu.
Après avoir parcouru cette distance à
pied, à l'aller comme au retour, nous étions fort fatigués. Arrivés à
Kasongo, nous avons trouvé un groupe constitué d'un homme et de quatre
femmes. L'une d'elle attira tout particulièrement mon attention.
Elle
était très maigre. Elle avait les cheveux ébouriffés et sales. Ses yeux
étaient enflés et son regard était hagard. Malgré sa maigreur, sa
poitrine était très enflée, à la manière d'une femme qui allaite. Elle
portait une robe très sale en lambeaux. Ses jambes et ses pieds étaient
tellement enflés qu'il n'était pas besoin de faire appel à un médecin
pour diagnostiquer un éléphantiasis.
Malgré son état lamentable,
elle traînait à ses pieds une chaîne longue d'au moins cinquante
centimètres, dont les deux extrémités étaient attachées à chacun de ses
mollets. Elle avait tout d'une folle. J'appris plus tard que ce groupe
venait de Shabunda. Je ne sais combien de temps ils avaient mis pour
parcourir cette distance à pied. Nous étions le dimanche 10juin 1983.
La délivrance
K.C. : Jusque là, vous ne connaissiez pas le mobile de leur visite?
M.M.
: En voyant la personne que je viens de décrire, je compris vite
qu'elle avait besoin d'une prière de délivrance. Compte tenu de l'heure
tardive et de la fatigue qui gagnait mon corps, je murmurai en
moi-même: "Pourquoi ne pas attendre demain pour la délivrance de cette
femme?" C'est alors que le Saint-Esprit me dit clairement: "Pourquoi
voulez-vous compromettre mon oeuvre?"
Convaincu de l'appui du
Seigneur, je demandai à ma compagne de voyage d'entretenir la nouvelle
venue sur la repentance et le pardon des péchés, le temps de me retirer
pour demander non la volonté, mais la direction du Seigneur.



En effet, mon jeune frère Kapena, le service de délivrance nécessite
beaucoup de prière (Marc 9:29). Je rejoignis la soeur Philomène, une
fois ma prière terminée. A son tour, elle se retira pour prier. En
attendant son retour pour commencer la prière de délivrance,
j'entrepris de sonder la soeur Lutala. Je lui posai certaines questions
en rapport avec la Parole de Dieu. Ses réponses démontraient une
résistance farouche à la Parole de Dieu.
Le Saint-Esprit
m'interdit de continuer à lui poser des questions. J'avais vite compris
que ce n'était pas elle qui répondait, mais les mauvais esprits en
elle. Ne pouvant rien tirer d'elle, je me tournai alors vers ceux qui
l'avaient amenée. Je leur demandai pourquoi il avait fallu enchaîner
une personne dans cet état. "C'est parce qu'elle a souvent l'habitude
de fuir. Un jour, elle a disparu sans que personne ne sache dans quelle
direction elle était partie, pour qu'on puisse la rechercher. Cela a
été un coup dur pour la famille. Au bout de trois mois, on l'a
retrouvée seule dans la forêt. Une autre fois, on la retrouva dans un
cimetière, après trois semaines d'absence! Elle aurait pu fuir en cours
de route, c'est pourquoi nous l'avons enchaînée."
"C'est difficile
de vous répondre. Depuis à peu près,' trois mois, on ne la voit presque
plus manger. Mais nous remarquons pourtant qu'à certaines heures de la
journée, elle fait les gestes de quelqu'un en train' de prendre un
repas. Elle porte quelque chose à la bouche, et ses mâchoires remuent.
Elle mange des plats invisibles. Voici bientôt trois mois qu'elle ne
touche pas aux aliments que la famille lui apporte, et elle n'en est
pas morte!" Je leur dis: "Seul le corps de votre soeur la relie encore
à notre monde visible. Les démons qui sont en elle l'empêchent de
prendre tout contact normal avec le monde visible, celui des hommes
normaux. D'où ces excursions involontaires dans les endroits déserts,
comme les forêts et les cimetières. Elle ne peut rien manger car elle
est en plein dans le monde des esprits, le deuxième monde... Toutefois,
ayez confiance en Dieu, et priez beaucoup. Jésus-Christ, qui est venu
détruire les oeuvres du diable, libérera votre soeur de toute l'emprise
du diable, ce soir-même!"
La soeur Philomène revint, et nous
débutâmes ensemble la prière de délivrance. Ainsi, lorsque les gens
apprirent notre retour de Mitende, ils accoururent de partout pour
suivre la délivrance "en direct. " Plusieurs dans la foule la
reconnaissaient comme étant une ancienne religieuse catholique.
Certaines mères se frappaient la poitrine de douleur, en se souvenant
de la grande beauté passée de Lutala, qui était D'autres regrettaient
le fait qu'elle n'avait même pas pu profiter de ses études supérieures,
à cause de ses interminables maladies. Il y avait enfin celles qui la
plaignaient d'avoir perdu en un seul jour ses quatre enfants et, un peu
plus tard, son mari. Voyant l'état de possession avancé de la soeur
Lutala, j'avais eu la présence d'esprit d'écarter la foule, de peur que
les mauvais esprits, une fois chassés du corps de Lutala, n'entrent
dans les nombreux païens qui se trouvaient dans la foule. Je parle bien
des païens, puisque les véritables enfants de Dieu sont couverts par le
sang de l'Agneau de Dieu. Comme la foule refusait de s'écarter, je
restai calme, et j'eus alors l'idée d'amener Lutala un peu plus à
l'écart, derrière la maison de prière que nous appelons l'église. Une
fois dehors, nous avons, avec la soeur Philomène, demandé à Dieu de
nous assister de Son Saint-Esprit, et de nous recouvrir du sang de
Jésus-Christ, nous et tout le groupe qui était autour de nous, pendant
tout le temps que prendrait la délivrance.
En regardant cette
femme étendue sur le sol, mon coeur se brisa en pensant aux souffrances
endurées par le Christ pour notre délivrance!
D'une voix
autoritaire, j'ordonnai aux démons de se présenter. Ils s'exécutèrent
en déclinant chacun son identité et sa fonction. Vous ne devez pas
oublier que je ne me trouvais pas en cet endroit par ma volonté propre.
Voici le dialogue qui s'ensuivit entre d'une part les démons, qui
s'exprimaient par la Bouche de Lutala, et le Saint-Esprit, qui parlait
au travers de notre humble personne:
- Je m'adresse à vous, démons
qui êtes logés dans son corps. Je vous ordonne de vous présenter chacun
par son nom et par l'oeuvre qu'il est en train d'accomplir. Pour
commencer, répondez-moi, combien êtes-vous?
- Tuwuku mingi. (Cela
signifie en langue swahilie: "Nous sommes nombreux." Puisque je ne
comprenais pas le swahili, ce fut la soeur Philomène qui me servit
d'interprète pendant la délivrance. Elle me traduisait en Lingala.)
- Combien êtes-vous?
- Nous sommes deux-cent-dix démons.
- Que faites-vous en aussi grand nombre?
- Mais c'est notre demeure!
- Son corps est le temple du Saint-Esprit. Il n'est Pas votre demeure!
- Elle est notre épouse.
- Elle est maintenant enfant de Dieu et non votre femme.
- Si elle était enfant de Dieu, nous ne serions pas ici.
- Qui êtes-vous, vous qui répondez à mes questions?
- Je suis le chef, Je m'appelle Ilongo.
- Ilongo, depuis combien de temps es-tu dans ce corps?
- Je suis là depuis longtemps.
- Que fais-tu ici?
- Je suis chez moi ici. Celle-ci est ma femme.
- Ilongo, es-tu l'esprit d'un mort, ou d'un vivant qui pratique sa magie dans le corps de cette femme?
- Je suis mort depuis longtemps.
- Pourquoi as-tu élu domicile dans ce corps?
- Je ne peux pas te répondre...
- Ilongo, ton nom m'indique que tu es Zaïrois.
- De quelle région étais-tu?
- De la région de Mba
ndaka. - De quel clan, de quelle tribu?
- Tu me fatigues avec toutes tes questions! De toutes façons, Je ne te répondrai plus.
-
Ah bon, tu ne veux plus me répondre? Eh bien, nous allons voir! De
toutes façons, sache que je ne suis pas ici pour converser avec toi,
mais pour te déloger. Sors de ce corps maintenant, au nom de
Jésus-Christ! La voix qui sortait de la bouche de Lutala n'avait rien
de la voix d'une femme malade. La voix d'Ilongo était bien celle d'un
homme aux tonalités viriles.
Une fois le nom de Jésus-Christ
prononcé, le visage de la soeur Lutala se déforma. On aurait dit un
fauve prêt à agresser sa proie. Le démon commença à lancer des cris
aigus. Je m'adressai à la soeur Philomène qui se trouvait à mes côtés,
et je lui dis:
- Persévérons dans la prière. Ne nous laissons pas
distraire par les grimaces de ce démon. Il faut u'il sorte de ce corps,
au nom de Jésus-Christ.
Ensemble, nous fîmes une puissante prière
autorité, en ordonnant au démon d'évacuer ce corps, au nom de
Jésus-Christ. Dans un moment de forte onction spirituelle, je
m'adressai au mauvais esprit en lui ordonnant de sortir de ce corps et
d'aller dans les lieux arides, au nom de Jésus-Christ. Il me répondit:
De
grâce, ne m'envoie pas là-bas! Envoie-moi plutôt dans ces arbres! -
Dans ces arbres, pour que tu ailles ensuite retourner dans un corps
humain?
- De grâce, envoie-moi dans ces arbres!
Je me souvins
alors du lieu réservé au diable et à ses démons (le lac de feu,
Apocalypse 20: 10). Je crus bon de lui commander d'aller dans ce lieu:
- Sors de ce corps, et va dans le feu éternel réservé pour vous!
- Non, le feu n'est pas encore ouvert. Je ne peux pas y aller.
Je dis à Philomène:
- Ne l'envoyons pas dans le feu éternel, puisqu'il n'est pas encore ouvert.
Puis je dis au démon:
-
Si tu ne sors pas, au nom de Jésus-Christ, et si tu ne vas pas dans les
lieux déserts, je vais invoquer sur toi le feu du ciel, et il te
consumera, toi et tes acolytes. Sors, au nom de Jésus-Christ, et
va-t-en dans les lieux arides!
Cette fois, il sortit au nom de
Jésus-Christ. Il projeta à terre Lutala, enroulée sur elle même, à une
distance de près de trois mètres. Je ramenai Lutala à l'endroit où nous
nous trouvions.
Frère Kapena, sais-tu qu'une personne sans Christ
est un homme aride, un homme spirituellement mort? Il représente un
endroit propice pour le diable et ses démons. Un homme qui n'a pas en
lui la Parole de Dieu est un lieu aride. Ilongo résistait parce que
tous les lieux arides autour de nous étaient couverts par le sang de
l'Agneau de Dieu. D'où son insistance à aller même dans les arbres. Ce
qui signifie que, lorsque il s'est trouvé dehors, il n'a pas dû aller
très loin.
Le second esprit qui se présenta était celui de la
grand-mère de Lutala. Celle qui lui avait donné le pouvoir de
domination. Elle ne s'exprima ni en Lingala ni en Swahili, mais en
Ki-Rega. Ce fut la fille du pasteur Sansaku qui nous servit alors
d'interprète. Nous eûmes confiance en sa fidélité, car elle n'était pas
la seule à comprendre cette langue parmi nous. Lorsque nous lui avons
donné l'ordre de sortir, après qu'elle se fut présentée, elle répliqua:

- J'ai des enfants. Comment pourrai-je sortir sans eux?
- Combien d'enfants as-tu?
- J'en ai quatre.
- Qui en est le père?
-
Je ne peux pas révéler le nom de leur père. Plutôt partir que de vous
dire à qui ils appartiennent. D'ailleurs, je m'en vais! Mais je ne
m'éloignerai pas trop d'elle. Je sais qu'elle se met facilement en
colère. Dès qu'elle se fâchera, je ne manquerai pas de rentrer!
- Je t'interdis de rentrer en elle, au nom de Jésus-Christ!
-Je pars, je pars, je m'en vais...!
Et
elle partit. Je compris alors que la colère était l'une des portes qui
donnaient accès aux démons. Cela m'aida à comprendre pourquoi la
plupart des personnes sauvées, lors des campagnes d'évangélisation au
Pont Kasa-Vubu, rechutaient tout aussi rapidement que le Seigneur les
avait guéries. C'était à cause de la colère. Comme ils avaient été mal
instruits, les démons retournaient en force dès qu'ils se mettaient en
colère. Paul de Tarse le savait, c'est pourquoi il nous conseille de ne
pas laisser passer la nuit sur notre colère (Ephésiens 4:26). Paul
savait qu'il était utopique d'interdire à un être humain de se mettre
en colère. Comme il connaissait la faiblesse humaine, il nous a laissé
ce conseil pratique.
Puis vint le tour d'un autre démon, qui
s'appelait François. C'était un européen, un parisien, à en juger par
son français impeccable. Le Français me priait de ne pas l'importuner
en faisant trop de bruit. Je lui dis:
- Tu n'as pas le droit de
m'imposer quoi que ce soit! Ce n'est pas ta demeure! Sors, au nom de
Jésus-Christ! Il partit sans mot dire. Il ne projeta même pas Françoise
à terre, comme l'avaient fait les esprits de ces nègres! Vous
comprendrez qu'il ne m'est pas possible de vous raconter la sortie des
2 10 démons! Je vous dirai seulement que seuls le premier et le dernier
démon firent preuve d'une certaine résistance. Le dernier démon était
l'esprit d'une femme.
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