Littérature québécoise








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Jean Beaumont

Mystère à Yamaska



BeQ

Jean Beaumont


Diane la belle aventurière # 060

Mystère à Yamaska
roman


La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 489 : version 1.0

Mystère à Yamaska
Collection Diane la belle aventurière

gracieuseté de Jean Layette

http ://www.editions-police-journal.besaba.com/

I


C’est au Grand Hôtel de Saint-Hyacinthe que Diane rencontra le signataire de la lettre qu’elle avait reçue à Tobago une semaine auparavant. On mangeait très bien à cet hôtel.

C’est devant un bon repas qu’elle fit connaissance.

L’interlocuteur avait environ cinquante ans.

Il était grand, légèrement corpulent et avait un air calme et digne sous ses cheveux gris.

Il n’élevait jamais la voix pour parler.

Mais sa douceur laissait deviner une grande force de caractère.

– C’est un ami à moi qui vous connaît, Stéphane Lupien, qui m’a engagé à vous écrire.

– Ah ! oui, Stéphane. Je ne l’ai pas vu depuis des années...

– J’ai hésité un peu. Mais je me suis finalement décidé. La beauté de Diane, l’exquise élégance de ses vêtements et son allure toute féminine semblaient intriguer l’homme.

– Je ne croyais vraiment pas, dit-il en hésitant, que...

– Que je sois si jeune ?

– Disons.

– Oh ! découvrez votre pensée. J’ai l’habitude.

– Jeune et jolie... Je ne m’imagine pas que vous puissiez accomplir tant d’exploits.

– Ne vous fiez pas aux apparences...

– Je veux bien, vous savez.

– Maintenant racontez-moi ce qui arrive ici.

– C’est... c’est très confidentiel...

– Mais oui, évidemment.

– Voici. Je suis propriétaire d’une fabrique de produits pharmaceutiques.

– Fabrique spécialisée ?

– Oui. Nous fabriquons des produits analgésiques et narcotiques.

– Je devine presque.

– Vous avez probablement raison.

– C’est une question de narcotiques ?

– Oui. Vous savez que notre production est contrôlée, n’est-ce pas ?

– Oui, évidemment.

– Toutefois, j’avoue qu’il est assez facile de déjouer les inspections.

– Je vois.

– Or, il y a un an environ, l’un de mes chimistes m’inspirait certaines inquiétudes.

– En rapport avec les narcotiques ?

– Pas tout à fait. Il s’est mis à faire la grosse vie.

– Ah !

– Sur un salaire comme le sien, c’était... enfin, difficile.

– Je comprends.

– Mais il s’est acheté une fort belle maison, une voiture de luxe, des fourrures pour sa femme.

– Lui en avez-vous parlé ?

– Oui. J’ai attendu un peu et je l’ai questionné.

– Qu’est-ce qu’il a répondu ?

– Qu’une de ses tantes était morte et qu’il avait hérité.

– Vous avez accepté sa réponse ?

– Non.

– Qu’avez-vous fait ensuite ?

– Très discrètement, j’ai confié la cause à une agence de détectives privés.

– Bon, vous avez bien fait.

– En un mois, le rapport était complet.

– Votre chimiste volait des narcotiques qu’il revendait ?

– Oh ! pas si simple que ça. D’ailleurs le vol est à peu près impossible.

– Alors qu’est-ce qu’il faisait ?

– Ce chimiste ne faisait pas partie de la production. Il avait été embauché pour les travaux de recherches.

– Je note.

– Il travaillait à toutes heures du jour, et souvent le soir.

– C’était normal ?

– Il était libre. J’avais grande confiance en lui.

– Et ensuite qu’avez-vous découvert ?

– Le laboratoire qu’il utilisait était fermé à clé.

– Pourquoi ?

– Il se livrait à des travaux secrets. Secrets, j’entends, par rapport à nos compétiteurs.

– L’on pouvait voler les procédés ou les formules ?

– Oui. Or, mon homme passait le plus clair de son temps à fabriquer des narcotiques à même les appareils de son laboratoire.

– Et sans vérification du gouvernement... ?

– C’est juste.

– Vous l’avez fait arrêter ?

– Pas sur le coup. J’ai voulu d’abord le questionner. Soit, il fabriquait des narcotiques, mais ensuite il les vendait à quelqu’un...

– Voilà.

– À la quantité produite, sûrement que les acheteurs étaient un grand ring de la drogue.

– Probablement.

– Or, je voulais avant faire détruire ce ring.

– Vous n’avez pas réussi ?

– Non.

– Pourquoi ?

– J’ai averti mon chimiste qu’il était découvert. Je lui ai demandé de dénoncer le ring. En lui promettant de faire tout en mon pouvoir pour que lui, le chimiste, reçoive la plus légère punition possible.

– Et il n’a rien dit ?

– Il m’a demandé jusqu’au lendemain pour réfléchir.

– Et le lendemain ?

– Dans le cours de la nuit, des hommes ont fait irruption chez lui. Ils étaient masqués. Ils l’ont abattu d’une rafale de balles dans le corps.

– Et les assassins ?

– Ils sont disparus sans laisser de traces.

– La police ?

– La police a tout fait pour essayer de retracer ces gens... Mais bien en vain.

– Vous dites que tout ceci se passait, il y a un an ?

– Très exactement, mes soupçons ont commencé à naître, il y a un an, presque jour pour jour.

– Et ensuite, le temps de l’enquête...

– Oui. J’ai mis deux mois à me décider à agir. Puis l’agence de détectives a mis un mois... ensuite deux autres semaines... De toutes façons, mettez un peu plus de trois mois...

– Et depuis ce temps ?

– Ah ! voilà... Le crime de mon chimiste, puis sa mort, constituent la première phase du drame.

– Il y en a une deuxième ?

– Oui.

– Laquelle ?

– Environ deux semaines après la mort de mon chimiste, j’ai reçu un appel téléphonique.

– De qui ?

– Je ne sais pas. Il ne s’est pas nommé.

– Qu’est-ce que l’on voulait ?

– La voix – un homme assez jeune – m’ordonnait de continuer la fabrication clandestine des narcotiques.

– Ah ! ah !

– Oui. Naturellement, j’ai refusé.

– Et pour cause.

– Alors la voix a proféré des menaces.

– Lesquelles ?

– D’abord, l’on m’a averti que si je ne marchais pas, ce serait ma femme qui subirait le même sort que mon chimiste.

– Vous avez affaire à des gens décidés.

– Puis si je n’obéissais pas après ça, que ce serait mon fils, puis ma fille.

– Qu’est-ce que vous avez répondu ?

– J’ai souligné à ces gens que ma propriété est bien clôturée et que je pouvais la faire garder.

– Que vous n’aviez pas peur d’eux, en somme.

– Voilà.

– Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ?

– La voix m’a offert une petite expérience. À seule fin de me prouver certaines choses...

– Comme par exemple ?

– Le type m’a dit que je pouvais faire garder ma maison tant que je le voudrais, mais que le chien de ma femme mourrait.

– Le chien de votre femme ?

– C’était un petit pékinois qui restait toujours dans la maison.

– Et il est mort ?

– J’ai posté des gardes. Trois jours après le téléphone, le chien a été étranglé.

– Étranglé ?

– Oui. Je suppose qu’il eût été facile de l’empoisonner. Mais il a été étranglé.

– Formidable ! Vous avez fait faire une enquête ?

– Oui. Toujours la même agence de détective.

– Pourquoi pas la police ?

– Parce que la voix au téléphone m’avait dit que si je tentais d’alerter la police, alors il n’y aurait pas de pardon.

– Vous ne l’avez donc pas fait ?

– Non. Et c’est un de mes directeurs, un médecin de Montréal que nous avons élu au bureau de direction ces derniers mois, qui m’a conseillé de ne pas le faire.

– C’était... mon Dieu, je suppose que c’était sage.

– Oui, très sage.

– Et l’enquête ?

– Rien.

– Pas le moindre indice ?

– Rien.

– Et vos domestiques ?

– Ils ont été interrogés, l’on a enquêté sur leur vie privée.

– Toujours rien ?

– Rien...

– Et les gardes ?

– L’agence répondait de chacun d’eux.

– Qu’avez-vous fait, alors ?

– Mademoiselle, j’ai fait la seule chose qui me paraissait sage.

– Vous avez continué à fabriquer des narcotiques ?

– Oui.

– Pour le compte de ces gens ?

– Oui.

– Mais vous avez contact avec eux... ?

– C’est façon de dire.

– Je ne saisis pas...

– Il faut que chaque semaine, je conduise ma voiture dans un chemin désert, entre ici et Montréal. J’ai les narcotiques emballés dans un papier fort, puis dans de la toile goudronnée. Je les jette en bordure du chemin.

– Et ensuite ?

– Je file.

– Vous n’avez jamais tenté de voir qui venait les chercher ? De le suivre ?

– Les instructions étaient précises... Non, mademoiselle, rien ne sert de tenter le diable. La vie de ma femme, de mes enfants est en jeu.

– À votre place, je suppose que j’aurais fait la même chose...

– Y avait-il une autre solution, dans le temps ?

– Non... non.

– Chaque semaine, je reçois par la poste, l’argent pour les narcotiques de la semaine précédente ?...

– C’est un bon prix ?

– Trois fois ce qu’ils me rapporteraient en marché ordinaire.

– Vous vous êtes presque enrichi, donc...

– Cet argent est à la banque, dans un compte spécial. Si jamais je reviens libre de ces bandits, je verserai la somme à quelque charité.

– Vous êtes un homme admirable !

– Non, je cherche tout simplement à être honnête.

– Et donc, vous m’avez demandé de venir.

– Oui. J’ai confié mon dilemme à un ami, Stéphane, et c’est lui qui m’a dit que vous seule...

– Je ferai mon possible.

– J’ai songé à quelque chose. Vous serez ma nouvelle secrétaire.

– Tiens, c’est une idée.

– Je vais envoyer celle que j’ai présentement en Floride, pour des vacances d’un mois. Vous serez sa remplaçante.

– D’accord.

– Ma secrétaire est au courant. Ainsi, vous aurez vos coudées plus franches.

– Très bien. Quand devrais-je commencer ?

– Mon Dieu, demain matin.

– Ça va.

– Le plus tôt vous tenterez de découvrir qui est le chef de cette bande...

– Vous seriez disposé ensuite à les livrer à la police ?

– Oui. Mais il faut que ces gens ne se doutent de rien.

– Évidemment.

– S’ils soupçonnent la moindre chose, c’est ma femme qui en souffrira.

– Oui, je sais.

– Et mes enfants. Je veux que vous réussissiez, mais je vous demande en grâce, à chaque stage de votre enquête, de penser à toujours protéger ma femme et mes enfants.

– Très bien, je m’y engage. Je serai demain matin à votre bureau.

Et le lendemain matin, Diane était là.

Diane devenue secrétaire, vêtue sobrement et modestement, crayon et carnet de notes en main...

On n’aurait jamais dit qu’il s’agissait là de Diane, la Belle Aventurière...
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