Après la mort d'un supporteur, deux députés ont demandé la dissolution des groupes les plus violents du Parc des Princes • Le policier antillais qui a tiré a apparemment été victime d'une agression raciste •








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VIOLENCE PSG


PSG : vers la dissolution des groupes de supporteurs violents ?

Après la mort d'un supporteur, deux députés ont demandé la dissolution des groupes les plus violents du Parc des Princes • Le policier antillais qui a tiré a apparemment été victime d'une agression raciste •

Par G.Dh. (avec agences)

LIBERATION.FR : vendredi 24 novembre 2006

Le PSG et/où les pouvoirs publics s'attaqueront-ils enfin sérieusement aux dérives ultraviolentes et racistes de certains supporters? C'est la question qui revient après la mort d'un habitué de la tribune Boulogne, tué, dans la nuit de jeudi à vendredi, par un policier antillais vraisemblablement en état de légitime défense.

C'est en tout cas la thèse qui semble se dégager. Le policier en civil aurait tenté de protéger un supporter de l'Hapoel Tel Aviv – qui venait de ridiculiser le PSG sur sa pelouse – poursuivi par quelques dizaines de supporters du PSG proférant des insultes racistes.

Vendredi à l'Assemblée, deux députés ont demandé lors du débat sur le projet Sarkozy sur la délinquance, la dissolution des groupes violents de supporteurs du PSG.  «Il faut absolument que soit dissous ce club de supporteurs parisiens, cela n'a que trop duré», a déclaré Philippe Edmond-Mariette, député non inscrit de Martinique. «J'appelle à ce qu'un certain nombre de groupes déclarés ou non déclarés soient dissous dans les plus brefs délais», a renchéri l'UMP Claude Goasguen.

«Il y a un racisme et un antisémitisme qui existent dans notre pays, c'est une réalité, on peut toujours chercher des explications à tout mais on doit avoir surtout la détermination ensemble de veiller à ce que ce mal n'existe plus», a insisté le ministre délégué à l'Aménagement du territoire, Christian Estrosi. Noël Mamère (Vert) s'était auparavant vivement ému d'un «mal présent depuis des années dans notre pays et qui a tendance à reprendre vigueur, le racisme et l'antisémitisme».
      
Le policier, qui a fait usage de son arme tuant un supporter du PSG et en blessant grièvement un autre jeudi soir à l'issue du match PSG-Hapoël Tel-Aviv, a été placé en garde à vue dès vendredi matin ainsi que cinq supporteurs – sur les huit interpellés après les incidents –. Les cinq supporteurs pourraient être poursuivis pour «injures racistes et antisémites», selon la préfecture. Le policier était lui entendu dans les locaux de l'inspection générale des services (IGS). Il est membre de la brigade du métro, et pas chargé du maintien de l'ordre autour du stade.

Les insultes racistes ont été confirmées vendredi matin par le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. «A la fin du match, quatre jeunes gens vraisemblablement de la communauté juive sont pris à partie par un groupe de supporteurs du Paris SG. Les quatre jeunes décident alors de se séparer. L'un d'entre eux, Yanniv Hazout est poursuivi par des assaillants qui le considèrent comme un supporteur de l'équipe de Tel-Aviv. La meute grossit pour atteindre une centaine de personnes, a expliqué  le procureur  à la presse. Un policier en civil du service régional de la police des transports parisiens (SRPT), Antoine Granomort dit à M. Hazout de se mettre derrière lui et essaie d'écarter la foule avec sa bombe lacrymogène. Des insultes “sale juif, sale nègre” des cris de singe, sont alors lancés et des saluts nazis effectués par cette meute qui crie également “Le Pen président”», a précisé le procureur.

Selon la préfecture, le policier antillais aurait été «frappé et blessé», il aurait  fait fait usage de sa bombe lacrymogène puis aurait été «mis au sol». C'est en se relevant qu'il aurait «fait usage de son arme après avoir annoncé sa qualité de policier». Racontant le déroulement du drame selon les éléments qui lui avaient été communiqué par la police, Nicolas Sarkozy a indiqué que le fonctionnaire en civil avait «hurlé à plusieurs reprises qu'il appartenait à la police et il a commencé à asperger les manifestants avec sa bombe lacrymogène».  Ensuite, «l'un des agresseurs l'a frappé à la tempe, un autre lui a porté un coup de pied dans le bas ventre, et il est tombé à terre», a poursuivi  Sarkozy. «Il a sorti son arme après avoir argué de sa qualité, mais dans quelles circonstances, je vous demande de considérer que je ne le sais pas» a dit le ministre. «Il a fait feu, deux hommes sont tombés à terre, dont un est mort de ses blessures».

«C'est un flic, c'est un flic»,«sale nègre», ou «Bleu Blanc Rouge, la France aux Français» criaient les assaillants du policier, raconte sur le site de L'Express le journaliste Philippe Broussard qui était sur place. Rédacteur en chef du service société de l'hebdo, ancien journaliste sportif et spécialiste du milieu hooligan, il raconte qu'à la fin du match «quelques centaines de Parisiens, pour la plupart très jeunes» cherchaient «à s'en prendre, ici ou là, à des supporteurs adverses».

Broussard distingue alors vers la station de bus «certains Parisiens qui semblent poursuivre quelqu'un».  Il voit  un homme marchant à vive allure au milieu de la chaussée : «C'est un noir d'une trentaine d'années, assez grand vêtu d'un pull en laine beige. Il a en main une grosse bombe de gaz lacrymogènes et tente de faire face à une foule de plus en plus hostile», témoigne Philippe Broussard qui constate qu'il cherche à protéger quelqu'un lui en lançant : «Reste derrière moi! Reste derrière moi!»

L'homme se réfugie dans un restaurant McDonald's alors que «plusieurs personnes crient “il a un flingue” puis un coup de feu claque.» «C'est un flic, c'est un flic!». Puis le journaliste décrit les minutes qui suivent «d'une extrême violence», le policier «l'arme au poing, braque son arme sur les agresseurs de plus en plus nombreux» devant le McDonald's dont les vitres cèdent les unes après les autres.

Philippe Broussard pointe la lenteur des policiers qui mettront une dizaine de minutes à intervenir, alors que ce match à hauts risques avait mobilisé plus de 600 policiers aux alentours du Parc des princes. 

Contrairement à ce qui avait été indiqué dans la nuit, il n'y aurait qu'un seul coup de feu qui aurait également grièvement blessé Mounir Bouchaer, toujours hospitalisé vendredi dans un hôpital parisien mais dont les jours ne seraient «plus en danger» selon la préfecture. Le supporter tué, Julien Quemener, était âgé de 25 ans et membre des «Boulogne Boys» a précisé le procureur de Paris.  La tribune Boulogne, qui abrite les plus ultras des supporters parisiens, dont certains se sont faits comme spécialité, entre autres, de pousser des cris de singe dès qu'un joueur noir touche le ballon.

Vous étiez au Parc des princes jeudi soir, vous avez assisté aux événements, envoyez-nous vos témoignages à centralweb@liberation.fr

http://www.liberation.fr/actualite/sports/219148.FR.php
Au Parc, les provocs habituelles des matches «chauds»

Jean-Luc Allouche, journaliste à «Libération», assistait au match jeudi soir • Ambiance d'une rencontre classée à «hauts risques» •

Par Jean-Luc ALLOUCHE

LIBERATION.FR : vendredi 24 novembre 2006

« Je m’étais préparé à en prendre 5, et là, je n’en crois pas mes yeux… » Ran, supporter de l’Hapoël Tel-Aviv, était venu spécialement d’Israël, avec près d’un millier de vieux briscards et de jeunes allumés, pour assister à une énième défaite de son équipe. Troisième minute de PSG-Hapoël Tel-Aviv (Coupe de l’UEFA) : Salim Toama de Tel-Aviv ouvre la marque dès la première attaque. Et double la punition quatre minutes plus tard.

Le Parc gronde. Encagés dans leur virage et sous filets de protection, les supporters israéliens, tout de rouge vêtus, lancent : « Hapoël au plus haut ! Qui ne saute pas est jaune ! » Jaune, c’est la couleur de l’ennemi absolu : le Maccabi de Tel-Aviv.

A gauche, le Kop d’Auteuil invective, les Rouges israéliens rétorquent. Doigts d’honneur, gestes obscènes, provocs habituelles des matches « chauds ». D’un côté, drapeaux rouges de l’Hapoël et bleu-blanc israéliens, de l’autre bleu-rouge du PSG, plus quelques fanions palestiniens et libanais. Ambiance conforme en somme à un match du PSG, doublé d’un enjeu politico-diplomatique propre aux apparitions des équipes israéliennes à l’étranger, qui en font une rencontre « à haut risque », selon les termes de la préfecture.

A mesure que l’addition s’alourdit (2-4), on entend du côté du Kop d’Auteuil « Mouillez le maillot ». Celui de Boulogne demeure silencieux. En fin de partie, le délire gagne les supporters de Tel-Aviv que les joueurs, ivres de bonheur, viennent saluer. Longuement.  Le Parc se vide rapidement. Seuls les supporters de l’Hapoël doivent attendre jusqu’à l’évacuation totale. Les nouvelles filtrent par portables. « Il y a de la casse dehors », « Un Mac Donald est saccagé », « Ils veulent se faire des juifs », « Il y a un blessé »… Les Israéliens, connus pour leur manque de patience chronique, demeurent placides. « Alors, c’est votre Intifada ?», rigole l’un d’eux, en apprenant les charges policières dehors. 

Au bout de plus d’une heure d’attente, les supporters de Tel-Aviv peuvent sortir entre deux haies de gendarmes harnachés. Toutes les rues sont barrées par des cordons policiers. Conduits sous escorte policière, ils sont canalisés à travers Auteuil pour un grand périple autour du stade. Aux alentours du Parc, vers minuit et quart, le calme est rétabli. La victoire des Israéliens a un goût amer. « C’est toujours comme ça chez vous ? », demande l’un d’eux.

http://www.liberation.fr/actualite/sports/219164.FR.php
Boulogne Boys contre Tigris Mystics

Guerre en tribunes

Provocations, castagne, vandalisme... Autour du PSG, s'affrontent les «petits Blancs» du Kop de Boulogne et les Tigris, supporters des cités. Deux mondes opposés qui rivalisent sous l'oeil d'un club qui a joué avec le feu.

Par David REVAULT D'ALLONNES

QUOTIDIEN : lundi 21 novembre 2005

Coca, sandwich ou billet de cinq euros ? Sur l'origine du contentieux, les versions diffèrent. Seule certitude : il a éclaté le 24 septembre, devant la buvette du stade du Mans. «Une embrouille sans queue ni tête entre deux types bourrés», tous les deux supporters du PSG, selon un témoin. Un des «Boulogne Boys» (de la tribune dite «Boulogne») contre un membre des «Tigris Mystics», un des groupes du «virage Auteuil», la tribune opposée. Le différend se réglera à 2 heures du matin, après le retour en bus, à coups de lance-fusée, de bouteilles et de barres de fer, devant le siège du club parisien. Selon la police, ceux d'Auteuil ont tiré les premiers. Bilan : un supporter de Boulogne sérieusement blessé, un des Tigris interpellé et condamné, et le point de départ d'un affrontement hebdomadaire, brutal et ritualisé entre fans du même club. Provocations et mobilisation, batailles rangées et gardes à vue : de foot, il n'est guère question dans cette affaire. Plutôt de «choc des cultures entre fafs et cailleras», estime un supporter d'Auteuil, de «querelles de tribune pour le leadership au stade». Et, à l'arrivée, d'une ahurissante guerre de stade et de rue, menée sous l'oeil d'un PSG plus que jamais impuissant face à la violence de ses fans. Et d'un ministre de l'Intérieur passablement agacé de n'avoir encore pu promener son Kärcher dans les tribunes du stade. Un supporter d'Auteuil résume : «Le Parc, c'est une poudrière. Ça peut péter de partout...» Fief historique et nouvelle génération Au Parc des Princes, chaque groupe a sa réputation et ses figures, son histoire et sa place. A droite : le Kop de Boulogne, fief historique des supporters parisiens. En haut de la tribune, les associations officielles avec, au premier rang, les Boulogne Boys. A l'étage d'en dessous, la section «R2», celle des fachos pur jus, pratiquants assidus du salut nazi et du cri de singe. A divers endroits de la tribune, les «indépendants» et hooligans rompus à la guérilla des stades. Des tribus distinctes, mais une tribune «nationaliste». «Boulogne est une tribune solidaire et unitaire, explique un supporter. Il y a une culture de famille.» Noirs et Arabes n'y sont pas les bienvenus, orientés vers d'autres tribunes par les stewards du club eux-mêmes. Mesure de sécurité. «Boulogne a une solide réputation, qui attire certaines personnes plus que d'autres, euphémise un membre du Kop. Quand on vient des cités, on va à Auteuil...» De l'autre côté de la pelouse, et aux antipodes : le virage Auteuil, ses vapeurs de shit et ses groupes ultras plus «cosmopolites et racailleux», dit un habitué. Les policiers l'avaient remarqué : «Depuis plusieurs années, une nouvelle génération est arrivée. Avec une autre mentalité, exubérante. Le comportement "cité" au stade.» En première ligne : les Tigris Mystics, 500 encartés, considérés comme un «bon groupe» par ses voisins d'Auteuil. Mais un peu trop «hégémonique» et remuant. «Chez les Tigris, il y a des mecs extrêmement violents, aussi cons que ceux d'en face, estime un proche du club. A Boulogne, il y avait des "sales Noirs", des "sales Arabes". Maintenant, on entend aussi des "sales Français".» Boulogne contre Auteuil, ou l'irrésistible face-à-face entre supporters de la même équipe, mais pas du même monde ? «A l'origine, les supporters du PSG, c'était une population blanche, avec des éléments d'extrême droite qui considéraient que Boulogne était un territoire "libéré", décrypte le sociologue Patrick Mignon. Et les ultras d'Auteuil ont progressivement voulu montrer, de manière volontariste, qu'une population multiculturelle pouvait aussi être attachée au PSG.» Comme souvent entre supporters, tout a commencé par des mots, inscrits sur une banderole des Tigris pour leur dixième anniversaire, en 2003 : «L'avenir est à nous.» Impardonnable affront pour la tribune Boulogne, forte de ses vingt ans de métier. Il débouchera sur plusieurs incidents sérieux. La guerre des tribunes est annoncée. Elle n'aura pas lieu pendant la saison 2004-2005, où un nouveau directeur de la sécurité du PSG met tout le monde d'accord. A ses dépens. Ancien commissaire divisionnaire de Bordeaux, Jean-Pierre Larrue a tenté de remettre de l'ordre au Parc. Trop vite, trop fort. «Union sacrée» de tous les groupes de supporters, banderoles incendiaires, grève des tribunes, et même une procédure judiciaire contre le club... «Nous sommes devenus un véritable lobby, en mesure de gêner le PSG», juge un ultra. Et de faire limoger, en mai dernier, le très détesté patron de la sécurité d'un club empêtré dans une politique à double tranchant. Les différentes directions du PSG ont toujours plus ou moins toléré la présence de groupes extrémistes et violents à Boulogne, allant parfois jusqu'à employer certains de leurs membres. Pour faire contrepoids, elles ont encouragé l'émergence des associations ultras à Auteuil... «La tentation a toujours été forte, au PSG, d'instrumentaliser les supporters afin d'avoir prise sur eux, résume un observateur. Le club considérait que l'essentiel était d'éviter un grave accident ou un affrontement d'envergure.» Le début de cette saison s'annonçait paisible. Cet été, en signe d'apaisement, le PSG avait même laissé les supporters peindre leurs fresques dans les coursives du Parc. Mais, sous la couche de peinture, l'Ile-de-France bouillonne toujours. «Le stade anticipe et grossit des phénomènes sociaux existants, rappelle Patrick Mignon. L'existence d'un phénomène "petits Blancs" à Boulogne préfigurait le repli sur soi, la crainte des gens différents et le vote FN.» La rage de certains ultras d'Auteuil annonçait-elle la révolte des cités ? Toujours est-il qu'un mois avant le déclenchement des violences urbaines, l'«embrouille» du Mans fournit à la tribune Boulogne l'occasion idéale pour se dresser contre la «racaille». Chants natios et ratonnades «Tout le monde était très énervé, sur les dents», confirme un responsable des Boulogne Boys. Les forums Internet fourmillent de projets d'expéditions punitives. «Les indépendants se sont dit : "Boulogne est agressé, on va reprendre les affaires en main", observe-t-on au ministère de l'Intérieur. Des anciens, qui s'étaient calmés, sont revenus.» Le 1er octobre, jour du match contre Nantes, dès 11 heures, «150 indépendants chargés, bourrés, organisés, attendent dans les rues autour du stade pour faire la chasse aux Tigris», rapporte un témoin. Ces derniers ne viendront pas, refoulés par mesure de sécurité. Autour du Parc, l'ordre règne : bras levés, chants natios, jeunes Noirs et Arabes ratonnés. Pas moins de 85 hooligans sont interpellés, pour la plupart relâchés quelques instants plus tard. A l'intérieur, la tribune Boulogne porte le coup de grâce, symbolique celui-là : «Tigris Mystic, manipulés par les anarchistes de la CNT, protégés par le PSG». Une simple banderole, mais une terrible accusation jetée aux yeux de tous les groupes ultras du Parc, dont la légitimité repose avant tout sur la réputation d'indépendance. Le politique ne s'éloigne jamais du stade. Nicolas Sarkozy, lui, y est déjà. Il rencontre en personne les responsables des Tigris et des Boulogne Boys, pendant le match PSG-Nancy, pour calmer le jeu. Mais la compétition entre ultras tourne à l'opération commando. Trois heures après la réunion, à minuit, une vingtaine de «hools» lance l'assaut contre le local des Tigris, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). L'un d'eux, membre de la «Casual Firm», un influent groupe de hooligans de Boulogne, sera interpellé peu après dans les parages, en possession de cocaïne. D'autres membres de la «Firm» ont été reconnus par les Tigris, mais présentent un alibi. L'un d'eux, ancien salarié du club, a été aperçu après le match au café des Trois Obus, proche du Parc, par des anciens joueurs et Jean-Michel Moutier, responsable du secteur pro du PSG... Le ministre de l'Intérieur, qui prépare une batterie de mesures anti-hooligans, a prévenu : il va «débarrasser nos stades des voyous». Trois jours avant le match à Auxerre, il réunit les responsables du club, les associations d'Auteuil, le préfet de police Pierre Mutz, le directeur général de la police nationale Michel Gaudin et le patron des RG parisiens. Le président du PSG a alerté, par lettre, le préfet de l'Yonne sur la présence de «factions dangereuses» et la nécessité de refouler «tout supporter ou sympathisant faisant le déplacement de manière indépendante». Mais les hostilités ont leur dynamique que les dispositifs sécuritaires ignorent. «Auteuil séduit de nouveaux supporters contents de s'opposer à la vision rétrécie de Boulogne, analyse Patrick Mignon. Et les supporters de Boulogne se radicalisent au fil de la confrontation avec ceux d'en face.» Lancers de cuvettes Un témoin confirme : le 30 octobre, «cinq heures avant le match, 100 hooligans fichés, hors catégorie, sont là. Des fous. Et l'AJ Auxerre, qui veut faire du chiffre, leur a vendu des places à 6 euros. Juste pour remplir les tribunes.» En plein match, les «hools» traversent sans encombre le stade champêtre de l'Abbé-Deschamps pour bombarder la tribune visiteurs, où siègent les Tigris : sièges, boulons, et même des cuvettes et carreaux en faïence arrachés dans les toilettes du stade, retrouvées atomisées. Sous l'oeil de Canal + et de TF1. «Quand il n'y avait plus de Tigris, ils ont cherché les Beurs dans le stade. Après, ils ont chargé les CRS avec des barrières en métal. On n'a pas eu de mort, mais on n'en est pas loin.» Une aimable soirée de football, qui se conclut sur le score de zéro interpellation. Le lendemain, après une sévère «explication de texte» du ministre, selon un de ses proches, la police de l'Yonne montera à la capitale pour y arrêter deux hooligans parisiens. Nicolas Sarkozy n'a pu rencontrer comme prévu les supporters du PSG, lors du dernier match au Parc des Princes. Ce soir-là, le premier flic de France visitait ses troupes à Bobigny (Seine-Saint-Denis) et à Grigny (Essonne), après plusieurs nuits violentes en banlieue. Le match contre Monaco a été calme. Tout juste un tract des Tigris évoquant leur «combat pour la liberté d'accès au stade». Réplique d'un représentant des Boulogne Boys : «Leur quête de purification du Parc des Princes, c'est du vent. C'est pour justifier leur arrogance.» Les braises s'entretiennent d'elles-mêmes, dans une imparable dialectique. Une source au ministère de l'Intérieur résume : «Peut-on mettre côte à côte sans heurts des gens qui ne se supportent pas et qui, sans le foot, n'auraient aucune chance de se croiser ?» Et de poursuivre, sans illusion : «Avec les fêtes et le dispositif Sarkozy, ça va se tasser un moment. Mais ça repartira.»

http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/162866.FR.php
Le casse-tête des clubs pour maîtriser leurs supporters

Par D'ALLONNES David REVAULT et Grégory SCHNEIDER

QUOTIDIEN : mercredi 22 décembre 2004

Cet automne, un président de Ligue 1 expliquait à Libération qu'il rêvait d'un stade vide, à «zéro emmerdement». Il n'aurait pas grand-chose à y perdre. Les recettes aux guichets représentent en moyenne 15 % du budget des équipes de l'élite. Au PSG et à l'OM, les supporters ont d'autres moyens de se faire entendre. Au PSG, une histoire d'affrontements La violence des supporters accompagne depuis vingt ans les destinées du club parisien. Un ultra résume : «Le PSG a toujours été un club à bordel. C'est peut-être le destin.» Mais Francis Graille, l'actuel président, en est persuadé : «Le règne de la terreur finira tôt ou tard.» Graille rêve d'un stade où «les gens viendraient s'amuser et supporter leur équipe en toute tranquillité.» Depuis quinze jours, il est protégé par la brigade Anticriminalité après être rentré dans une logique d'affrontement frontale avec les associations ultras du club. Depuis le premier fait de hooliganisme en France, en 1984, à l'occasion d'un France-Angleterre, le Parc a défrayé la chronique : batailles rangées, comme lors du PSG-Caen (1993) ou du PSG-Galatasaray (1996), et des traditionnels PSG-OM. Le club ­ qui dépense 3 millions d'euros par an pour sa sécurité ­ a tout fait. Mesures structurelles, campagnes avec SOS Racisme, signature d'un «contrat local de sécurité» (CLS) et, récemment, nomination d'un ancien patron du GIPN (Groupe d'intervention de la police nationale) à la sécurité. Une fermeté qui n'a pas toujours été d'usage : «Depuis des années, les différentes directions ont négocié avec eux, glisse un dirigeant. Au fil du temps, ils sont devenus les maîtres.» Un ultra conteste : «On veut juste supporter notre équipe et se déplacer en liberté. Il faut arrêter de dire qu'on veut gérer les abonnements et avoir du pouvoir, comme à Marseille.» A l'OM, le «tribune business» Le système a été monté par Bernard Tapie à la fin des années 80 : c'est le «tribune business». Chaque année, le club vend la totalité des 27 600 abonnements en virage (100 euros cette saison) ­ soit 48 % de la capacité du Vélodrome ­ aux huit associations de supporters. Qui les revendent avec bénéfice à leurs adhérents. «On n'est pas là pour évaluer la normalité de la chose, coupe Michael Manoukian, patron des Amis de l'OM. Heureusement qu'on est là. Depuis deux ans, le club met en vente sur le Net des places en tribune latérale. L'ambiance s'en ressent.» Jean-Michel Roussier, président délégué en 1999, s'était attaqué à cette sous-traitance. Il a reçu des cercueils en bois par la poste avant de laisser la place. Christophe Bouchet, président démissionnaire, s'est en partie grillé pour avoir tenté d'imposer des cartes d'abonnement magnétiques et personnalisées. A l'OM, le prix des abonnements est l'objet de négociations entre les associations de supporters. Pour un résultat indiscutable : 18 % d'augmentation du prix des abonnements en virage entre 2002 et 2004 ; entre 29 % et 36 % pour les tribunes latérales. L'argument employé par les associations pour faire entendre raison aux directions successives de l'OM : «Vous passez et nous restons.» «Les dirigeants et les joueurs sont là pour profiter, explique Chrisian Castaldo des Dodgers. Les bénéfices que l'on tire des abonnements servent à faire des animations au Vélodrome, à suivre l'équipe en déplacement ou à monter des opérations sociales, du type "Un Noël pour un Minot".» Un ancien dirigeant du club s'est demandé tout bas si le social était bien la vocation d'un club. Un autre a parlé de «racket» ou de «mafia», pointant le fait que la manne des abonnements permettait «de se greffer financièrement au système».

http://www.liberation.fr/actualite/sports/99193.FR.php
Le plus grave d'une longue série d'incidents

Par D'après AFP

LIBERATION.FR : vendredi 24 novembre 2006

Le PSG draine depuis longtemps une minorité de fans violents, dont une certains proches de l'extrême-droite, régulièrement impliqués dans des incidents. L'un des événements fondateurs de cette violence fut l'assaut des supporteurs du kop Boulogne contre les CRS le 28 août 1993, à l'occasion d'une rencontre contre Caen. Les CRS furent expulsés de la tribune et dix d'entre eux blessés, dont un grièvement.

 Cette violence, sporadique, est le fait de quelques dizaines de supporteurs organisés en groupuscules, parfois racistes et proches de l'extrême-droite radicale. Le site internet de l'un de ces groupes, qui affirme regrouper une vingtaine de personnes, affirme que «la violence, dans le foot, sur le plan national, n'est pas assez généralisée», et appelle de ses vœux un «Heysel au Parc des Princes». En référence au drame du Heysel qui coûta la vie à 39 personnes lors d'affrontements entre supporteurs de Liverpool et de la Juventus de Turin en 1985.

Les supporteurs du Paris SG s'en sont souvent pris à leurs homologues des autres clubs mais, fin 2005 et début 2006, c'est une lutte fratricide qui a fait l'actualité. Pendant près de six mois, les deux franges radicales de supporteurs du PSG, les Boys, marqués à l'extrême-droite, et les Tigris, à tonalité black-blanc-beur, vont se livrer un combat sans merci sur fond de racisme (lire article).  Les bagarres se succèdent: à Paris en septembre sur un parking du Parc (un blessé grave), puis au stade lors d'un match contre Nantes (85 interpellations). La «guerre» continue lors des déplacements, à Auxerre, Bordeaux, Lyon, Toulouse, Vermelles, Saint-Etienne... Le point culminant est atteint fin février 2006 avec une rixe d'une rare violence: une station-service est saccagée entre Nantes et Paris, 22 personnes sont placées en garde à vue et deux finalement mises en examen.

 Selon la police, environ un millier de supporteurs environ sont à l'époque catalogués comme «fauteurs de troubles aguerris et déterminés (...) susceptibles de commettre des exactions» sous l'influence de meneurs. Quelques jours plus tard, en mars, l'application d'une nouvelle loi permet au préfet de Paris d'interdire administrativement l'entrée du Parc des Princes et de tous les stades où joue le club à une trentaine de meneurs de ces échauffourées.

Comme à chaque crise, le club n'a pas les moyens d'endiguer la violence, et aucune des solutions retenues depuis plus de douze ans n'a à ce jour réussi à régler définitivement le problème.Fin avril, lors de la finale de la Coupe de France entre le Paris SG et Marseille, c'est la rivalité historique entre Parisiens et Marseillais qui reprend le dessus: des incidents opposent des supporteurs des deux clubs autour du Stade de France. Deux personnes sont blessées et la police procède à 33 interpellations.

 Le 13 novembre, deux ultras parisiens ont été condamnés à six et quatre mois de prison ferme par le tribunal correctionnel du Mans pour avoir agressé un Français de 19 ans d'origine sénégalaise à l'issue du match Le Mans-Paris SG. L'un des deux était déjà interdit de stade pour incitation à la haine et à la xénophobie.

 

http://www.liberation.fr/actualite/sports/219192.FR.php

L'Express du 08/05/2003
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