Memorandum sur la problematique des personnes handicapees au burundi annee 2013








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MEMORANDUM SUR LA PROBLEMATIQUE DES PERSONNES HANDICAPEES AU BURUNDI ANNEE 2013

I. ETAT DES LIEUX


  1. L’AMPLEUR DU PHENOMENE


L’ampleur du phénomène du handicap au Burundi reste méconnue faute de statistiques fiables et recherches sérieuses y relatives, par conséquent on ne se contente que des estimations, mais qui restent encore alarmantes.
Dans le monde, les statistiques des personnes handicapées sont estimées à 15%1 de la population mondiale. Il est également stipulé que 80% des personnes handicapées vivent dans les pays en voie de développement. Au Burundi les statistiques des personnes handicapées restent insuffisamment documentées En effet, le récent Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2008 au Burundi fait état de 4,5% de personnes avec handicap majeur. Cependant, le rapport de ce recensement n’explicite pas la notion de handicap majeur et nous trouvons que cette statistique comporte beaucoup de biais. En Considérant la donnée de la BM et de l’OMS, la population burundaise vivant avec un handicap serait estimée à 1 275 000 individus (15% de 8,5 million).
Certaines de ces personnes handicapées sont encadrées par quelques centres et associations qui s’occupent de leur prise en charge. Ces centres et associations se regroupent en trois grands réseaux dont le Réseau des Centres pour Personnes Handicapées au Burundi (RCPHB), le Réseau des Associations des Personnes Handicapées au Burundi (RAPHB) et l’Union des Personnes Handicapées du Burundi (UPHB). Malgré leurs efforts, l’amélioration des conditions de vie des personnes handicapées ne pourrait être durable que si les programmes et politiques de développement du pays intègrent les questions du handicap.
Cependant, il existe quelques atouts pour propulser le changement du statut et du rôle de la personne handicapée dans la société burundaise. Il suffit de se référer à quelques instruments juridiques et autres documents internationaux, régionaux et nationaux.
Le grand mérite revient aux Nations Unies où beaucoup de résolutions, études, conférences, traités et conventions dans la perspective de l’égalité des chances pour les personnes handicapées ont été adoptés depuis le dernier siècle. L’Afrique s’est réveillée pour penser à la promotion des personnes handicapées en proclamant la Décennie africaine des personnes handicapées et la création de comités de pilotage de cette décennie dans les pays membres de l’Union africaine.
B. INSTRUMENTS INTERNATIONAUX ET AUTRES DOCUMENTS
1. Instruments juridiques internationaux
Parmi les principaux instruments internationaux, nous pouvons citer :
1.1. La Déclaration universelle des droits de l’homme

1.2. La Déclaration des droits du déficient mental 

1.3. La Déclaration sur les droits des personnes sourdes et aveugles

1.4. La Déclaration sur les droits des personnes handicapées 

1.5. Les règles des Nations Unies pour l’égalisation des chances des personnes handicapées

1.6. Normes internationales du travail concernant la Réadaptation Professionnelle.

1.7. Résolution intitulée « Convention internationale globale et intégrée pour la promotion et la protection des droits et de la dignité des personnes handicapées.

1.8. La Convention internationale des droits des personnes handicapées (CIDPH)
Signalons que les sept premiers instruments ont permis l’élaboration du huitième (CIDPH), et qu’il y a lieu de reconnaître que c’est l’instrument juridique le plus important jamais adopté pour la promotion et la protection des droits des personnes handicapées dans le monde. Cette Convention adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 13 décembre 2006 est entrée en vigueur en mai 2008. Elle a pour objet de promouvoir, protéger et assurer la pleine et égale jouissance de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales par les personnes handicapées et de promouvoir le respect de leur dignité intrinsèque.2
Quoique signataire depuis le 27 avril 2007, le Burundi n’a pas encore ratifié cette Convention. Sans cette ratification notre pays rate certaines opportunités qui contribueraient au développement des personnes handicapées.
2. Autres documents internationaux



2.1. Le document proclamant l’année internationale des personnes handicapées

2.2. Le document proclamant la Décennie internationale des personnes handicapées.

2.3. Le document contenant le Programme d’action mondial sur le handicap.
C. INITIATIVES REGIONALES
1. Création de l’Institut Africain de Réadaptation (IAR)

2. Proclamation de la Décennie africaine des personnes handicapées
- Plan d’action de la décennie africaine des personnes handicapées
Dans cette décennie qui couvrait la période 2000-2009, il était prévu un plan d’actions continental pour améliorer les conditions des personnes handicapées. Ce plan adopté à Addis Abeba, en février 2002, reprend les grands domaines concernant l’intégration, l’éducation, la santé, la culture, la politique, la législation, le lobbying et plaidoyer, le renforcement des capacités, la sensibilisation et l’information, etc. Après que les Etats africains avaient constaté que cette période ne leur a pas permis d’atteindre les objectifs qu’ils s’étaient fixés en matière du handicap, ils ont reconduit une seconde décennie couvrant la période 2010-2019. Nous saluons les efforts du Burundi qui a mis en place un Comité National de Pilotage de la Décennie Africaine des Personnes Handicapées en septembre 2007. Cependant, force est de constater que ce comité n’a pas été suffisamment fonctionnel pour amener un quelconque changement dans la vie des personnes handicapées. Dans les conditions actuelles de son fonctionnement, si de nouveaux efforts ne sont pas investis, ce comité risque d’être seulement de nom et n’apportera pas une quelconque plus-value dans la promotion des conditions de vie des personnes handicapées.


D. INSTRUMENTS JURIDIQUES NATIONAUX
1. Les dispositions de la Constitution de la République du Burundi.
Les droits garantis et reconnus par la Constitution de la République du Burundi du 18 mars 2005 concernent tout homme en général et la personne handicapée étant un homme comme les autres doit jouir de tous ces droits. C’est pourquoi elle a aussi des devoirs et des obligations comme les autres membres de la société, la Constitution ne fait aucune distinction.
En vertu de cette Constitution, tous les citoyens sont égaux devant la loi qui leur assure une protection égale. Nul ne peut être l’objet de discrimination du fait notamment de son origine, de sa race, de son ethnie, de son sexe, de sa couleur, de sa langue, de sa situation de ses convictions religieuses, philosophiques ou politiques ou du fait d’un handicap physique ou mental ou du fait d’être porteur du VIH/SIDA ou toute autre maladie incurable (Art 22).

Il découle de cette disposition que la personne handicapée est égale à toute autre personne mais elle a besoin d’une protection particulière et comme l’Etat doit veiller à ce que tous les citoyens disposent des moyens de mener une vie conforme à la dignité humaine, il doit, pour mettre en application cette disposition, créer des mécanismes appropriés. A toutes fins utiles, signalons que cette disposition n’a pas inclus les personnes avec déficiences sensorielles.
En outre, tout burundais a le droit de participer directement ou indirectement à la direction et à la gestion des affaires de l’Etat sous réserve des conditions légales ; il a également le droit d’accéder aux fonctions publiques de son pays (art.51).

L’Etat a le devoir d’organiser l’enseignement public et d’en favoriser l’accès (art.53). La personne handicapée n’ayant pas les mêmes capacités physiques, sensorielles ou mentales devrait en vertu de cette disposition bénéficier d’un enseignement particulier approprié à son handicap ou mettre en place des mécanismes leur permettant d’étudier avec les autres, comme les autres.
Enfin l’Etat reconnaît à tous les citoyens le droit aux soins de santé (Art. 55), il faut alors créer des conditions qui rendent la jouissance du droit aux soins de santé pour les personnes handicapées.
2. L’Avant-projet de loi portant cadre organique des droits des personnes handicapées3
Cet avant-projet de loi est l’initiative de l’Union des personnes handicapées du Burundi. Pour qu’il fasse l’objet d’étude au conseil des ministres, un long travail avait été réalisé par cette Union œuvrant en faveur des personnes handicapées notamment dans son élaboration de manière participative en associant les intervenants dans différents secteurs de la vie du pays. Il a été déposé en 2002 mais il n’a été délibéré et adopté en conseil des Ministres qu’en juillet 2007 moyennant des corrections. En 2010, un Comité de lecture et corrections selon les recommandations du Conseil des Ministres. Le document a été soumis au service national de législation pour toilettage juridique et se trouve aujourd’hui au sein du Secrétariat Général du Gouvernement. Cet avant-projet de loi édicte les droits et devoirs fondamentaux des personnes handicapées : les droits spécifiques pour l’égalisation des chances, les intervenants et la nature de leurs interventions. Elle est inspirée des normes et instruments internationaux en particulier des règles des Nations Unies pour l’égalisation des chances.
E. AUTRES ATOUTS A CAPITALISER
1. Les mesures d’appui aux personnes handicapées
Les organisations de personnes handicapées manifestent leur reconnaissance envers le Gouvernement du Burundi pour certaines mesures qui ont été prises pour alléger leur souffrance et limiter les probables cas de handicap. C’est notamment :

- la mesure de la gratuité de l’accès à l’enseignement primaire, même si la jouissance effective pour les enfants handicapés nécessite encore des aménagements spécifiques

-l’accès gratuit aux soins de santé pour les enfants de moins de 5 ans. Cette mesure a permis à bon nombre d’enfants d’accéder à une réadaptation appropriée.

- l’accès gratuits aux soins pour les femmes enceintes et accouchement gratuit. Cette mesure à certainement contribuer à limiter des cas de handicap qui seraient liés à une mauvaise prise en charge des femmes enceintes et des accouchements dans les milieux non hospitaliers

-l’appui aux initiatives des organisations et centres des personnes handicapées par le Ministère de la Solidarité Nationale, Droits de la Personne Humaine et du Genre

- l’acceptation des enfants handicapés pour passer le concours national (enfants aveugles et sourds)
2. Opportunités et attentes des élections de 2015
Les élections de 2015 approchent et tous ceux qui s’intéressent aux droits de l’homme en général et du handicap en particulier peuvent saisir cette opportunité pour agréger les revendications des personnes handicapées et les faire intégrer dans les programmes des partis politiques en compétition électorale.
Rappelons aux acteurs politiques la corrélation entre le poids numérique et le poids électoral dans un régime démocratique. D’où l’importance d’insister sur le poids électoral des personnes handicapées et la possibilité qu’ils ont de faire basculer le résultat électoral dans un sens ou dans l’autre s’ils sont suffisamment mobilisés autour des enjeux qui leur sont spécifiques.
Il n’est donc pas trop tôt de rappeler aux hommes politiques qu’ils doivent tenir compte des personnes handicapées dans leurs programmes électoraux pour arracher leurs voix.
C’est ainsi que la révision probable de la Constitution de la République du Burundi et la révision du code électoral doivent tenir compte de cette catégorie qui a été longtemps oubliée.
3. Les forces des personnes handicapées

Les personnes handicapées ont mis sur pied des organisations qui les représentent. Vu même leur importance statistique, il ne faudrait pas oublier une planification qui tient en compte la problématique de leur développement. Si les conditions nécessaires à leur participations sont mises en place, les personnes handicapées restent des citoyens comme les autres qui peuvent contribuer au développement du pays à différents égards.
II. PROBLEMATIQUE
Malgré tous ces atouts, les personnes handicapées du Burundi rencontrent, dans leur existence quotidienne, beaucoup de problèmes liés à la nature spécifique du handicap. La variété de ces problèmes touche entre autres aux représentations sociales dévalorisantes de la personne handicapée, à l’accessibilité globale, à leur représentativité politique et à la législation globale qui n’intègre pas la spécificité du handicap.
D’abord, les personnes handicapées se heurtent aux problèmes et difficultés d’ordre matériel dans l’organisation de leur vie de tous les jours. Leurs limitations fonctionnelles les empêchent de se faire un chemin dans la vie. Celles-ci touchent spécialement les facultés suivantes : se déplacer, faire des gestes les plus ordinaires, s’exprimer, communiquer, s’adapter au mode de vie et aux usages sociaux.
Ensuite, les personnes handicapées connaissent des problèmes et difficultés d’ordre professionnel. Ceux-ci débutent par un enseignement et/ou une formation professionnelle inadaptée aux aptitudes physiques ou mentales résiduelles. Ils se poursuivent et se terminent d’autre part par des préjugés sociaux qui tendent à considérer ces personnes comme incapables d’exercer valablement une activité professionnelle.
Enfin, les personnes handicapées rencontrent des problèmes et difficultés d’ordre psychologique et social issu de l’attitude de rejet. Cette attitude même si elle paraît avoir été atténuée, n’est pas encore enrayée de l’esprit des gens qui continuent à prendre la personne handicapée comme un être vivant dans un monde à part.
Le processus démocratique burundais se veut inclusif, c’est pourquoi il a pratiqué la « discrimination positive » à l’égard de certaines catégories sociales dont les femmes et les Batwa dans le souci d’accroitre l’égalité des chances. C’est ainsi que toutes les mesures d’ordre social et économique ont été prises pour que tous les citoyens jouissent de leurs droits, mais force est de constater que les personnes handicapées n’en jouissent pas au même titre que les autres membres de la société.
La plupart des personnes handicapées restent exclues, or en les privant de la possibilité de jouer un rôle dynamique par la participation au processus démocratique et de développement du pays, la société se prive ainsi des ressources humaines indispensables au développement économique et social, ce qui produit des effets pervers sur les processus de développement politique, économique et social en cours. En particulier le Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté II, qui est la référence de la planification n’a pas du tout tenu en considération les personnes handicapées. Ceci laisse un grand pessimisme pour les personnes handicapées par rapport aux opportunités qui permettraient un développement pour tous, et prétendre ainsi atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.
La solution à tous ces problèmes ne doit pas être l’œuvre des seules associations de la société civile intégrant la dimension handicap dans leurs activités, mais plutôt de toute la communauté et en tête les pouvoirs publics.
Ainsi, La préparation des élections de 2015 pourrait servir de contexte politique favorable dans lequel les associations de personnes handicapées peuvent saisir et exprimer leurs attentes en vue de l’amélioration générale de leurs conditions d’existence. Il est donc urgent, d’agréger toutes les revendications des personnes handicapées afin qu’elles figurent dans les différents programmes électoraux des partis politiques susceptibles de se présenter aux élections de 2015 et que leur représentativité politique soit pensée et planifiée.
A PROBLEME DE REPRESENTATIONS SOCIALES DEVALORISANT LA PERSONNE HANDICAPEE
Il n’y a pas longtemps, les enfants handicapés vivaient cachés au sein de leurs familles surtout dans les milieux aisés. Les parents avaient de la honte et sentaient une certaine culpabilité d’être à la base des handicaps de leurs enfants. Ces enfants étaient exclus des services sociaux de base offerts aux autres enfants, bref le fait d’être cachés les expose à la maladie et à la mort. A voir de près, ils étaient voués à disparaître. Ce n’est que grâce à la sensibilisation de leurs associations que la plupart des parents les font sortir aujourd’hui.
Néanmoins, aujourd’hui, la majorité des personnes handicapées continue à vivre à l’écart du développement et d’être privées de leurs droits fondamentaux du fait d’une discrimination constante, de la ségrégation dont elles sont victimes de la part des membres de la société, de leur marginalisation économique et de leur non-participation aux processus de prise de décisions sociales, politiques et économiques.
En effet, encore dans certains esprits, la naissance d’une personne handicapée est considérée comme une fatalité et même comme une malédiction pour la famille. Le sort de l’enfant est scellé par sa naissance selon qu’il est une personne handicapée ou pas. En effet, l’enfant handicapé inspire la pitié, la honte et l’angoisse pour la famille. D’où la cause de certaines pratiques de cacher l’enfant au cours de certaines cérémonies familiales. Il est considéré comme un incapable, quelqu’un qui aura toujours besoin de sa famille pour survivre, sans possibilité de devenir autonome. Il serait seulement préféré à la mort (« Ikimuga gisumba imva »).
Cette image finit par être intériorisée par la personne handicapée. Celle-ci y croit et finit lui aussi à reproduire cette image dans sa vie de tous les jours. Elle se livre à la mendicité et vulgarise le discours de son inutilité. Par conséquent, cette image dévalorisante socialisée sert de filtre à la fois pour les communautés et les pouvoirs publics dans l’établissement des priorités.
Ainsi, au niveau des ménages, l’enfant handicapé ne sera pas traité sur le même pied d’égalité que ses sœurs et frères valides. La priorité est donnée aux enfants valides en termes de soins de santé, d’éducation ou d’épanouissement.
Quant aux pouvoirs publics, l’élaboration des politiques publiques tient compte des problèmes sociaux portés à la fois par l’opinion publique et les groupes d’intérêts influents. Or les questions des personnes handicapées ne constituent pas d’enjeux sociétaux prioritaires du fait de cette image qui entoure la personne handicapée au Burundi.
Par conséquent, la considération de la personne handicapée à tous les niveaux (individu, famille, communauté, Etat) passe par la transformation de cette image négative en image positive et valorisante de la personne handicapée. C’est ainsi que des actions à mener dans ce domaine doivent être ciblées.
B. PROBLEME D’ACCESSIBILITE GLOBALE
Les personnes handicapées au Burundi connaissent des problèmes d’accessibilité de manière globale (accès à l’éducation, à la santé, à l’information et à la communication, au culte, accessibilité physique aux infrastructures publiques et privées à usage collectif, au logement, au transport, etc.). Ce problème constitue un obstacle à la participation sociale, politique et économique de la personne handicapée.
Normalement le but de l’accessibilité est de permettre à la personne handicapée de vivre de façon indépendante et de participer pleinement à tous les aspects de la vie. Il faudrait donc assurer aux personnes handicapées sur la base de l’égalité avec les autres personnes un accès à l’environnement physique, aux transports, à l’information et à la communication, aux systèmes et technologies de l’information et de la communication et aux autres équipements et services ouverts ou fournis au public tant dans les zones urbaines que rurales.
Cela exige à la société et aux pouvoirs publics surtout d’identifier et d’œuvrer pour l’élimination de tous les obstacles et barrières à l’accessibilité par des mesures appropriées.
C. PROBLEME DE REPRESENTATIVITE POLITIQUE DE LA PERSONNE HANDICAPEE
Les personnes handicapées connaissent un problème crucial de représentativité politique au Burundi. En effet, elles ne sont pas représentées dans les institutions politiques du pays (Parlement, Sénat, Gouvernement, Conseils nationaux, etc.).
Pourtant, nous savons que c’est au sein de ces institutions que se joue l’avenir du pays et des hommes. La représentativité d’un groupe au sein de ces institutions lui permet d’influencer la prise des décisions. Cela n’est plus étonnant que les différentes lois et conventions trainent à être adoptées ou ratifiées.
Par rapport aux pays membres de la Communauté Est Africaine, le Burundi est le dernier pays en matière de représentativité politique des personnes handicapées. Aujourd’hui, nous avons un bel exemple des quatre autres pays membres de l’EAC qui ont déjà ratifié la Convention Internationale des Droits des Personnes Handicapées (CIDPH) et ont des politiques internes de promotion des personnes handicapées. Rappelons que dans ces pays, les personnes handicapées sont représentées au sein des deux chambres du parlement de leur pays, ainsi que dans le parlement de la Communauté Est Africaine. Les personnes handicapées participants dans ces institutions sont cooptées parmi les personnes choisies par les personnes handicapées elles-mêmes.
La société burundaise se doit d’œuvrer en vue d’atteindre cette représentativité politique afin que les problèmes des personnes handicapées soient exprimés et défendus par les personnes handicapées elles-mêmes.
D. PROBLEME DE LEGISLATION EN RAPPORT AVEC LA PERSONNE HANDICAPEE
Les personnes handicapées du Burundi ne sont pas reconnues comme un groupe spécifique méritant une attention particulière. C’est ainsi qu’elles sont régies par une législation générale. Pourtant comme vu plus haut, au niveau international, il existe de nombreux instruments qui ont été adoptés par l’Assemblée générale des Nations-Unies et le Bureau International du Travail mais qui n’ont pas encore été ratifiés par le pays afin qu’ils soient intégrés dans la législation nationale.

Ainsi nous rappelons que le Burundi n’a pas encore ratifié la Convention internationale sur les droits des personnes handicapées. Au niveau interne, le projet de loi portant cadre organique des droits des personnes handicapées n’a pas encore été étudié par le Parlement.
La seule voie pour améliorer les conditions d’existence des personnes handicapées en toute dignité est que ces instruments internationaux et nationaux puissent être intégrés dans la législation nationale.
III. CONCLUSION ET APPROCHES DE SOLUTIONS
A. CONCLUSION
A l’issue de cette réflexion, nous avons essayé de relever les points saillants qui se dégagent ainsi que quelques propositions de solutions.
Au cours des âges, les personnes handicapées ont fait l’objet de rejet. Les Nations Unies se sont investies les premières à éradiquer cet état de chose en considérant que le handicap relève des droits de l’homme. Face au handicap, la société doit se montrer à la hauteur des valeurs qu’elle prône.
Le problème majeur qui handicapait la mise en place de ces valeurs et libertés fondamentales était en partie dû à l’invisibilité des personnes handicapées dans le passé. On tendait à les considérer comme des objets plutôt que comme des sujets à part entière.
Au niveau relationnel, des messages de sensibilisation de la communauté devraient être vulgarisés afin que celle-ci prenne conscience que la personne handicapée est une personne comme les autres au niveau de sa dignité et qu’il faut lui réserver toute l’attention nécessaire pour la bonne évolution de sa personne. Le handicap devrait être perçu comme un critère de différence qu’il faut exploiter positivement avec l’objectif d’intégrer la personne handicapée dans sa communauté.

Cette nouvelle perception du handicap conduira la personne handicapée au mieux-être étant donné que la communauté dans laquelle elle évolue est une communauté intégrative et par conséquent qui ne développe pas des complexes d’infériorité ni de supériorité.
La « discrimination positive » qui est pratiquée dans différents pays du monde devrait être aussi une réalité au Burundi. Par conséquent, elle est possible pour les personnes handicapées comme elle l’est pour les autres catégories. C’est à cette condition que les différentes pistes de solutions émises peuvent se mettre en application.
La Convention internationale des droits des personnes handicapées est un traité historique qui donne espoir pour la promotion des personnes handicapées.


  1. APPROCHES DE SOLUTIONS


Pour que les personnes handicapées entrent dans le développement humain durable et inclusif, voici quelques propositions de solutions qui peuvent conduire à des changements ainsi que les destinataires de celles-ci.
LE GOUVERNEMENT
B.1. Domaine politique et législation
1. Intégrer les personnes handicapées dans le processus de révision de la Constitution et de la loi électorale
2. Garantir la représentation des personnes handicapées dans les deux chambres du parlement et autres instances stratégiques de prise de décision. A ce sujet, il faut prévoir la cooptation des personnes handicapées comme c’est déjà prévu pour d’autres catégories comme les femmes et le batwa.
3. Ratifier la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées ;
4. Continuer le processus déjà engagé pour l’adoption du projet de loi portant cadre organique des droits des personnes handicapées par le Parlement et la promulguer;
6. Concevoir une politique nationale claire sur la promotion des droits des Personnes Handicapées ;
7. Mettre en place un conseil national sur le handicap
8. Adopter des normes permettant l’accessibilité globale des personnes handicapées.
B.2. Domaine de l’éducation
9. Mettre en place des mesures permettant aux enfants handicapés d’accéder à tous les échelons du système éducatif

B. 3. Domaine de la santé
10. Faciliter l’accès des personnes handicapées aux soins de santé par la gratuité des soins, la réadaptation et la formation des spécialistes en la matière;

B.4. Domaine socio-économique
11. Disponibiliser les moyens d’actions au Comité National de pilotage de la décennie africaine des personnes handicapées; 
12. Mettre en place une base de données sur les personnes handicapées, un état des lieux sur le handicap au Burundi ou faire le recensement des personnes handicapées en d’autres termes;
13. Améliorer davantage le financement des activités génératrices de revenus en faveur des organisations de personnes handicapées et les exonérer de la taxe pour permettre d’améliorer leurs revenus qui sont trop bas afin qu’elles se prennent en charge;
14. Appuyer les organisations de personnes handicapées par des subventions dans leurs initiatives globales de promotion des droits des personnes handicapées
17. Encourager par des mesures incitatives l’accès à l’emploi pour les personnes handicapées.
18. Prendre des mesures d’exonération fiscales, douanières et taxes portant sur les matériels des soins des personnes handicapés, de réadaptation, aides techniques à la marche, équipements d’adaptation pour les personnes avec déficiences sensorielles et véhicules lorsque c’est prouvé que c’est destiné à une personne handicapée.
LA COMMUNAUTE
1. La société et la famille doivent s’intéresser davantage aux problèmes des personnes handicapées, en rompant avec les attitudes négatives et les préjugés qui entravent leur intégration et leur épanouissement ;
LES ONG DONT LES ORGANISATIONS DE PERSONNES HANDICAPEES ET LES MEDIAS
1. Les associations et ONG œuvrant dans ce domaine doivent sensibiliser, informer les personnes handicapées sur leurs droits et leurs devoirs par la vulgarisation des lois existantes et doivent user de leurs compétences pour servir d’intermédiaire auprès du gouvernement, de la société civile et de toute la communauté aux fins de défendre, sauvegarder et promouvoir les droits des personnes handicapées;



2. Organiser en collaboration avec l’Etat et les autres ONG des mécanismes de suivi et d’évaluation de l’application des différents textes relatifs aux droits des personnes handicapées.
3. Former les professionnels des médias sur les questions du handicap et les encourager à mettre en œuvre des émissions de promotion des droits des personnes handicapées en leur donnant la parole.
TOUS LES INTERVENANTS
1. D’abord tous les intervenants doivent prendre les mesures voulues pour susciter une prise de conscience accrue des problèmes des personnes handicapées, de leurs droits, de leurs besoins, de leur potentiel et de leur contribution à la société;
2. Utiliser partout des messages inclusifs, c’est-à-dire tenant compte de l’existence et de l’accessibilité des personnes handicapées, notamment dans la sensibilisation sur les différents sujet qui intéressent la vie de tout citoyen.

Fait à Bujumbura, le 20 mai 2013

Pour l’UPHB Pour le RAPHB

Pierre Claver SEBEREGE BIZABIGOMBA Cassien

Représentant Légal Représentant Légal
Pour le RCPHB
NDAYIFUKAMIYE Emmanuel

Représentant légal




1 Banque Mondiale et Organisation Mondiale de la Santé, Rapport Mondial sur le Handicap, Juin 2011

2 Convention relative aux droits des personnes handicapées, Genève, 2006, art1.

3 Avant-projet de loi portant cadre organique des droits des personnes handicapées, avril 2004.




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