Vichy sous les Tropiques; La révolution nationale à Madagascar, en Guadeloupe, en Indochine, 1940-1944, Grasset, 2004








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Eric Jennings

Vichy sous les Tropiques ; La révolution nationale à Madagascar, en Guadeloupe, en Indochine, 1940-1944, Grasset, 2004

Jessica Kohn et Emmy-Lou Nicolaï
Introduction

De 1940 à 1944, l’empire est l’une des principales préoccupations de l’Etat français ; c’est l’apogée d’une forme de colonialisme fondée sur une conception essentialiste, primitiviste et paternaliste du colonisé. Virage extrémiste qui permet à la fois d’interpréter le régime de Vichy et de comprendre le processus de décolonisation.

 « En introduisant outre-mer une idéologie identitaire intégriste et surtout un colonialisme très dur, [les années noires] allaient directement ou indirectement alimenter les divers nationalismes à travers l’empire colonial français. » (p.10).

Idée reçue : pression nazie qui explique les actions coloniales françaises. En fait, 2 politiques :

  • Neutralité officielle pour ne pas heurter Anglais et Américains.

  • Lutte farouche contre toute incursion des Alliés dans l’empire.

 « Vichy a propagé outre-mer et de son propre gré une forme « pure » de sa Révolution nationale ultra-conservatrice. » (p.11). La situation se caractérise par une absence allemande.

  • Mesures déjà impopulaires durcies fortement (travail forcé à Madagascar ; répression des dissidents en Indochine ; quasi-retour à l’esclavage en Guadeloupe).

  • Traditions encouragées : « les fonctionnaires coloniaux de Vichy créaient ainsi, malgré eux, un contexte dans lequel leur propre idéologie réductrice, leur nostalgie folklorisante et leur discours identitaire finiraient par se retourner contre le projet impérial. » (p.13).

Vichy agite à l’inverse l’épouvantail du colonialisme républicain « assimilateur ».


L’avancée des Alliés dans les colonies

1940 : ralliements à de Gaulle [DG] au compte-gouttes.

Juillet 1941 : la Syrie tombe aux mains des Alliés.

8 Novembre 1942 : débarquement des Alliés en Afrique du Nord (Maroc).Vichy perd toutes les possessions d’Afrique.

Août 1943 : Vichy ne possède plus que l’Indochine.


La méthode d’étude de cas comparative permet d’analyser l’écart entre le discours (vichyste) et la pratique (dans les colonies) tout en ne se risquant pas à des conclusions qui émaneraient d’une simple conjoncture locale. Territoires qui dépendent du secrétariat d’Etat aux colonies et qui sont écartés des zones de conflit européen : initiative clairement vichyste, aucune pression allemande.





Intégration dans l’empire

Modèle politique

Chronologie vichyste

Conséquences nationalistes

Guadeloupe

Colonie française depuis L.XIV.

Citoyens à part entière : suffrage universel ; assemblées représentatives.

Vichyste jusqu’en juillet 1943.

Cherche des garanties de républicanisme.

Indochine

Colonisée depuis le Second Empire.

Monarchies locales encore en place, mais symboliques.

Vichyste même après l’été 1944.

Tournant nationaliste et communiste en 1941.

Madagascar

Colonisée en 1895.

Autoritarisme colonial qui peut s’inspirer de la monarchie merina.

Troupes GB dès septembre 1942.

Tournant nationaliste après 1940.


Chapitre 1 : l’Empire de Vichy en 1940 : une nouvelle vision coloniale

Un empire disputé

-Importance de l’empire colonial français en 1940 : pour Vichy, garantie pour la France contre l’Allemagne ; pour DG, gage de légitimité potentielle.

-Dans les faits, peu de colonies se rallient à la France libre de leur propre gré : attentisme, anglophobie et connivence avec l’idéologie vichyste (contre les « fausses idées » républicaines).

-Défaite de 1940 : prétexte pour introduire des projets explicitement inégalitaires. Ex : à Madagascar, sorte d’épuration des partisans de l’assimilation.

La leçon de 1870

Empire vu comme dernier bastion de véritable contrôle pour Vichy. Également terreau propice, éloigné de décadence de la IIIè République, pour mettre en œuvre valeurs nouvelles : symbolise la permanence de la grandeur de la France et sa capacité à se relever.

-La ville de Vichy depuis longtemps est la « capitale des colonies » (on y soigne le paludisme, donc on y trouve de vieux administrateurs coloniaux !).

Collaboration coloniale

-Autre visage de la collaboration : neutralité des colonies qui apportent des matières brutes à l’effort de guerre allemand.

-R. Paxton : « Pétain souhaitait la collaboration. Hitler le pillage » : exigences faramineuses des Allemands pour les ressources venues de l’Empire, alimentaires ou non.

Les administrateurs coloniaux et l’avènement de Vichy

-Jules Brévié, gouverneur réformateur de l’AOF entre 1930 et 1936, puis gouverneur général de l’Indochine sous le FP. Devient ensuite partisan convaincu de Vichy.

-Cas emblématique de continuité du personnel : changement de gouvernement comme une autre.

Une exportation possible de la Révolution nationale ?

-Certains ne veulent pas introduire la révolution nationale dans les colonies : P. Lyautey (le neveu de l’autre) ; J. Ducaud (administrateur de Madagascar) ; R. Poulain (journaliste au Temps).

-Risques de l’ultranationalisme et de la condamnation sans pitié du régime précédent. De plus, selon R. Poulain, inutile dans un espace qui est déjà rigide, raciste, et non démocratique.

Ne pas négliger que le mythe officiel de la Rp restait jusqu’alors une soupape de sécurité.

Cloner la Révolution nationale outre-mer

Malgré pénurie de personnel, ministère des Colonies avec :

  • H. Lémery : mulâtre martiniquais conservateur qui tient les gouverneurs coloniaux au courant des diverses réformes et lutte contre la France libre.

  • R-C Platon, de sept. 1940 à avril 1942, « fanatique et anglophobe ». Chasse au gaullisme et exportateur de la Révolution nationale (antisémitisme, antimaçonnisme, antiparlementarisme, culte du chef, exaltation de la terre et du passé).

Théories coloniales

- On tente d’identifier les forces de « l’anti-France », forcément différents des boucs émissaires pétainistes, peu présents (il y a bien des francs-maçons mais très peu de Juifs par exemple).

-On stigmatise donc un humanisme colonial républicain, représenté par le FP.

-Autour d’E. Drumont déjà, contre le coût des colonies, « lecture cynique, raciste, ségrégationniste, et ouvertement exploitatrice, de l’association » (p.43).

-Autour de R. Maunier et J. Paillard, assimilation des lois pétainistes par l’empire. J. Paillard recommande un système d’apartheid pour protéger la France de la dégénérescence apportée par la mixité et les minorités. Titre de citoyen français doit être restreint à la « race française ».

-1943-1944, durcissement de l’Etat français : proposition d’expulser les indigènes sujets français de France, pour éviter tout risque de « déracinement » : doctrine de l’authenticité absolue.
Chapitre 2 : les Français de Madagascar et la Révolution nationale

Madagascar à l’époque coloniale [avant la 2GM]

-Pays unifié et indépendant avant 1895, que la France déclare vouloir libérer de la tyrannie merina. Politique de castes imposé au schéma social merina complexe, distinguant les andriana (classe supérieure), des hova (classe moyenne) et des andevo (classe inférieure).

-Conquête difficile, mouvement rebelle menalamba qui met fin à un projet de protectorat.

-Gallieni et Lyautey : schéma d’assimilation ; abolition de l’esclavage en 1896 ; français comme langue officielle ; lutte contre les missionnaires. Mais aussi associationnisme pragmatique : Gallieni cherche à se revêtir du prestige et de la légitimité des anciens souverains malgaches.

-Excès colonialistes dénoncés par V. Augagneur (1905-1910) ; système scolaire efficace.

Madagascar pendant la 2GM

-1940 : 4M de Malgaches + 50 000 Européens et assimilés, dont 30 000 Français, 3000 étrangers européens et 17 000 « assimilés », pour la plupart Indiens et Chinois.

-Anglophilie, isolement de l’empire français, ancienne politique de réformes ; pourtant, administration choisit de proclamer son allégeance à Pétain à l’été 1940 : colons anglophobes et d’extrême-droite.

-Projet avorté d’en faire une colonie de peuplement pour les Juifs européens.

-Gouverneur socialiste M. de Coppet organise au début de la guerre le loyalisme militaire malgache. Panique à l’annonce de la défaite, de Coppet démissionne à la joie des coloniaux. Remplacé par L. Cayla, antisémite et pétainiste. Période de règlement de comptes.

-Sous Cayla puis A. Annet (1941), mesures de persécution des Juifs et des FM ; recrudescence du travail forcé ; introduction du culte de Pétain.

-Blocus de la GB dès juillet 40 : misère noire pour les Malgaches, prétexte de travail forcé. Importance stratégie : invasion des troupes britanniques sud et est-africaines en sept. 1942. Résistance vichyste tenace : « bien des colonisateurs étaient des vichystes avant la lettre » (p.61).

La décadence et les identités du colonisateur et du colonisé

-Peur de la décadence prend tout son sens aux colonies, où les coloniaux ont été perçus « comme des sortes de surhommes » (p.62). A l’abri physique de la défaite, peut aider à régénérer la France. Homme colonial sain, viril, et légitimé par la notion de supériorité raciale.

-Glorification pétainiste du sport contre l’indolence (de l’indigène), l’infertilité (de la 3Rp), et le laisser-aller (des tropiques).

La Révolution nationale et les colonisateurs

-Beaucoup des coloniaux (zanatany=Français de Madagascar) avaient déjà répudié la Rp et ses valeurs avant 1940 : cause de l’insolence des enseignants malgaches, de l’expansion du communisme ; du déclin de la productivité sous le FP avec la possibilité pour les indigènes de racheter les « corvées » demandées et donc de s’y soustraire.

-Idéologiquement, l’empire montre en quelque sorte l’exemple : Liberté/Egalité/Fraternité moins compatible avec le colonialisme que Travail/Famille/Patrie.

-Demande pour un régime de « Protection des Colons » : une part de l’initiative pétainiste revient aux autorités locales. Ex : Annet propose à l’amiral Platon de faire signer aux fonctionnaires un formulaire où ceux-ci jurent n’avoir jamais appartenu à une loge maçonnique (nov. 1941).

-Culte du Maréchal omniprésent : fonctionnaires, Eglises, écoles, villes. Ex : boulevards de la Rp deviennent boulevards du Maréchal Pétain à Tamatave et Antalaha.

-Rejet violent du pluralisme ; présumés gaullistes aussitôt mis en détention ; chasse aux sorcières : émane d’abord des ordres de Vichy, puis enthousiasme manifeste des colons et des administrateurs. Ainsi, statut des Juifs étendu aux colonies en mars 1941 : il y en a 26 à Madagascar, mais ils sont persécutés. Quant aux FM, ils sont décrétés ennemis endémiques de l’île : vengeance de la majorité catho conservatrice sur la minorité protestante et de libres penseurs.

-La Légion française des combattants [LFC] devient, comme ailleurs, un pilier du régime : appareil d’Etat en nov. 1941, avec un tribunal, une organisation de jeunesse, des commissions économiques et sociales : nouvelle charte de travail. Corporations en ville ; conseils de village (fokonolona) pour rétablir la tradition dans les régions rurales. Réglementation des activités des étrangers. Hiérarchie naturelle des professions : supériorité des commerçants européens.

Des ultras dans la brousse

-Lieutenant Gresset débarque en juillet 1941, très populaire auprès du milieu militaire, fomente avec celui-ci un coup d’Etat. Déjoué parce qu’il s’agit d’un imposteur non mandaté par Pétain.

-Royalistes au sein de la LFC, comme G. Brunet.

L’épuration

-Les britanniques interdisent la LFC en dec. 1942 ; mais l’idéologie pétainiste reste bien enracinée.
Chapitre 3 : Travail, Famille, Patrie pour les Malgaches

-Jusqu’à la 2GM, clivage entre naturalisation des Malgaches/renforcement des hiérarchies.

-PC comme élite séduits par l’idéal de l’assimilation ; admin coloniale préfère l’association.

-Efforts du FP : citoyenneté pour les Malgaches démontrant une « assimilation complète », autant dire très peu de monde. En 1939, élections d’un représentant malgache au conseil supérieur de la France d’outre-mer : 19 000 Malgaches ont le droit de vote. Evolution très lente.


Soavinandriana : chef de district hargneux A. Costantini : retour à un colonialisme intransigeant, surtout contre les Merina. Veut retribaliser les Malgaches : retour fokonolona et vêtement lamba traditionnel. Persécution sans relâche des notables malgaches, qui va de l’emprisonnement au travail forcé.


« Transformer l’indigène » : le rejet de l’assimilation

-Programme qui veut accroître la production industrielle et agricole (blocus GB) ; inculquer les valeurs du retour à la terre ; ruraliser et à déseuropéaniser les Malgaches.

-Ecoles classiques deviennent écoles-fermes et ateliers ; jeunesses maréchalistes.

Pétain comme Ray Aman-Dreny : le greffe de la Révolution nationale sur la culture malgache

-Nouvelle identité malgache à partir du règne idéalisé d’Andrianampoininera : hiérarchie sociale, rituels et tributs au chef, travail forcé. Concordance entre Rv nationale et culture malgache.

-Ray aman-dreny, « père et mère » désignerait les chefs des Malgaches comme le Maréchal lui-même (ni roi, ni dictateur donc). L’administration utilise également des rituels malgaches, comme la santa-bary : l’offrande de la première gerbe de riz au chef de la colonie.

Le travail forcé

-Il existait déjà à Madagascar, mais devient un des principaux piliers de l’économie sous Vichy.

-Annet réforme les pratiques en laissant aux fokolonona le soin d’élaborer leurs listes d’ouvriers.

« Accommodement » et Résistance

-Une minorité de Malgaches est séduite par le traditionalisme vichyste, comme les catholiques heureux de la répudiation du sécularisme officiel.

-Mais Malgaches exclus des Volontaires de la LFC : participation au régime par avance réduite.

-Répression avec vigueur de toute opposition, qui s’organise avant tout autour du travail forcé. Culture politique dissidente riche : le cinéma Rex de Majunga doit fermer, car les spectateurs profitent de l’obscurité pour exprimer leur rejet du régime.
Chapitre 4 : Guadeloupe : la République démantelée

-1940, administration vichyste : perte du statut de citoyens. Politique réactionnaire qui se heurte à un sursaut républicain : rare exemple d’une colonie gaulliste grâce à un sursaut populaire local.

-Avant la guerre, encore en situation coloniale (pas des départements) mais élite de couleur : imaginaire colonial d’une Guadeloupe « évoluée », qui revendique l’assimilation.

-Cyclone de 1928 + crash boursier et grèves de 1929-30 + monoculture sucrière qui ne réussit pas à se diversifier : fortes inégalités sociales, radicalisation de la politique (PC contre ex-droite).

-FP, gouverneur général F. Eboué : semaine de 40h, congés payés.

Un coup d’Etat discret

-Constant Sorin, gouverneur de l’île plutôt à gauche, opte pour Vichy, poussé en ce sens par l’amiral Robert (puis Haut-Commissaire de la République aux Antilles et Guyane en septembre 39) et son acolyte, l’amiral Rouyer : la force navale possède l’or de la banque de France.

-Conseil général dissout après avoir tenté de rallier la France libre (cf. encadré sur Valentino).

-Programme politique : introduire la Rv nationale aux Antilles sans révolte de la population. Mais ne réussit jamais à séduire la population de couleur.

La République démembrée

-Symboles extérieurs de l’ordre nouveau et réformes anéantissant les institutions républicaines.

-Révocation en masse des maires, désormais nommés par le Gouverneur.

Réformes judiciaires et constitutionnelles

-Peuple de couleur incapable de rendre justice : jurys réduits de 12 à 4, et seulement notables.

-Introduction d’images catholiques dans les lieux publics (référendum des maires nommés).

Les boucs émissaires de l’ordre nouveau

-Les Juifs : recensés et exclus. Sorin refuse le projet d’envoyer aux Antilles les Juifs de métropole.

-Les FM : interdits de poste dans l’administration, confine au règlement de comptes.

-Les femmes : Sorin adopte les lois relatives au travail, qui favorisent les femmes au foyer.

-Les Libanais et les Syriens : interdiction du colportage et du petit commerce leur est défavorable. Rétorsion qui a lieu dans tout l’empire après que les Alliés ont pris les 2 pays en avril 1941.

Les fondements de l’ordre nouveau

-Sorin cherche à surimposer la Rv nationale à une culture supposée catholique et conservatrice.

-Alliance entre le clergé et la LFC ; corporatisme comme structure économique de l’avenir.

Grande différence avec les autres colonies : présence et tentative d’éradication d’un héritage républicain tenace, plutôt que durcissement de pratiques antérieures.
Chapitre 5 : la société guadeloupéenne sous Vichy

Blocus, survie et autarcie

-Dimension rurale de l’effort guadeloupéen, pour répondre au blocus de GB puis des EU.

-Disette évitée, mais conditions matérielles difficiles, qui frôlent l’économie de survie.

-La France dépend entièrement du sucre des Antilles (sucre de betterave absorbé par le Reich) : L’Etat français cherche à établir une communion avec la mère patrie souffrante.

Décadence et régénérescence

-L’alcoolique est le signe de la dégénérescence aux Antilles, associées au rhum : contrôle des débits de boisson, taxes sur l’alcool augmentées.

Urbanisme et esthétique de l’ordre nouveau

-Projets urbains après le cyclone, qui glissent sous Vichy vers une campagne d’embellissement et d’assainissement visuel et moral ; idéalisation du village comme cellule fondamentale.

-Recherche de l’apparence soignée, et répugnance envers la « case » et son toit de tôle.

« Accommodement »

-Il ne faut pas poser la question de la coopération ou de la résistance en termes raciaux : Gratien Candace, ancien député de Guadeloupe, est vichyste, et Pétain le nomme conseiller national.

-Certains peuvent profiter du nouveau régime : système de délations. H. Thomasset, de Haïti, surnommé le « Laval de la Guadeloupe », agent de propagande anglophone à la radio de Vichy.

-Fidélité à Vichy mais surtout à l’armée : refuse de saborder flotte en 43 comme le demandait LAVAL. Pas de collaborationnisme convaincu : mesures antisémites ne donnent lieu à aucune répression. Opposants internés et emprisonnés, mais jamais exécutés. Censure hésitante contre revues comme celle d’Aimé CESAIRE, Tropiques, jusqu’en 43.

Résistance

-Va de pratiques d’opposition quotidiennes au départ vers les îles anglaises (2000 en Dominique).

-Appareil policier : contrôle du courrier, création de « camps d’internement » (îles du Salut en Guyane, fort Napoléon aux Saintes, « camp Balata » à Fort-de-France). Interdit le carnaval, les combats de coqs. Soutenu par milieux très conservateurs békés, catholiques, anciens combattants.


La dissidence : Affaire Valentino en juillet 40 : l’élu dénonce la politique pétainiste. Condamné à six mois de prison mais acquitté par le tribunal militaire, ROBERT ordonne quand même son internement : désir de contrôle.

  • Mars 43 : Libération Guyane

  • Avril 43 : Mutinerie des marins de la Jeanne d’Arc

  • Avril-Juin 43 : Émeutes en Guadeloupe. Mort de S. Balguy, 17 ans, le 2 mai à Basse-Terre enflamme la résistance ; démission du conseil municipal ; 18 juin ; manifestation que police et armée refusent de disperser.

  • 29 juin 43 : ROBERT et SORIN renversés par une mutinerie de 3eme compagnie du « camp Balata »

  • 14 juillet : Henri HOPPENOT, représentant des Français libres débarque en Martinique, ROBERT et SORTIN partent en exil à Porto-Rico

  • 15 juillet : Libération totale de Guadeloupe

  • Constitution de bataillons antillais qui rallient les champs de bataille européens et africains




-Exclus des instances de la Résistance, par crainte que le CNR ne serve de plate-forme pour des revendications indépendantistes (P. Giacobbi : ils ont combattu Vichy et non l’Allemagne).

Le rétablissement de la République

-Lois de Vichy abrogées, suffrage universel rétabli (féminin en 1946). Dissidents relâchés.

-Responsables vichystes, comme Sorin, jamais traduits en justice ; pas d’épuration.

-Deviennent des départements en 1946 (« récompense » pour leurs efforts). 1949 : V. Schœlcher et F. Eboué introduits ensemble au Panthéon. Mais une forme de nostalgie pour Sorin demeure.
Chapitre 6 : adapter la révolution nationale à l’Indochine

Orientations historiographiques

-Impact de Vichy négligé, au profit de recherches sur la « période japonaise », alors que presque toutes les activités officielles sont aux mains du Gouverneur Decoux.

L’Indochine française

-Invention coloniale du 2nd Empire jamais assimilatrice, et toujours autoritaire. Répressions contre des révoltes à Yen Bay et les soviets de Nge Tinh en 1930-31 : militarisation.

-FP : ouverture du dialogue politique, mais reste assez superficiel : syndicalisme toujours interdit.

-Politique de Vichy reprend une orientation qui consiste à renforcer les notables conservateurs tout en attaquant de plein fouet les militants révolutionnaires.

La guerre aux portes de l’Indochine

-G. Cartroux ne résiste pas aux attaques japonaises : remplacé par Decoux, vichyste. Conciliation : souveraineté française, mais stationnement et passage de troupes japonaises.

-Présence d’une force japonaise victorieuse sape la notion de supériorité raciale européenne.

-Conséquences des restrictions dues à la guerre particulièrement meurtrières : famine qui touche la population en 1945 (troupes japonaises s’accaparent les stocks de riz ; mauvaise distribution).

-Malgré tout, alliance entre « colonialistes français et fascistes japonais » (Ho Chi Minh) : stabilité d’un pays finalement considéré comme tenu fermement.

Partisans et victimes de la Révolution nationale

-La majorité des colons français est ralliée aux valeurs pétainistes. Epuration des Juifs, FM et Gaullistes : Européens pour la 1ère fois soumis à des persécutions et à des peines dures.

-Decoux contesté pour sa modération par certains colons : frange fanatique.

-Rôle primordial de la LFC, lien directe avec la métropole et temple voué au culte du Maréchal. Les Indochinois en sont exclus, et les Européens pratiquement enrôlés de force.

Pétain héritier de Confucius : la Révolution nationale et les cultures indochinoises

-Tradition annamite comparée à la tradition française. Idées de perfectionnement individuel, de hiérarchie et d’organisation de la famille.

-Emane de Decoux, mais des élites indochinoises sont séduites par ces tendances traditionnalistes, essentialistes et anti assimilatrices. Réinvention des identités vietnamiennes ou laotiennes.

-Finit par servir les causes nationalistes, d’autant que s’accompagne d’un dénigrement de la Rp : Les Vietnamiens sont arrivés à leur propre Rv nationale avant d’être pervertis par le modèle républicain français. Réévaluation de l’héritage indochinois : Ho Chi Min allie PC et nationalisme.
Chapitre 7 : vers une Indochine nouvelle

Répression

-Répression contre les rebelles communistes si violente que même Platon incite Decoux à la clémence, mais celui-ci n’en tient pas compte. 108 exécutions de l’armistice à juin 41.

Le nouvel ordre social et le retour aux traditions

-Alterne répression des communistes et cour aux traditionnalistes pour un nouvel ordre social.

-Platon réprouve certaines initiatives (comme ouvrir des postes de fonctionnaires hauts placés aux Indochinois), mais Decoux tient ferme (finalement appliqué en 1942).

-Conflit socio-idéologique : mandarins ont trop de pouvoir pour PC, pas assez pour traditionnalistes. Ils muent de boucs émissaires de la 3e RP, à l’incarnation locale du traditionalisme.

Retour à la terre et « Restauration de l’autorité »

-Rizière épargnée par l’industrialisation mêlée au culte de la terre.

-Prétend enrayer la désertion des campagnes. Pouvoir des magnats locaux augmenté : réforme quasi seigneuriale, où la désignation est privilégiée à l’élection, même de pure forme.

L’Indochine fédérale

-Fédéralisme au sens de revenir à des provinces (les 5 pays) : Indochine mythique.

-Contre le panasiatisme japonais, fascination pour l’histoire annamito-tonkinoise (vietnamienne), cambodgienne et laotienne.

Rejet de l’assimilation

-Refus des changements de nom ; définition stricte de l’Asiatique (qui n’est pas issu de 2 grands-parents européens). Decoux crée un formulaire d’identité raciale dans les administrations.

Pour la première fois, la citoyenneté est officiellement associée avec la race.

Diriger l’opinion publique

-Propagande de la France libre fortement sur la défensive : se censure sur les questions politiques.

Une Indochine régénérée : la jeunesse de Vichy et les mouvements sportifs

-Fascination pour le programme de régénération physique et morale : 600 000 participants.

-Ecole des garçons vichystes à Phan Tiet, qui prépare à enseigner le sport. Egalement rééducation à l’authenticité : on apprend autant la Marseillaise que les hymnes des « petites patries ».

Explique peut-être la séparation par la suite de l’Indochine en 3 pays indépendants.

-Evènements sportifs, comme des matchs de football de l’Annam contre le Tonkin (1941).

-Camps d’été pour enfants indochinois : entraînement physique, patriotique, olympique, et curriculum spécial, pour la renaissance des cultures khmère, vietnamienne et laotienne.

-Camps de jeunesse spéciaux pour les filles : enseignement ménager, hygiène, et éducation physique dans la mesure où elle favorise la fertilité.

C’est sous Vichy que la culture physique se met à faire partie intégrante de la journée de travail vietnamienne (après-guerre, toujours goût de l’exercice avant et après le travail – aussi Viet Minh).

L’héritage de Vichy

-Coup d’état japonais du 9 mars 1945 efface en surface tous les signes de présence de Vichy.

-Mais l’endoctrinement pétainiste est tellement fort que l’hymne de l’ « Appel à la jeunesse » devient celui du Sud-Vietnam. Chantiers de jeunesse convertis en camps viet minh.

Vichy aide à créer une génération de jeunes Vietnamiens embrigadés, martiaux et disciplinés, qui se dirigent soit vers le PC, soit vers l’ultranationalisme.
Chapitre 8 : la fête pétainiste : mise en scène sous les Tropiques de la devise « Travail, Famille, Patrie »

-Après la défaite de 1940, nouveau vecteur de propagande, de la métropole vers les colonies. Il s’agit de « narrer le pétainisme à l’empire » (p.275).

-Création de célébrations d’unité, avec un calendrier et un panthéon nouveaux. Inversement, occultation des rappels « encombrants » de la Rp : 11 nov. comme 14 juillet : jours de deuil.

Travail

-1er mai, nouvelle Fête du Travail : exaltation du travail manuel et corporatiste.

-En Indochine, marqué par des cérémonies religieuses et dépouillé de toute revendication. Grand rassemblement plus que fête, recueillement en l’honneur du Maréchal : solennel et enrégimenté.

-A Madagascar, splendides défilés en 1942 : apothéose symbolique à l’arrivée des troupes de GB. A la fois défense du corporatisme et du travail forcé.

-Guadeloupe, fête détournée par le gouvernement et l’Eglise : messe solennelle. Non plus récompense des ouvriers, mais des paysans et des artisans. Pas férié en 1942 sous prétexte du blocus, malgré des messes. 1er mai 1943 est le début de la résistance des ouvriers du sucre à Port-Louis.

Famille (coloniale)

-Fête de la légion qui célèbre la fondation de la LFC le 29 août 1940.

-1941 : flamme du soldat inconnu envoyée en métropole, Afrique Nord et AOF : unité de l’empire et de la métropole.

-1942 : chaque section prélève une poignée de terre, récoltées et envoyées sur le plateau de Gergovie. Assimilation des sols et non des sangs. Une partie de ces terres doit être touchée par Pétain : qualités thaumaturgiques du nouveau chef.

Patrie

-Fête de Jeanne d’Arc du 10 et 11 mai. De germanophobe, elle devient une figure anglophobe, associée à Pétain et à une France catholique régénérée, jeune et vigoureuse, et xénophobe.

-Célébrée la plus largement en Indochine. Manifestation monstre, mystère médiéval mis en scène. Association aux sœurs Trung expulsant les Chinois au 1er s ap. JC. Croissance jusqu’en 1944.

-Guadeloupe, sous le signe de la jeunesse, de l’unité nationale et de la tradition locale. Mais plus distant que le culte aux morts, parce que spécifiquement métropolitain. Prend encore plus d’importance anglophobe en 1942, avec attaques GB + prise de Madagascar : pas de bals.

-Madagascar : cérémonies religieuses.

L
Enthousiasme réel pour la tournée en Algérie de Jean BOROTRA, long périple de trois semaines qui amène délégation de 150 athlètes métropolitains en juillet 1941 : lui-même vainqueur Coupe Davis en 27. Note préparatoire : « le but essentiel est de rassembler une masse d’associations disciplinées et ordonnées dans lesquelles s’incarne la volonté de redressement national de la France ». 30 journalistes suivent tournée, dont 5 locaux, et public est au rendez-vous, à Oran, Alger, Constantine, Bône. Champions écrasent les équipes locales. Au stade d’Alger a lieu « l’apothéose du 29 avril », où les athlètes prêtent serment : « Je promets sur l’honneur de pratiquer le sport avec désintéressement, discipline et loyauté pour devenir meilleur et servir ma patrie. »
’envers du décor


Véritable influence des propagandes totalitaires : thématique unitaire et processus d’exclusions : Parti Populaire Français (PPF) réagit à présence du nageur Alfred NAKKACHE dans la tournée Borotra ; renouvellement serment légionnaire est l’occasion de dénoncer « le judaïsme apatride », et la Légion d’Algérie, contrevenant à législation métropolitaine, a exclu ses membres juifs.

Conclusion : soleil couchant sur l’empire de Vichy

-Peut-être la seule forme d’autorité vichyste pure, non entravée par la présence allemande.

-La plupart des réformes ont lieu sous le ministère Platon : invention et production à grande échelle d’un folklore « authentique » et introduction de pratiques coloniales inflexibles.

-Censé profiter à l’autorité coloniale, mais pouvoir raciste : « La Révolution nationale agit comme déclic pour mettre en mouvement […] le pouvoir imaginaire du nationalisme » (p.308).

-A Madagascar, reconnaissance du pouvoir merina ; en Indochine, autorité des mandarins, authenticité et renaissance nationale qui sont autant d’armes pour les nationalistes ; en Guadeloupe, renforce la légitimité de la Rp, et des modèles de différence identitaire, comme la « négritude ».
L’Empire colonial sous Vichy, J. CANTIER et E. JENNINGS (dir.)
L’encadrement des populations locales : les moyens de propagande
Un enjeu essentiel : Vichy et les jeunes dans l’Empire français par J. CANTIER

A la recherche de la « Jeunesse d’Empire » : une réalité sociale à définir

Pour Vichy, rv démographique (Maghreb, Indochine) : effets heureux de la présence française. Mais hétérogénéité du milieu colonial : difficile de mettre en place une pol. de la jeunesse.

Accès à éducation fait la différence : dans vieilles colonies, mêmes programmes qu’en France et certaine assimilation malgré classes surchargées (75 à 100 élèves dans 30’s), avec taux de scolarisation primaire à 80% en 45. EN AOF, forte hiérarchisation des structures et des contenus pédagogiques : en 39, slt 71 245 élèves dont 6500 filles dans 362 écoles publiques, plus 12 281 élèves de missionnaires. Tension assimilation/affirmation importante chez étudiants noirs en métropole : L’Étudiant noir en 35, revue fondée par SENGHOR, puis Cahier d’un retour au pays natal de CESAIRE en 39, subversion langue du colonisateur pour exprimer révolte du colonisé. En Indochine également : essor du qûoc ngu, transcription du vietnamien en caractères latins.

Essor du sport, vu comme moyen de conserver forces de l’Empire : rugby à Madagascar, football en Algérie dans 20’s avec la création de clubs monocommunautaires aux noms musulmans.

Une jeunesse pour la Révolution nationale : le dispositif d’encadrement vichyste

En AOF, décret de 42 : Africains doivent revenir dans leurs familles après quatre années d’études élémentaires. En Algérie, G. HARDY réimplante les centres ruraux d’éducation, supprimés en 14 : programmes simplifiés dispensés par « auxiliaires sans statuts » de niveau brevet élémentaire.

Politique d’encadrement des jeunes mise en place simultanément en métropole et en Algérie, notamment chantiers de jeunesse, expérimentalement étendus aux jeunes musulmans. À l’automne 40, naissance des Compagnons de France en Algérie qui connaissent un certain développement. En AOF, création du mouvement des Gardes d’Empire pour les écoliers de 10 à 13 ans de Dakar et des chefs lieux. Création d’écoles visant à former les cadres de ces structures de jeunesse : en Algérie, l’école El Riath, créée en mars 41, reçoit un millier de stagiaires en septembre.

L’impact d’une politique : les réactions de la jeunesse

Un noyau pétainiste existe dans chaque organisation de jeunesse, comme dans l’Association générale des étudiants d’Algérie, qui exige le numerus clausus pour les étudiants juifs. 14 000 jeunes Européens et 2 200 jeunes musulmans sont Cadets et Cadettes de la Légion (11-14 ans) : engagement favorisé par l’effet d’entraînement de la communauté européenne en Algérie. Pour la majorité des autres jeunes, accommodement.

Certains groupes utilisent minces espaces de liberté pour user du discours pétainiste en leur faveur : Fédération du scoutisme musulman algérien créée par Mohamed BOURAS : est fusillé en mai 41 pour trahison, lui qui était employé à l’Amirauté, et aura de martyr se développe. Mouvement demeure, et inquiète notamment par ses chants : « Le peuple algérien est musulman, sa généalogie est arabe ». Vichy a enclenché le « retournement intérieur » d’une partie des jeunes indigènes, comme en témoigne la présence de scouts en tête du défilé de Sétif en mai 45.
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