«Flandres» l'âme Grand prix à Cannes, le quatrième film convulsif de Bruno Dumont entrechoque l'amour et la guerre








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date de publication10.08.2018
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«Flandres» l'âme Grand prix à Cannes, le quatrième film convulsif de Bruno Dumont entrechoque l'amour et la guerre.


Il s'est passé à Cannes, avec le film de Bruno Dumont, un phénomène critique qui nous a tenu lieu de miroir du moment présent. Flandres , du haut de son impressionnante heure et demie, et du malaise qui s'en dégageait, ne donnait jamais le signe de vouloir être aimé. A la séduction, il préférait la confrontation, la violence implacable, surtendue.
Doute. D'aucuns ont parlé alors de provocation. Mais Flandres , par là, nous faisait du bien. En même temps, bien sûr, il ne pouvait que diviser intérieurement : impossible d'être entièrement avec le film, mais aussi impossible d'en sortir, sinon en morceaux. Stylistiquement, Dumont n'a jamais été aussi solide, aussi maître (en 35 mm, partie Flandres glacées, comme en 16 mm, partie guerre brûlante). Mais cette puissance dans le trait ne travaille qu'à approfondir un doute général : l'homme comme grand embourbé. Qu'il s'appelle Demester, fermier amoureux, mi-ours mi-nounours, ou Barbe, fille et femme, qui voit partir d'un coup Blondel, son amant, et Demester, son ami épris d'elle, à la guerre. Une guerre sans nom. A la fois passée (Algérie ?), présente (Irak ?), et à venir. Une guerre sans loi, sans morale. Dans la boue des Flandres, l'humanité s'enfonce. Dans le sable du désert, elle implose.

On pouvait s'attendre à ce que le film naisse de l'échec du précédent, 29 Palms , projet américain sexy et aéré, qui, sur le papier, avait tout pour exciter la critique comme le public et qui, au finale, n'avait plu à personne. Bruno Dumont confirmera qu'il n'a jamais cessé d'interroger ses choix (la fin, en carnage révulsif, a été coupée in extremis avant Cannes).

A force, c'est Flandres tout entier qui est devenu un film sur le doute (Dumont, toujours aussi drôle, préfère dire un film «sur l'amour» avec un fond de tragédie exacerbée). Que ceux qui le rejettent le trouvent «douteux» est l'ironie suprême de l'affaire. Ceux qui l'acceptent, en revanche, devront apprendre à perdre toute certitude.
Panique. Le titre est le premier piège, il sent trop fort la terre et cette vieille lune naturaliste pour ne pas être aussitôt démenti : rien n'est juste dans la représentation, volontairement, puisque tout est injuste chez Dumont. Et la guerre ? Elle ne peut être qu'essentielle, c'est-à-dire réduite à quelques symboles à partir de quoi on la reconnaît comme élément panique.

A la façon de l'installation de la photographe Sophie Ristelhueber, que l'on a pu voir cette année à Arles, rassemblant et retouchant numériquement des clichés pris par des reporters, représentant des trous d'obus sur des routes supposées irakiennes, la mise en scène de Bruno Dumont se tient bord cadre entre le réel et la fiction. Gommer l'information pour approcher plus encore le réel de la pulsation qui l'habite. Le but du réalisateur reste d'atteindre ce moment où il n'est plus possible de tenir une position, pour parler avec des mots de stratège. Mais Flandres est de toute façon un film en état de conflit orageux, contre le sens, contre le visible.

Le film a remporté le grand prix à Cannes. Il faut interpréter cette reconnaissance comme un excitant paradoxe : on attend de Bruno Dumont qu'il nous plonge dans une situation indésirable, qu'il attente à notre intégrité de spectateur qui, à la fois, réclame et craint le spectacle de la destruction.

C'est le rôle que l'inconscient collectif cinéphile lui a attribué. Qu'il nous dise le goût de ce merdier que l'on vit au quotidien, que l'on ne comprend toujours pas. A ce titre, guerre et amour ne peuvent que se confondre puisque le film les regarde d'égal à égal : deux catastrophes qui saccagent. Philippe Azoury

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