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4. Conflit entre la conception musulmane et la conception suisse de la loi


Dans les pays occidentaux de tradition chrétienne la loi est considérée comme une œuvre humaine, expression de la souveraineté du peuple. Cette conception résulte du fait que Jésus, contrairement à Moïse ou Mahomet, n'a exercé aucune fonction politique et s'intéressait peu au droit. Ceci est manifeste dans son attitude face à la femme adultère qu'il refusa de faire lapider (Jn 8:4-11). À celui qui lui demandait de convaincre son frère à partager avec moi l'héritage, Jésus répondit: "Homme, qui m'a établi pour être votre juge ou régler vos partages?" (Lc 12:13-15). On rappellera aussi son abolition de la loi du talion (Mt 5:38-39).

À défaut de textes légaux en nombre suffisant dans le Nouveau Testament, les chrétiens se sont rabattus sur le droit romain. Le jurisconsulte Gaius (mort vers l'an 180) définit la loi comme étant "ce que le peuple prescrit et établit"35. C'est la base même du système démocratique moderne que nous connaissons aujourd'hui et qui prévaut en Suisse.

Il n'existe en Suisse, ni sondage, ni étude qui examine la position des différents milieux musulmans en Suisse face au droit suisse. Mais les prises de positions citées plus haut indiquent que leurs auteurs ne sont pas prêts à renoncer à leur conception musulmane de la loi36. Fawzia Al-Ashmawi, Professeur à l'Université de Genève, considère comme discriminatoire le fait d'appliquer à la population musulmane vivant en Suisse les normes du Code civil suisse en matière de mariage, de divorce et d'héritage37. Hani Ramadan, imam et directeur du Centre islamique de Genève, écrit dans un livre intitulé Articles sur l'islam et la barbarie:

[…] le monde ne pourrait être géré convenablement sans un recours sincère à la loi divine. L'islam signifie donc la soumission à Dieu: obéir à la loi [de Dieu] sans condition. "Il n'appartient pas à un croyant ou à une croyante de suivre leur propre choix lorsque Dieu et son Messager en ont décidé autrement; quiconque désobéit à Dieu et à son Messager s'égare de toute évidence" (Coran 33:36)38.

Hafid Ouardiri, ancien porte-parole de la Fondation culturelle islamique de Genève, explique:

Le musulman citoyen européen […] doit respecter les lois et servir sa patrie conformément aux exigences propres à la citoyenneté ... Mais voilà, pour le citoyen musulman pratiquant, au-dessus de sa citoyenneté culmine sa foi, avec ses lois, sa pratique, ses principes et ses valeurs ... Il se trouve donc confronté à un dilemme. La loi qui régit sa citoyenneté se trouve parfois en contradiction avec celle de sa foi. Est-ce l'islam qui est incompatible avec la citoyenneté européenne ou l'inverse? Pour le musulman, l'obstacle vient de l'étroitesse des lois de la laïcité et non le contraire. Face à cette situation, le citoyen musulman doit soit s'exposer à une fin de non-recevoir de la part du pouvoir et, au nom de la laïcité, vivre un islam réduit et incomplet par rapport aux prescriptions divines; soit revendiquer le droit à plus d'ouverture et de compréhension de la part du pouvoir politique. Il lui réclamera un champ politique, juridique et culturel plus large afin de pouvoir exprimer légalement et vivre les valeurs islamiques qui sont indispensables à sa foi39.

Tariq Ramadan écrit que le musulman doit non seulement accomplir les pratiques cultuelles (prière, jeûne, aumône légale et pèlerinage), mais aussi respecter les normes musulmanes concernant "le mariage, le divorce, les contrats, les ventes, etc. Dans ce domaine, chaque question doit être étudiée à la lumière à la fois des sources musulmanes et de l'environnement juridique, afin que nous trouvions un moyen de demeurer, autant que possible, fidèles aux enseignements musulmans tout en respectant les lois en vigueur. Cela ne signifie nullement que les musulmans, pas plus que n'importe quel autre être humain, devraient être contraints d'agir contre leur conscience"40. Reste cependant la question de savoir qu'est-ce qui est contre la conscience du musulman. Quoi qu'il en soit, on ne peut nier que le droit musulman entre en conflit avec le droit suisse sur de nombreuses questions dont nous donnons ici un échantillon.
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