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3.2. Exportation de la loi musulmane à l'étranger


Selon le droit musulman classique, les musulmans n'ont pas le droit de séjourner dans les pays non-musulmans, et ceux qui s'y trouvent doivent en émigrer, obligation prescrite par le Coran24 et par la Sunnah de Mahomet. Ibn-Rushd (d. 1126), imam de la Mosquée de Cordoue et grand-père d'Averroès, demande à l'autorité musulmane d'installer sur les routes des contrôles afin que personne ne puisse se rendre dans ce genre de pays25. En vertu de cette doctrine de la migration, les musulmans ont quitté les pays reconquis par les chrétiens, comme la Sicile et l'Andalousie pour se réfugier de l'autre côté de la Méditerranée26.

Au début de la colonisation occidentale, certains juristes et leaders musulmans ont appliqué à la lettre la règle musulmane de la migration. Un nombre non négligeable de musulmans a ainsi émigré d'Afrique du Nord pour la Turquie. En 1920, une grande vague de migration a eu lieu de l'Inde vers l'Afghanistan, après que la première ait été déclarée Terre de mécréance27. La majorité des musulmans fut cependant obligée de rester et ils durent s'adapter à une nouvelle réalité, et ce d'autant plus que les régimes coloniaux permirent aux musulmans de pratiquer librement leur religion, et de maintenir et d'appliquer leurs propres lois avec leurs propres tribunaux et leurs propres juges sur de nombreuses questions sociales, civiles et économiques28.

Aujourd'hui, avec la fin de la colonisation, se pose le problème inverse, celui de l'émigration des musulmans vers les pays non-musulmans qui les colonisaient auparavant. Des ouvrages modernes continuent à affirmer que les musulmans n'ont pas le droit de séjourner en pays de mécréance, sauf cas de nécessité, et à condition d'appliquer les normes islamiques et de convertir leurs habitants à l'islam29. Ces ouvrages s'opposent surtout à l'acquisition de la nationalité des pays mécréants par les musulmans30. Une fatwa saoudienne de 1982, concernant un imam algérien en France qui voulait savoir s'il pouvait acquérir la nationalité française, affirme: "Il n'est pas permis d'acquérir volontairement la nationalité d'un pays mécréant du fait que cela implique l'acceptation de ses normes, la soumission à ses lois, l'assujettissement et l'alliance avec ce pays"31.

Face à l'impossibilité d'interdire aux musulmans l'émigration vers les pays mécréants, Al-Jaza'iri, le prédicateur de la Mosquée du Prophète à Médine, préconise la création d'une commission de tous les pays musulmans dans le but de prendre des mesures visant à "empêcher les musulmans de se dissoudre dans les sociétés mécréantes et athées". Parmi ces mesures, la création d'un comité de trois savants religieux dans chaque pays d'immigration dont le but est de résoudre les conflits entre les immigrés, de conclure et de dissoudre leurs mariages, de partager leur héritage en conformité avec le droit musulman afin que les immigrés évitent de s'adresser à des tribunaux non-musulmans32.

Certains musulmans vivant dans les pays musulmans réclament, pour leurs coreligionnaires vivant dans les pays non-musulmans, l'application du droit musulman en matière du droit de famille de la même manière que les pays musulmans appliquent les droits religieux aux différentes communautés chrétiennes qui y vivent. Un professeur égyptien écrit à cet effet:

Les États non-musulmans, qui prétendent être les plus civilisés, ne réservent aux musulmans parmi leurs citoyens aucun traitement particulier dans les matières du droit de famille, du fait qu'elles entrent dans l'ordre public devant lequel tous sont égaux. Dans l'islam, par contre, les non-musulmans sont soumis, dans ces matières, aux normes de leurs lois. Quelle belle équité, celle de l'islam33.

L'application du droit musulman dans son intégralité comme l'entendent certains mouvements islamistes soulève de nombreuses objections dans les pays musulmans, et à plus forte raison dans les pays non-musulmans en raison des conflits qui existent entre ce droit et les droits de l'homme tels que définis dans les documents des Nations unies, voire même dans les constitutions de ces pays. Pour cette raison, la majorité des juristes musulmans actuels estime que tout retour à la loi islamique, aussi souhaitable soit-elle, doit se faire de façon progressive, par étape. Des savants religieux musulmans ont développé à cet effet la théorie des priorités34. C'est ce qu'on peut qualifier de la politique du saucissonnage.
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