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3. Raisons des revendications musulmanes


Les revendications des communautés musulmanes découlent principalement de leur conception de la loi.

3.1. Conception musulmane de la loi et conflits internes


On lit dans l'Ancien Testament:

Tout ce que je vous ordonne, vous le garderez et le pratiquerez, sans y ajouter ni en retrancher (Dt 13:1).

C'est une loi perpétuelle pour vos descendants, où que vous habitiez (Lv 23:14).

Invoquant ces versets, le philosophe et théologien juif Maïmonide (mort en 1204) écrit: "C'est une notion clairement explicitée dans la loi que cette dernière reste d'obligation éternelle et dans les siècles des siècles, sans être sujette à subir aucune variation, retranchement, ni complément". Celui qui prétendrait le contraire devrait être, selon Maïmonide, "mis à mort par strangulation"19. Cette conception juive de la loi se retrouve chez les musulmans. Le Coran dit:

La parole des croyants lorsqu'on les appelle vers Dieu et son envoyé, pour que celui-ci juge parmi eux, [consiste] à dire: "Nous avons écouté et avons obéi". Ceux-là sont ceux qui réussiront (24:51).

On amena à Mahomet un homme et une femme juifs qui avaient commis l'adultère. Il s'informa de la peine prévue dans l'Ancien Testament. Les juifs lui répondirent que l'Ancien Testament prévoie la lapidation (Lv 20:10; Dt 22:22-24) mais que leur communauté avait changé cette norme parce qu'on ne l'appliquait qu'aux pauvres. En lieu et place de cette peine, cette communauté avait décidé de noircir le visage des coupables au charbon, de les mener en procession et de les flageller, indépendamment de leur statut social. Mahomet refusa cette modification estimant qu'il était de son devoir de rétablir la norme de Dieu. Il récita alors le verset: "Ceux qui ne jugent pas d'après ce que Dieu a fait descendre, ceux-là sont les pervers" (5:47)20.

Les milieux religieux musulmans estiment que Dieu est le seul législateur. Khallaf écrit:

Les savants religieux musulmans reconnaissent unanimement que le Législateur suprême est Dieu. C'est lui qui est la source des prescriptions, qu'elles soient énoncées explicitement dans les textes révélés à ses prophètes et, notamment à Mahomet, ou que les savants religieux les en extraient ou les en déduisent par analogie21.

Les pays arabo-musulmans aujourd'hui appliquent le droit musulman dans des domaines limités: le droit de la famille et des successions et, pour certains, le pénal. Pour le reste, ces pays ont repris le droit occidental. Ce qui ne plait pas à ceux qui estiment que le droit musulman est un droit complet, parfait. Les tenants de cette conception réclament le retour au droit musulman, et le rejet de tout droit étranger, et expriment leur position à travers des projets de lois, des appels à la désobéissance civile des juges, des tentatives d'intimidation à l'égard des opposants ponctuées par des assassinats, des violences visant au renversement des régimes en place. Ce qui inquiète ces régimes, les défenseurs des droits de l'homme et les mouvements féministes. On ne sait d'ailleurs pas jusqu'où iront les islamistes, dont certains préconisent même le rétablissement de l'esclavage22.

La conception musulmane de la loi aboutit à une division religieuse de la société. Selon le Coran, Dieu a envoyé différents prophètes pour transmettre sa loi à l'humanité. Bien que Muhammad se considère comme le dernier de ces prophètes (33:40), il admet que les partisans de ces derniers, appelé Ahl al-kitab (Gens du Livre) ou Dhimmis (gens protégés), puissent vivre dans l'État musulman dans l'espoir de les convertir un jour à l'Islam. Il s'agit des juifs, des chrétiens, des sabéens et des zoroastriens (mages), auxquels on ajouta les samaritains (2:62; 9:29; 22:17). En attendant leur "conversion volontaire", l'État musulman leur permet d'appliquer leurs propres lois religieuses et d'avoir leurs propres juridictions (5:44 et 46). Ce système de la personnalité des lois persiste encore aujourd'hui dans certains pays arabes et s'applique notamment dans le domaine du droit de la famille et des successions.

Ce système peut paraître pour certains comme signe de tolérance et d'ouverture vers autrui. Mais on oublie qu'il crée des États dans l'État, fragilisant ce dernier, paralysant l'évolution du droit, créant des cloisonnements entre les communautés dans cette vie (en empêchant ou en limitant les mariages mixtes) et même dans les tombes (par des cimetières réservés), et instituant la discrimination religieuse et sexuelle. On peut donc dire que contrairement à l'avis de Giordano, ce système ne sert pas à intégrer les différentes communautés, mais à les désintégrer. Pour cette raison, la Turquie a procédé à l'abolition des tribunaux religieux et à l'adoption du Code civil suisse en 1926 en lieu et place des différentes lois religieuses. L'Égypte a tenté de réduire sa portée en abolissant en 1955 les tribunaux religieux, mais sans oser s'attaquer aux lois religieuses23.
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