Quelques détails sur M. et Mme de Hédouville








titreQuelques détails sur M. et Mme de Hédouville
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Modérer leur ardeur


Rancé, Sainteté… p. tome 1, 310 - Ce que la prédication est à l’apostolat, la confession de la foi de Jésus Christ au martyre, la pénitence l’est à la vie solitaire. Et comme l’apôtre est destiné de Dieu pour annoncer ses vérités, le martyr pour les défendre par l’effusion de son sang, le solitaire doit aussi les honorer et les soutenir par ses souffrances. Mais comme la pénitence d’un religieux tire son institution, sa force et son mérite de la pénitence de Jésus Christ, il faut aussi qu’elle en soit un retracement parfait, et une imitation fidèle, et quoi que selon l’apôtre, tous les chrétiens doivent le suivre dans ses souffrances, s’ils veulent le suivre dans sa gloire (Rm 3, 17), cependant c’est l’avantage et la prérogative des moines, c’est ce qui les regarde principalement dans la vie de Jésus Christ, c’est à eux préférablement aux autres hommes qu’il présente le calice de sa passion, et bien qu’il soit écrit que tous les pécheurs de la terre, c’est-à-dire tous les hommes, doivent y boire après lui (Ps 34, 9), néanmoins le partage des religieux, ou plutôt leur bonheur, est de souffrir pour Jésus Christ, comme Jésus Christ a souffert pour eux.

P. 313 - La pénitence d’un solitaire doit être intérieure et extérieure. Il faut que l’âme en soit affligée comme le corps et qu’il joigne à la mortification de l’esprit celle des sens, c’est-à-dire qu’il vive tout ensemble dans une sainte tristesse, dans une humiliation profonde et dans une austérité rigoureuse. Ainsi, vous ne vous tromperez point, mes frères, quand vous ferez consister la pénitence intérieure dans l’humiliation, la méditation de la mort, les jugements de Dieu et la componction et que vous considérerez la retraite, le silence, l’austérité dans la nourriture, le travail des mains, les veilles, la pauvreté, la patience dans les infirmités et dans les maladies, comme des vertus et des pratiques qui sont l’essence et le fond de la pénitence extérieure.

P. 314 - Par quel moyen un religieux peut-il vivre en son monastère dans la pratique des humiliations ? Ce sera par l’application d’un supérieur vigilant et charitable qui aura soin de l’exercer par des reproches, des répréhensions vives, des paroles piquantes, des confusions publiques, par des travaux, par des occupations ravalées et par tout ce qu’il estimera capable de contribuer à son abaissement.

Rglt tome 1, p. 43 - Histoire de l’établissement des religieux de la Trappe en Suisse -

Toutes les fois qu’il se présentait quelque occasion de parler au chapitre de l’austérité de la vie, le supérieur n’avait (44) qu’une chose à faire qui était de modérer leur zèle, car ils auraient été prêts d’y ajouter encore beaucoup, si cela leur avait été permis.

Tome 2, p. 157 - 4°- Lorsque le travail aura été plus long et plus pénible que de coutume, le supérieur, s’il le juge à propos, pourra faire augmenter le repas de quelques chose. Cette augmentation ne consistera qu’à donner ou une demi-livre de pain en plus, (…) ou à augmenter la quantité de la portion ou bien celle du dessert, mais jamais à ajouter un nouveau met aux autres, pas même un morceau de fromage.

La manière dont cette constitution a été faite parmi nous est trop remarquable et trop instructive pour nos descendants, pour la leur laisser ignorer. Comme dans les commencements de cet établissement les travaux ont été très considérables, puisqu’ils ont duré quelques fois jusqu’à quatorze heures, le R.P. voulut un jour faire ajouter au repas ordinaire, par esprit de discrétion, un peu de fromage, mais le zèle de tous les religieux pour la régularité et la mortification s’alarma de cette petite condescendance et quoiqu’ils fussent très touchés de l’indulgence et de la compassion que leur supérieur leur témoignait en cela, ils se réunirent pour le prier de ne jamais en suer ainsi, mais de se contenter de faire donner des portions plus fortes quand cela lui paraîtrait nécessaire.

Rglt tome 1, p. 59 - Histoire de l’établissement des religieux de la Trappe en Suisse - On lut ce chapitre RB 36 - Des frères malades - et voici ce qui fut décidé : Plusieurs religieux témoignèrent un grand désir que l’usage de la viande fût interdite entièrement, mais la prudence et la discrétion du supérieur l’ayant empêché d’y consentir, il fut statué, conformément au vœu unanime : 1°- Que l’usage en serait fort rare, et ne s’accorderait que dans des maladies graves et avec toutes les modifications prescrites par les Règlements de M. l’abbé de Rancé qui sont les mêmes que les nôtres à cet égard.

Archive de la Trappe, cote 55, pièce 69, note sur dom Eugène -

Dans son enthousiasme juvénile, le père Eugène Bonhomme, ancien novice de la Trappe qui avait rejoint le groupe des fondateurs par ses propres moyens, proposa au supérieur que les religieux manifestent leur reconnaissance à Dieu en décidant de ne manger que tous les deux jours. L’idée ne fut pas retenue. [cité par H. Laffay, p. 92]

Lettre de dom Urbain du 10 octobre 1796, pièce 19 -

Pour nous, nous sommes 21 y compris 6 enfants dont le sixième vient d’arriver tout à l’heure (c’est un pauvre exilé que notre vicaire vient de ramasser au milieu du chemin ne sçachant où aller). Comme nous sommes d’autant plus pauvres que nous avons employé tout ce que nous possédions à faire le bâtiment des religieuses qui est assez bon, et que nous n’avons même qu’une maison trop petite dont le toit de planches est tout pourri et laisse passer l’eau de tous côtés, sans que nous ayons le moyen de le refaire, manquant même de couvertures pour nous couvrir la nuit ou pour tout dire en peu de mots, manquant de toutes les choses nécessaires à la vie, tu nous feras plaisir si tu peux nous aider soit par toi-même ou par quelqu’âme charitable.

Que ce récit n’épouvante pas ces deux saintes filles [ses belles-sœurs religieuses, chassées par la révolution qu’il invite à entrer à Sembrancher]. Dieu soutient ceux qu’il appelle à un état si pénible et je puis t’assurer qu’il n’y a pas d’homme sur la terre aussi heureux que moi ; nul d’entre nous ne changerait son état pour un royaume. Plusieurs mêmes trouvent qu’il n’y a pas assez de pénitence. Je sçai que cela parait incroyable, mais mon cher frère, tu peus croire celui qui aimerait mieux mourir que de faire un petit mensonge. C’est l’œuvre de Dieu et non des hommes. Sçachant combien je suis incapable de tout, tu ne seras pas moins surpris de voir un pauvre imbécile comme moi, prêtre et supérieur. C’est encore là que paraît la puissance de Dieu, si j’avais été un brillant sujet, on aurait pu m’attribuer cette œuvre, mais elle est d’autant plus à Dieu que l’instrument dont il se sert est, comme le sçais, plus vil.

Dargnies p. [11] - L’austérité de la vie était alors portée au nec plus ultra des forces humaines. La maison des chartreux étant divisée par cellulles n’était guère propre aux exercices de l’Ordre de Cîteaux, les religieux selon les constitutions de cet Ordre devant être jours et nuits toujours réunis. On eut cependant pu, si on avait voulu, trouver deux à trois appartements sains pour en faire des dortoirs et il en serait encore resté suffisament pour les autres lieux réguliers. Mais non, pour affecter une plus grande mortification, au lieu de coucher dans les cellulles elles-mêmes, on couchait dans les souterrains dont l’humidité était telle que l’eau glacée autour des voûtes représentait des lustres que le moindre rayon de lumière faisait briller avec éclat. Les habits étaient faits d’une laine dure et piquante, plus grise que blanche.

La nourriture était presque rebutante. On ne mangeait que très peu de pain et quoi qu’ayant, dans la maison, un moulin, un four et un boulanger et qu’on put le manger bon, on le faisait exprès longtems avant de s’en servir afin de le manger, je ne dirai pas seulement moisi, mais presque pourri. En place de pain on donnait quelque fois un morceau de ces fromages nouveaux de rebut parce qu’ils gonflent. Et le plus souvent on ne les avait pas encore salé. D’autrefois c’était quelques poignées de petits quartiers de pommes ou de petites poires sèches. Et dans le tems des pommes de terre, on ne connaissait alors ni les pois, ni les fèves, ni les lentilles etc… Ces mets étaient uniquement réservés aux infirmes. Mais la communauté avait tous les jours, avec une soupe si mauvaise que les animeaux la rebutaient, une portion d’orge mal grué, à peine cuit, sans autre assaisonnement que l’eau et le sel.

Le lait étant alors très rare, on faisait du fromage pour vendre avec ce qu’on [12] en avait. et le petit lait pur était la portion du soir les jours où il était permis de faire deux repas. Si le jardin fournissait quelques légumes, on s’en servait pour faire la souppe et la portion avec d’autres herbes communes que l’on allait ramasser dans les prés mais on se faisait gloire de ne les pas éplucher. On les lavait à peine et la terre était une des principales bases de l’assaisonnement.

Les religieux et les novices, avides des humiliations ne se contentaient pas des pénitences mortifiantes qu’on leur donnait tous les jours au chapitre pour les moindres fautes mais on les voyait encore à toutes les heures du jour prosternés aux pieds des supérieurs pour s’accuser et demander encore de nouvelles pénitences qui leur étaient d’autant moins épargnées que l’on savait qu’ils les regardaient comme de bonnes fortunes. (…) Enfin l’austérité de la vie était aussi grande qu’il est possible de se l’imaginer.


Annexe 10
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