Quelques détails sur M. et Mme de Hédouville








titreQuelques détails sur M. et Mme de Hédouville
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Des voyages - P. 379 - Il ne fera aucune visite de pure cérémonie et évitera toutes les personnes avec lesquelles il pourrait avoir des entretiens et des communications inutiles, ne cherchant qu’à s’entretenir avec Dieu. Il ne s’informera jamais de nouvelles et se souviendra de ce qu’il est, un homme mort au monde, en un mot il se conduira avec tant de modestie et de retenue qu’il puisse édifier tous ceux avec lesquels il se trouvera, afin de ne pas donner à Jésus Christ le sujet de lui faire ce reproche et de lui dire : “Vous êtes cause par votre mauvaise conduite, que la sainteté de mon nom est déshonorée dans le monde”. Pour l’aider à se comporter ainsi on lui donnera ordinairement un compagnon et ils auront grand soin d’observer entre eux toutes les régularités qu’ils observaient au monastère, comme de ne pas parler pendant le temps où ils savent que leurs frères chantent l’office à la maison.

Des infirmes - P. 385 - Quoique la vie d’un moine soit une vie de souffrance et de travaux et qu’un solitaire ne doive point avoir de pensée plus ordinaire que celle de la mort à laquelle le conduit insensiblement la plus grande partie de ses exercices, néanmoins il ne faut pas qu’il laisse de découvrir ses infirmités corporelles à son supérieur avec autant de soin qu’il les doit cacher à tout autres… sans prétendre qu’il prévienne par ses soins la déclaration qu’ils sont obligés de lui en faire et demeureront ensuite en repos, se tenant dans une grande indifférence pour ce qui regarde les remèdes. (…) Il faut se souvenir qu’on s’est abandonné à la conduite invisible de Dieu en se soumettant à la conduite visible de son supérieur et qu’il n’est non plus permis à un religieux de se mettre en peine de ce qui le regarde pendant la maladie, que pendant qu’il est en santé.

• P. 387 - Nos pères se faisaient ordinairement saigner, quoiqu’en santé, quatre fois l’année. Mais comme les mœurs de notre temps sont fort éloignés de cette conduite, on se contentera de saigner ceux qui en ont besoin.

• P. 391 - Notre Père saint Bernard n’approuve pas que les religieux usent de médecines. On sait assez combien il en condamne l’usage dans plusieurs endroits de ses œuvres. Il les regardait comme peu convenable à la simplicité et à la modestie religieuses. “Votre vénérable abbé m’a demandé une chose que je ne trouve pas bonne. Or je crois qu’en cela j’ai l’esprit de Dieu et que le conseil que je vous donne vient de Dieu. Je sais que vous habitez dans un air malsain et que plusieurs d’entre vous sont infirmes, mais souvenez-vous de celui qui a dit : “Je me glorifierai dans mes infirmités, afin que la vertu de Jésus Christ habite en moi et lorsque je suis faible, c’est alors que je suis plus fort”. Je compatis certes, je compatis beaucoup à l’infirmité des corps, mais il faut encore plus craindre celle des âmes. C’est pourquoi il n’est pas expédient à votre salut de chercher des remèdes pour conserver la santé. On peut tolérer qu’on se serve quelques fois d’herbes communes et dont les pauvres peuvent user, mais il est indécent à la profession religieuse d’acheter des drogues, de rechercher les médecins et de prendre des breuvages de médecines. Cela est contrarie à la pureté, à l’honnêteté et à la simplicité de notre Ordre.” (Lettre 321, aux religieux de St-Anastase ou des Trois-Fontaines)

Cependant en considération des faibles, nous ne croyons pas devoir supprimer entièrement ce soulagement. Ainsi quand on croira ce remède absolument nécessaire à un religieux, on pourra le lui permettre, mais s’il était persuadé qu’il ne peut pas en user en conscience, il ne faudrait pas l’y forcer, à moins de quelques raisons particulières. Nos Pères ne s’en servaient point, à la vérité et c’est sans doute pour cela qu’il n’en est point parlé dans leurs Us. Mais puisque nos mœurs actuelles, ou plutôt notre lâcheté, ne nous permettant pas de suivre leur exemple, nous tâcherons néanmoins de nous rapprocher d’eux du plus près qu’il nous sera possible, en statuant qu’elles seront très rares, prises dans un véritable besoin et faites seulement de simples communes, telles que les pauvres peuvent facilement en avoir. On défend de les composer avec des drogues coûteuses ou qui viennent de fort loin, excepté en de certains cas où le R.P. jugera à propos de s’écarter des règles ordinaires.

• P. 394 - Lorsqu’un religieux aura été jugé assez malade par le R.P. Abbé pour devoir aller à l’infirmerie, avant de s’y rendre ou la première fois qu’il le verra, il viendra lui demander sa bénédiction. Jamais il n’en eut plus besoin car le temps de la maladie est un temps d’épreuves, un temps où l’on est exposé à bien des tentations, un temps enfin où il y a beaucoup à perdre et beaucoup à gagner.

La première chose que fera un religieux malade sera de purifier sa conscience par le sacrement de la pénitence et cela dès le premier ou le second jour. (…) Le temps qu’il passe à l’infirmerie est un temps de miséricorde et de grâce que Dieu ne lui accorde que pour se renouveler dans l’esprit de son état et se disposer plus particulièrement encore à ce grand passage du temps à l’éternité. […]

Les malades gardent rigoureusement le silence comme ils faisaient en santé. Ils peuvent parler avec l’infirmier mais seulement dans le lieu déterminée et cela encore brièvement, à voix basse et uniquement pour les choses nécessaires. […]

Ils ne se mêleront en aucune façon des remèdes qu’on devra leur donner. Ils n’en demanderont jamais aucun et ils paraîtront toujours contents de tout ce qu’on leur présentera. […]

Ils ne se chaufferont point pendant les offices sans une permission particulière du R.P. Abbé. Après complies, lorsqu’ils ont dit le Miserere, ils pourront se chauffer pendant un quart d’heure, s’ils ont froid, mais ils ne doivent pas y rester plus longtemps sans permission, c’est-à-dire qu’aussitôt qu’ils ont allumé le feu ils tournent le sablier et que, lorsqu’il est écoulé, ils couvrent le feu et se couchent. […]

Ils emploieront tous les intervalles à la lecture ou à la prière. Si cependant le travail était nécessaire à quelqu’un, comme pour lui servir de remède, on pourrait lui accorder, même dans ce temps-là, quelque occupation. Mais cela ne doit s’accorder que pour une véritable nécessité et on ne doit profiter de cette permission que suivant la manière dont elle a été accordée et seulement dans les temps pour lesquels elle a été accordée. […]

Les infirmes mangeront trois fois dans la journée, à l’exception des jeûnes d’Église où ils ne mangent que deux fois. […]

On leur donnera le mixte à la sortie du chapitre (le matin) On leur donne toujours pour le mixte une soupe. À dîner ou à souper on leur sert un potage, une portion et du dessert les jours où il est permis d’en donner à la communauté.

En général, leur nourriture ordinaire consistera en légumes, racines, herbes, laitages et œufs, que l’on apprêtera avec de l’huile, du beurre ou du lait, mais on ne leur servira jamais de poisson. On leur donne une livre de pain blanc par jour, savoir 8 onces à dîner et 4 onces pour le souper. On peut cependant leur en donner une plus grande quantité, si le R.P. Abbé le juge nécessaire, lorsqu’il y en a quelques uns à qui cela ne suffirait pas pour remettre leurs forces. Lorsqu’à dîner ils ont mangé tout leur pain, on leur donne à souper 4 onces de pain régulier en place de pain d’indulgence, outre la même quantité de pain des infirmes. Ils ont encore à chaque repas une quantité de boisson du poids de 12 onces environ.

Les jours de jeûne d’Église les infirmes ne prennent point le mixte et le soir ils font collation avec 4 onces de pain et quelques fruits cuits ou crus.

On ne mettra dans la nourriture d’autre distinction que celle que l’espèce de la maladie demandera. Ainsi un frère convers sera traité comme un des premiers religieux de la maison.

La saint Règle permettant l’usage de la viande, nous n’en interdirons pas non plus l’usage, mais on ne l’accordera que lorsqu’on aura enduré six ou sept accès de fièvre. On en usera autrement dans celles qui sont plus considérables et dans les fièvres continues aussi bien que dans les grandes faiblesses. On n’en fera point usage dans les maladies communes et ordinaires.

Selon les anciens statuts de l’Ordre, on ne donnera de viande qu’une seule fois par jour. Ce ne pourra être que du bœuf, du veau ou du mouton, en sorte que le tout n’excède pas une bonne livre de viande. On ne servira jamais de ragoût ni de rôti. On pourra cependant donner du bouillon et de la soupe grasse aussi souvent que cela sera nécessaire.

On ne donnera jamais aux infirmes de confitures ni de sucreries. On en se servira même de sucre dans les remèdes qu’à l’égard de ceux qui ne pourraient se composer sans cela et qu’avec la permission expresse du R.P. Abbé pour chaque fois. On bannira aussi de l’infirmerie les remèdes coûteux ou peu convenables à des pauvres et des pénitents et surtout à la simplicité primitive de l’Ordre. […]

Celui qui sort de l’infirmerie est au soulagement pendant huit jours. […]

Nous devons nous souvenir que nous sommes venus dans la religion, comme dit le bienheureux Fastrède, non pour faire trouver à notre corps ses aises et ses commodités, mais au contraire, pour lui procurer des incommodités. D’ailleurs, ajoute le même auteur, voici ce que saint Bernard lui-même disait entre plusieurs autres belles choses sur ce sujet : “Il ne sert de rien à un religieux d’alléguer ses infirmités pour excuser ses ménagements car nos saint Pères choisissaient pour bâtir leurs monastères des vallées basses et humides, afin que les religieux, étant souvent malades, eussent sans cesse le mort devant les yeux et se conservassent dans une saint crainte de ce redoutable moment.” Si donc, s’écrie le bienheureux Fastrède, à la vue des sentiments de saint Bernard et de tous nos autres saint Pères, “si donc les saints cherchent les moyens d’être malades, comment vous pouvez-vous chercher les moyens de vous bien porter.”

De différences circonstances - P. 441 - 1°- Des chapitres des conseils ou de délibération, parce que c’est là qu’une maison religieuse commence à se former - 2°- des grands travaux appelés travaux extraordinaires parce que c’est par le travail et l’amour du travail qu’elle se soutient - 3°- de la réception et éducation des enfants qu’on prendra dans le monastère pour toute leur vie… parce que c’est une preuve qu’elle prend de la consistance - 4°- de l’union et des rapports que doivent avoir avec cette maison-ci celles qui en sont sorties ou qui en sortiront, parce que cette union est une des marques certaines de son avancement et de sa force - 5°- de ce que l’on doit observer à l’égard du R.P. Visiteur et ce qui a rapport à l’acte de la visite…

• P. 442 - Lorsque le R.P. Abbé jugera à propos d’assembler la communauté pour la consulter ou pour traiter de quelque affaire importante, tous les religieux se rendront au chapitre. […]

Le Père abbé propose l’affaire dont il s’agit. (…) Chacun donne son avis quand le R.P. Abbé le lui demande, mais avec tant d’humilité et de soumission qu’il dépende entièrement du R.P. Abbé de prendre le parti qui lui paraître le meilleur et toute la communauté doit s’y soumettre avec confiance et avec joie. Il faut éviter avec soin ce que saint Benoît condamne d’une manière si expresse (…) de vouloir soutenir son sentiment contre celui de son abbé.

Des travaux extraordinaires - P. 445 - […] On pourra prendre le repas dehors, de même que la méridienne. […] En ces jours on dit très souvent vêpres dehors parce que c’est le moment où il y a le plus à faire. […] On tâche de revenir pour le souper. °°°

De la visite régulière - P. 450 - On doit recevoir le R.P. Visiteur avec des sentiments de confiance et de respect. - Tome 2, p. 451 - Il faut recevoir le R.P. Visiteur comme une personne qui est envoyée de la part de Dieu et qui vient en son nom, comme Jésus Christ qui a été envoyé de son Père sur la terre et y est venu en son nom pour notre sanctification, pour la confirmation de l’ouvrage de Dieu et de son royaume en nous, pour le soutien de tout le bien qu’il a établi parmi nous, pour la destruction de tout ce qui pourrait être en nous contraire à ses desseins et à nos obligations, pour notre consolation si nous sommes dans notre devoir et pour la punition de ceux qui s’en éloignement.

1°- Le supérieur avertit, invite et même ordonne aux religieux de suggérer et de proposer au R.P. Visiteur le moyens de remédier aux abus qui se seraient introduits dans la maison et n’oublie rien pour les engager et les porter à s’acquitter de ce devoir avec toute la fidélité et la confiance qu’ils pourraient le faire à lui-même.

Tome 2, p. 458 - De la charité et de l’union qui doivent régner entre tous les membres de notre réforme - Comme le Sacré-Cœur de Jésus est le principe de la plus pure charité, de l’union la plus parfaite, c’est dans cette source ineffable, divine et intarissable que nous irons puiser celle que nous tâcherons de faire régner parmi nous.

Tome 2, p. 459 - Une fois par an, on écrira de toutes les maisons, à la Valsainte et dans cette lettre on se fera part mutuellement de l’état où l’on se trouve et on se communiquera ce qui aura pu se passer de plus capable d’édifier dans chaque maison, car à la Valsainte, on répondra de la même manière et on aura soin de plus d’envoyer à toute les autres maisons un abrégé de ce qu’on aura reçu de chacune. (…) Dans le même temps on enverra de chaque maison lune liste des personnes qui la composent.

Tome 2, p. 461 - 1°- À l’égard du Père immédiat - Tous les ans, à Pâques dans toutes les maisons, chaque religieux écrira au Père immédiat et lui fera connaître soit les besoins de son âme, soit ceux de la communauté, s’il y a remarqué quelque chose de répréhensible, avec la même confiance qu’il lui aurait parlé s’il était venu en personne faire la visite régulière dans le monastère, de manière qu’il se fasse alors dans toute la réforme comme une petite visite par lettres. L’Abbé de chaque maison écrira aussi à plus forte raison et le Père immédiat ayant pris le temps de consulter avec lui sur les besoins spirituels de son monastère, adressera une lettre à la communauté où il réglera ce qu’il croira devoir régler et ce sera là la carte de visite.

2°- Pour ce qui regarde l’union qui doit régner entre les abbés ou supérieurs particuliers, voici ce que nous croyons devoir régler et ordonner : C’est qu’ils s’écriront mutuellement, au moins une fois chaque année, après qu’ils auront fini la neuvaine pour la régularité et si c’est possible, avant la fin du mois de février. Dans cette lettre ils se feront part les uns aux autres de leurs succès et de leurs traverses, de leurs consolations et de leurs peines, en un mot, de ce qu’ils auront pu apprendre d’utile par leur expérience dans la conduite de leurs religieux et de leurs monastères ou d’autres choses semblables. Enfin qu’ils sachent que rien ne sera plus capable d’engager Dieu à les secourir, à répandre ses bénédictions sur leurs travaux et à leur pardonner les fautes qu’ils doivent craindre de faire dans un emploi redoutable pour des anges mêmes, que la charité et l’union qu’ils feront régner entre eux.

Tome 2, p. 462 - Ch 7 - Du chant perpétuel - Comme Sa Sainteté a bien voulu agréer le dessein que nous avions formé d’établir parmi nous le chant perpétuel des louanges de Dieu et qu’elle a daigné nous promettre de l’approuver dans son temps, comme d’un autre côté ces règlements doivent être si invariables qu’on ne soit presque jamais dans le cas d’y faire aucun changement, nous avons cru devoir ici tracer d’avance l’ordre dans lequel cela devra s’exécuter lorsque le moment sera venu, afin qu’on ne prenne pas prétexte de cette occasion pour se relâcher dans le moindre des articles de ces règlements.

Article 1 - De l’ordre qu’on doit suivre pour aller successivement chanter les louanges de Dieu - On doit être d’autant plus fidèle à suivre ce que nous allons prescrire, que nous n’avons rien voulu régler qu’après avoir fait une épreuve de ce qui pouvait être et plus praticable et plus avantageux. Nous essayâmes donc en l’année 1794, pendant les trois jours qui précédaient le mercredi des cendres, de pratiquer le chant perpétuel. Pour cela nous divisâmes la communauté en trois bandes qui faisaient tous leurs exercices chacune à part, en différents temps et qui, par ce moyen, pouvaient se succéder les unes aux autres continuellement pour entretenir le chant perpétuel, de façon que, dans cette manière de régler les choses, les uns chantaient, tandis que ceux qui les avaient précédés, faisaient leurs lectures et ceux-ci faisaient leurs lectures tandis que ceux qui devaient suivre travaillaient. Mais nous renonçâmes bien vite à cet arrangement, parce que nous nous aperçûmes aussitôt qu’il était opposé à ce que nous avons eu le plus à cœur jusqu’à présent et à ce qui fait le bonheur de notre vie, je veux dire la douce charité, l’aimable union des frères, car la maison devint pour lors un petit monde où chacun s’acquittait de son côté de ce qu’il avait à faire, où nous n’avions presque plus de rapports les uns avec les autres et où nous n’aurions jamais, pour ainsi dire, eu la consolation de nous trouver ensemble. Et comme c’était en faveur de la charité que nous agissions, en rejetant cette méthode de pratiquer le chant perpétuel, ce fut d’un consentement unanime : elle ne plut à personne et quelque zélé que l’on fût pour le chant perpétuel, on aima mieux y renoncer pour jamais que de le voir établir à ce prix.

On pensa à trouver un autre arrangement où cet inconvénient si essentiel ne se rencontrât pas. On crut y avoir réussi en établissant : 1°- que la communauté serait divisée en cinq bandes afin qu’il n’y eu qu’un petit nombre séparé du gros de la communauté ; 2°- que ces bandes se réuniraient à tous les offices et cérémonies de l’église, à l’exception des vigiles et de la grand-messe ; 3°- qu’elles n’auraient qu’un même chapitre, qu’elles y assisteraient même toutes les cinq ensemble, parce que pendant ce temps on enverrait ceux du noviciat continuer le chant perpétuel. Cela remédiait beaucoup au mal, mais cependant pas entièrement. On était encore obligé de se séparer les uns des autres dans bien des exercices et comme notre charité mutuelle, notre réunion réciproque fait, je le répète et ne cesserai de le répéter (Dieu veuille qu’à force de le répéter, je puisse engager à la conserver avec plus de soin) comme, dis-je, notre charité fait tout notre bonheur et un bonheur incompréhensible, un bonheur qui nous rend plus heureux que des rois et même que qui que ce soit sur la terre, un bonheur que notre cœur peut bien sentir, mais que notre langue ne saurait exprimer, nous ne fûmes pas encore entièrement satisfaits.

Tome 2, p. 466 - [Il y a douze intervalles entre les différents exercices] On divisera la communauté en neuf bandes qui représenteront les neufs chœurs des anges et ces différentes bandes iront chacune à leur tour remplir un de ces intervalles par la continuation du chant perpétuel. Quand la neuvième aura rempli sa tâche, la première recommencera de façon que cela fasse comme un cercle perpétuel.

Tome 2, p. 517 - Décret rendu par Mgr le Nonce de Lucerne, en conséquence du bref de Sa Sainteté le pape Pie VI, du 30 sept. 1794, pour ériger le monastère de la Valsainte en abbaye. (…) Afin d’exécuter avec tout le respect qui convient les ordres de notre très saint Père le pape Pie VI, nous, en vertu de l’autorité apostolique qu’il nous accorde dans le susdit bref, nous érigeons et instituons, comme par les présentes, nous déclarons érigée et instituée en abbaye de l’Ordre et de la Congrégation de N.D. de la Trappe, avec tous et chacun des droits, privilèges et honneurs, grâces et indults dont usent, jouissent et sont en possession les autres abbayes de l’Ordre et de la Congrégation dont il s’agit, les nouvelles possessions desdits religieux, situées à la Valsainte, au canton de Fribourg, diocèse de Lausanne, appartenant autrefois au monastère de l’Ordre des Chartreux, supprimé par autorité apostolique, acquises aujourd’hui, du consentement et d’après la disposition de l’Illustre Sénat, par les religieux susdit de l’Ordre et de la Congrégation de la Trappe.

C’est pourquoi nous déclarons valable, nous confirmons et approuvons comme légitime et canonique l’élection du T.R.P. dom Augustin de Lestrange, qui s’est faite dernièrement, à savoir le 27 novembre de l’année courante, d’une voix unanime, comme le portent les actes et le procès authentique qui en a été dressé, à laquelle a présidé en notre nom, (…) et nous donnons au susdit R.P. dom Augustin de Lestrange tous les pouvoirs et toute l’autorité qui lui sont légitimement dûs à raison de sa charge, conformément aux constitutions très saintes dudit Ordre et de ladite Congrégation.

Nous voulons non seulement que l’abbaye de la Valsainte soit soumise à l’autorité du nouvel abbé, mais encore toute colonie quelconque tirée dudit monastère et établie dans quelque partie de l’univers que ce soit, de telle sorte que l’abbé de la Valsainte soit regardé comme le père immédiat de ces colonies ou de ces religieux et qu’il ait toute la puissance nécessaire pour les gouverner saintement et toute celle que les constitutions de l’Ordre de Cîteaux accordent aux Pères immédiats.

Enfin nous ordonnons, en vertu de la sainte obéissance, à tous et chacun des religieux du nouveau monastère abbatial et à leur successeurs qui doivent marcher sur les traces glorieuses de leurs prédécesseurs, de s’efforcer de maintenir constamment la ferveur primitive d’un si saint Ordre, surtout de resserrer toujours de plus en plus les liens de cette charité qui est aujourd’hui si parfaite entre eux et de transmettre à leurs descendants, par leurs bons exemples, cette excellente manière de vivre.

Pour vous, nos très chers fils, à qui Dieu, dans sa miséricorde, a fait la grâce d’être les premiers religieux de cette abbaye, nous vous exhortons paternellement en Notre Seigneur, de vous comporter d’une manière digne de la vocation à laquelle Dieu vous a appelés, en vous conformant en tout aux très salutaires avis de votre bien-aimé père et abbé. Efforcez-vous d’assurer votre salut par une fidélité parfaite à observer vos constitutions. Donnez-vous de garde de vous laisser séduire par les partisans insensés de ce siècle pervers, qui accusant votre institut d’une austérité excessive, regardent votre manière de vivre comme une folie et croient que votre fin sera sans honneur, cet institut, dis-je, qui, comme vous l’avez appris par votre propre expérience et comme vous nous l’avez prouvé par les déclarations que chacun de vous nous a remise, est un joug agréable et un fardeau léger. Persévérez, après avoir si bien commencé, jusqu’à ce qu’après avoir passé par les épreuves légères et passagères de cette vie, vous possédiez un poids éternel de gloire et vous méritiez d’être comptés au nombre des enfants de Dieu. L’infinie bonté et miséricorde du Seigneur nous font espérer que vous aurez ce bonheur et nous vous accordons, avec tout l’amour possible, à tous et chacun en particulier, notre bénédiction apostolique. Donné à Lucerne ce 8 décembre 1794.

Tome 2, p. 471 et suivantes : Déclaration des religieux lors de l’élection abbatiale le 27 novembre 1794.

F. Nicolas : Qu’il est doux d’habiter ensemble, en s’aimant tendrement comme des frères. Je le sens, je l’éprouve, voilà pourquoi je ne changerai pas mon sort contre celui de qui que ce soit.

F. Colomban : (…) Il n’y a que ceux qui se chargent du fardeau et du joug de Jésus Christ qui puissent éprouver combien ce fardeau est léger et combien ce joug renferme de douceur. Ce qui met le comble à ma félicité, c’est le bonheur inappréciable d’avoir en notre digne et respectable supérieur le meilleur et le plus tendre de tous les pères, de trouver toujours en lui une ressource et un asile assuré et qu’après Dieu il fait tout à la fois le bonheur de ma vie, ma joie et ma consolation.

F. Bernard : Je préfère, avec la grâce de Dieu, notre saint état à tous les trésors de la terre et j’ai plus de joie d’être le dernier dans la maison du Seigneur, que d’être roi et bien loin d’avoir du regret d’avoir embrassé l’état de trappiste, je puis dire que depuis le jour de mon entrée dans le monastère, jusqu’à celui-ci j’ai toujours été content de plus en plus. Au sujet des jeûnes et autres austérités, les jours de mon plus grand bonheur et contentement ont été ceux où les jeûnes ont été plus rigoureux et la pénitence plus austère.

F. Urbain : Jamais je n’ai davantage connu le bonheur de mon saint état que depuis que la divine Providence a daigné me placer dans cette sainte maison, où la sagesse et la prudence de notre supérieur et l’union des cœurs que la charité fait régner parmi nous, nous fait à tous passer ces jours heureux que goûtaient nos saints Pères que nous nous efforçons d’imiter en nous approchant le plus près qu’il nous est possible de leur esprit et de l’observation exacte de la Règle de notre Père saint Benoît.

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