Quelques détails sur M. et Mme de Hédouville








titreQuelques détails sur M. et Mme de Hédouville
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Des infirmes


Rglt tome 1, p. 59 - Résultat des avis de la communauté sur le chapitre 36, Des infirmes.

(1° - Viande fort rare…) 2°- Que les infirmes s’appliqueraient beaucoup à entrer dans les dispositions intérieures d’abnégation d’eux-mêmes, d’abandon de leur santé (60) entre les mains du supérieur, d’amour de la pénitence et autres que prescrivent les règlements. (3°-…) - 4° - Les religieux considérant que l’infirmerie est un lieu où l’on perd souvent l’esprit de pénitence et de mortification qui doit nous accompagner jusqu’à la mort et que cela peut venir de la condescendance dont les supérieurs croient devoir user alors, ils supplièrent le R.Père de ne pas leur accorder facilement ce qu’ils pourraient désirer dans ces moments, où il est trop ordinaire d’oublier son âme pour ne penser qu’à son corps et de les aider à se préserver d’un pareil désordre, en prenant lui-même plus soin de leur âme que de leur corps. (…)

Tome 2, p. 385 - Des infirmes - Quoique la vie d’un moine soit une vie de souffrance et de travaux et qu’un solitaire ne doive point avoir de pensée plus ordinaire que celle de la mort à laquelle le conduit insensiblement la plus grande partie de ses exercices, néanmoins il ne faut pas qu’il laisse de découvrir ses infirmités corporelles à son supérieur avec autant de soin qu’il les doit cacher à tout autres… sans prétendre qu’il prévienne par ses soins la déclaration qu’ils sont obligés de lui en faire et demeureront ensuite en repos, se tenant dans une grande indifférence pour ce qui regarde les remèdes. (…) Il faut se souvenir qu’on s’est abandonné à la conduite invisible de Dieu en se soumettant à la conduite visible de son supérieur et qu’il n’est non plus permis à un religieux de se mettre en peine de ce qui le regarde pendant la maladie, que pendant qu’il est en santé.

Tome 2, p. 406 - 1°- On doit être dans le désir de quitter au plus tôt l’infirmerie. Il est bon même de le demander, mais il ne fait pas le faire avec trop d’empressement, ce qui pourrait venir souvent d’un sentiment d’amour propre, plutôt que d’un vénérable esprit de pénitence, comme du dégoût naturel qu’on a pour les remèdes, ou d’un orgueil secret qui porte à fuir les soulagements permis et à se distinguer des autres etc.

Dargnies p. [188] - Il faut dire que selon les règlements, tout infirme qui se sent près de sa rétablissement doit témoigner au supérieur le désir de sortir de l’infirmerie, mais ordinairement un supérieur charitable se contente de la bonne volonté du religieux et le laisse un tems suffisant pour réparer ses forces.


Annexe 35

Dom Colomban


Dargnies, Lettre 20 - p. [110] - J’ai terminé ma dix-huitième lettre, Monsieur, par le départ du R.P. pour la Russie, après qu’il eut fait au supérieur qu’il laissait à notre tête les plus belles promesses sur le succès qu’il aurait auprès de Sa Majesté impériale de la Régence, relativement à notre prochain établissement dans l’Autriche. Ce fut dans cette confiance que ce digne supérieur encore jeune, mais capable par sa prudence de commander à de beaucoup plus âgés que lui, s’empressa après quelques jours d’aller chez l’empereur pour savoir de lui-même quels étaient les arrangemens que nous avions à prendre pour nous rendre au lieu qu’il avait la bonté de nous destiner.

Mais si l’ardente charité de ces bonnes filles (les Visitandines de Vienne) les empêchait de sentir la pesanteur du fardeau qu’elles s’étaient imposé, nous le sentions pour elles et nous désirions ardemment de les en pouvoir décharger. Ce fut dans cette vue que le Père Colomban ne crut pas devoir attendre le retour du R.P. abbé et résolut de prendre toujours le chemin de la Russie qui était devenue notre unique ressource pour aller à sa rencontre. Il était nécessaire pour cela de s’addresser à la Régence à qui la proposition de notre départ semblait ne pouvoir être qu’agréable, pour en obtenir des passe-ports. Mais il fut fort surpris lorsqu’on lui en refusa, en lui disant que l’on n’avait pas coutume d’en accorder aux vagabonds, que l’on ne nous empêchait pas de rester dans le pays, qu’on nous y souffrirait même volontier, pourvu que nous n’y restions pas réunis. N’ayant rien à répliquer il se retira pour implorer la même grâce des ambassadeurs des provinces limitrophes d’Allemagne, mais il les trouva tous dans les mêmes dispositions à notre égard. C’était une espèce de ligue que l’on avait formé contre nous pour nous forcer enfin à nous désunir. (…)

Que faire alors ? De nouvelles tentatives pour obtenir des passe-ports ? Elles étaient inutiles. Toutes les puissances semblayent s’être liguées pour nous empêcher de sortir. Sur ces entrefaites arrive une lettre du R.P. abbé qui nous ordonnait de nous mettre au plus tôt en marche mais sans nous désigner le terme de notre voyage. Pour le coup nous crûmes que la Régence n’aurait plus rien à nous objecter lorsque nous lui communiquerions des ordres aussi précis. Mais on ne fit que rire de la lettre du R.P. On dit au Père Colomban qu’il ne voyait pas que le R.P. voulait nous faire tomber dans le piège où il s’était laissé prendre lui-même, que la Russie était un royaume d’où, une fois entré, l’on ne sortait pas quand on voulait, que la preuve en était claire puisque le R.P. abbé qui aimait tant à voyager, en était réduit à nous écrire de l’aller joindre, que nous avions grand tort de nous mettre en peine de lui, car nous ne le reverrions [115] jamais. Enfin l’on ajouta que nous n’avions pas besoin de courrir si loin pour chercher un sort au moins incertain pendant que nous pouvions rester à Vienne où l’on promettait de nous fournir à tous, les moyens de vivre chacun en notre particulier ou dans différentes communautés, qu’on se chargerait de tous les enfants que nous avions, que le Gouvernement les ferait élever dans les maisons d’éducation, etc.

Quoiqu’il y eut bien des choses à répondre à toutes ces propositions, le pauvre Père Colomban aima mieux se retirer en silence, délibérant en lui-même sur le parti qu’il avait à prendre pour se tirer d’un si cruel embarras. Mais ce qui l’augmentait encore, c’est que les intentions de la Régence à notre égard étant devenues publiques, chacun s’ingérait de lui donner son avis. Tous et les personnes les plus respectables elles-mêmes, tant ecclésiastiques que laïques, pensaient que, vue l’impossibilité où le Gouvernement nous mettait d’obéir aux ordres du R.P., nous ne devions nous faire aucune peine de rester et de profiter des offres que l’on nous faisait. Les Dames religieuses de la Visitation, au parloir desquelles le Père Colomban n’allait que trop souvent parce qu’il était comme le rendez-vous de tous ceux et celles qui paraissaient s’intéresser au sort des trappistes, ces bonnes Dames, di-je, contentes de pouvoir nous retenir, appuïèrent fortement cet avis et vaincu par leurs sollicitations, il se laissa gagner et parut consentir à accepter les propositions de la Régence.

Il ne voulut cependant rien faire sans prendre auparavant l’avis de ses religieux qui pour la plupart étaient dans la plus parfaite ignorance de tout ce qui se tramait contre eux. Nous ayant donc tous assemblés, il nous fit en peu de mots l’exposé de la situation critique de nos affaires et nous demanda ce que nous en pensions. L’avis général fut que dans une circonstance aussi épineuse, pour mettre notre conscience en sûreté et qu’on n’eût rien à nous reprocher, nous ne devions absolument rien faire de notre propre mouvement, qu’étant privés de notre supérieur dont la volonté connue nous était impossible et que nous ne pouvions consulter pour le moment, nous devions recourir au seul supérieur que nous avions alors et dont la décision aurait pour nous d’autant plus d’authorité qu’il était supérieur de notre supérieur lui-même : Son Excellence. Mgr le nonce résident alors à Vienne.

Un seul religieux s’opposa à cet avis et dit que nonobstant toutes les oppositions de la Régence, il fallait se mettre en devoir de partir pour mettre en pratique l’article de la sainte règle qui nous impose l’obligation d’obéir même lorsque l’ordre est impossible. Si cui impossibilia injunguntur… [116] (…)

Ce fut à cette fin que le Père Colomban nous demanda à tous nos observations par écrit sur les moyens que nous avions à prendre pour conserver dans cette fâcheuse position, autant que nous en pouvions être capables une union parfaite et une grande fidélité aux principales observances, seul fondement de l’espérance que nous pouvions avoir de nous réunir un jour. Enfin le projet était fait, il n’y manquait que l’exécution. Déjà plusieurs de nous avaient été présentés aux supérieurs des maisons où ils devaient habiter. En mon particulier, je fus présenté aux prieur des Carmes dans le grand parloir de la Visitation. Nous n’attendions que l’ordre d’un départ général. Heureusement le Père Colomban prit encore quelque tems pour réfléchir. Il vit qu’il allait un peu trop vite, que le pas qu’il allait nous faire faire était un pas décisif car une fois désunis, nous perdions notre force et c’en était fait de notre état. Mais le Seigneur qui veillait sur nous, nous préserva du danger.

L’opposition que le religieux avait témoigné pour l’avis général, le jour où notre supérieur nous demanda nos avis lui revint à l’esprit et comme il avait résolu de ne rien faire qui ne fut approuvé de tous, il crut que c’en était assez, afin que personne n’eût rien à lui reprocher pour suspendre l’exécution d’un projet en apparence si bien concerté. (… Contre toute attente la communauté trouva un moyen pour restée unie.)

Dargnies p. [123-124] - [À Cracovie] Tous les jours nous vîmes apparaître à l’heure du repas un immense chaudron rempli de gruau d’avoine cuit à l’eau et au sel dont toute la communauté se remplit le ventre à discrétion. (…) En peu de temps tous furent bouffis et enflés de la tête aux pieds, quelques uns furent même dans le plus grand danger. (…) Pour moi, réduit à contempler cette mortelle nourriture, bornant tous mes repas à un petit morceau de pain sec, je tombai dans une faiblesse et un dépérissement si considérable que je pouvais à peine me traîner. Dans cette extrémité je crus que le seul remède était de recourir au Père Colomban, de lui exposer notre situation et de nous en rapporter à sa discrétion et à sa prudence car il ne [124] m’eut jamais été possible de faire entendre raison au Père Louis de Gonzague qui, amateur de la mortification, ne voyait dans ce genre de vie, et pour lui et pour ses frères, qu’un moyen de la pratiquer davantage. En conséquence je me transportai, non sans beaucoup de peine, chez les R.P. capucins, je n’eus pas besoin de m’étendre en longs discours pour prouver au Père Colomban l’état pitoyable où nous nous trouvions. Ma figure décharnée et mon excessive faiblesse lui en dirent assez. Il me suffit de lui en exposer la cause et j’en obtins facilement la permission de prendre tous les moyens convenables pour y remédier [: une bonne soupe trempée et une portion bien accomodée et d’une quantité raisonnable, plus du pain.] Nous vîmes en peu de jours toutes les infirmités disparaître, au grand contentement de tous mes frères qui ne savaient à quoi attribuer cet heureux changement. Mais ce ne fut pas sans une grande peine pour le Père Louis de Gonzague qui n’y voyait qu’à perdre pour sa mortification.

Dargnies p. [294-295] - Frère Colomban dit Jean Baptiste Morogue, entré le 9 avril 1792, âgé de 20 ans, franc-comtois, mort à Zidyzein en 1799. Il était nouveau profès lorsque j’arrivai au monastère. Ce jeune religieux plein des plus grandes dispositions pour la piété et pour les sciences fut sans cesse occupé par le R.P. dans le cabinet. Le premier travail qu’il fit fut la rédaction des règlements, ce qui lui demanda au moins deux ans d’assiduité, n’assistant presque à aucun office, passant du lit au bureau, du bureau à la table et de la table au bureau.

Sa santé ne tarda pas à en être notablement altérée. Pour le guérir on le mettait au soulagement mais on ne diminuait rien de sa besogne. C’est-à-dire que l’on augmentait [295] la cause de son mal, car au lieu de lui donner plus de nourriture on eut dû la lui diminuer, rien n’étant plus contraire aux gens de cabinet que d’avoir l’estomach chargé. Cependant le R.P. qui croyait procurer son bien, le forçait souvent par obéissance de manger tout ce qu’on lui présentait. Dès qu’il fut en âge on lui fit recevoir les Ordres. Il fut fait prêtre et après la mort de notre Frère Jean Marie Tassin, il occupa la place de prieur. Il ne cessa cependant de s’occuper toujours à des choses très applicantes. Il composa l’office du Sacré-Cœur, celui de la Sainte Volonté de Dieu. Il travailla aussi à faire un nouveau bréviaire de l’Ordre qui était presque fini lorsque nous sortîmes de la Suisse.

Les sollicitudes de sa place, jointes à ce genre d’occupation peu compatible avec nos exercices, le ruinèrent entièrement et s’il n’eut pas été aussi fortement constitué, il eut bientôt succombé. Vers la fin de l’année 1797 il fut obligé de garder l’infirmerie sans cependant rien relâcher de ses occupations. Le R.P. le fit enlever sur un traîneau le jour qu’il fit sortir une partie de ses religieux du monastère, pour éviter les inconvéniens de la révolution. Il serait impossible d’exprimer tout ce qu’il eut à souffrir dans le voyage où il fut toujours confirmé dans son emploi de prieur. Il eut à Vienne et à Cracovie des désagrémens sans nombre qui, joints à la fièvre qui ne lui laissait pas un jour de libre, achevèrent de ruiner entièrement sa santé.

Lorsque nous fûmes sur le point d’entrer en Russie, le R.P. ayant cru appercevoir de l’affaiblissement dans son esprit, mit un autre prieur en sa place, ce qui lui fit un grand plaisir et lui laissa ce qu’il désirait depuis longtems, la liberté d’employer ses moments pour penser à son éternité. Après avoir demeuré six semaines à Vistrice en Lithuanie, pendant lesquelles il fut toujours à l’infirmerie, il vint à Zindysein en Volhinie où je le trouvai à toute extrémité lorsque j’y arrivai. Je m’empressai de le secourir et de tâcher au moins de lui prolonger la vie car étant dans le dernier degré de la phtisie pulmonaire, il n’y avait pas moyen de lui rendre la santé. Il vécut encore près de six semaines et mourut dans les sentiments de la joie la plus grande de se voir enfin délivré de toutes les tracasseries auxquelles il avait plu à la divine Providence de l’exposer, et en gémissant sur les dangers que courrent ceux qui sont en place.

La veille de sa mort il me dit qu’il voulait que je reçoive ses derniers soupirs. Je lui dis que j’étais fatigué, que j’allais me coucher et qu’il n’avait qu’à m’avertir lorsqu’il voudrait partir. Il n’y manqua pas. Sur les 10 h du soir, sentant son heure approcher, il me fit éveiller. Je vins près de lui. Je lui dis quelques mots de consolation et il expira en pleine connaissance, au commencement de l’hyver 1799, âgé à peu près de 26 ans mais on peut bien dire que par sa maturité, ses vertus et par tout ce qu’il a fait dans le peu d’années qu’il a vécu parmi nous, il en avait plus de 40. Il n’est personne de ceux qui l’ont connu qui ne l’ait regrété et ne le regrète encore et certainement si on ne l’eut point surchargé, nous l’aurions encore et certes il nous serait en ce moment d’une grande utilité.

Vie du RP dom Urbain Guillet, p. 91-92

Une colonie devait se fixer aux environs de Vienne, avec le P. Colomban pour supérieur. Quoique infirme et presque toujours souffrant, on redoutait fort ce religieux, à cause de sa sévérité et de sa rudesse, quand il avait à réprimer quelque manquements à la règle ; mais encore plus dur pour lui-même que pour les autres, il était toujours charitable et bon ; on l’aimait quand même, à cause de son grand dévouement.



Annexe 36
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