Quelques détails sur M. et Mme de Hédouville








titreQuelques détails sur M. et Mme de Hédouville
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date de publication07.02.2018
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Avertissement pour MM les hôtes


Règlements de la Valsainte = Rglt, tome 1, p. 245-248, : On supplie très humblement ceux que la divine Providence conduira en ce monastère, d’agréer qu’on les avertisse des choses suivantes :

On évite la rencontre des religieux en tout temps, mais surtout durant qu’ils sont occupés au travail… (…)

Si l’on assiste à l’office au chœur et qu’on désire de chanter, on se conforme à notre manière qui est de ne point traîner à la fin des versets ou de la médiation et de ne point reprendre avant les chantres, afin que la pause soit bien marquée. (…)

Les hôtes qui viendront dans cette maison ne trouveront point mauvais si le religieux qui les reçoit n’a pas de longues conversations avec eux, quand ils sauront que le propre d’un moine est de garder le silence et que le Saint-Esprit a dit que l’homme qui aime à parler beaucoup ne prospérera point sur la terre. (Ps 139)

[Les visites du monastère sont] moins rares que dans les anciens monastères par le motif de la charité ; les hôtes, par le même motif de charité voudront bien avoir soin de ne rien faire qui soit capable de troubler la retraite et la profonde solitude à laquelle nous nous sommes consacrés.

Il est des endroits [ : les lieux réguliers] où le silence est inviolable, tels que l’Église, le réfectoire, le dortoir, les cloîtres…

Si l’on aperçoit quelqu’un qu’on eût connu dans le monde, il faudrait bien se donner de garde de se faire reconnaître à lui, quand bien même ce serait son fils, son frère ou son neveu. Si ayant demandé une entrevue avec ceux des religieux auxquels on pouvait avoir affaire, elle n’était pas accordée, on est trop raisonnable pour le trouver mauvais, puisque nous avons tout quitté pour ne parler plus qu’à Dieu dans la solitude et ne nous y occuper que de l’affaire de notre salut qui est la seule importante, renonçant à toute autre relation avec le monde que celle qui nous est indispensable, comme nos prières à Dieu et la pénitence que nous sommes obligés de faire pour ceux qui ont le malheur d’y être engagés, et pour nos propres péchés.

On prévient MM. les hôtes qu’on ne reçoit rien pour l’hospitalité. Celle qu’on se fait un devoir d’exercer à leur égard, nous parait trop précieuse pour en vouloir vendre et le mérite et la récompense. On les prie de croire que c’est avec peine qu’on leur offre une nourriture si simple…

Nous avons supposé d’ailleurs que ceux qui viendraient visiter notre maison n’y seraient conduits que par l’esprit de piété…

*

Avertissement pour les religieux qui sont chargés des Hôtes

Rglt tome 1, p. 248-249 : Ne parler que par nécessité et pour édifier.

Ne penser et ne dire jamais mal de personne et n’en entendre que malgré soi et avec réserve…

Couvrir de la bonté des intentions les choses qui, de quelque côté qu’on les tourne, ne peuvent avoir qu’un mauvais sens.

Regarder comme personnes suspectes, celles qui nous parlent au désavantage des autres et n’y ajouter jamais de foi, quand même elles diraient avoir vu…

Ne faire jamais de questions curieuses et même détourner adroitement les discours d’affaire du monde…

Aussitôt que quelqu’un s’annonce comme postulant, ne pas manquer de l’avertir que dès ce moment il faut qu’il s’accoutume au silence, qu’ainsi il ne lui est point permis de s’entretenir avec les hôtes, non pas même avec les autres postulants, s’il en survenait, mais bien avec Dieu dans l’oraison et la prière, parce qu’ici on ne conçoit pas une bonne idée de ceux qui aiment tant à se répandre au dehors…


Annexe 3

La première journée de Dargnies à la Valsainte


Dargnies - Lettre 2, p. [5-7]. Il était environs 7 h 1/2 du soir lorsque j’y arrivai [à la Valsainte]. On chantait le Salve. J’y fus reçu avec les cérémonies accoutumées et laissé entre les mains du religieux hôtellier qui se nommait le père François de Sales. Il me fit l’accueil le plus gratieux et d’autant plus que j’avais déclaré au portier en arrivant que je venais pour me faire trapiste. Cependant les effets de sa charité à mon égard ne s’étendirent pas fort loin. Il avait fait fort chaud pendant l’après-dîner et la chaleur, jointe à la difficulté que j’éprouvais à marcher, fut cause que j’étais tout trempé de sueur en arrivant. Il ne me fit aucune question sur les besoins que je pouvais avoir. Loin de m’offrir de me faire du feu, il me conduisit aussitôt dans une chambre toute en pierre (les archives), où il ne se trouve pas un poulce de bois, me montra mon lit et me dit d’attendre, qu’il allait me chercher à soupper. Je le vis revenir quelques minutes après, portant une souppe froide sur laquelle nageaient quelques [6] morceaux de pain noir qui n’étaient pas trempés, deux portions, dont l’une était de quelques graines farineuses mal cuites et l’autre des pois noirs et blancs aussi dures que des balles, noyés dans un brouet grisâtre, le tout à peine tiède. Il placea devant moi en silence ces mets délicieux, y ajouta une petite miche de pain noir plus que moisi, un petit pot d’une boisson dont l’odeur seule suffisait pour ôter la tentation d’en goûter (Cette boisson était faite avec une mesure d’orge, une mesure de poires sèches, une demie mesure de poires sèches que l’on mettait dans un toneau, on le remplissait d’eau et après 6 semaines d’infusion on s’en servait pour les malades et pour les étrangers.) puis il me dit d’une voix basse, mais toujours avec un air gratieux : “ Je suis bien fâché de ne pouvoir vous entretenir plus longtems, nous sommes dans le grand silence. ” Ces paroles à peine achevées il disparrut, sans seulement me proposer de me donner de la lumière, quoi que l’on vit à peine pour lire. Je ne pouvais revenir de mon étonnement. Volontier que j’aurais cru être servi par une main enchantée. Mais je n’attribuai point à l’enchantement la répugnance qui m’empêcha de toucher à mon souper. Le benedicite et les grâces se suivirent de près et comme j’étais extrêmement fatigué, après une courte prière, je me préparais à me jetter tout habillé sur la couche, en me demandant à moi-même où j’étais venu me fourer, lorsque je vis entrer dans ma chambre un jeune homme d’une trentaine d’années qui, moins scrupuleux que l’hôtellier sur l’article du grand silence (qui était pour moi une énigme : il est deffendu de parler après les complies.), se mit à m’entretenir de la belle manière. Sur les réponses aux questions qu’il me fit de mon pays, de ma profession, etc… il me dit que je ne pouvais pas, en conscience, songer à me faire trapiste, étant curé, que je devais me réserver pour des tems plus favorables, que d’ailleurs si lui, qui était dominicain, avait besoin du consentement de son supérieur, comme on l’exigeait avant de le recevoir, à plus forte raison, moi avais-je besoin de celui de mon évêque à qui j’avais promis obéissance et que l’abbé ne pouvait me [7] donner l’entrée de sa maison si je n’étais muni de sa permission.

Ces discours et bien d’autres sur le régime de la maison, joints à l’échantillon que j’en avais sous les yeux, surtout lorsqu’il me fit observer que c’étaient là les mets choisis et délicats, me découragèrent tellement que déjà j’avais formé en moi-même le projet de repartir le lendemain de grand matin. Et certes je l’eusse fait si je ne me fusse annoncé en arrivant, comme venant pour m’engager dans le monastère. Ce fut dans ces pensées que l’essayais, mais inutilement, de m’endormir, étant d’ailleurs tout transis de froid pendant la nuit.

Cependant après avoir pris un peu de repos sur le matin, des réflexions plus sérieuses me firent bientôt changer de résolution. Je me représentai à moi-même que je ne venais dans cette maison que pour y mourir. Ce qui ne pouvait se faire sans que j’eus beaucoup à souffrir de toute manière. En conséquence, je pris le parti ferme d’y rester à quelque prix que ce fut. Telles furent les résolutions dans lesquelles me trouva le religieux hôtellier lorsqu’il vint dans ma chambre le matin. La première chose que je fis, fut de demander à voir le R.P. et à lui parler. On me dit qu’il était à l’infirmerie pour cause d’une foulure qu’il s’était faite en revenant de Fribourg, que cela cependant ne l’empêcherait pas de venir. En attendant, le bon religieux m’instruisit de tout ce que j’avais à faire, il me donna de l’occupation et me présenta pour déjeuner le même pain que la veille auquelle il ne me fut pas possible de toucher malgré ses pressantes sollicitations et plus encore celles de mon estomac. Il me recommenda beaucoup le silence, ce qui me mit dans le cas de lui raconter la conversation que j’avais eue la veille avec le postulant dominicain. Je ne pus aussi m’empêcher de lui faire mes plaintes sur le froid de la chambre où il m’avais mis [8] dans un moment surtout où j’étais échauffé par le voyage. Le fruit de mes plaintes fut qu’il me changea d’appartement et m’interdit toute communication avec le dominicain que je ne vis plus et dont je n’entendis plus parler depuis.

L’usage de la Valsainte étant de servir les postulants pendant trois jours comme les étrangers c’est-à-dire avec une souppe, deux portions, un dessert et un petit pot de genevrette. On continua à en user envers moi de la même manière, mais quelque fut mon appétit, je mangeais à peine deux onces par chaque repas. Si le pain eut été bon, je me serais dédomagé de ce côté mais il était si dur et si moisi que je ne pouvais me résoudre à en manger un seul morceau. Je tâchais seulement de vaincre ma répugnance pour avaler précipitament quelques cuillerées des pulments que l’on me présentait (ce fut bien pis lorsqu’au bout de trois jours l’on m’apporta la souppe la portion et le pain de la communauté, la première fois, il ne me fut pas possible d’y toucher.), ce qui contristait fort le père hôtellier et lui faisait pronostiquer que je ne resterais pas à la maison.


Annexe 4
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