Une pièce d’Eric Beauvillain








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titreUne pièce d’Eric Beauvillain
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Elédéanne : Vous ne sentez pas ce courant d’air froid ?

Haysterningenn : Non…
Elédéanne se retourne brusquement en hurlant.
Elédéanne : Ah ! Les cierges ! Les cierges se sont éteints ! Ce sont les esprits qui sont revenus ! Ils vont saccager votre chantier !

Haysterningenn : C’est à votre tour de vous calmer. Ils vont très bien ces cierges. Ils sont toujours allumés.

Elédéanne : Tiens, oui. Pourtant, j’aurais juré…

Haysterningenn : Bon. Vous m’excuserez…

Elédéanne : Non, non, je vous conjure de m’écouter, c’est sérieux ! Il y a des objets qui tombent parfois !
Elédéanne emmène Haysterningenn entre la table et le coffre, dos au coffre, face au chandelier.
Elédéanne : Je dis, il y a des objets qui tombent parfois !

Haysterningenn : J’avais compris, merci.

Elédéanne : Ce chandelier, par exemple. Les esprits pourraient le faire tomber !
En disant cette réplique, Elédéanne donne des coups de pied plus ou moins discrètement dans le coffre.
Elédéanne : Les esprits pourraient le faire tomber !
Elédéanne a parlé plus fort et tapé plus fort.
Haysterningenn : Oui, bon, les esprits se reposent, là. Et vous devriez en faire autant…
7.

Père Jean, qui pense que les bruits de coffre qu’il a entendu sont le signal, entre en brandissant un crucifix à droite à gauche, surjouant.
Jean : Ah ! Pars ! Va-t-en, Satan ! Ombre démoniaque ! Notre Père qui est aux cieux que ton nom soit sanctifié ! Je ne te laisserai investir ce lieu ! Pars, tu n’es pas le bienvenu ! Que ton règne vienne que ta volonté soit faite ! Enfin, que ton règne vienne, Seigneur ! Que ta volonté soit faite, Seigneur ! Aide-moi à barrer la route à cette créature des ténèbres ! Aaaaaaah ! Fuis ! Fuis !

Elédéanne : Mon père…

Jean : Ne restez pas là mon enfant, c’est dangereux ! Vous non plus ! Allez-vous-en ! Laissez-moi seul avec cette âme torturée qui veut investir de son impureté ce lieu ! Sur la Terre comme au Ciel ! Donne-nous notre pain quotidien ! Je ne te laisserai pas faire, dussé-je y perdre la vie ! Rha ! Tiens ! Prend de l’eau bénite !
Père Jean a débouteillé une petite flasque et asperge tout le monde, Haysterningenn inclus.
Jean : Tiens ! Prends ça ! Tiens ! Ah ! Tu n’aimes pas, hein !

Haysterningenn : Je dois avouer que non. Pas tellement. C’est froid et humide.

Elédéanne : Mon père…

Jean : Laissez-moi ! Je sens que j’en viens à bout !

Elédéanne : Mon père ! C’est bon ! Il n’y a pas eu de manifestation surnaturelle…

Jean : Pas eu de…

Elédéanne : Non.

Jean : Pourtant, j’aurais juré… Enfin, pas juré, mais j’aurais cru que…

Elédéanne : Non…

Jean : Ah… Bon…

Haysterningenn : Vous m’excuserez, j’ai à faire. Voir si les fontaines ne risquent pas trop de mouiller les gens. Ce n’est pas très agréable.
Haysterningenn sort.
Jean : Pourtant, le bruit du coffre…

Elédéanne : Ben oui, mais non.
Elédéanne regarde dans le coffre.
Elédéanne : Vide…

Jean : Ah ! Oui, mais ça ne va pas si vous faites le signal quand ce n’est pas le moment, non… De quoi j’ai l’air, moi maintenant ?

Elédéanne : Et moi, alors ?

Jean : Oui, mais là, je ne suis pas d’accord… Si on fait les choses, il faut que ce soit correctement. Non…

Elédéanne : Oui, bon, ce n’est pas ma faute, hein !

Jean : Je suis déçu, déçu, là… Pourtant, j’étais bien dedans… Vous avez vu mon entrée ? C’était bien, non ? J’ai travaillé ça hier soir.

Elédéanne : Et alors ? Tout est fichu, maintenant !

Jean : Il reste toujours le propriétaire… Je pourrais peut-être la refaire en mettant un genou à terre, qu’en pensez-vous ? Ou avec une Bible à la main ?

Elédéanne : C’est ça. Allez vous remettre en place avec une Bible.

Jean : C’est bien, ça ! J’y cours !
Père Jean sort.
8.
Elédéanne : Où est-ce qu’elle bien pu se fourrer, celle-là ? Elle n’est tout de même pas tombée dans les pommes ! Il ne manquait plus que ça… On atteint des sommets, là !
Dalmasine entre, la bouteille vide à la main.
Dalmasine : Ihihihi ! Tombez bien, vous !

Elédéanne : Autant pour moi, il restait quelques marches avant le sommet.

Dalmasine : Dîtes-voir, sœur Bouteille… Sauriez pas où se sont cachées vos petites copines ? Les trouve pas…

Elédéanne : Non, mais dans quel état vous êtes, vous ! Qu’est-ce qui vous arrive ?

Dalmasine : Z’essayais de soûler le propriétaire, mais y arrive pas…

Elédéanne : Pas contre, vous, vous avez bien dégusté !

Dalmasine : C’est parce qui me manque des munitions ! Faut je trouve des bouteilles encore…

Elédéanne : Je crois que ça suffit comme ça…

Dalmasine : Vous essayez de protéger vos ’tites sœurs, hein ?

Elédéanne : On va déjà essayer de vous protéger, vous, ma sœur.

Dalmasine : Mais je vais trèèèèèèès bien, moa !

Elédéanne : Vous empestez, c’est une infection ! Venez que je vous rafraîchisse !

Dalmasine : Ui ! Un ’tit coup à boire pour se rafraîchir !

Elédéanne : Vraiment, on aura tout vu ! Venez avec moi !
Elédéanne et Dalmasine sortent.
9.

Cunégonde entre de l’autre côté.
Cunégonde : Je vais finir par devenir folle, moi ! Elles sont déjà toutes parties ou quoi ! Il n’y a personne dans ce couvent ? Ouhou ? De quoi j’ai l’air, moi… D’ici à ce que ça soit un bizutage…
Cunégonde sort.
10.

Brunhilde entre de l’autre côté.
Brunhilde : Rien… Pourtant, j’ai l’estomac qui se tortille… Si ça se trouve, elles m’ont fait attraper un cancer… A moins que ce ne soit Figolin qui m’ait fait manger sa fourmi…
Gilbert entre, vêtu d’une longue toge blanche.
Gilbert : Non, mais de quoi j’ai l’air, hein ?

Brunhilde : Je ne sais pas, ce n’est pas le moment, Gilbert. Et puis je n’ai pas dit le mot de passe.

Gilbert : Oui, ben c’est que je m’ennuie, moi, à côté… J’entend passer plein de monde, mais personne ne dit « Vous verrez ce qui arrivera si vous laissez faire »…

Brunhilde : Justement, je ne l’ai pas dit alors retournez vous cacher !

Gilbert : Et mon ménage qui attend. Sans compter la cuisine. Qu’est-ce qu’on va manger ce soir à ce train-là ?

Brunhilde : Je ne sais pas, je ne sais pas, mais je dois me cacher.

Gilbert : Dieu m'est témoin qu’on m’aura vraiment tout faire faire dans cette maison… Si je puis me permettre…

Brunhilde : Allez, allez…

Gilbert : Oui, oui…
Gilbert sort.
Brunhilde : Allons-y.
Brunhilde ouvre le coffre.
Brunhilde : Oh ! C’est tout noir, là-dedans… Et je suis sûre qu’il y a des bêtes… Bon, allez. Je fais ça pour le couvent.
Brunhilde entre dans le coffre avec son bout de fil de nylon et le ferme.
11.

Adénaïse entre.
Adénaïse : Ah ! Non, la prochaine fois, on prendra des talkies-walkies ! Où elles sont toutes ! Je voudrais bien voir comment ça avance, moi !
Adénaïse va voir à une porte, tournant le dos au coffre. Brunhilde en sort discrètement et va souffler les bougies. Elle retourne à son coffre, Adénaïse refait face à la pièce.
Adénaïse : Ou alors il faudra faire un quartier général parce que là, on ne s’en sort pas… Ben… Ils n’étaient pas allumés, ces cierges ? Quand je dis à Gilbert qu’il y a des courants d’air ici…
Brunhilde tire sur le fil de nylon sans sortir, faisant tomber le chandelier. Adénaïse sursaute. Elle est dos au coffre.
Adénaïse : Ah ! Qu’est-ce que c’est que ça ! Un tremblement de terre ? Il y a quelqu'un ? Je n’ai pas peur, je vous préviens ! Ce n’est rien… Un gros courant d’air, voilà tout… Un très gros…
Brunhilde entrouvre le coffre et le laisse se refermer. Adénaïse sursaute au bruit.
Adénaïse : Ah ! Qu’est-ce que c’est encore ! Personne… Ce n’est pas drôle, hein ! Si ça se trouve, ce couvent est vraiment hanté… Il faut que je retrouve les autres, je serai plus rassurée…
Père Jean entre, brandissant une Bible.
Jean : Va-t-en, esprit mauvais ! Fuis ce couvent ! Je vous salue Marie pleine de grâce ! Hors les murs ! Tu n’as aucune chance, tu es cerné ! Dieu est avec moi ! Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de vos entrailles est béni ! Pars, suppôt du Diable ou j’appelle des renforts ! Une prière et tous les saints des cieux descendent ici !

Adénaïse : Non, mais ça va bien, oui !

Jean : Vous êtes toute seule ?

Adénaïse : Ça ne se voit pas ?

Jean : Je… Non, j’étais parti dans mon exorcisme, moi…

Adénaïse : Un exorcisme à l’américaine, hein ! Rendez-vous, vous êtes cernés… Vous avez des menottes assez larges pour un esprit mauvais ?
Père Jean s'assoit sur le coffre.
Jean : Ah ! Non, c’est encore un coup pour rien ? Je vais finir par me démotiver, moi, ce n’est pas vrai… J’étais pourtant pas si mal parti, non ?
Brunhilde tape dans le coffre. Père Jean se lève et ouvre le coffre.
Jean : Oups, pardon…

Brunhilde : Vous n’êtes pas fou de vouloir m’enfermer ?

Adénaïse : C’est vous qui faites tous vos bruits, là ?

Brunhilde : Ça a marché ?

Jean : Ben non, elle était toute seule… Ça ne va pas, ça… Il va falloir que je me reconcentre… Non, les petits jeunes dans les camps étaient plus sérieux…
Père Jean sort en bougonnant.
12.

Adénaïse : Alors bravo, votre numéro, hein ! J’ai failli y rester, moi !

Brunhilde : Ça… Ça veut dire que je vais devoir retourner là-dedans ?

Adénaïse : En tout cas, ça n’a pas l’air d’avancer beaucoup nos histoires…
Elédéanne entre.
Elédéanne : Ah ! Vous n’auriez pas vu sœur Dalmasine ?

Adénaïse : Non. Qu’est-ce qu’il y a, cette fois ?

Elédéanne : Elle… Elle a un peu forcé sur la bouteille.

Brunhilde : Mon Dieu ! Elle est possédée !

Adénaïse : Comment ça, forcé sur la bouteille ?

Elédéanne : Elle a juste voulu faire du zèle et… Ben elle n’est plus très fraîche. J’étais en train de faire tremper une serviette pour l’humecter, je me retourne, disparue. Je ne sais pas où elle est…

Brunhilde : Il faut qu’on arrête tout !

Elédéanne : Ce n’est pas dramatique non plus, hein…

Adénaïse : Bon, tâchez de la retrouver.

Elédéanne : Oui, mais il faut que je fasse les lumières de Dieu aussi.

Adénaïse : Qu’est-ce qui est arrivé à Figolin ? Il est parti chasser un autre insecte ?

Elédéanne : On ne sait pas. Il a disparu…

Adénaïse : C’est le triangle des Bermudes, ici !

Brunhilde : On va toutes disparaître !

Adénaïse : Bon. Retournez à votre place, je vais voir ce que je peux faire pour sœur Dalmasine.

Elédéanne : Très bien.
Elédéanne sort.
Adénaïse : Ça tourne vinaigre, cette histoire.

Brunhilde : Ne m’en parlez pas, j’en ai des aigreurs…

Adénaïse : Vous avez réussi à faire peur à quelqu'un d’autre que moi, au moins ?

Brunhilde : Mais je ne sais pas… Je n’ai vu personne…
13.

Haysterningenn entre.
Adénaïse : Ah ! Vous voilà… Vous allez bien ?

Haysterningenn : Très bien. Il faut que je voie Issenlieu ! Nous devons commencer les travaux au plus vite, j’ai trop d’idées, il faut s’y mettre !

Adénaïse : Ah ! Oui… Personne ne vous a découragé… (bas, à Brunhilde :) Allez chercher sœur Cunégonde !

Brunhilde : Ah ! Euh… Oui…
Brunhilde sort.
Haysterningenn : Bon. Excusez-moi, il faut j’aille le voir.

Adénaïse : Oui, oui, oui… Mais attendez, on n’est pas à la minute…

Haysterningenn : Si ! Il faut que je le voie !

Adénaïse : Oui, oui, oui… Vous me l’avez dit. Et… Que pensez-vous de ma tenue ?

Haysterningenn : Monochrome.
Haysterningenn veut partir mais Adénaïse le retient. C’est ce qui va se produire plusieurs fois durant l’échange suivant.
Adénaïse : Certes, mais… Vous qui êtes un grand concepteur, vous n’auriez pas des idées pour améliorer ça ?

Haysterningenn : Si, bien sûr ! Il faudrait rehausser ici, moderniser, peut-être un peu de couleur là… Ah ! Mais je m’éparpille !

Adénaïse : Ouiiiiii… C’est intéressant. (pour elle :) Qu’est-ce qu’elles fichent ! ( à Haysterningenn :) Et… Pour… Le crucifix, par exemple… Plutôt que d’en faire des panneaux indicateurs ?

Haysterningenn : Mais on pourrait faire plein de choses ! Des lampes pour montrer que Dieu nous éclaire vraiment, des manches de couteaux car Dieu nous est utile… Je fourmillerais d’idées si je n’avais pas autre chose à penser !

Adénaïse : Certainement, mais… (pour elle :) Elles le font exprès ou quoi ! ( à Haysterningenn :) Vous fourmillez d’idées !

Haysterningenn : Oui.

Adénaïse : Vous n’en auriez pas une pour reconnaître les fourmis mâles des femelles ?

Haysterningenn : Mais ce n’est pas mon rayon ! A moins, que… Oui ! On pourrait leur mettre… Ah ! Mais non, je dois penser à ma création ! Vous me faites perdre mon temps !

Adénaïse : Oui, mais…

Haysterningenn : Excusez-moi.
14.

Haysterningenn va pour sortir quand Cunégonde, suivie de Brunhilde, entrent.
Cunégonde : Ah ! Vous tombez bien !

Haysterningenn : C’est incroyable ce que couvent est peuplé ! Partout où je vais, il y a des gens !

Cunégonde : Vous avez de la chance… J’ai eu l’impression de traverser un désert ces dernières minutes…

Haysterningenn : Excusez-moi.

Cunégonde : Non, non, non, c’est vous que je voulais voir !

Haysterningenn : Quoi encore ? Si c’est pour redécorer votre chambrette, voyez ailleurs.

Cunégonde : Ecoutez-moi ! Je voulais vous dire quelque chose d’important…

Haysterningenn : Oui, bon, quoi ?

Cunégonde : Méfiez-vous de ce couvent ! Il porte malheur !

Haysterningenn : On m’a déjà raconté l’histoire du spectre, c’est bon.

Cunégonde : Vous ne comprenez pas : il porte malheur ! Vous n’avez pas remarqué que l’on ne trouvait jamais les gens que l’on cherchait ?

Haysterningenn : Oui, mais…

Cunégonde : C’est parce que le mauvais œil nous suit… Avez-vous remarqué que rien ne semble aller comme on veut ?

Haysterningenn : Si. Le cuisinier qui ne veut pas que je sorte ses affaires, les toilettes qu’on ne veut pas que je ferme…

Cunégonde : C’est le mauvais œil… Il plane sur ces bâtiments… Il met des objets sous vos pieds quand vous voulez descendre l’escalier, manquant vous faire tomber… Il fait glisser le couteau que vous utilisez pour vous couper le doigt…

Haysterningenn : C’est vrai ! Ce matin, je voulais ôter une vis qui me gênait ! Le tournevis a ripé, je me le suis pris dans la main et je n’ai jamais pu remettre cette main sur la vis !
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