Une pièce d’Eric Beauvillain








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Adénaïse : Qu’est-ce que ça veut dire ?

Haysterningenn : Il faudra que je pense à bien tout nommer. Avec un point information fiable.

Issenlieu : Ça veut dire que l’on sort d’un entretien avec le maire et que tous vos petits arguments sournois se sont effacés face aux miens. Il est tout à fait d’accord pour raser le couvent.

Adénaïse : Quoi ?

Haysterningenn : Oui ! Et nous laisser construire un casino ! Avec des fontaines devant ! Pour symboliser le flot d’argent !

Adénaïse : Mais qu’est-ce que comment pourquoi, c’est impossible !

Haysterningenn : Des fontaines qui sortent de cornes d’abondance ! Ça va avoir une de ces classes !

Adénaïse : Bon ! On peut causer deux minutes, vous, ça ne vous gêne pas ? Allez voir délirer plus loin.

Haysterningenn : Moi ! Délirer ! Alors que je crée !

Issenlieu : Il n’y a rien à discuter. Il vous reste six jours pour quitter le couvent !
Issenlieu sort.
Haysterningenn : Délirer… Ah ! Les petites gens… Il faudrait mieux les éduquer…
Haysterningenn sort.
Adénaïse : Ah ! Mais ils commencent à me chauffer ces deux-là ! On va voir ce qu’on va voir !
14.

Brunhilde, Cunégonde, Dalmasine, Elédéanne et Père Jean entrent.
Cunégonde : Alors ?

Elédéanne : Comment ça s’est passé ?

Dalmasine : Cela a-t-il réussi ?

Adénaïse : Non ! Rien ! On est dans les choux, mes filles. Passez-moi l’expression mon père.

Jean : Je comprends parfaitement.

Brunhilde : Quoi ? Alors j’ai fait ça pour rien ?

Adénaïse : Nous avons toutes fait ça pour rien…

Jean : Pourtant, cela me semblait être la meilleure solution.

Adénaïse : Eh ! Bien vous pensez mal, mon père. Oups, pardon.

Jean : Ce n’est rien… Je comprends… Mais si vous pouviez modérer vos ardeurs…

Cunégonde : Mais alors on va devoir quitter le couvent ?

Brunhilde : Oh : Mon Dieu ! Que je me sens mal…

Adénaïse : Non ! On va se battre ! Modérer mes ardeurs ! Alors que nous sommes en pleine crise !

Elédéanne : Vous me faites peur ma mère…

Brunhilde : Oui… Vous frisez la crise cardiaque, là…

Adénaïse : Nous sommes en guerre, mes filles ! Et il s’agit de ne pas la perdre. J’ai besoin de toutes vos idée pour bouter le gueux hors de chez nous ! Si vous voulez bien me pardonner mes excès, mon père…

Jean : Tant qu’il n’y a pas de meurtre, je vous absoudrai…

Adénaïse : A la bonne heure !

Cunégonde : Mais que voulez-vous qu’on fasse ?

Adénaïse : La nuit portant conseil, je vous la laisse pour réfléchir à ce que l’on peut faire. Trouvez-moi toutes les idées dont vous êtes capables, quelles qu’elles soient. Même les plus farfelues. Ne reculez devant rien puisque de toutes façons, nous seront absoutes. C’est bien cela, mon père ?

Jean : Euh… Oui… Enfin, avec modération tout de même…

Cunégonde : Mais, euh… Vraiment ce que l’on veut ?

Elédéanne : Pire que le déguisement en bouteille ?

Adénaïse : Tout ce qui vous passe par la tête ! Aucune limite ! Vous entendez ? Aucune limite ! Nous sommes en guerre et j’ai bien l’intention de la gagner !

Acte III – Frénésie Contagieuse

1.

Adénaïse, Brunhilde, Cunégonde, Dalmasine, Elédéanne et Père Jean entrent et s’installent.
Adénaïse : Bien. Mes filles, l’heure est grave. Il est hors de question que nous partions d’ici et j’attends vos idées. Monsieur le curé s’est joint à nous. Vous avez des idées aussi ?

Jean : Ah ! Non, non… Moi, je suis venu pour l’absolution, c’est déjà pas mal… Je vous dirai à la fin de la réunion combien chacune a de prières à faire pour être pardonnées.

Elédéanne : C’est bien pratique, ça…

Brunhilde : Vous notez que c’est une situation dans laquelle nous avons été poussées ! Nous avons des circonstances atténuantes !

Dalmasine : Oui ; jamais nous n’aurions pensé seules à tout ce que nous allons dire.

Jean : Ne vous inquiétez pas, je note.

Adénaïse : Alors. Qui a pensé à quoi ? Allez… Je vous dis que je ne vais pas vous mordre !

Brunhilde : Bon, je me lance… Vous ne m’en voudrez pas, hein.

Adénaïse : Puisque je vous dis que non ! C’est incroyable, ça !

Jean : Allez-y…

Brunhilde : Voilà… Puisque sœur Cunégonde nous a raconté qu’elle portait malheur, ce n’est pas que je le crois, hein ! Pensez… Mais on pourrait l’utiliser… On dit que depuis qu’elle est arrivée, la malchance s’abat sur le lieu et qu’il n’en partira pas…

Elédéanne : C’est léger…

Dalmasine : Ça ne me plaît pas mais il faut avouer que sœur Brunhilde a été marquée par ce fait… Peut-être qu’ils pourraient y croire…

Jean : Si, si, moi, je trouve ça bien. Vous racontez des histoires qui vous sont arrivées, que quand vous alliez au collège ou au lycée, les lieux brûlaient ou étaient inondés… Brodez… Pourquoi ne pas dire qu’un de vos petits amis de jeunesse s’est blessé en étant proche de vous ou que vos parents ont eu un accident…

Adénaïse : Alors vous ! Les pieds dans le plat ! On ne fait pas mieux dans le genre !

Jean : Qu’est-ce que j’ai dit ?

Cunégonde : Il faut tout tenter. Je raconterai tout cela. Merci mon père pour les idées…

Jean : Je vous en prie… Ça m’est venu comme ça…

Adénaïse : Bon, allez, c’est réglé, vous faites ça. D’autres idées ?

Elédéanne : Je ne sais pas si c’est très original, mais je me suis dit qu’on pouvait tenter de le séduire. Comme avec le maire mais en allant plus loin. Une sœur lui fait les yeux doux et il lui offre le couvent. Qu’est-ce que vous en dîtes ?

Dalmasine : C’est très romantique.

Adénaïse : C’est bien pour les romans mais ça ne marchera jamais dans la vraie vie…

Cunégonde : Et puis ça risque d’être long… Le séduire peut prendre du temps. Il n’offrira pas le couvent comme ça et il ne nous reste que cinq jours… Je crois que c’est trop court.

Brunhilde : Et surtout, c’est un coup à finir avec lui ! Rien que d’y penser…

Jean : Oui ! Il faut penser à l’après… Si l’une de vous doit se compromettre… Quitter la maison du Seigneur… Sa voie religieuse… Non, je trouve cela trop risqué.

Adénaïse : Alors on oublie.

Dalmasine : Je trouvais pourtant ça romantique…

Adénaïse : Vous avez trouvé quelque chose, vous ?

Dalmasine : J’ai… J’ai repensé aux journées passées… A Figolin ou Gilbert qui vous surprennent toujours et vous font sursauter…

Elédéanne : Vous voulez qu’on leur fasse « Bouh » quand ils entrent ? Vous avez réfléchi ou vous avez dormi cette nuit ?

Adénaïse : On va avoir l’air de rigolotes, là…

Cunégonde : Laissez-la finir…

Dalmasine : Je me suis dit… Peut-être qu’on pourrait leur faire peur, mais en se cachant. Faire croire que le couvent est hanté par exemple… Au propriétaire ou à l’architecte, peu importe… Voilà…

Adénaïse : C’est tout ?

Cunégonde : Je trouve que c’est une bonne idée… Je suis sûre que ça peut marcher ! Tout le monde croit au surnaturel… Ils ne prendront jamais le risque de construire un centre commercial sur un tel terrain…

Brunhilde : Oui, mais il ne suffit pas de dire que c’est hanté pour que les gens y croient…

Elédéanne : Sœur Brunhilde a raison. On dit c’est hanté et puis quoi ? Ils partent en hurlant de frayeur ? Je n’y crois pas…

Jean : Non, non, c’est pas mal… Vous vous cachez. Dans ce coffre par exemple. Et vous le faites claquer quand on ne s’y attend pas. Ou alors avec ce chandelier ! Je me souviens quand on était au séminaire… Ce qu’on avait pu rire… Parfois, bien sûr, pas tout le temps… Mais avec un fil en nylon, par exemple, hop ! On fait tomber le chandelier ! Personne n’est là ! C’est un fantôme ! Ce qu’on s’est fait peur avec ça ! Bouhouhouhouuuuu… Je suis le fantôôôôôme… Oui… Il… Il faut voir dans le contexte, bien sûr… Mais cela peut fonctionner…

Adénaïse : Bon. Admettons.

Jean : Et alors, moi, j’interviens ! Je viens faire un exorcisme, comme dans le film ! Que je n’ai vu, bien sûr, qu’à titre studieux, pour analyser la place de la religion dans le cinéma Hollywoodien de ces années-là… Mais alors, je pourrais faire pareil ! J’ai déjà fait un peu de théâtre et je ne voudrais pas me vanter, loin de là, mais je suis assez convaincant comme comédien… Je pourrais faire une petite séance, comme ça, pour renforcer l’idée, non ? Allez, dîtes-oui…

Adénaïse : D’accord. Sœur Brunhilde, sœur Elédéanne, vous verrez ce que vous pouvez faire avec ça.

Brunhilde : Alors moi, je vais faire des cauchemars, c’est sûr.

Elédéanne : On va y réfléchir. Tant que je ne dois pas me déguiser en bouteille…

Adénaïse : Très bien. Débrouillez-vous, je ne veux rien savoir. Sœur Cunégonde ? Vos idées.

Cunégonde : Je… Je ne sais pas si je peux…

Adénaïse : Puisque je vous ai dit que monsieur le curé vous absoudra !

Jean : S’il n’y a pas mort d’homme, je le rappelle…

Cunégonde : J’ai… J’ai repensé à hier… Quand vous aviez demandé au Seigneur de vous envoyer un signe et que Gilbert est entré…

Adénaïse : Oui, bon, et alors ?

Cunégonde : Je me suis dit… Il faudrait qu’on fasse apparaître Dieu à l’un d’eux pour qu’il les remette sur le droit chemin…
Un temps.
Adénaïse : Ah ! Ben quand on vous demande de réfléchir sans limite, vous ! C’est au-delà de mes espérances !

Cunégonde : Je savais que je n’aurais pas du…

Elédéanne : Non, non, moi je trouve ça bien. Si c’est Dieu lui-même qui demande au propriétaire qu’il laisse le couvent tranquille… Il ne pourra pas refuser.

Dalmasine : C’est un blasphème ! Et puis personne n’y croira !

Elédéanne : Il y en a bien qui ont vu des apparitions de la vierge…

Jean : Je dois avouer que c’est osé… Mais avec une lumière particulière… Des effets spéciaux… Je me souviens quand j’animais des camps. Nous avions fait une petite scène de théâtre qui se déroulait au ralenti par moment, c’était très réussi ! On y aurait vraiment cru. Juste avec une lumière clignotante… Oui, oui ! Avec des lumières qui vacillent pour l’arrivée… Un courant d’air… Et une tenue adéquate. Oh ! Et pourquoi pas des fumigènes aussi2… Je vois ça comme si j’y étais !

Adénaïse : Dîtes donc… Vous vous amusez bien mon père pour quelqu'un qui était juste venu donner l’absolution…

Jean : Oui, mais… C’est… Elle a raison. Comment ne pas écouter Dieu qui vous parle directement ?

Brunhilde : Mais qui va jouer le rôle de Dieu ?
2.

Figolin entre brusquement dans le dos d’Adénaïse qui sursaute.
Figolin : Ma mère ! J’ai retrouvé ma fourmi !

Adénaïse : L’animal ! Il faut toujours qu’il me fasse peur !

Elédéanne : En tout cas, la maison hantée, ça peut faire son effet…

Figolin : Mais je suis pas bien sûr que ce soit la même…
Tout le monde regarde Figolin.
Figolin : Qu’est-ce qu’il y a ? Je tombe mal ?

Adénaïse : Mais non, Figolin, au contraire ! Vous apparaissez quand il faut…

Dalmasine : C’est une mauvaise idée, ma mère…

Elédéanne : Pas du tout, il faut essayer…

Jean : Il faut avouer qu’il a un style…

Cunégonde : Faisons un essai.

Adénaïse : Bon. Figolin… Pour… Pour faire une blague… Nous… Nous aimerions que… Que vous vous déguisiez en Dieu.

Figolin : Moi ? En Dieu ?

Adénaïse : Il a déjà compris ça, c’est un bon point.

Elédéanne : Mais il faudrait que vous nous montriez avant…

Cunégonde : Pour être sûr que ça peut marcher…

Dalmasine : Je ne trouve vraiment pas ça bien…

Brunhilde : Oh ! Là, là, j’ai des bourdonnements, ce n’est pas bon signe…

Jean : Ne craignez rien, Figolin, faites comme si vous étiez Dieu… Allez-y…

Figolin : Je suis Dieu ? Je suis Dieu ! Je vais créer des fourmis qui ne s’en vont pas ! Avec un zizi pour les garçons pour qu’on les reconnaisse facilement ! Et après ! Pif ! Paf ! Pouf ! Que la lumière soit ! Avec des feux de Bengale partout !
Un temps.
Adénaïse : Eh ! Ben… Ce n’est pas gagné…

Cunégonde : C’est peut-être une mauvaise idée au final…

Figolin : J’ai été bien ?

Jean : Très bien, Figolin, très bien.

Dalmasine : On ne peut pas faire ça ! Mon père ! Ma mère !

Elédéanne : Mes frères et mes sœurs… Pardon, ça m’a échappé… Mais il me rend marteau, celui-là…

Adénaïse : Bon, ça va bien, sœur Elédéanne…

Jean : L’idée n’est pourtant pas si mauvaise… On pourrait le garder pour les éclairages puisque ça lui plaît… Il participerait…

Adénaïse : Alors là, on n’est pas sorti…

Brunhilde : Il va mettre le feu au couvent !

Elédéanne : Comme ça, il n’y aura plus besoin de le raser…

Adénaïse : Je crois qu’on va oublier l’idée si on n’a personne…

Jean : Oui, je ne peux pas tenir le rôle… On me reconnaîtrait…

Cunégonde : Et vous, ma mère, vous avez pensé à quoi ?
3.

Gilbert entre.
Gilbert : Non ! Ma mère, ce n’est plus possible ! Votre kangourou, là, qui bouillonne, faudrait voir à couper le gaz parce qu’il n’a pas inventé l’eau chaude, mais il n’arrête pas de tout chambouler ! Il fait un boucan du tonnerre de Dieu, si je puis me permettre… Et comme si ça ne suffisait pas qu’il remue tout, voilà maintenant qu’il veut que je mette un pagne parce qu’il trouve qu’un resto en plein air, ça fait pensé aux aborigènes ! Vous m’imaginez en pagne ? Non… Alors je suis pas contre me déguiser de temps en temps, mais il ne faut pas pousser !
Un temps.
Adénaïse : Vous n’êtes pas contre vous déguiser de temps en temps… Parfait !

Dalmasine : Ma mère !

Jean : Si, si, il sera très bien. Et moi, je pourrais…

Adénaïse : Nous dire combien on a de prières à faire pour être pardonnées, ça ira comme ça.

Jean : Oui…

Gilbert : J’ai pas bien compris ce que je devais faire…

Adénaïse : On vous expliquera. On vous donnera un mot de passe pour quand vous devrez entrer et… Vous verrez.

Cunégonde : Excusez-moi, mais… Vous ne nous avez pas donné votre idée, ma mère…

Elédéanne : C’est vrai, ça.

Adénaïse : Moi, je vais lui rappeler que Figolin est embauché ici à vie.

Elédéanne : C’est tout ?

Adénaïse : Oui, ben tout le monde ne peut pas avoir une imagination débridée comme vous… Je fais ce que je peux, moi…

Dalmasine : Je sens que tout cela va mal finir…

Gilbert : Bon, mais alors le pagne, j’oublie ?

Adénaïse : Oubliez, oubliez… Le résultat, mon père ?

Jean : Alors… Sœur Elédéanne, deux « Notre Père », sœur Dalmasine, cinq, sœur Cunégonde, cinquante, forcément… Sœur Brunhilde, six. Et vous, ma mère, ce n’est pas bien grave, rien…
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