Une pièce d’Eric Beauvillain








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Elédéanne : Ah ! Non ! Non, là, il y a des limites quand même !

Adénaïse : Oui… Vu sous cet angle, évidemment… On va y réfléchir…

Elédéanne : J’espère bien ! Entrez dans les ordres qu’ils disaient, vous serez plus proche du Seigneur ! Eh ! Ben j’ai encore du chemin !

Adénaïse : Oui, oui, on… On va revoir ça. Sœur Brunhilde… Des remarques quant à cette kermesse ?

Brunhilde : Oh ! Ben moi… J’ai été au soleil toute la journée. Je crois que j’ai attrapé un coup de chaud, exposée comme ça…

Adénaïse : Il faisait beau. On ne peut que s’en réjouir…

Brunhilde : Oui, mais alors en fin d’après-midi, ça s’est couvert. J’ai du attraper un chaud et froid à ce moment-là, à cause de la température qui a brusquement chuté…

Adénaïse : On ne maîtrise pas la météo, sœur Brunhilde…

Brunhilde : Je sais bien, mais tout de même. J’étais en plein courant d’air. J’en suis persuadée ! L’air entrait dans la cour par la porte à l’Ouest, tournait en cherchant une sortie et la seule, la plus proche, c’était le mur derrière moi qui était plus bas que les autres. Du coup, le vent allait droit sur moi, comme ça, wouf, et remontait comme ça, wouf. Non seulement j’en avais plein la figure mais en plus ça s’engouffrait sous ma robe ! J’ai fini gelée !

Adénaïse : Que voulez-vous que j’y fasse, ma fille ? Rha ! Et ce chandelier !
Adénaïse déplace le chandelier vers sa droite pour voir Brunhilde. Le chandelier est maintenant entre Adénaïse et Dalmasine.
Adénaïse : L’année prochaine, on vous installera une éolienne.

Brunhilde : Une éolienne ?

Adénaïse : Oui. Une petite. Avec un accumulateur. Ça n’empêchera pas le vent mais ça nous permettra d’économiser de l’énergie… Merci pour cette trouvaille, sœur Brunhilde.

Brunhilde : Certes, mais… Ne pourrais-je changer de place ? Du fait du mur plus bas, en fin de journée, quand le soleil est revenu, il n’y a que moi qui n’étais pas à l’ombre… Ça me tapait dans le dos, j’ai cru que j’étais brûlée à un degré ou à un autre, moi ! Je ne pourrais pas avoir la place de sœur Elédéanne ? Elle est à l’ombre et bien protégée…

Elédéanne : Vous voulez le déguisement de distributeur automatique aussi ?

Brunhilde : Euh… Je…

Adénaïse : Dîtes-donc… Vous voulez la place de sœur Elédéanne… Vous ne seriez pas un peu envieuse ?

Brunhilde : Ah ! Non, mais je…

Adénaïse : Parce que si c’est le cas, les « Pater » vont tomber !

Brunhilde : Pas du tout ! Je suggérais simplement… Je… Je m’occuperai de l’éolienne l’année prochaine…

Adénaïse : Je préfère ça. Sœur Dalmasine, des remarques ?

Dalmasine : C’est à dire… Je ne voudrais pas me plaindre… (le son a diminué et on ne comprend pas « me plaindre » mais « gnegnenge »…)

Adénaïse : Pardon ? Je n’ai pas compris…

Dalmasine : Je disais que… A la rigueur, en effet, je pourrais objecter une ou deux choses (idem, on ne comprend pas la fin de la phrase).

Adénaïse : Mais parlez plus fort, à la fin, je ne comprends rien !

Dalmasine : En fait, on ne peut pas dire que ça se soit mal passé, mais…

Adénaïse : Rha ! Et ce chandelier ! Mais pourquoi faut-il qu’il y ait toujours quelque chose au milieu des tables !
Adénaïse va remettre le chandelier sur le coffre en continuant.
Adénaïse : Qui a mis ça sur la table ?
Un temps.
Adénaïse : Mmm ?

Elédéanne : C’est… C’est moi, ma mère…

Adénaïse : C’était une mauvaise idée. Un appel à la distraction plutôt qu’au travail. Vous me ferez trois « Notre Père ».

Elédéanne : Oui, ma mère…

Adénaïse : Alors, vous, maintenant. Est-ce que je peux comprendre un mot de ce que vous vouliez me dire ? N’allez pas me faire croire que je vous intimide ! Et un peu fort, s’il vous plaît.

Dalmasine : Je disais que je ne suis pas contre accueillir les gens mais je ne pense pas être faite pour l’animation… Si les annonces pouvaient être faites par quelqu'un d’autre l’année prochaine…

Adénaïse : C’est vrai qu’on a mal calculé ça… Vous n’étiez pas la personne idéale pour vous adresser à la foule sans micro… Je pense que c’est pour ça que personne n’est venu me voir dans ma cabane au fond de la cour… Moi qui croyais que vous n’en aviez pas parlé… D’ailleurs, il y a des gens qui m’ont souhaité un prompt rétablissement pour votre extinction de voix, c’est dire…

Dalmasine : Pourtant, j’ai eu l’impression de crier…

Adénaïse : Alors ça aussi, c’est à revoir…
7.

Haysterningenn entre brusquement. Les sœurs se tournent et se figent.
Haysterningenn : Oh ! Là, là… Ce n’est pas mieux que le reste, ici… Pffff… Il va y avoir un de ces boulots ! Et puis qu’est-ce que qu’ils ont installé des statues ici ? C’est d’un laid !

Adénaïse : Je vous demande pardon ?

Haysterningenn : Ah ! Elles parlent ! Ils vous ont statufiées vivantes ! Ils vous ont trempé dans le béton telles quelles et vous vivez encore ! Quelle horreur ! Quel génie ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant !?

Adénaïse : Qu’est-ce que c’est que cette histoire ! Nous sommes les sœurs de ce couvent et absolument pas des statues !

Haysterningenn : Des bonnes sœurs ? Elle est bonne, celle-là ! Je me suis complètement fait avoir ! Bravo ! Cela dit, l’idée est bonne… Je pourrais vous pétrifier pour rester dans la lignée historique…

Brunhilde : J’ai des crampes rien que d’y penser…

Dalmasine : Seigneur, protégez-nous du mal…

Cunégonde : Ma mère… C’est toujours animé comme ça ?

Elédéanne : Tiens ! J’allais vous demandez si vous ameniez toujours de l’animation où vous passiez…

Adénaïse : Non, mais qu’est-ce que vous venez faire ici ?

Haysterningenn : Ce que je viens faire ? Ce que je viens faire ici ? Mais c’est hallucinant ! Je viens moderniser bien sûr ! Je viens créer ! Sortir la beauté de la torpeur, faire naître la pureté de ses cendres ! Je vous avoue que ce ne sera pas facile mais j’ai déjà fait mieux. Je suis parti de plus loin, de friches, de rocailles perchées, de désert inesthétique pour arriver à des œuvres majeures ! N’ai-je pas étendu le plus grand complexe de remise en forme en bord de mer ? N’ai-je pas élevé l’immeuble le plus formidable de tous les temps ? Celui qui épouse l’arrête des falaises, qui en suit les courbes sur plus de cent mètres de hauteur ? Un travail de titan ! Alors ce n’est pas ce couvent poussiéreux qui va m’effrayer…

Adénaïse : Vous pourriez arrêter de gesticuler dans tous les sens ? Je n’ai toujours pas bien saisi ce que vous veniez faire ici…

Haysterningenn : D’abord, ici, je vais mettre un ascenseur nouveau genre. Deux étages à la seconde. Avec un sol en forme d’hostie ! Du délire ! On n’aura jamais vu ça ! Et puis je vais reprendre votre gugusse, là, sur les croix des murs, pour les directions. Mais pas les deux bras, ça ne veut rien dire… Juste un. Cinéma (il mime le Christ sur la croix, pointant d’un côté avec un bras), supermarché (idem de l’autre bras)… Et on innove aussi, avec les bras devant ! Piscine (il mime avec les deux bras qui indiquent devant, comme s’il allait plonger dans l’eau)… Ça va être de la frénésie ! Ici, une tour en verre. Là, je rase. Terrasse. Béton et plastique. Modernité. Avec des statues de bonnes sœurs en guise de lampadaire. Visionnaire !

Adénaïse : Continuez comme ça, vous allez voir qu’une bonne sœur peut être mauvaise et qu’il n’y a pas que des « Je vous salue Marie » qui peuvent tomber ! Je voudrais bien savoir qui vous êtes.

Haysterningenn : Qui je suis ? Elle demande qui je suis ?! Mais c’est à mourir de rire ! Mais le monde entier sait qui je suis ! L’architecte le plus génial de sa génération ! Mon nom est sur toutes les lèvres ! Tenez ! Elle va vous dire qui je suis, elle ! Allez : comment je m’appelle ?

Dalmasine : Je… Je ne sais pas…

Haysterningenn : Bon. Mauvais exemple. Vous. Quel est mon nom ?

Brunhilde : Arrêtez de bouger comme ça, vous me donnez le vertige…

Haysterningenn : Oui, mais mon nom ?

Elédéanne : C’est bon, vous allez nous la faire pleurer !

Cunégonde : En tout cas, on ne s’ennuie pas, ici…

Adénaïse : Je m’en vais le faire sortir à coup de crucifix, moi ! Ça ne va pas traîner !

Haysterningenn : Ok, ok, je comprends. Vous n’avez pas accès au monde dans votre tas de pierres… Je vous éclaire. Haysterningenn ! Ça y est ? Vous percutez ? Haysterningenn ! Ça sonne, non ?

Adénaïse : Ici, il n’y a que l’angélus qui sonne mais je peux toujours vous sonner les cloches si vous continuez à nous carillonner vos idioties !

Haysterningenn : Mes idioties… Je ne comprends pas bien, là…
Un temps.
Elédéanne : Je dois avouer que moi non plus…
Un temps.
Haysterningenn : Ça y est ! Je sais ! Et c’est moi qui trouve… Forcément, je suis le génie…

Cunégonde : Mais alors… De quoi vous parlez ?

Haysterningenn : C’est ça, la clef ! Vous n’êtes pas au courant ! Alors bien sûr, vous ne pouvez pas comprendre la puissance de ma pensée, vous ne pouvez pas savourer la témérité de mon imagination ! Que ce doit être dur pour vous, mes pauvres bichettes…

Dalmasine : Des bichettes ? Ma mère…

Adénaïse : Ne touchez pas à mes filles ! Attention !

Haysterningenn : Oui, oui, bon, bon, on se calme… Je vais prendre des mesures le temps qu’on vous mette au courant, hein ? C’est parti.
Haysterningenn sort.
Cunégonde : Moi qui pensais trouver ici la sérénité propre au recueillement…

Adénaïse : Qu’est-ce que c’est que cette blague !

Cunégonde : Ce n’est pas une blague. Je pensais sincèrement trouver ici la sérénité…

Adénaïse : Mais pas vous, sœur Cunégonde ! Ça ! Cet espère de bourdon tonitruant ! L’une de vous est-elle pour quelque chose dans cette intrusion ?

Dalmasine : Pas du tout, ma mère ! Comment pouvez-vous pensez que nous soyons à l’origine de, de, de…

Brunhilde : Moi, je n’y suis pour rien : j’ai failli défaillir ! J’ai encore la tête qui tourne d’ailleurs.

Elédéanne : Ça doit être un pauvre d’esprit qui pensait que le royaume des Cieux lui appartenait déjà… Il aura vu la porte ouverte et il sera entré…

Adénaïse : C’est vrai, ça ! Comment est-il entré ?

Elédéanne : Gilbert aura laissé ouvert…

Brunhilde : Mais alors n’importe qui pourrait entrer et nous égorger !

Dalmasine : Gilbert ne laisse jamais ouvert…

Cunégonde : Il faut bien que quelqu’un l’ait fait entrer… Il n’est tout de même pas passé par la cheminée… Il n’a pas le profil du Père Noël…

Adénaïse : Mes filles, nous terminerons notre bilan plus tard. Nous allons déjà éclaircir ça.
8.

Issenlieu entre.
Issenlieu : Ah ! Vous êtes là… C’est incroyable ! J’ai fait des kilomètres dans ces couloirs sans rencontrer personne ! C’est impressionnant… On se croirait dans un cloître abandonné de vieux western mexicain des années cinquante… On s’attend à tout moment à voir surgir une nonne folle au compte des indiens, armée de sa mitraillette… Vous, par exemple, vous auriez été parfaite dans ce rôle ! Je dois avouer que plus d’une fois, j’ai eu des frissons.

Dalmasine : Mais qui êtes-vous ?

Cunégonde : C’est un moulin, ici !

Elédéanne : C’est une invasion, oui ! Comme les abeilles au printemps !

Brunhilde : Tous ces courants d’air… Je vais attraper une angine, moi !

Adénaïse : Comment êtes-vous entré ?

Issenlieu : Avec la clef, tout simplement…

Cunégonde : Il a la clef ?

Adénaïse : Vous ne seriez pas le fils du comte d’Issenlieu, par hasard ? Il y a comme un air de famille…

Issenlieu : Si fait ! Et je suis ravi d’avoir enfin pu déambuler dans ce lieu mystérieux… Il faut dire que j’en ai entendu parler depuis que je suis petit. Ce n’est pas si terrible au final. Grand, certes, mais banal… Pierreux, humide…

Elédéanne : Désolée de vous décevoir…

Adénaïse : Sœur Elédéanne ! Et qu’est-ce que vous voulez ?

Issenlieu : Vous savez, on s’imagine toujours monts et merveilles quand on ne connaît pas… Moi, ça a été ça… Papa ne voulait jamais que l’on vienne ici, pour ne pas vous déranger disait-il. C’est tout ce que je savais de ce lieu et de vous. Moi, je vous imaginais… Je ne sais pas… En train de préparer des potions secrètes et merveilleuses, de grands couloirs ornés de flambeaux, de petits escaliers en colimaçons au lieu de ces avenues de marches que vous avez…

Adénaïse : Bon. Vos rêves de gosse sont cassés mais cela ne nous dit toujours pas ce que vous voulez…

Issenlieu : Oh ! Je ne suis pas naïf, vous savez… Je sais bien ce qu’est un couvent et des sœurs, mais j’étais môme… L’image est restée malgré tout et je suis forcément déçu de voir ces étalages de pierrailles sans charme et ces momies sèches sorties de bouquins ancestraux.

Adénaïse : Non, mais dîtes donc !

Brunhilde : Je me sens vieille d’un coup… Il faut que je m’asseye…

Elédéanne : Vous êtes déjà assise, sœur Brunhilde.

Brunhilde : Mon Dieu ! C’est vrai… C’est Alzheimer qui me gagne !

Dalmasine : Détendez-vous, sœur Brunhilde… C’est ce monsieur qui vous trouble…

Cunégonde : D’ailleurs, vous ne nous avez toujours pas exposé le motif de votre visite…

Issenlieu : Non, décidément, je ne regrette pas ma décision.

Adénaïse : Quelle décision ?!

Issenlieu : Celle de tout raser…

Cunégonde : Pardon ?

Dalmasine : Comment, tout raser ?

Issenlieu : Tout ! Ce sera encore plus lisse qu’un œuf passé au papier de verre.

Elédéanne : Mais raser quoi ? Le couvent ?

Adénaïse : Qu’est-ce que c’est que cette invention !

Brunhilde : Oh ! Je ne me sens pas bien…

Issenlieu : Bien sûr, le couvent. Hop ! Poubelle ! A la place, on érige un centre commercial colossal plus moderne que la prochaine fusée de la NASA ! Et surtout, plus rentable… C’est Haysterningenn qui va s’occuper de tout.

Adénaïse : Ce n’est pas possible !

Issenlieu : Il m’a assuré que si ! Et si son talent est proportionnel à ses tarifs, cet homme est un génie qu’il sera difficile d’égaler un jour… Je ne pourrais même pas écrire en lettres le montant des travaux du premier coup sans me tromper… C’est amusant, non ?

Cunégonde : Mais nous ?

Dalmasine : Qu’est-ce qu’on va devenir ?

Brunhilde : On va finir à la rue ! Dans les saletés, les rats, les maladies ! On va mourir !

Issenlieu : Vous ? Je ne sais pas… Débrouillez-vous…

Elédéanne : Non, mais d’abord, ce n’est pas possible, on ne peut pas raser un bâtiment comme ça !

Adénaïse : C’est vrai : il ne vous appartient pas, il appartient à l’église et je doute que l’évêché accepterait pareil blasphème.

Issenlieu : Ah ! Mais pardonnez-moi… Ce couvent m’appartient. Papa l’a acheté il y a longtemps, vous y a laissé vivre gratuitement jusqu’à aujourd’hui, m’interdisant d’y venir, d’y entrer, soi-disant que ce lieu était pour les sœurs et pas pour les garçons, j’avais droit à tout ce que je voulais, un cheval, une piscine, une maison à la campagne si je le demandais, mais entrer ici ! Non ! Ça ne coûtait rien, mais non, il préférait dépenser sa fortune plutôt qu’ouvrir cette porte ! Je hais ce bâtiment ! C’est fini, tout ça ! Le seul obstacle que j’ai jamais rencontré va disparaître en fumée, s’évanouir !
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