Une pièce d’Eric Beauvillain








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Adénaïse : C’est pour rappeler qu’elle a été enceinte du Christ, mon ami…

Moncourt : Tout de même… Il y a des produits qui frôlent les limites…

Adénaïse : Allons, allons… Personne ne sait que ces produits dérivés sont créés ici. Nous n’affichons que les broderies, les vierges en plâtre et tout ce qui est correct. Pour le reste, c’est un autre nom que celui du couvent. Qui irait imaginer qu’une entreprise nommée « Missel Mi Poivre » est tenu par des religieuses ?

Moncourt : Surtout, que cela ne se sache pas !
Haysterningenn entre.
Haysterningenn : J’ai une idée fabuleuse !

Moncourt : Oh ! Là, là… Je préfère vous laisser. Je ne veux pas entendre sa nouvelle trouvaille. Mère Adénaïse…

Adénaïse : Au plaisir, monsieur Moncourt… Et mes amitiés à l’évêché.

Moncourt : Je n’y manquerai pas…
Moncourt sort.
Adénaïse : Alors ? Qu’est-ce que vous avez encore trouvé, vous ?

Haysterningenn : Une idée majuscule ! Une idée couleur lingot ! On va détrôner Barbie ! On fait un Christ en croix dont on peut changer les habits ! Short pour l’été, costume pour les affaires, peignoir pour le soir et maillot de bain pour la plage ! Changez votre Christ selon vos humeurs ! Formidable, non ?

Adénaïse : Je ne sais pas si ça va beaucoup plaire…

Haysterningenn : Allons, allons, vous aviez déjà dit ça pour mon Christ brosse à dents et il s’arrache comme des petits pains.

Adénaïse : Mouais… On verra.

Haysterningenn : En tout cas, je voulais vous remercier de m’avoir embauché. J’avais l’impression de m’éparpiller ces derniers temps dans mes créations. Grâce à vous, j’exploite un thème à fond, je le décline… Je dois avouer que je m’éclate !

Adénaïse : Tant mieux. Nous, ça nous rapporte, tout le monde est content.
Elédéanne entre.
Haysterningenn : Par contre, il faudrait voir à augmenter les capacités de production parce que j’ai des idées ! Ça bouillonne !

Adénaïse : On va y réfléchir…

Haysterningenn : Oh ! Et un costume en strass pour les soirées funs ! Je vais aller dessiner les plans !

Adénaïse : C’est ça…
Haysterningenn sort.
Elédéanne : Ah ! Ma mère, justement, pour la production. Je suis en train d’examiner les dossiers des nouvelles postulantes…

Adénaïse : Très bien. Qu’est-ce que ça donne ?

Elédéanne : Poh ! Toutes les novices veulent venir chez nous ! Et justement, je ne sais plus où les mettre, moi. Faudrait envisager d’agrandir, si c’est possible… Construire de nouvelles chambres, un dortoir, je ne sais pas, mais si ça continue, je vais devoir refuser, ce serait dommage…

Adénaïse : Très bien. Faites-moi une proposition, je regarderai ça.

Elédéanne : Pas de problème, ma mère.
Elédéanne sort.
Adénaïse : Pfffff… Je ne sais plus où donner de la tête, moi, avec tout ça. Quelle heure il est ? Déjà !
Dalmasine entre.
Dalmasine : Ma mère…

Adénaïse : Oui ?

Dalmasine : Je viens de recevoir une commande de cinq cent bouteilles, vous êtes au courant ?

Adénaïse : Oui, oui, oui, c’est pour un séminaire.

Dalmasine : Mais ça va me prendre la production de toute une semaine, ça !

Adénaïse : Eh ! Ben produisez plus, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise…

Dalmasine : Ou alors, j’arrête momentanément le goût banane…

Adénaïse : Ah ! Non, ce serait dommage, il est très bon celui-là…

Dalmasine : Oui, je trouve aussi…

Adénaïse : Eh ! Vous y allez doucement sur les dégustations, hein ? On a vu ce que ça donne…

Dalmasine : Ne vous inquiétez pas, ma mère, ce n’est qu’en cas de nécessité…

Adénaïse : Bien. Alors commencez à produire pour ce séminaire et on verra si on peut les livrer en deux fois.

Dalmasine : Ça me paraît bien, ça.

Adénaïse : Ah ! Et faites porter une bouteille de notre nectar dans la salle de réception.

Dalmasine : Oui, ma mère.
Dalmasine sort quand Gilbert entre.
Gilbert : Ah ! Ma mère… Pour les plats à faire livrer, je vais avoir un surcroît de travail parce que l’hôpital vient de se rajouter sur nos listes. Alors je vais faire ce que je peux aujourd’hui, mais pour le couvent… Ça risque d’être léger…

Adénaïse : Très bien, ça nous changera…
Figolin entre.
Figolin : Notre mère ! Notre mère ! Y’a un souci avec l’ordinateur ! J’ai cliqué comme d’habitude et ça a fait pif paf pouf partout ! Je sais plus ce qu’il faut que je fasse, moi !

Adénaïse : Bon, bon… Gilbert, allez voir ça, s’il vous plaît…

Gilbert : Comme si je n’avais que ça à faire… Si je m’occupe de ça, je ne sait pas comment seront les repas pour l’hôpital, moi…

Adénaïse : Eh ! Bien faites comme moi, déléguez…

Gilbert : Bon… On va faire comme on peut… A Dieu vat… Si je puis me permettre…

Adénaïse : C’est ça, allez.
Lavart entre.
Lavart : Je dérange ?

Adénaïse : Du tout, du tout, entrez.
Figolin et Gilbert sortent.
Lavart : Nous avions rendez-vous, n’est-ce pas…

Adénaïse : Oui. Pour la taxe professionnelle. C’est exorbitant ces choses-là !

Lavart : Que voulez-vous… Ce n’est pas moi qui calcule…

Adénaïse : Enfin ! Avec tous les touristes que je vous apporte !

Lavart : C’est vrai que ça, il y a du monde qui vient, maintenant…

Adénaïse : Alors ! Je fais fonctionner le commerce ! Vous pourriez me faire une ristourne, non ?

Lavart : La municipalité a quand même fait flécher toute la ville pour diriger sur le couvent, n’est-ce pas… Je ne pensais d’ailleurs pas que cela intéressait tant de voir des sœurs travailler…

Adénaïse : Boh… C’est dans l’air du temps. Ça passera sûrement, mais en attendant, on profite.
Père Jean entre.
Lavart : Donc, pour la taxe professionnelle, n’est-ce pas…

Adénaïse : Oui. Passez dans la salle de réception, j’arrive. Il y a une bouteille de nectar qui vous attend.

Lavart : Bien sûr. J’y vais.
Lavart sort.
Jean : Alors ? Tout va bien ?

Adénaïse : On ne peut mieux, mon père.

Jean : Qu’est-ce que vous m’avez encore inventé ?

Adénaïse : Bah… Puisque vous absolvez tant qu’il n’y a pas mort d’homme…

Jean : Ah ! Le jour où j’ai dit ça… Tout le monde ici en profite. Vous avez mis toutes les sœurs à la pâte…

Adénaïse : Oui… Sœur Elédéanne fait les inscriptions. Elle est douée pour le contact…

Jean : Ça…

Adénaïse : Sœur Brunhilde, les comptes. Dès que quelque chose ne va pas, on le sait.

Jean : Elle est à sa place.

Adénaïse : Sœur Dalmasine s’est mise à l’alcool.

Jean : Mon Dieu, la pauvre !

Adénaïse : Non, non, rassurez-vous, elle le fabrique.

Jean : Vous me rassurez ! Et sœur Cunégonde ?

Adénaïse : Elle nous fait la publicité. Elle a toujours eu un don pour raconter les choses cette enfant… D’ailleurs, elle a écrit une pièce de théâtre sur ce qui nous est arrivé…

Jean : J’ai hâte de voir ça !

Adénaïse : Oui, oh, ce n’est pas encore pour tout de suite…

Jean : Bref, tout le monde travaille bien…

Adénaïse : Même Figolin !

Jean : Qu’est-ce que vous lui faites faire ?

Adénaïse : Les commandes par Internet. On a remplacé le curseur par une fourmi et chaque fois qu’il clique au bon endroit, il y a des feux de Bengale plein l’écran !

Jean : Mais ce n’est pas… Dangereux ? S’il se trompait ?

Adénaïse : Non… Ce n’est pas le vrai serveur… On fait ça pour qu’il participe, c’est tout… Pas fou, non ? On ne va pas perdre des milliers d’euros pour lui faire plaisir !

Jean : Je me demande tout de même si c’est bien tout ce que nous faisons…

Adénaïse : L’évêché est content.

Jean : Oui, mais dans le fond…

Adénaïse : Je vais vous dire, mon père. Issenlieu ne serait pas venu, nous n’aurions pas eu à nous débrouiller pour racheter le couvent, il ne nous aurait pas soufflé cette idée de commercer… Rien ne serait arrivé. C’est à cause de lui. Ou grâce à lui, je ne sais pas. En tout cas, le maire m’attend, je dois y aller.

Jean : J’ai parfois l’impression que nous pêchons, ma mère…

Adénaïse : Les voies du Seigneur sont impénétrables, mon père… S’il a mis Issenlieu sur notre chemin, c’est peut-être justement pour que tout cela puisse arriver… Alors ainsi soit-il !
Noir.

(On pourra être tenté de remplacer la dernière réplique par le titre de la pièce, ce en quoi vous ferez comme vous en avez envie !)


1 Pas avant Noël si nous sommes plus proche de Pâques…

2 Ne parlez pas des fumigènes si vous n’avez pas de machine à faire de fumée à utiliser dans l’acte suivant.

3 Le plus simple étant, si on ne l’a pas préparé entre les deux actes, de prendre un fil de nylon avec un nœud coulant. Il suffira de passer la boucle autour du chandelier, plutôt en hauteur, et de serrer.



Ainsi soient-elles ? - Eric Beauvillain


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