Une pièce d’Eric Beauvillain








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Ainsi soient-elles ?

Une pièce d’Eric Beauvillain
Ce qu’il faut savoir :
Cette pièce dure deux heures environ.
Le décor donné est minimal. Rien ne vous empêche de rajouter des crucifix, des meubles, lutrins, etc.
La pièce demande au moins cinq femmes et trois hommes. Les quatre rôles restant peuvent être tenus à mon sens par des hommes ou des femmes indifféremment.
Si vous décidez de jouer ce texte, il faut savoir deux choses :
D’abord, cette pièce est déposée à la SACD. Cela veut dire que, si vous la jouez, il faut la déclarer et payer des droits… Si vous ne savez pas comment faire – il y a des troupes qui me demandent… - n’hésitez pas à me contacter.
Ensuite, j’aime bien présenter sur mon site ( http://amatheus.chez-alice.fr ) les troupes qui m’ont joué. Si vous la jouez, n’hésitez pas à me contacter pour m’envoyer des photos de la pièce, de la troupe…
En espérant que la lecture vous plaira !
N’hésitez pas non plus à m’écrire pour me dire ce que vous en aurez pensé…
Eric Beauvillain

Acte I – Naïveté Angélique

Une table, un banc, deux chaises – de quoi asseoir au moins 5 personnes et que tous soient visibles des spectateurs.

Un coffre en bois pouvant contenir une sœur, avec dedans une nappe blanche très simple. Dessus, un chandelier avec ses bougies ou cierges.
Il y a deux entrées à la pièce, qui donnent dans le couloir, une autre pièce, ailleurs, peu importe. On entre ou sort de cette salle indifféremment d’un côté ou de l’autre.
1.
Les sœurs Brunhilde, Dalmasine et Elédéanne entrent en discutant, contentes.
Dalmasine : C’était une belle messe… Vraiment… Et puis le sermon du curé ! Je l’ai trouvé très beau.

Elédéanne : Ah ! Oui, moi aussi. C’est sa nouvelle coupe, ça le rajeunit…

Dalmasine : Je parlais du sermon, sœur Elédéanne…

Elédéanne : Ah ! Oui, pardon… Là, par contre, ça aurait mérité une bonne coupe…

Brunhilde : Il… Il ne vous a pas semblé qu’il me regardait avec insistance ?

Elédéanne : On était vingt-quatre dans l’église… Forcément, il nous regarde plus souvent que si on était deux cents…

Brunhilde : Oui… Ça doit être ça… Vous raison, sœur Elédéanne. Je dois me faire des idées…

Elédéanne : Ravi que vous vous en aperceviez, sœur Brunhilde…

Dalmasine : En tout cas, cette messe m’a beaucoup plue…

Brunhilde : Les hosties étaient un peu dures, vous n’avez pas trouvé ?

Elédéanne : Ah ! Ça ! On voit que le Christ était un grand sec… Pas un gramme de graisse dans le corps du Christ…

Dalmasine : Sœur Elédéanne !

Elédéanne : Je dis ça, ce n’est pas méchant… Mais il aurait eu du cholestérol, on aurait eu des bonbons à la messe…
Dalmasine se signe.
Brunhilde : Ce que je veux dire, c’est… On aurait dit qu’elles étaient rassises… Comme si elles étaient périmées. Et ne me dîtes pas que c’est normal car le Christ a deux mille ans !

Elédéanne : C’est peut-être pour illustrer son sermon, comme quoi il faut aimer les vieux… Comprenez l’astuce ?

Brunhilde : J’espère que ça ne me rendra pas malade !

Dalmasine : Mais non, voyons… Christ est bon.

Elédéanne : Mais fade… Il devait faire un régime sans sel parce que quand même, les hosties, côté culinaire…

Dalmasine : Sœur Elédéanne !

Elédéanne : Ben quoi ? Faut dire ce qui est… Mentir, c’est pour les pêcheurs et moi, je n’ai pas le pied marin. Je dis les choses comme elles sont.

Brunhilde : Alors dîtes-moi sincèrement… Je ne suis pas blanche ?

Elédéanne : Globalement, non. Une majorité de noir, je dirais…

Brunhilde : Je ne vous parle pas de ma tenue, sœur Elédéanne, mais de mon visage. Comment le trouvez-vous ?

Elédéanne : Ah… Correct… Je n’aurai pas autant rapproché les yeux, mais bon…

Brunhilde : Parce que je ne me sens pas bien…

Elédéanne : Il faut aller vous confesser en ce cas.

Brunhilde : Pour quelqu'un qui dit les choses comme elles sont, vous n’êtes pas d’un grand secours…

Dalmasine : Oui. Elle veut savoir si elle n’est pas malade… Montrez votre front… Non, vous n’avez pas de fièvre.

Brunhilde : Pourtant, je me sens fébrile. J’ai du attraper froid dans cette grande église… il fait plus froid qu’à Saint Baptismin, non ?

Elédéanne : Que voulez-vous qu’on vous dise, sœur Brunhilde ? Il fait froid dans toutes les églises, ce n’est pas nouveau ! La prochaine fois, si vous voulez, on prend la croix, on la taille en bûchettes, on fait un feu de camp devant l’autel et on mange le corps du Christ en brochettes ! En attendant, il ne faisait pas plus froid dans cette église que dans une autre et vous n’êtes pas plus malade qu’un cheval en bonne santé !

Dalmasine : Sœur Elédéanne !

Brunhilde : Ce que vous pouvez être mauvaise ! Vous me détestez !

Elédéanne : Pas du tout, mais ça va bien ! A la moindre écharde, il faudrait appeler le notaire pour que vous fassiez votre testament ! Une poussière dans l’œil et vous pensez être aveugle ! Vous toussez et hop ! On a une épidémie de peste qui envahit le pays ! Il ne faut pas exagérer, non plus !

Brunhilde : Le jour où vous me retrouverez morte, vous regretterez tout ce que vous avez dit !

Dalmasine : Mais bien sûr elle vous regrettera. Vous savez comment elle est… Directe, mais au fond, elle vous aime bien… N’est-ce pas, sœur Elédéanne ?

Elédéanne : Mmmm…

Dalmasine : Mais elle n’ose pas le dire… Sous ses airs bourrus, c’est une grande tendre qui ne veut pas que cela se sache… N’est-ce pas, sœur Elédéanne ?

Elédéanne : Oui, bon, on ne va pas en faire toute une épître…

Brunhilde : N’empêche que je maintiens : il y a dans cette église un courant d’air qu’il n’y a pas dans à Saint Baptismin. Je suis sûr d’être malade. Tenez, je vais éternuer…
Brunhilde grimace, cherche à se forcer à éternuer, mais rien ne vient. Elédéanne lève les yeux au ciel tantdis que Dalmasine reste attentive.
Brunhilde : Tiens, non…

Dalmasine : Ce n’est rien, ça viendra…

Elédéanne : C’est ça. Gardez votre éternuement pour quand vous ne savez pas quoi faire, ça vous occupera.

Dalmasine : Et si nous préparions la table pour le bilan de mère Adénaïse ? Cela lui ferait une surprise…

Elédéanne : Très bien ! Allez.

Brunhilde : J’éternue et j’arrive.
Elédéanne enlève le chandelier qui se trouve sur le coffre. Dalmasine l’ouvre, prend une nappe blanche et ferme le coffre.
Dalmasine : Sœur Brunhilde ?

Brunhilde : Ben non, décidément, ça ne vient pas…

Dalmasine : Pouvez-vous m’aider, sœur Brunhilde ?

Brunhilde : J’espère que je ne vais pas éternuer pendant que l’on met la nappe…

Elédéanne : On prend le risque, allez…
Brunhilde et Dalmasine installe la nappe, soigneusement, tirant chacune un côté pour que la nappe pende autant de chaque bord de table, l’une après l’autre. Comme cela ne semble pas prendre fin, Elédéanne les arrêtera à la quatrième, cinquième ou sixième fois.
Elédéanne : C’est bon : si ça dépasse de trop, on coupera aux ciseaux. Hop ! Cerise sur le gâteau, le chandelier sur la nappe.
Elles se reculent, heureuses, pour admirer communément le résultat.
Dalmasine : C’est beau… Tout de suite, ça fait plus festif…

Elédéanne : Peut-être trop, non ?

Brunhilde : Oui… Je ne sais pas si cela va plaire à mère Adénaïse…

Elédéanne : Ça fait présomptueux…

Dalmasine : Et si on enlevait le chandelier ?

Elédéanne : Je ne sais pas… La nappe, peut-être ?

Brunhilde : Je crois que la voilà… On va le savoir.
2.
Figolin entre avec un grand sourire.
Elédéanne : Ah ! Non, ce n’est pas elle… Ou alors elle a beaucoup changé…

Dalmasine : Bonjour, Figolin.

Figolin : Bonjour.

Dalmasine : Vous allez bien ?

Figolin : Bien.

Brunhilde : Vous n’avez pas trouvé qu’il faisait froid ce matin, à l’église ?

Figolin : Boh… Non…

Elédéanne : En tout cas, vous avez l’air content… Qu’est-ce qui vous arrive ?

Figolin : J’ai trouvé une fourmi.

Elédéanne : Ah ! Oui, évidemment…

Brunhilde : Elle est ici ? Parce que ça pique, les fourmis !

Figolin : Ah ?

Dalmasine : Ce n’est rien, Figolin. C’est une très belle trouvaille.

Figolin : Oui.

Elédéanne : Vous n’avez pas vu mère Adénaïse en trouvant votre fourmi ? Il semble qu’on l’ait perdue sur le retour de l’église…

Brunhilde : Mon Dieu ! Si elle avait eu un accident ?

Dalmasine : Mais non. Avez-vous oublié qu’elle partait chercher une nouvelle sœur à la gare ?

Elédéanne : C’est vrai… On va finir par être serrées : cinq à vivre dans ce couvent…

Figolin : Elle est là !

Brunhilde : La fourmi ? La fourmi est là ? Je la sens ! Elle est sur moi ! Je la sens sur mon visage ! Dans mon dos ! Elle grimpe sur mes bras ! Mes jambes !

Elédéanne : Doucement… Ce n’est pas une fourmilière, juste UNE fourmi… Pas de quoi danser la gigue…

Dalmasine : Qui est là, Figolin ?

Figolin : La mère supérieure. Et la nouvelle.

Brunhilde : Ce que j’ai eu peur !

Dalmasine : Vous voyez, sœur Brunhilde, ce n’était rien…

Brunhilde : Pourtant, on dirait que ça me pique… Je dois avoir des boutons, non ? Une réaction allergique à quelque chose…

Elédéanne : Bon. Elles sont là, mais elles sont où ?

Figolin : Mère Adénaïse sort la sœur de la valise.
Un temps.
Elédéanne : Pardon ?

Figolin : Non… Sort la sœur de la voiture.
Un temps.
Brunhilde : Elle n’y arrive pas seule ? Elle a un problème moteur ? Un problème de poids ?

Figolin : Non… La mère sort la valise de la sœur.
Un temps.
Brunhilde : C’est un accident, c’est ça ? Je le savais ! Elle a freiné et… Quelle horreur !

Figolin : Non, non… La sœur sort de la mère…

Elédéanne : On part dans les accouchements, maintenant !

Brunhilde : Il faut avouer que c’est confus, Figolin…

Dalmasine : Mais non… Notre mère et la sœur sortent simplement la valise de la voiture. C’est bien cela, Figolin ?

Figolin : Oui. Voilà.

Elédéanne : Ah ! Ben, il fallait le dire directement plutôt que de vouloir nous faire deviner… Sacré farceur, ce Figolin…

Figolin : Oui…

Dalmasine : C’est gentil de nous avoir prévenu, Figolin…

Elédéanne : Voilà. Maintenant, vous pouvez y aller…

Dalmasine : Sœur Elédéanne !

Elédéanne : Ben quoi ?

Brunhilde : Oui… Des fois qu’elles aient besoin d’aide…

Figolin : Oui ! Aide !
Figolin sort brusquement.
Dalmasine : Vraiment, je ne vous trouve pas très aimable avec ce pauvre Figolin…

Elédéanne : Je n’y suis pour rien : quand il reste comme ça à me regarder sans bouger, il me fait peur.

Brunhilde : Et puis il me semble qu’il a des poux. Je ne le garantirais pas mais quand il est là, ça me gratte…

Dalmasine : Vous devriez avoir honte.

Elédéanne : Puisque je n’y suis pour rien…
3.
Adénaïse, Cunégonde et Figolin entrent. Figolin colle Adénaïse.
Adénaïse : Et pour finir, ici…
Adénaïse marque un temps en voyant la nappe et le chandelier puis poursuit.
Adénaïse : … la salle de réunion.

Cunégonde : C’est bien, c’est… Grand.

Adénaïse : Ah ! Ça, on n’est pas gênées aux entournures ici, hein ! Et puis c’est tout ce qu’on est. Quatre sœurs et moi… Ça nous fait du 800 m² chacune depuis votre arrivée… Avant, c’était 1000 m² par personne ! Gaymard était un rigolo à côté de nous…

Dalmasine : Mère Adénaïse !

Adénaïse : Quoi ? Je n’ai pas raison ? Nous vivons dans l’aisance immobilière, la luxure architecturale. Un jour, ça va nous retomber dessus ! Dieu veut que nous vivions dans la pauvreté…

Brunhilde : Je ne me sens pas bien…

Elédéanne : Notre mère… On pourrait peut-être parler d’autre chose pour accueillir…

Adénaïse : C’est vrai.

Cunégonde : Ne vous en faites pas pour moi… Et puis je suis tout à fait d’accord avec vous, mère Adénaïse.

Adénaïse : Ah ! On va très bien s’entendre toutes les deux…
Figolin qui chasse les mouches claque des mains près d’Adénaïse.
Adénaïse : Ah ! Ben ça aussi, j’ai bien entendu ! Alors. Dans l’ordre. Qui a envoyé Figolin nous aider ?

Figolin : Oh ! Je crois que j’ai attrapé une mouche, not’ mère !

Adénaïse : C’est bien… Un bon Figolin, ça… Il est bon chasseur, ce Figolin… Oh ! Oui, oui, oui… (aux sœurs :) Alors ?

Elédéanne : C’est sœur Brunhilde qui a suggéré que vous pouviez avoir besoin d’aide…

Brunhilde : Comment ? Ah ! Mais pardon ! Vous lui avez dit qu’il pouvait s’en aller !

Elédéanne : Mais je n’ai pas précisé où il devrait aller… Vous, si…

Brunhilde : Oui, mais… C’est sœur Dalmasine qui a donné le départ !

Dalmasine : Pardon ? Je l’ai juste remercié pour ses renseignements…

Adénaïse : Ça suffit. On ne va pas se chamailler pour ça. Vous me ferez trois « Notre Père » et ça ira.

Figolin : Ah ! Ben non, not’ mère… Elle est partie la mouche…

Adénaïse : Ça ne fait rien, Figolin… Il ne va pas pleurer pour ça, hein ? C’est un bon Figolin quand même, va. Il va nous en chasser une autre ! Mais oui ! Allez, dans le jardin, il y en a plein.

Figolin : Bougez pas ! J’en vois une d’ici, not’ mère…

Adénaïse : D’accord… Alors si je l’ai envoyé pour vous dire que nous arrivions, ce n’est pas pour rien ! Vingt ans qu’il me colle ! Je peux avoir cinq minutes de vacances, non ? Alors la prochaine fois que je vous l’envoie, vous êtes gentilles : gardez-le !

Figolin : Oh ! Ben non, not’ mère, vous avez bougé… Elle est partie… Il faut que j’en retrouve une maintenant…

Adénaïse : Mais oui… Mais il va en trouver une, Figolin… Allez, il cherche ! Il cherche, Figolin… Pendant ce temps-là, on est tranquille.

Cunégonde : Vous m’aviez prévenu, c’est vrai, mais c’est… Surprenant…

Adénaïse : Oui. Il paraît qu’il y a des fils qui se sont dénudés là-haut, quelque chose comme ça. Résultat, il est aussi malin qu’une huître et aussi affectueux qu’un chien. Mais il vit plus longtemps qu’un chien… Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus longtemps…

Dalmasine : Mère Adénaïse !

Adénaïse : Oui, oui, oui, pardon, je ne devrais pas. Mais je fatigue… Je suis trop vieille pour supporter tout ça…

Elédéanne : Là, pour l’accueil…

Adénaïse : Oui, bon, alors, seconde chose. Qu’est-ce que c’est que ça ?
Adénaïse montre la table.
Brunhilde : Je savais que ça ne lui plairait pas…
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