Cinquante ans après, l’abbé Pierre








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renouvelle son appel

par Dominique  Raizon RFI Article publié le 31/01/2004

Le rapport 2004 établi par la Fondation de l’abbé Pierre (FAP) sur l’état du mal-logement en France atteste que «la situation reste une préoccupation majeure». La crise demeure même si, aujourd’hui, elle est d’une autre nature qu’en 1954 car, à la pénurie de logement qui reste primordiale, s’ajoute le problème d’un gros décalage qualitatif entre l’offre et la demande. La FAP souhaite donc un engagement politique et financier de la part de l’Etat. «La fondation a tiré la sonnette d’alarme», a déclaré Gilles de Robien, le ministre du Logement. «Le gouvernement (y) a été très sensible», a-t-il ajouté en parlant des «efforts exceptionnels» du cabinet Raffarin.
En 1954, l’abbé Pierre gagnait une «grande victoire de la démocratie» : «le politique se mettait au service de la volonté de la population», victime d’une part de 2 millions de logements détruits ou endommagés par la guerre, et d’autre part d’un exode rural massif. «Ce sont les citoyens, dit encore Raymond Etienne, président de la FAP, qui à travers un grand élan civique ont décidé de montrer le chemin aux politiques». «Prise de conscience, mobilisation, insurrection de la bonté vont enfin permettre de débloquer la situation»; «au cours de ces cinquante années, les politiques du logement ont permis de développer l’offre sur tous les segments du marché immobilier, et d’améliorer globalement les conditions d’habitat et de confort (…) et pourtant le logement inconfortable ou insalubre, et les situations d’hébergement provisoire qui s’éternisent concernent encore plus de trois millions de personnes», démontre le rapport de la FAP. Le mal-logement sévit partout sur le territoire, et le déficit de logements confortables à loyers abordables est évalué à 600 000 unités dans le pays: «la pression qui s’exerce sur le parc HLM, tout comme la situation des structures d’hébergement et d’urgence, témoignent de la gravité de la crise».

Victime de son succès, le 115 (numéro d’urgence opérationnel toute l’année 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7) sature, sollicité sans répit par les exclus de la société sans domicile fixe, et tout aussi bien par des familles en exil arrivées sur le sol français que par des familles françaises sur-endettées, expulsées de leurs appartements, ou par des jeunes en rupture de ban avec leurs familles. Du jour au lendemain, frappés par le chômage, des séparations familiales ou des problèmes de santé, nombreux sont encore ceux qui se trouvent brutalement dans le clan des miséreux. La FAP pousse un cri d’alarme: «Si la situation ne s’améliore pas, on va droit vers le retour des bidonvilles».

«30% des sans-domiciles ont conservé un emploi»

La crise du logement reflète les mutations économiques et sociales. A toute une fraction de la population déjà marginalisée s’ajoute celle vivant sur la frise du seuil de pauvreté (évalué aujourd’hui à 579 euros par jour) et qui ne trouve pas sur le parc immobilier de quoi se loger décemment. Les associations caritatives, les employés des HLM, les élus locaux alertent les pouvoirs publics: aujourd’hui la crise du logement touche aussi des personnes à revenus irréguliers (CDD, intérimaires, en formation…) ou à revenus stables mais modestes, gagnant de 1000 à 1200 euros par mois. Un rapport de l’Insee paru dans le Monde en octobre 2003 citait un chiffre alarmant: «30% des sans-domiciles ont conservé un emploi». Si on savait déjà que l’absence de logis ne favorise pas l’insertion professionnelle, on sait aussi désormais que le travail ne garantit plus l’accès au logement. La FAP souligne la logique d’une «nécessaire régulation du marché par les politiques publiques».

Dans son rapport 2004, la FAP détaille la crise du logement : à sa demande, l’institut de sondage TNS/Sofres a effectué, en 2003, une enquête portant sur la perception par les ménages français des problèmes liés au logement: 1000 ménages représentatifs de la population française ont été interrogés, tant sur leur situation personnelle et celle de leur entourage que sur les modalités de mise en œuvre des politiques publiques en matière de logement, et arrive à la conclusion d’«un message clair des Français en direction des pouvoirs publics sur la nécessité d’une politique volontariste en faveur du logement» dans trois directions: «s’engager dans une production massive de logements», «favoriser les interventions permettant aux populations différentes de vivre ensemble ou à proximité tout en dé-stigmatisant l’habitat social», «penser la question du logement en même temps que celle de l’aménagement urbain».

Les faits sont là: la France a mis une trentaine d’années à construire massivement et étant parvenue à rééquilibrer l’offre et la demande, les pouvoirs publics ont levé le pied progressivement ces dernières années notamment dans le domaine de la construction d’HLM. Aujourd’hui, l’engorgement des structures d’hébergement, l’allongement des files d’attente à l’entrée du parc HLM, et l’inadéquation aux besoins de logements dignes (loyers trop élevés, surfaces trop petites, ou manque de confort minimum) attestent d’une «crise sans précédent».

Gilles de Robien, ministre du Logement, a partagé le constat sur la gravité de la situation qu’il a qualifiée de «durable», mais en faisant valoir l’augmentation du nombre de logements construits l’an dernier. Selon le ministère, les autorisations de construire des logements ont progressé de 9% l’an dernier par rapport à 2002 (à près de 379 000, soit le plus haut niveau depuis 10 ans), les mises en chantier de 3,9% (314 000), et le nombre de logements sociaux nouveaux de 3% (57 996). «Ces résultats (concernant les logements sociaux) sont supérieurs de 13% à la moyenne des logements financés annuellement entre 1997 et 2001 (51 000)» a commenté Gilles de Robien. Le ministre a aussi rappelé l’objectif que le gouvernement s’est fixé pour 2004 à savoir la création de 80 000 nouveaux logements sociaux. «On se réjouit de la déclaration du ministre sur la crise parce qu’après la prise de conscience, l’étape suivante est d’y mettre les moyens financiers, c’est en tout cas ce que nous attendons», a déclaré Patrick Doutreligne, de la FAP, déplorant que le budget du logement avait fortement baissé.

Le rapport de la FAP évoque par ailleurs une législation souvent mal respectée. A titre d’exemple, les hôtels meublés sont devenus des zones de non-droit où les propriétaires exercent leur propre loi; ils ne servent plus de moyen pour démarrer dans la vie, mais sont devenus des maillons essentiels de l’hébergement d’urgence, dernière alternative avant la rue, véritables réservoirs de détresse, bien souvent tenus par des hôteliers cupides et peu scrupuleux pratiquant des prix exorbitants. Le rapport de la FAP rappelle «la mise en place dans les années 90 de mesures spécifiques pour les plus défavorisés (loi Besson du 31 Mai 1990, loi de lutte contre l’exclusion) qui a permis l’inscription progressive, mais encore insuffisante, d’un droit au logement dans les textes (…) en inadéquation avec l’offre». Il souligne encore: «Depuis, la loi de Solidarité et de renouvellement urbains, qui à travers son Article 55 a imposé 20% de logements sociaux aux communes d’une agglomération (mesure menacée dans les débats parlementaires), on ne voit poindre aucune mesure visant à corriger ces dysfonctionnements et ces décalages».

Enfin, Gilles de Robien a rappelé qu’il présenterait en février un projet de loi baptisé «Propriété pour tous», destiné à faciliter l’accession à la propriété, notamment pour que les locataires de HLM puissent acheter leurs logements. Patrick Doutreligne dénonce un «marché de dupes»: dans le même temps, l’Etat baisse sensiblement ses subventions d’aide au logement. «La baisse des taux serait un argument valable si le gouvernement n’en profitait pas pour baisser ses aides». Par ailleurs, la FAP attire l’attention sur le fait que «la vente de la partie du patrimoine HLM la plus attractive et la mieux valorisée ne peut que perturber l’équilibre du parc et renforcer l’image négative d’un patrimoine ainsi délesté de ses fractions les plus recherchées».

Ce qui conduit la FAP à porter un jugement sévère sur une action du gouvernement estimée à la fois inadaptée et insuffisante: «Ce même ministre défend la sécurité routière avec des résultats probants, mais ne défend pas le logement social et son budget, on le déplore», a encore déclaré Patrick Doutreligne.

Ecouter également: http://www.rfi.fr/img/home/audio.gifPortrait de l’abbé Pierre, brossé par Geneviève Delrue (1er février 2004, 1’14’’).
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