Les espaces maritimes dans la mondialisation Un enjeu économique considérable








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date de publication02.02.2018
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Thème 2 : Les dynamiques de la mondialisation: Les territoires dans la mondialisation

Les espaces maritimes : approche géostratégique

Introduction :



La planète Terre est composée à 71% de sa surface par des espaces maritimes. Si les mers et les océans ont toujours été des enjeux géostratégiques majeurs, la mondialisation leur confère une importance de plus en plus grande.
Problématique : Dans quelle mesure la mondialisation a-t-elle fait des espaces maritimes des espaces stratégiques majeurs ?
Plan du cours :

  1. Les espaces maritimes dans la mondialisation

  2. Les ressources des espaces maritimes

  3. Les enjeux géostratégiques des espaces maritimes
  1. Les espaces maritimes dans la mondialisation

  1. Un enjeu économique considérable





  • Les espaces maritimes sont d’abord stratégiques car ils sont au cœur des processus de mondialisation et plus particulièrement des échanges. La NDIT entraine une intensification de la circulation de matières premières, énergies, pièces détachées et produits manufacturés. La révolution des transports et la multiplication des navires spécialisés (porte conteneurs, minéraliers, pétroliers etc.) ont permis un effondrement des coûts.

  • Le transport maritime assure aujourd’hui près de 80% du transport de marchandises. Par ailleurs, les câbles de télécommunication sous-marins transocéaniques jouent un rôle essentiel dans les échanges d’informations et de capitaux. Les fonds marins sont aussi parcourus par un réseau d’oléoducs et de gazoducs.
  1. Des routes maritimes stratégiques





  • Du coup, les façades maritimes présentent un intérêt géoéconomique évident. La mondialisation est responsable de l’émergence de grandes façades maritimes qui concentrent les hommes et les activités : façade européenne du Northern Range, mégalopolis est-américaine, façade ouest-américaine, façade est-asiatique.

  • La façade maritime la plus importante est celle de l’Asie Pacifique qui abrite 8 des 10 principaux ports mondiaux, car cette zone est le principal centre du commerce mondial.

  • Les façades maritimes prennent ainsi une importance prépondérante dans les différents Etats. On parle d’un phénomène de littoralisation. Les façades maritimes des Etats s’intègrent beaucoup plus à la mondialisation que les intérieurs, ce qui crée des inégalités socio-spatiales.

  • Des routes maritimes – invisibles mais réelles – relient ces grandes façades entre elles, dessinant une sorte d’anneau maritime entre les pôles de la Triade. Il existe toutefois de nombreuses routes secondaires importantes.
  1. Des routes maritimes vulnérables





  • Ces routes maritimes, essentielles au fonctionnement de la NDIT sont aussi très vulnérables au point de vue stratégique et politique. Elles empruntent des points de passage obligés, pour des raisons de coûts ou de simple géographie, appelés des seuils. Ces seuils constituent des nœuds importants des réseaux de transports car ce sont des points de passage obligés. Du coup, la question de qui les contrôle et que qui a le droit, ou non, d’y passer en souvent une cause de tensions voir de guerres.

    • Certains de ces seuils sont naturels, comme les détroits (Gibraltar, Malacca, Ormuz).

    • D’autres sont artificiels comme les canaux de Suez et de Panama qui servent à relier un océan à un autre. Ces canaux sont l’objet de nombreuses rivalités depuis le XIXe siècle, pensez par exemple à la crise de Suez pendant la Guerre Froide. Ils font actuellement l’objet de travaux d’agrandissant en raison de l’augmentation des flux maritimes.

  • Avec le réchauffement climatique et la fonte des glaces, on entrevoit la perspective d’ouvrir une nouvelle voie maritime dans l’océan Arctique qui permettrait de relier l’océan Atlantique à l’océan Pacifique par le Nord. Cette route permettrait de relier les pays du Nord (en particulier l’Europe septentrionale et le Canada) à l’Est de l’Asie (Japon, Chine) beaucoup plus rapidement qu’actuellement. Les pays qui se trouvent proche de cette voie se disputent déjà son contrôle (Russie, Canada). Mais elle est aussi convoitée par la Chine, le pays atelier qui cherche à réduire la longueur et le coût des trajets maritimes de ses produits vers l’Europe.
  1. Les ressources des espaces maritimes

  1. Les ressources halieutiques





  • L’exploitation des ressources halieutiques prend une importance nouvelle avec la mondialisation. Aujourd’hui, un quart de l’humanité dépend directement des produits de la mer pour son alimentation et la croissance démographique actuelle aggrave la pression sur ces ressources. 90 millions de tonnes de poissons sont pêchées chaque année (contre 20 millions en 1950), auxquelles il faut ajouter 60 millions de tonnes issues de l’aquaculture (production ou élevage de ressources vivantes en milieu aquatique).

  • Les grandes zones de pêche se localisent aujourd’hui surtout dans le Pacifique et l’Atlantique Nord et moyen. Elles font l’objet d’une compétition et d’une concurrence entre les Etats, mais aussi de conflits sociaux entre artisans pêcheurs et pêcheurs industriels, entre pêcheurs et autorités transfrontalières, et entre artisans pêcheurs de différentes origines…

  • Mais la pêche a aussi des conséquences néfastes pour l’environnement. Elle entraine le risque de la surexploitation des espèces et certaines mers et océans souffrent déjà de la surpêche. Certaines espèces, comme le thon rouge, la baleine et le requin sont menacés d’extinction, tandis que les passages répétés de chaluts de fonds et de dragues ont un effet destructeur sur l’écosystème marin.
  1. Les ressources énergétiques et minérales





  • Les mers et les océans renferment près du quart des réserves pétrolières et du tiers des ressources gazières mondiales. Les technologies d’extraction offshore (en mer, au large) permettent d’exploiter des gisements sous-marins de plus en plus profonds, notamment du Brésil, de l’Angola, de l’Indonésie, en mer du Nord ou dans le golfe du Mexique.

  • Les ressources minérales sont aussi considérables et contribuent à accroitre la convoitise des Etats sur les fonds marins : or, cuivre, manganèse et surtout terres rares, indispensables aux produits de haute technologie, dont les océans concentrent 99% des réserves.

  • L’exploitation actuelle ou future de ces ressources fait l’objet de tensions entre les Etats. Comme elles se situent en dehors des frontières habituelles, les Etats se battent pour déterminer à qui elles appartiennent.
  1. Le droit maritime et ses problèmes





  • La course aux ressources naturelles et au contrôle des routes maritimes a rendu nécessaire l’établissement d’un Droit maritime international capable de régler les conflits entre les Etats. Depuis 1994, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer a créé des Zones Economiques Exclusives qui peuvent s’étendre jusqu’à 200 miles soit 370 km des côtes. Les eaux qui sont en dehors de ces zones sont les eaux internationales, sensées appartenir à tout le monde.

  • Toutefois, cette loi est imprécise car les Etats peuvent réclamer des ZEE plus grandes en fonction de leur plateau territorial, c’est-à-dire du prolongement physique de leur continent sous la mer.

  • Les Etats-Unis possèdent la plus grande ZEE, suivis par la France grâce à ses possessions Outre-Mer. En effet, la possession de petites îles est très intéressante car elles permettent d’acquérir de grandes ZEE, quelle que soit la petitesse de l’île.

  • Les ZEE font l’objet de nombreuses revendications de la part des Etats qui cherchent tous à étendre leurs limites. Ainsi, de nombreux conflits ont lieu autour de ces zones.

    • La Chine et le Vietnam revendiquent des petites îles situées en mer de Chine qui leur permettrait l’exploitation de ressources énergétiques. L’archipel des Spratly situé dans cette mer fait d’ailleurs l’objet de conflits multiples entre les Etats bordiers, Chine et Vietnam, mais également Philippines, Malaisie, Brunei et Taïwan.

    • Le conflit entre la Chine et le Japon à propos des îles Senkadu est du même type. Les îles sont administrées depuis 1895 par le Japon mais elles sont revendiquées tant par Taïwan que par la Chine. Des incidents s’y produisent régulièrement et la zone a récemment pris un nouvel intérêt en raison de la découverte de gisements pétroliers offshore.

    • Le Golfe de Guinée est aussi un point chaud du fait des gisements offshore.

    • En Arctique, la Russie revendique l’extension de sa ZEE jusqu’au Pôle Nord. Et la Chine, soutenue par l’Islande au sein de laquelle elle a récemment investi des milliards, s’est auto-proclamée Etat quasi-arctique. De son coté, le Canada estime que le passage du Nord-Ouest appartient à sa ZEE, tandis que les Etats-Unis estiment qu’il s’agit d’un détroit international. Russie, Danemark (Groenland) et Canada revendiquent la dorsale de Lomonossov comme prolongement de leur propre plateau continental. La Russie y dépose en drapeau par plus de 4000 mètres de profondeur en 2007.
  1. Les enjeux géostratégiques des espaces maritimes

  1. Un reflet de la géostratégie mondiale





  • Les espaces maritimes sont donc un enjeu important dans la géostratégie mondiale, la relation entre les Etats et les rapports de pouvoir. La domination de la mer est historiquement à la base de la puissance de nombreux Etats (les grecs dans l’Antiquité, l’Empire hispanique, le Royaume-Uni au XIXe siècle…) L’océan est plus que jamais l’espace dans lequel les grandes puissances peuvent déployer leurs capacités militaires et leur force de projection.

  • La militarisation des espaces maritimes est donc un phénomène ancien, mais il prend encore plus d’importance avec la mondialisation. Les principales puissances mondiales sont aussi celles qui ont le plus de bases militaires aéronavales, de porte-avions et de sous-marins.

  • Les Etats-Unis, gendarmes du monde et de l’océan, constituent à cet égard une puissance sans rival depuis 1945. Ils détiennent 80% des porte-avions dans le monde. Les autres puissances ne peuvent rivaliser avec les Etats-Unis mais la France, la Russie et le Royaume-Uni possèdent également des sous-marins nucléaires. Les puissances émergentes augmentent constamment leurs dépenses d’armement, dans le domaine aéronaval en particulier. Ainsi, la Chine fournit actuellement un effort naval de rattrapage important et s’impose comme puissance maritime militaire régionale en Asie du Sud et de l’Est.



  1. Le contrôle des espaces sensibles





  • Pour que la NDIT fonctionne, il est nécessaire qu’il y ait une libre navigation dans les mers et océans. Les marines de guerre s’efforcent entre autre de contrôler les zones sensibles, qui sont souvent à l’entrée ou à la sortie des seuils. Les détroits et canaux transocéaniques sont particulièrement sous tension car ils sont le point de passage obligé des flottes commerciales. Par exemple la guerre israélo-arabe des Six Jours, en 1967, a eu lieu parce que l’Egypte avait bloqué le détroit de Tiran aux navires israéliens.

  • Les principales routes maritimes sont aussi confrontées au risque de la piraterie. Celle-ci est principalement présente dans trois zones : autour du détroit de Malacca en Indonésie, dans le Golfe d’Aden, dans le Golfe de Guinée : les pétroliers y sont régulièrement détournés et les navires marchands, de pêche ou de plaisance subissent également des attaques.

  • Les grandes puissances mondiales et les Etats riverains coopèrent dans le domaine de la lutte contre la piraterie car celle-ci fragilise le commerce international. Par exemple, la Chine développe un réseau de bases navales, le collier de perles, le long de la route du pétrole depuis le golfe persique.



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