Full text of "Annales du Midi" annales du midi �NMaLes du Midi. � XIX annales du midi revue arch�ologique, historique et philologique de la frange m�ridionale








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Full text of "Annales du Midi" ANNALES DU MIDI �NMaLes du Midi. � XIX ANNALES DU MIDI REVUE ARCH�OLOGIQUE, HISTORIQUE ET PHILOLOGIQUE DE LA FRANGE M�RIDIONALE Fond�e sous les auspices de l'Universit� de Toulouse, PAR ANTOINE THOMAS PUBLI�E AVEC LE CONCOURS d'uN COMIT� DE R�DACTION PAR A. JEAN ROY ET P. DOGNON rROFKSSEURS A L'UNIVERSIT� DE TOULOUSE Il Ab l'iik-n tir ve.~ me l aire 'c Qu'eu sent venir de Proenza. Peire Vidal. DIX-NEUVIKME ANNEE \\ 1907 v^ C\ ^ .^ ^ va TOULOUSE IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE EDOUARD PRIVAT 14, RUE DES ARTS (SQUARE DU MUS�E) Paris. � Alphonse PICARD et fils, rue Bonaparte 82. \r -?\fr 1-^ RECHERCHES L�GEADES DU CYCLE DE GUILLAUME D'ORAXGE I. � SAINT GUILLAUME DE GELLONE C'est une th�orie universellement re�ue que la biographie po�tique de Guillaume d'Orange est faite de traits emprunt�s � la vie de divers personnages historiques du nom de Guil- laume. De ces personnages qui se pr�tendent les prototypes du h�ros l�gendaire (ils ne sont que douze ou treize), lesquels font valoir des titres s�rieux? Les �rudits en disputent; mais ce n'est pas une hypoth�se d'�rudit, c'est un fait et c'est une donn�e que les hommes du xii� et du xiu** si�cle reconnais- saient en Guillaume d'Orange un puissant personnage du temps de Charlemagne, qui, sur la fin d'une longue vie guer- ri�re, se rendit moine et mourut dans le clo�tre en odeur de saintet�, celui-l� m�me que l'�glise honore, le 28 mai, sous le nom de saint Guillaume. Comment s'est faite au moyen �ge cette assimilation? Est-ce une fantaisie accidentelle et r�cente ? une l�gende de plus ajout�e sur le tard par les jongleurs � tant d'autres l�gendes? Ou bien, au contraire, la l�gende du Guillaume �pique fut- elle de tout temps m�l�e � l'histoire de saint Guillaume? Si nous interrogeons d'abord les chansons de geste, l'iden- g JOSEPH B�DIER. tincatioQ du h�ros au saint y est faite fr�quemment. On lit au d�but des Enfances Guillaume : Et qui diroit encontre la chanson Aucune chose qui ne fust de reson, En sa lege\ide ses fez trouveroit on Et molt des autres dont ne faz raencion Es granz deserz ou il ot sa meson : De Morapfllier trois lieues i conte on. Ainsi, dans ceux de nos manuscrits cycliques qui s'ouvrent par les Enfances Guillaume, d�s la premi�re page, la vie du h�ros est plac�e sous le patronage des moines qui, aux grands d�serts proches de Montpellier, gardent la � maison � du saint, et les jongleurs se r�clament de la � l�gende � authen- tique, c'est-�-dire d'une Vie latine de saint Guillaume. A vrai dire, plusieurs po�tes, celui des Narbonnais par exemple ou celui du Couronnement de Louis, qui racontent la jeunesse de Guillaume d'Orange, ne font nulle allusion � sa fin pieuse. S'ils s'en taisent, c'est peut-�tre qu'ils ignoraient cette tradition; c'est peut-�tre, et aussi bien, qu'il n'�tait pas de leur sujet d'en parler et qu'ils la supposaient d'ailleurs bien connue de leur public. Toujours est-il que maints d'entre eux la rapportent plus ou moins clairement. Dans la Chanson de Guillaume, par exemple, quand le h�ros revient de la bataille, vaincu et d�sesp�r�, il dit�Guibourc : i'tS'� � Or m'en fuirai en estrange r�gn� A saint Michiel al P�ril de la mer Ou a saint Piere, le bon apostre Deu, Ou en un guast ou ne soie trovez : La devendrai hennites ordenez, VA tu nonein, si fai ton chief v�ler. � Sire �, dist ele, � �o ferura nos assez, Quant nos avrom nostre si�cle men�. � Ces vers indiquent, semble-t-il, que le po�te connaissait la Iraditiou ilu maniage de son h�ros et a voulu lui pr�ter ici le presseuliineul fie su destin�e'. 1. <)ii jifiil �lire, il oHt vrai, quo ces vers n'expriment rien que le d�cou- L�GENDES DU CYCLE DE GUILLAUME D'ORANGE. 7 A son tour, le po�te du Charroi de Nimes dit ea so� pro- logue : Bone chanson plest vos a escouter Del meillor home qui ainz cre�st en D�? C'est de Guillelme, le marchis au cort n�s... Molt essau�a sainte crestient� : Tant flst en terre qu'es ciels est coronez. Et ce texte est vague encore, puisqu'il place Guillaume parmi les �lus et non n�cessairement parmi les saints; mais c'est bien un saint que d�signent ces vers �' Al�scans^ qui sont si beaux : Mais nostre Sires le veut si maintenir Ke ses sains angles li tramist au morir. Por ce est bone la chanson a o�r Que il est sainz : Deus l'a fet bene�r Et en sa gloire et poser et se�r, Avec les angles aorer et servir. Le suen barnage ne fet mie a tesir, Ainz le doit on molt volentiers o�r Et entre genz et amer et ch�rir : Molt bon essample i puet l'en retenir. Bien en devroit avoir a son pleisir Henaus et robes et bliauz a vestir Qui de Guillaume set chanter et servir i. L'auteur de la Prise d'Orange pr�cise encore : non seule- ment son h�ros est un saint, mais le po�te sait d�signer l'un des sanctuaires o� l'on v�n�rait, en effet, saint Guillaume; c'est l'�glise Saint-Julien de Brioude, o� l'on montrait son �cu : Oez, seignor, que Deus vos bene�e. Li glorieus, li fiz sainte Marie, ragement passager de Guillaume. Pourtant, ils rappellent singuli�rement ce passage de la seconde r�daction du Montage Guillaume (cit� par M. Ph.-A. Becker, Die altfz. Wilhelmsage, p. 160) : � Or m'en fuirai en estrange r�gn�. Ermites iere ens en un bos ram� U en d�sert, se jou le puis trover. � 1. Ed. deHaUe, v. 639 sa. -g JOSEPH B�DIER. Bone chan�on que ge vos vorrai dire. Ceste n'est mie d'orgueiil ne de folie, Ne de men�onge estiete ne emprise. Mes de preudoraes qui Espaigne conquistrent. Icil le sevent qui en vont a saint Gile, Qui les ensaignes en ont veii a Bride, L'escu Guillelme et latarge florie... Mais c'est au sanctuaire m�me de Saint-Guilhem-du-D�sert, l� o� le saint �tait mort, que nous conduit le po�te du Cove- nant Vivien^ : il sait les traditions qu'y redisent les gens du pays; comment saint Guillaume y a combattu un g�ant et comment il a construit un pont sur un torrent : un d�mon s'amusait � d�truire la nuit l'ouvrage du saint ouvrier; mais Guillaume l'a guett� et jet� dans l'ab�me : Ce dit la gent del lens ancianor Conques ne fu nus hom de tel vigor; A Saint-Guillelme ce dient li plusor Que il gita le jaiant de sa tor ; Par vive force le destruit a dolor; Et list le pont Guiilelmes par iror. Et li deables par nuit d�pe�a t�t : Il le gaita, c'onques n'en ot peor, Et le gita en la plus grant rador. Encor i pert et i parra toz jorz : lluec est l'eve en icele brunor; L'abisrae semble et si tornoie entor, Kniin, le Moniage Guillaume nous renseigne avec plus de d�lails encore. Non seulement, la premi�re r�daction de ce po�me conduit Guillaume � Brioude, o� il d�pose son �cu eu e�-volo sur l'autel : 97 Kncor le voient et li fol et li sage, Tout cil qui vont a Saint Gile on volage; mais les deux r�dactions s'accordent entre elles et s'accor- deul avec la v�rit� historique pour mener le beros tour a tour 1. K�l. Joijckbluet, v. 1703 as. L�GENDES DU CYCLE DE GUILLAUME D'ORANQE. 9 dans les deux maisons religieuses o� s�journa, en effet, saint Guillaume : � l'abbaye d'Aniane d'abord, puis dans cette val- l�e de Gellone qui, plus tard, sanctifi�e par lui, devait pren- dre son nom et le garder, � Saint-Guilhem-du-D�sert^ L'au- teur de la premi�re version d�crit un caslelei, b�ti au flanc de la montagne qui domine Saint-Guilhem : 884 Or est Guillelmes el d�sert bien parfont. En l'abitacle ou la fontaine sort; Arbres i ot et herbes a fuison. Un castelet ot frem� sor le mont; La gist Guillelmes por Sarasins f�lons. Encor le voient p�lerin qui la vont : A Saint Guillelme del D�sert troveront Un habitacle la ou les moines sont 2. Il d�crit aussi l'aspect g�n�ral des lieux : 840 Droit es deserz encoste Monpellier En la gastine, l�s un desrubant fler, Une fontaine i a l�s un rocier... C'est l� que Guillaume a combattu le d�mon, et l'auteur de la seconde version du Montage raconte tout au long cet �pi- sode : le comte Guillaume entreprend de construire un pont de pierre pour la commodit� des p�lerins : Haus fu li tertres ou il fu herbergi�s Et par desous ot un destroit molt fier. Une iaue i cort qui descent d'un rochier, Que nus ne puet passer sans encombrier.... Or se porpense li gentieus quens proisi�s C'un pont de pierre i voira estachier, 1. La i^remi�re r�daction du Moniage a, il est vrai, alt�r� le nom d'Aniane {Agneiie) en Genves ou Genevois sor mer; les scribes de la seconde r�daction l'ont �crit de toutes les mani�res, mais ils ont aussi conserv� la forme exacte. Voyez l�-dessus W. Cioetta, Die heiden Epen vom Moniage Guillaume (Archiv de Herrig, t. XCIII, p. 411 et p. 421), et Die E7itstehu7ig des Moniage Guillaume [Festgabe fur W. F�rster), p. 103-4. 2. Derni�i'e laisse. 10 JOSEPH BEDIER. S'i passeront p�lerin et soumier... La se voldront p�lerin adrecliier : Quant il iront a saint Gille proier, Par la iront Rocheraadoul poier A Nostre Dame qui en la roche siet. Guillaume ayant pr�cipit� le d�i�Kjn daas le torreat, le po�te ajoute : Aine li dyables puis ne s'en remua; Tous tans i gist et tous tans i girra. L'aiglie i tornoie, ja coie ne sera ; Grans est la fosse et noire contreval. L'aighe i tornoie entor et environ. Grans est la fosse, nus n'i puet prendre fons. Maint p�lerin le voient qui la vont, Et saint Guillaume sovent requis i ont : Caillaus et pierres getent el plus parfont... Encor i a gent de religion : A Saint Guillaume el D�sert le dit on. Dans ces descripUons, pas ua trait qui soit de fantaisie. Saint-Guilhem -du -D�sert' est situ� entre Montpellier et Lo- d�ve, a une li'entaine de kilom�tres au nord-ouest de Mont- pellier, a sept kilom�tres au nord d'Aniane. Pour y arriver, quand ou vient de Mont pallier et d'Aniane, on rencontre d'abord, un p-ni avant Saiul-Jean-de-Fos, un petit cours d'eau, la Clamouse, qui se jette dans l'H�rault. C'est l� l'entr�e d'une gorge �troite (la gas/ine, le d�sert des po�tes) : des escarpements de rochers doloniitiques, �� et l� d�coup�s en aiguilles, la dominent, et l'H�rault, parmi ce desrubant fier, s'e.sl trac� sa voie. Aux abords de Sainl-Guilhem, un ruisseau. 1 Vuir. pour les diHnils qui suivent, le Dictionnaire doVivicn de Saint- Murlin ft l.-s caries. Cf |,�on Vinas, Visite r�trospective � Saint. Quilhi-,n-duD>^serl (Montpellier. lS7;j): .1. Renonvier, Histoire, antiqui- t�s et urchitectonique de l'abbaye de Saiiit-Guilhem (ouvrage accompa- gn� de pUiiclies ini�rcssunlcs); W. Cloetta, Archiv de Herrig, t. XCIIL pp. 4'2".>-31 ; etc. L�GENDES DU' CYCLE DE GUILLAUME D'ORANGE. U le Verdus, se pr�cipite de la montagne et creuse dans l'H�rault un gouffre noir : Une fontaine i a l�s un rocier... L'aighe i tornoie entor et environ... Le pont jet� sur cet ab�me, et que d�crivent nos po�tes. n'a pas disparu : il avait �t� construit � frais communs, entre 1026 et 1048, par les deux abbayes d'Aniane et de Gellone'; assis sur la pierre vive et b�ti en pierres dures, il a, depuis neuf si�cles, r�sist� aux crues. Je ne sais si les passants, comme les p�lerins d'antan, continuent � jeter des pierres au d�mon emprisonne dans le gouffre; mais le pont garde ce nom : le Pont-du-Diable, et le folk-lore local y voit tou- jours l'�uvre de saint Guillaume-. Un piton de 275 m�tres d'altitude surplombe le bourg : � la cime, on voit une tour et les restes d'un ch�teau fort, qui servait sans doute de refuge en cas de p�ril aux moines de l'abbaye; � mi-c�te, une tour carr�e, qui doit �tre le castelet du Montage Guillaume : c'est probablement le castrum Virduni des chartes; aujour- d'hui on l'appelle, et c'est une survivance de la l�gende, le Cabinet du G�ant-'. Au milieu du bourg, la belle �glise de Saint-Guilhem, dont la nef principale date du xii� si�cle, mais dont les assises sont carolingiennes; on y v�n�re encore quel- ques parcelles des reliques du saint; jadis on y montrait son tombeau. 1. Voir la convention pass�e entre les deux abbayes � la p. 23 du Car- tulaire de Gellone, publi� par MM. Alaus, Cassan et Maynial (1898). 2. � Quand Guillaume, duc de Toulouse, dit le marquis au court-nez. qui allait souvent visiter son ami saint Beno�t au couvent d'Aniane, vou- lut construire un pont sur l'H�rault, au lieu ordinaire de sa travers�e, le diable renversait la nuit ce qui avait �t� �difi� � grand'peine pendant le jour. Guillaume finit par se lasser; il appela le diable et fit un pacte avec lui aux conditions ordinaires : le premier passager lui appartiendrait. Le saint duc, plus rus� que Satan, fit conna�tre le march� � tous ses amis pour les pr�server; puis, il l�cha un chat, qui, le premier, traversa le pont et dont le d�mon fut bien oblig� de se contenter. Depuis ce temps, dans ce pays, les chats appartiennent au diable et les chiens � saint Guilhem. � (P. S�billot, Les travaux publics et les tnines dans les tra- ditions et les superstitions de tous les pays, Paris, 1894, p. 1.51.) 3. W. Cloetta, art. cit�, p. 430. 12 JOSEPH B�DIER. Ainsi, les po�les du xu^ si�cle savent nous d�crire le pay- sage de Gellone, et fid�lement : en t�moins oculaires ou d'apr�s des t�moins oculaires. D'autres po�tes se r�f�rent � la vie authentique de saint Guillaume, telle que la conservaient les moines de l�-bas. Avertis par nos po�tes, conduits par eux vers la � maison � du saint, entrons-y. * Elle n'est plus aujourd'hui qu'une �glise paroissiale, mais elle est entour�e des restes d'une abbaye qu'occupaient encore au xviii" si�cle les b�n�dictins de la congr�gation de Saint- Maur ; ceux-ci y avaient remplac� d'autres b�n�dictins ; du ix� au xviii� si�cle, les fils de saint Beno�t ont toujours habit� ces lieux. En effet, en 782, Wiliza, fils du comte de Maguelonne, se retira du si�cle. En l'honneur de saint Beno�t de Nursie, changea son nom goth de Witiza en celui de Beno�t et fonda le monast�re d'Aniane. 11 prit une influence dominante sur le fils de Charlemagne, Louis, alors roi d'Aquitaine, et, prot�ge par lui, il couvrit la Septimanie, l'Aquitaine, la France du Nord (le monast�res, dont le plus c�l�bre est l'abbaye d'Inde pr�s d'Aix-la-Chapelle. Il devint ainsi ce r�formateur de l'or- dre b�n�dictin que l'�glise v�n�re sous le nom de saint Beno�t d'Aniane. Or, en l'an 804, un comte, nomm� Guillaume, s'elunt li� d'amiti� avec lui, renon�a � ses dignit�s mon- (laiues et se retira dans le monast�re d'Aniane; peu apr�s, il ttnjda, a peu de distance et comme une colonie d'Aniane, uue maison religieuse qu'il fil construire � ses frais et qu'il enrichit par de grandes donations de terres; il s'y retira eu 8UG et y mourut sous le froc quelques ann�es plus tard ; c'est l'abbaye de Saiut-Guilhem -du- D�sert , qui s'appela d'abord et longtemps l'abbaye de Gellone. Auiane et Gellone, l'abbaye-m�re et l'abbaye-fille, ayant �t� d�s leur origine de florissantes maisons, nous ont laiss� des cartulaires importants, dont quelques pi�ces concernent Guil- L�GENDES DU CYCLE DE GUILLAUME D*ORANGE. 13 laume ; de plus, elles nous ont transmis chacune une relation de sa vie �. Consid�rons d'abord les deux documents principaux sortis d'Aniane. Par un acte dat� du 15 d�cembre 804 2, Guillaume, pour subvenir aux besoins des religieux de Gellone, fait do- nation de terres sises dans le pagiis de Lod�ve et dans le pagus de Maguelonne, sous condition que Gellone demeu- rera � perp�tuit� une d�pendance de l'abbaye d'Aniane; il dit qu'il fait cette donation pour le salut de son �me et pour le salut de ses parents, qu'il �num�re : � Ego enim in Dei nomen Vuilhelmus .C. recogitans fragilitatis meae casus humanum, idcirco facinora mea minuanda vel de pa- rentes meos qui defuncti sunt, id est genitore meo Teuderico et genetrice mea Aldaue, et fratres meos Teodoino, et Teoderico et sorores raeas Abbane et Bertane, et filios meos et fllias meas Vuitcario et Hidehelmo et Helinbruch, uxores meas Vuiiburgh et Cunegunde, pro nos omnibus superius nominatos dono... � Sur quoi nous nous en tiendrons pour l'instant � remarquer que l'une de ses deux femmes s'appelait, comme la femme du Guillaume des chansons de geste, Guibourc. Outre cet acte de donation, Aniane nous of�re un r�cit de la vie de saint Guillaume. Ce n'est pas un ouvrage � part, c'est seulement un court chapitre de la vie de saint Beno�t d'Aniane; mais son anciennet� en fait le prix. La vie de saint Beno�t d'Aniane a �t�, en effet, compos�e en 823, peu apr�s la mort du saint, par un de ses disciples, Ardon, surnomm� Smaragdus. Au cours de son r�cit, Ardon en vient � parler, 1. Voyez sur Aniane la Gallia christiana, t. VI, col. 730 ss.; sur Gel- lone, la Gallia christiana, t. VI, col. 580-601 . Voyez, en outre, Ch. E�vil- lout, Ehide historique et litt�raire sur l'ouvrage latin intitul� Vie de saint Guillaume [Publications de la Soci�t� arch�ologique de Montpel- lier, 1876), et Wilhelm P�ckert, Aniane und Gellone, diplomatisch- kritische UntersucJcufigen zur Geschichte der Reformen des Benedic- tiner-Ordens im IX. und X. Jahrhundert, Leipzig, 1899 ; on trouvera dans le livre important de M. P�ckert tous les renseignements biblio- graphiques d�sirables. 2. La meilleure �dition qu'on en ait est celle de M. E�villout, ouvr. cit�, p. 79. a JOSEPH BEDIER. comme il est naturel, du grand ami de Beno�t, Guillaume, et de leur fondation commune.. Gellone. Voici en quels termes* : � Le comte Guillaume, qui �tait illustre entre tous � la cour de l'empereur, s'attacha � saint Beno�t \bea(o Benediclo) d'une amiti� si forte que, prenant en m�pris les dignit�s mondaines, il choisit son ami pour le guider dans la route salutaire qui le conduirait au Christ. Ayant enfin obtenu la permission de se retirer du si�cle, apportant de grands pr�sents d'or et d'argent et encore rev�tu de riches v�tements, il rejoint le v�n�rable Beno�t. Sans souffrir aucun relard, il fit tondre sa chevelure, et, le jour des ap�tres Pierre et Paul, d�pouillant ses haliits lis- s�s d'or, il prit avec joie la v�ture des serviteurs du Christ. Or, � quatre milles environ du monast�re du bienheureux Beno�t (beati viri Benedicli), s'�tend une vall�e, nomm�e Gellone ; au temps o� il vivait encore dans les honneurs du monde, l; comte Guillaume y avait fait construire une cella; il s'y abandonna au Christ, pour le servir le reste de sa vie. N� de parents nobles, il voulut se rendre plus noble encore en embrassant la pauvret� du Christ... |il y parvint , et chacun le reconna�tra si je rap- porte ici quelques traits de sa pieuse vie. En efl'et, Beno�t, notre v�n�rable p�re, avait d�j� �tabli de ses moines dans la cella de Gellone : p�n�tr� par leurs exemples, en peu de jours Guil- laume les surpasse dans la pratique des vertus qu'il apprenait d'eux. Avec l'aide de ses fils qu'il avait mis � la t�te de ses com- t�s \adiuvanlibus eum filiisquos suis comilatibus praefeceral), aid� aussi par les comtes ses voisins, il eut vite fait d'achever la construction du monast�re qu'il avait entreprise. � Gellone est un lieu tellement s�par� du monde que celui qui l'habite, s'il aime la solitude, n'a rien � souhaiter. Des monta- gnes couronn�es de nuages l'environnent, et, pour en trouver l'acc�s, il faut �tre conduit par le d�sir de la pri�re. Ces lieux sont pleins d'une telle am�nit� que, si l'on a d�cid� de servir Dieu, l'on ne d�sire pas un autre s�jour. On y voit aujourd'hui des vignes -que Guillaume y fit planter, et une abondance de jar- dins pcupl�s d';irbi'os d'esp�ces vari�es. Il acheta pour Gellone 1. \ lia Jic/iedicd, uhbutis Aninncnsis et Indensis, auctore Ardone (Momtme/ita Gei'umuiae historica, SS.,t. XV, p. I!t2). La chapitre qui nous int�rt'sse est le �> do l'OdilioTi do Waitz, le 42� de l'�dition de Mabillon (Act't sanctorio� ord. lien., snec. IV, I, p. 192; �d. de Venise, p. 184). L�GENDES DU CYCLE DE GUILLAUME d'ORANGE. 15 de tr�s nombreuses propri�t�s; � sa demande, le s�r�nissime roi Louis les accrut grandement en lui attribuant, sur ses domai- nes, des terres de labour. Il donna � l'�glise des v�tements sacerdotaux en grand nombre, des calices d'argent et d'or, des vases sacr�s ; il apporta avec lui des livres tr�s nombreux, il rev�tit les autels d'or et d'argent. � Une fois entr� dans cette cella. il s'abandonna tout entier au Christ, sans plus garder aucun vestige des pompes mondaines. Rarement ou jamais un moine le rencontrant r�ussit � s'humi- lier devant lui assez bas pour ne pas �tre vaincu par lui en humilit�. Souvent nous l'avons vu charger une bouteille de vin sur son �ne, monter lui-m�me sur l'�ne, et portant un gobelet suspendu � son dos, aller porler � boire aux fr�res de notre monast�re [d'Aniane] pour les rafra�chir pendant quils mois- sonnaient. Aux vigiles il veillait mieux que personne. Il tra- vaillait au p�trin de ses propres mains, � moins qu'il ne f�t occup� ailleurs ou emp�ch� par la maladie. Il faisait la cuisine, quand c'�tait son tour... 11 aimait le je�ne et il ne lui arrivait gu�re de recevoir le corps du Christ sans que ses larmes cou- lassent jusqu'� terre. Il recherchait avidement la duret� pour sa couchette; mais, � cause de sa faible sant�, notre p�re Beno�t, malgr� ses r�sistances, lui fit mettre une paillasse. Plusieurs disent que souvent il se flt flageller par amour du Christ, sans autre t�moin que celui qui l'assistait. Au milieu de la nuit, tout p�n�tr� par le froid de l'hiver, couvert d'un seul v�tement, sou- vent il s'est tenu debout dans l'oratoire construit par lui en l'honneur de saint Michel, vu par Dieu seul, et vaquant � la pri�re. Apr�s peu d'ann�es, riche des fruits de ces vertus et d'autres vertus encore, sentant que son dernier jour approchait, il lit annoncer par �crit sa mort, comme si elle s'�tait d�j� pro- duite, � presque tous les monast�res sis dans le royaume de Charles. Et c'est ainsi que, emportant la moisson de ses vertus, � l'appel du Christ, il �migra de ce monde. � Cette charte de donation du 15 d�cembre 804, cette tou- chante esquisse de la vie du moine Guillaume, voil�, � peu pr�s, avec quelques lignes sur Guillaume ins�r�es dans le Chronicon Anianense \ tous les documents que nous fournit 1. A l'ann�e 806 (Mon. Genn. hist., I, p. 308). J6 JOSEPH BEDIER. l'abbaye d'Aniane. Si nous nous tournons vers Gellone, sa voisine, nous en trouverons de plus copieux, mais que depuis longtemps la critique a d�nonc�s comme �tant falsifi�s ou fabriqu�s. Au contraire, on regardait volontiers les docu- ments d'Aniane comme purs de toute alt�ration; bien � tort, comme l'a r�cemment montr� M. W. P�ckert. Comment, � premi�re vue, soup�onner aucune fraude dans le chapitre de la Vie de saint Beno�t que l'on vient de lire, si �difiant et si na�f? Ardon n'�tait-il pas presque le contempo- rain de Guillaume? N'avait-il pas pu voir les vignes plant�es par lui? ou conna�tre ceux qui avaient vu Guillaume, mont� sur son baudet, passant par les bl�s au soleil des jours de moisson ? Mais M. P�ckert ne soup�onne pas le vieil Ardon ; il soup�onne des moines d'Aniane, venus plusieurs si�cles plus tard, d'avoir �maill� la prose d'Ardon d'interpolations int�ress�es. Il en rel�ve plusieurs indices*, que voici. Dans le chapitre que je viens de traduire, il est dit que Guil- laume, en se retirant du si�cle, avait mis ses fils � la t�te de ses comt�s {/�lii, quos suis comitatibus praefecerat); com- ment Ardon, qui �crivait sous Louis le Pieux, en 823, aurait-il ignor� que Guillaume ne poss�dait pas ses comt�s en alleu, qu'il ne pouvait les transmettre � ses fils, qu'il n'�tait qu'un comte b�n�ficiaire? Comment Ardon aurait-il dit une chose si contraire au droit public de son temps? En outre, en ce chapitre relatif � Guillaume, Beno�t d'Aniane est appel� par deux fois beatus Benedictus : comment cette allusion � sa saintet� est-elle possible, si ces lignes ont �t� �crites peu apr�s la mort de Beno�t, en 823? Par tout le reste de son ouvrage, le vrai Ardon nomme souvent son h�ros : nulle part il ne l'ap- pelle comme ici beatus Benedictus. Enfin, le vrai Ardon nomme d'autres colonies d'Aniane : toutes celles qu'il nomme, les plus modestes et les plus obscures, comme les maisons ben�di<'tiues de l'Ile Barbe, de Saint-Mesmin, de Cormery, il les appelle des ?no>ia.�^, p. lO-i. L�GENDES DU CYCLE DE GUILLAUME D'ORANGE. 21 que se perdit lors du pillage de l'�glise pendant la R�volution; mais deux parcelles en furent miraculeusement retrouv�es : l'un des �v�ques r�cents de Montpellier portait l'une ench�s- s�e dans sa crosse; l'autre se voit encore dans l'�glise de Saint-Guilhem-du-D�sert. � A chaque page du Cartulaire de Gellone, �crit l'abb� Vinas^, on lit : Nous donnons � la sainte croix de Gellone, � l'�tendard de la croix, au v�n�rable, au salutaire, au vivificateur, au tr�s saint, au tr�s glorieux bois de la croix du Seigneur, d�pos� � Gellone, tel village, telle terre, telle manse, situ�s aux dioc�ses de Montpellier, ou de Maguelonne, ou de N�mes, � Agde, � Beziers, � Rodez, � Albi, � Uz�s, � Viviers, � L�on, � Astorga, � Braga. � Cette relique bienfaisante, l'auteur de la Vita s'attache � l'authentiquer : c'est le patriarche de J�rusalem, dit-il, qui l'avait envoy�e � Charlemagne, � dans la premi�re ann�e o� celui-ci �tait devenu empereur �. Quand le comte Guillaume voulut se reti- rer du si�cle et qu'il dit adieu � Charles, celui-ci lui offrit de ses richesses tout ce qu'il voudrait en emporter. Guillaume n'en voulut rien prendre, mais supplia l'empereur de lui donner pour son monast�re de Gellone ce morceau de la croix. L'empereur h�site � se s�parer du plus pr�cieux de ses tr�- sors; il c�de enfin : � Prends, cher ami, cette derni�re r�com- pense de tes services; emporte-la comme un gage de mon affection et de mes regrets; chaque fois que tu la reverras, elle te rappellera Charlemagne. � On voit la port�e de ce r�cit, et c'est une des pi�ces de r�sis- tance de la Vita : si c'est Gellone, non pas Aniane, qui pos- s�de cette relique, c'est donc que Gellone n'a jamais �t� l'humble cella que disent ses ennemis. Or il faut savoir que les moines d'Aniane aussi montraient un morceau de la vraie croix : ils pr�tendaient eux aussi que le patriarche de J�ru- salem l'avait envoy� � Charlemagne : c'�tait donc la m�me relique que les deux abbayes se disputaient; mais ceux d'Aniane assuraient que Charlemagne la leur avait donn�e. Pour accr�diter cette histoire, ils l'avaient ins�r�e dans le 1. Visite r�trospective � Saint-Guilhem-du-D�sert, p. 14. 22 JOSEPH B�DIER. Chronicon Anianense^. Comme l'a 1res bien remarqu� M. P�ckerl^, c'est de cette interpolation que part l'auteur de la VUa sancti Wilhelmi (il en reproduit certaines expres- sions, etc.). Ici encore, il a donc recouru � son proc�d� familier : pour ruiner les documents de l'abbaye rivale, il commence par les exploiter; ici encore, il falsifie un faux d'Aniane. Toutes ces observations mettent en lumi�re le caract�re vrai de la VUa : l'auteur s'empare de tous les documents adverses, � le chapitre d'Ardon, l'acte de donation, le Chro- nicon Anianense, � et les modifie au profit de son monas- t�re; il s'agit de combattre pied � pied chacune des pr�ten- tions d'A�iane et de revendiquer l'ind�pendance de Gellone. La VUa n'est donc pas un libre jeu d'imagination que se serait permis un moine isol� au fond de sa cellule : c'est une �uvre concert�e, compos�e savamment � une �poque critique de la vie du monast�re. Orderic Vital l'appr�ciait avec justesse : � elle a �t� faite avec beaucoup d'art par des docteurs reli- gieux et lue respectueusement par des lecteurs studieux devant la communaut� de tous les fr�res^, i Si tel est bien le caract�re de la VUa, quelle surprise de rencontrer, en ce document hagiographique si prudemment combine, des emprunts aux chansons que colportaient des jongleurs m�piis�s! En ellel, le biographe de Guillaume, a l'exemple d'Ardon, ne peint gu�re son h�ros que sous le froc. De sa vie ant�- rieure, pas.s�e parmi les grandeurs du monde, il dit quelque chose pourtant; et ces quelques traits de sa vie s�culi�re, 1. Mon. Germ. hist., SS., I, pp. 309 et 810. 'J. Voyez .son cxci-llonlo discussion, ouvr. cit�, pp. ll'J-l'-i4. ?i. � Quae II rclixiosis ilocLoribiis solerior est otiita ot a' stiidiosis locto- rihns rcxcrcnU'i- iocui esi in (�..niiiiuni fralnuii aiiiiiciiLia. � (Ord.ric Vital, UistDria ecclesiastica, liv. VI, �d. de la Soci�t� de riiisioiio de France! t 111. p. f).) L�GENDES DU CYCLE DE GUILLAUME d'ORANGE. 23 c'est � des chansons de geste qu'il les prend. Son saint Guil- laume, apr�s son entr�e dans le clo�tre, c'est le Guillaume d'Ardou; avant son entr�e dans le clo�tre, c'est Guillaume d'Orange, le Guillaume des jongleurs. Ainsi, nos trouv�res parlaient du sanctuaire de Saint-Guil- hem en hommes qui l'ont fr�quent�, ou se r�clamaient de la vie authentique du saint, gard�e en sa � maison �. Avertis par eux, nous lisons cette Vita, compos�e par les moines de Gellone vers 1122, c'est-�-dire ant�rieurement � tous les textes po�tiques conserv�s. Nous interrogeons cette Vita que les jongleurs invoquaient comme leur autorit�, et voici qu'� leur tour les moines s'y r�f�rent � des chansons de jongleurs. De la ce probl�me : comment, en quelles circonstances ces jongleurs du nord de la France ont-ils pu entrer en relations avec ces moines enferm�s au fond d'une vall�e sauvage du dioc�se de Lod�ve? R�ciproquement, comment, par quel mira- cle ces moines, rel�gu�s dans une vall�e perdue du dioc�se de Lod�ve, ont-ils pu conna�tre seulement ces chansons colpor- t�es par des jongleurs du nord de la France, et, chose plus �trange, accueillir dans un grave texte hagiographique les fables de ces jongleurs? Mettons d'abord en pleine lumi�re la r�alit� du fait : que les moines de Gellone, auteurs de la Vita, connaissent et exploitent des chansons de geste. Il suffit de transcrire ces deux passages bien connus : 1� Au d�but de la Vita, l'hagiographe d�clare qu'il ne dira rien de la vie de Guillaume dans le monde, car, dit-il, cette � geste s�culi�re � de son h�ros est c�l�br�e dans tout l'univers et chant�e partout; et c'est une premi�re allusion � des chansons de geste : � Quels sont les royaumes, quelles sont les provinces et les nations, quel es sont les villes qui ne c�l�brent pas � l'envi les exploits du duc Guillaume, la force de son �me, la Arce de son c�ur, ses nombreux et glorieux triomphes � la guerre? Quelles 24 JOSEPH B�DIER. assembl�es d�jeunes g<^ns, quelles r�unions, surtout de cheva- liers et de barons, quelles vigiles de saints ne retentissent pas de sa gloire et ne redisent pas en chants modul�s quel grand homme fut Guillaume!, ses t^uerres glorieuses sous Charleraagne; com- ment il a dompt� les Barbares; tout ce que les Barbares lui ont f:iit subir de p ines ' t de douleurs; comment, � son tour, il leur a inflig� des d�sastres et les a enfin chass�s au del� des fron- ti�res du royaume des Francs? Toutes ces choses et la multiple histoire de sa vie sont connues presque par tout l'univers. � 2� Malgr� cette assertion qu'il se taira de la vie s�culi�re de Guillaume, le biographe r�sume ainsi, au chapitre v, les exploits (le son h�ros : � En ce temps-l� (comme Guillaume, d�j� illustre � la cour, �tait devenu le conseiller intime de Charlemagne), les Sarrasins se rassemblant de toutes parts, forment une arm�e immense : ils tra- versent les Pyr�n�es, et tous ensemble se h�tent vers l'Aquitaine, la Provence et la Septimanie, vers les terres chr�tiennes. Ils en- vahissent le royaume de Charleraagne, massacrent des chr�- tiens sans nombre. Us sont vainqueurs; ils recueillent un grand butin, emm�nent des prisonniers durement li�s de cordes, ils odupent le pays en tous sens, comme s'ils devaient le poss�der � jamais. La nouvelle en est port�e au roi tr�s chr�tien, qui en ressent une grande donliur. Il invoque le nom du Christ, con- voque ses pairs et ses conseillers... (Us lui indiquent unanime- ment Guillaume). Charleraagne l'invesiit du duch� d'Aquitaine. Guillaume part, menant une arm�e nombreuse d'hommes d'�lite. Il entre en Septimanie, et, ayant franchi le Rh�ne, il dispose s��3 troupes sous les murs d Orange, que les Sarrasins, avec leur Thibaut, avaient occup�e depuis longtemps quam illi Hispani cum suo Tfuobaldo iampridem occupaverani). Il a bient�t fait de massacrer et de mettre en fuite les envahisseurs, bien que par la suite il ait eu � supporter, dans Orange et pour Orange [in ea elproea], de longues peines, qu'il surmonta victorieusement. Quand il eut conquis la ville de vive force, il la garda pour lui, avec l'aveu de tous ses lioinraes. et il en fit sa r�sidence prin- J. � Uiui '�hnri luvtjtnihi,
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