Discours qui se tiennent en notre présence








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DESCRIPTION

GÉOGRAPHIQUE

HISTORIQUE, CHRONOLOGIQUE

POLITIQUE, ET PHYSIQUE

DE L’EMPIRE DE LA CHINE

ET

DE LA TARTARIE CHINOISE

Par le père J.B. DU HALDE,

de la Compagnie de Jésus

TOME TROISIÈME

1735



à partir de :
DESCRIPTION GÉOGRAPHIQUE, HISTORIQUE, CHRONOLOGIQUE, POLITIQUE, ET PHYSIQUE

DE L’EMPIRE DE LA CHINE ET DE LA TARTARIE CHINOISE

par le père Jean-Baptiste du HALDE, de la Compagnie de Jésus
A Paris, chez P. G. LEMERCIER, Imprimeur-libraire, rue saint Jacques, au livre d’Or. MDCCXXXV. Tome troisième.

Mise en format texte par

Pierre Palpant

www.chineancienne.fr

TABLE DES ARTICLES

contenus dans ce troisième volume

[ReligionMorale & mœursSciencesPoésie, théâtreMédecine]

De la religion des Chinois,

Du culte des anciens Chinois,

De la secte des Tao sseë,

De la secte de Fo ou Foë,

De la secte de quelques lettrés de ces derniers temps,

Dialogue où un philosophe chinois moderne, nommé Tchin, expose son sentiment sur l’origine & l’état du monde.

De l’établissement & du progrès de la religion chrétienne dans l’empire de la Chine. [Vie du père RicciLettre de l’impératrice Hélène au pape]
De la philosophie morale des Chinois,

Caractères ou mœurs des Chinois, par un philosophe moderne de la Chine,

Du devoir des parents & des enfants,

Des devoirs réciproques des frères,

Des devoirs du mari & de la femme,

Du devoir des amis,

Des devoirs des parents,

Comment on doit régler son cœur,

Du soin de perfectionner son extérieur,

De l’amour des lettres,

Du procédé de l’honnête homme,

De la manière de gouverner sa maison, & l’appartement séparé des femmes,

Des maisons de ville & de campagne,

De quelques règles de conduite auxquelles on ne fait pas assez d’attention,

Sur les discours qui se tiennent en notre présence,

De l’attention qu’on doit avoir à ses propres discours,

Sur les devoirs de la vie privée,

Sur la lecture des livres,

De la manière de se conduire dans l’usage du monde,

De la persévérance dans la pratique du bien,

De l’idée qu’on doit avoir du monde,

De la civilité & de ses devoirs,

De la modération, ou du milieu qu’il faut tenir en toutes choses,

De quelle manière il faut se comporter avec des gens de différents caractères,

Sur les ouvrages d’esprit,

Quelques règles particulières de conduite.

Recueil de maximes, de réflexions, & d’exemples en matière de mœurs,
De la connaissance des Chinois dans les autres sciences,

De leur logique. — De leur rhétorique. — De leur musique. — De leur arithmétique. — De leur géométrie. — Des autres parties des mathématiques. — De leur astronomie.

Du goût des Chinois pour la poésie, pour l’histoire, pour les pièces de théâtre,

Histoire où l’on voit qu’en pratiquant la vertu on illustre sa famille,

Trait d’histoire où le crime étant d’abord absous, le Ciel, au moment qu’il triomphe, le confond, & le punit avec éclat,

Trait d’histoire où l’innocence accablée est prête à succomber, vient tout à coup à être reconnue, & vengée par une protection particulière du Ciel,

Autre histoire : Tchoang tse après les bizarres obsèques de sa femme, s’adonne entièrement à sa chère philosophie, & devient célèbre dans la secte de Tao.

Tchao chi cou ell, ou le petit orphelin de la maison de Tchao, tragédie chinoise,

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De la médecine des Chinois,

Secret du pouls, traduit du chinois,

[Pen tsao]

Extrait du Pen tsao cang mou, c’est-à-dire, de L’herbier chinois, ou Histoire naturelle de la Chine pour l’usage de la médecine,

Pen tsao ti y kiuen, premier livre de l’Herbier chinois, de l’origine de l’Herbier, ou Pen tsao, & de tous les Herbiers anciens & modernes, qui ont paru jusqu’à présent,

Extrait du Pen tsao de l’empereur Chin nong,

Extrait du Pen tsao de Leang tao hong king, intitulé Ming y pié lou, de la préparation des remèdes.

Recueil de différentes recettes employées par les médecins chinois pour la guérison de diverses maladies.

Du gin seng, plante du premier ordre dans la médecine chinoise ; de sa nature, de ses qualités, & des différentes recettes qui apprennent l’usage qu’on en fait,

Du thé, autre plante qui est en usage dans la médecine,

De l’éléphant,

Du chameau,

Du haï ma, ou cheval de mer,

Du che hiaï, ou cancre pétrifié,

Du musc,

De quelques autres drogues employées dans la médecine chinoise,

De la plante hia tsao tong tchong, ses vertus,

De la plante san tsi, ses usages,

De la rhubarbe, ses usages,

De la racine tang coué,

Du ngo kiao, ses vertus,

De la cire blanche, faite par des insectes, & nommée tchang pe la, c’est- à-dire, cire blanche d’insectes, ses qualités & ses effets,

Des ou poey tse, drogue chinoise. Différentes recettes où l’on emploie les ou poey tse. Tablettes médecinales où dominent les ou poey tse,

De l’ou kieou mou, ou arbre qui porte le suif. Qualités & effets de la racine d’ou kieou mou. De l’huile d’ou kieou, ses qualités & ses effets,

Remède chinois pour la dysenterie.

Tchang seng, ou l’art de se procurer une vie saine & longue.

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DE LA RELIGION

DES CHINOIS



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p.001 Il y a trois principales sectes dans l’empire de la Chine.

1° La secte des lettrés, qui suit la doctrine des anciens livres, & qui regarde Confucius comme son maître.

2° La secte des disciples de Lao kiun, qui n’est qu’un tissu d’extravagances & d’impiétés.

3° La secte des idolâtres, qui adorent une divinité nommée Fo, ou Foë, dont le culte fut transporté des Indes à la Chine environ trente-deux ans après la mort de Jésus-Christ.

La première de ces sectes est la seule qui fasse profession d’une étude réglée, pour s’avancer aux degrés & aux dignités de l’empire par la voie du mérite, de l’esprit, & des connaissances propres à la conduite des mœurs, & au gouvernement de l’État.

La seconde a dégénéré en une espèce de magie & d’enchantement. Les disciples de cette secte promettent le secret de faire l’or, & de se rendre immortel.

La troisième, n’est qu’un amas de fables & de superstitions venues des p.002 Indes à la Chine, & entretenues par les bonzes, qui trompent les peuples sous les apparences d’une fausse piété. Ils ont introduit la créance de la métempsycose, ou transmigration des âmes d’un corps à un autre, & ils la promettent plus ou moins avantageuse, à proportion qu’on sera plus ou moins libéral à leur égard.

Pour donner quelque connaissance de ces différentes sectes, je suivrai l’ordre des temps auxquels elles ont pris naissance ; & je marquerai successivement leur état dans l’esprit des peuples.

Du reste je ne rapporterai rien, qui ne soit tiré de l'histoire chinoise, ou que je n’aye puisé dans les Mémoires de personnes également éclairées & sincères, qui ont passé la plus grande partie de leur vie dans l’empire de la Chine, & qui se sont rendus habiles dans la langue & dans les sciences de cette nation.

Je n’en parlerai même qu’en historien, qui expose amplement les faits ; & je me donnerai bien de garde d’entrer dans ces discussions, qui ont donné matière à tant de volumes, & qui ont causé des divisions, dont les suites n’ont été que trop funestes à la propagation de la foi dans ce vaste empire.

Du culte des anciens Chinois

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C’est une opinion commune, & universellement reçue parmi ceux qui ont tâché d’approfondir l’origine d’un empire aussi ancien que celui de la Chine, que les fils de Noé se répandirent dans l’Asie orientale ; que quelques-uns des descendants de ce patriarche pénétrèrent dans la Chine environ deux cents ans après le déluge, & y fondèrent cette grande monarchie ; qu’instruits par une tradition si peu éloignée, de la grandeur & de la puissance du premier Être, ils apprirent à leurs enfants, & par eux à leur nombreuse postérité, à craindre, à honorer ce souverain maître de l’univers, & à vivre selon les principes de la loi naturelle, qu’il avait gravée dans leurs cœurs.

C’est de quoi l’on trouve des vestiges dans ces livres si anciens & si respectés, que les Chinois appellent par excellence les cinq volumes, les livres canoniques ou classiques de la première classe, qu’ils regardent comme la source de toute leur science & de leur morale.

Cependant ces livres ne font point des traités de religion faits exprès, & à dessein de l’enseigner aux peuples ; ils ne contiennent qu’une partie de leur histoire. Les auteurs ne s’arrêtent pas à prouver ce qu’ils avancent, ils ne font que tirer les conséquences naturelles de principes déjà connus de la nation ; & ils supposent ces dogmes comme des premières vérités, qui font la base & le fondement de toutes les autres.

C’est par la doctrine renfermée dans ces livres, qu’on peut le mieux connaître quel est le système de religion, que les anciens Chinois ont suivi, & quel a été le véritable objet de leur culte.

A parler d’abord en général, il paraît que le but de la doctrine des livres classiques, a été de maintenir la paix & la tranquillité de l’État, par le règlement des mœurs & l’exacte observation des lois ; & que, pour y parvenir, les premiers Chinois jugèrent que deux choses étaient nécessaires à observer ; savoir, les devoirs de la religion, & les règles du bon gouvernement.

Leur culte avait pour premier objet un Être suprême, seigneur & souverain principe de toutes choses, qu’ils honoraient sous le nom de Chang ti, c’est-à-dire, suprême empereur, ou de Tien, qui selon les Chinois signifie la même chose. Tien, disent les interprètes, c’est l’esprit qui préside au ciel, parce que p.003 le Ciel est le plus excellent ouvrage produit par ce premier principe : il se prend aussi pour le ciel matériel, & cela dépend du sujet où on l’applique. Les Chinois disent que le Père est le Tien de la famille, le vice-roi le Tien de la province, & l’empereur le Tien du royaume, &c. Ils honoraient encore, mais d’un culte subordonné, des esprits subalternes, & dépendants du premier Être, qui, selon eux, présidaient aux villes, aux rivières, aux montagnes, &c.

Si dès le commencement de la monarchie ils se sont appliqués à l’astronomie, ils ne s’étudiaient à observer les astres, que pour en connaître les mouvements, & expliquer les phénomènes du Tien visible, ou du Ciel. On ne voit point d’ailleurs que dans ces premiers temps, ils aient cherché à approfondir la conduite & les secrets de la nature : ces recherches trop curieuses étaient même expressément défendues, de crainte que parmi une nation spirituelle & polie, on ne vît éclore trop aisément des opinions dangereuses, & des systèmes pernicieux au repos du gouvernement, & à la tranquillité publique.

Pour ce qui est de leur politique, qui consistait à entretenir l’ordre & l’honnêteté des mœurs, elle se réduisait à ce principe très simple ; savoir, que ceux qui commandent, doivent imiter la conduite du Tien, en traitant leurs inférieurs comme leurs enfants ; & que ceux qui obéissent, doivent regarder leurs supérieurs comme leurs pères.

Mais ce Chang ti, ou ce Tien, qui était l’objet de leur culte, le regardaient-ils comme un Être intelligent, comme le seigneur & l’auteur du ciel, de la terre, & de toutes choses ? Et n’est-il pas vraisemblable que leurs vœux & leurs hommages s’adressaient au ciel visible & matériel, ou du moins à une certaine vertu céleste destituée d’intelligence, & inséparable de la matière identifiée au ciel ? J’en laisse le jugement au lecteur, & je me contente de rapporter ce que les livres classiques nous apprennent.

On y voit surtout dans un de leurs livres canoniques nommé Chu king, que ce Tien, ce premier Être, l’objet du culte public, est le principe de toutes choses, le père des peuples, le seul indépendant, qui peut tout, qui n’ignore rien de ce qui est le plus caché, pas même le secret des cœurs ; qu’il veille à la conduite de l’univers ; que les divers évènements n’arrivent que par ses ordres ; qu’il est saint, sans partialité, uniquement touché de la vertu des hommes, souverainement juste, punissant avec éclat le crime jusque sur le trône qu’il renverse, & sur lequel il place celui qui lui plaît ; que les calamités publiques sont des avertissements qu’il donne pour la réformation des mœurs ; que la fin de ces maux sont des traits d’une justice miséricordieuse, comme, par exemple, lorsqu’il arrête les grands dégâts causés sur les moissons & sur les arbres par un furieux ouragan, aussitôt qu’un illustre innocent, un prince Tcheou kong est rappelé de son exil, justifié de la calomnie, & rétabli dans sa première dignité.

On y voit des vœux solennels qu’on fait à ce maître suprême, pour obtenir de la pluie dans une longue sécheresse, ou pour la guérison d’un digne empereur, dont la vie est désespérée ; & ces vœux, à ce que rapporte l’histoire, sont exaucés. On y reconnaît que ce n’est pas par un effet du hasard qu’un empereur impie a été écrasé de la foudre, mais que c’est une punition visible du Ciel, & tout à fait extraordinaire pour les circonstances.

Les divers évènements ne s’attribuent pas seulement au Tien, lorsqu’ils arrivent ; on n’en parle pas seulement dans les occasions où le vice est abattu & puni ; mais on compte qu’il le sera un jour, on en menace dans le temps même que p.004 le crime prospère. On voit par les discours de ces premiers sages de la nation, qu’ils ont cette persuasion intime, vraie ou fausse, peu importe, que le Tien par des prodiges, ou par des phénomènes extraordinaires, avertit des malheurs prochains, dont l’État est menacé, afin qu’on travaille à réformer ses mœurs ; parce que c’est le plus sûr moyen d’arrêter la colère du Ciel prête à éclater.

Il est dit de l’empereur Tcheou, qu’il a rejeté toutes les bonnes pensées que le Tien lui a données ; qu’il n’a fait nul cas des prodiges, par lesquels le Tien l’avertissait de sa ruine, s’il ne réformait ses mœurs : & lorsqu’il est fait mention de l’empereur Kié ; s’il eût changé de conduite, dit-on, après les calamités envoyées d’en haut, le Ciel ne l’aurait pas dépouillé de l’empire.

On y rapporte que deux grands empereurs, fondateurs de deux puissantes dynasties, respectés l’un & l’autre de la postérité pour leurs rares vertus, ont eu de grands combats intérieurs, lorsqu’il a été question de monter sur le trône. D’un côté ils y étaient sollicités par les Grands de l’empire & par le peuple, & peut-être même par des raisons secrètes d’ambition, difficiles à démêler d’avec les autres motifs spécieux. D’un autre côté, ils étaient retenus par le devoir & la fidélité qu’un sujet doit à son prince, quoique très haï, & très haïssable.

Ces combats intérieurs, cette incertitude qui troublait leur conscience, étaient l’effet de la crainte qu’ils avaient de déplaire au Chang ti, soit en prenant les armes, comme on les en pressait ; soit en refusant de les prendre, pour délivrer le peuple de l’oppression sous laquelle il gémissait, & pour arrêter l’affreux débordement des crimes ; & ils reconnaissaient par là qu’ils dépendaient d’un maître, qui défend l’infidélité, qui hait la tyrannie, qui aime les peuples en père, & qui est le protecteur des opprimés.

Presque à toutes les pages des livres classiques, & surtout du
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