Littérature russe








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LA BIBLIOTHÈQUE RUSSE ET SLAVE


— LITTÉRATURE RUSSE —

Alexandre Pouchkine

(Пушкин Александр Сергеевич)

1799 — 1837

ROUSSLANE ET LIOUDMILA

(Руслан и Людмила)


1820

Traduction de Marc Semenoff, Paris, Plon, 1921.
Ce texte est publié avec l’accord des héritiers de Marc Semenoff ; le téléchargement est autorisé pour un usage personnel, mais toute reproduction est strictement interdite.

TABLE


I 3

II 14

III 25

IV 35

V 42

VI 53


I


Ceci est une histoire de siècles depuis longtemps évanouis, une légende des temps les plus reculés.

Entouré par ses fils, guerriers puissants, et par ses amis, dans la salle haute d’un palais, Vladimir le Soleil donnait un festin.

Il mariait sa fille cadette au prince Rousslane le Brave, et buvait, dans une lourde coupe, du miel à leur santé.

Nos ancêtres ne mangeaient pas vite, et les verres et les coupes d’argent, pleins de bière et de vin étaient servis lentement ; ils versaient la joie au cœur, la mousse coulait sur les bords, et des échansons les portaient gravement en saluant très bas les invités.

Les conversations se fondent en un bruit confus. Les hôtes se groupent en cercles joyeux ; mais soudain retentissent les sons rapides du psaltérion sonore. Tous se taisent. On écoute Baïane : le chantre voluptueux glorifie Lioudmila la Belle, Rousslane et leur couronne tressée par l’Amour.

Mais épuisé par sa passion ardente, Rousslane, amoureux, ne mange ni ne boit. Il contemple sa compagne adorée, soupire, se fâche, bouillonne, et, impatient, tordant sa moustache, compte chaque minute. Tristes et mornes, trois jeunes chevaliers ont pris place à la table bruyante du festin. Devant leurs coupes vides qu’ils oublient, ils gardent le silence, et le repas nuptial leur est pénible. Ils n’écoutent pas le vieux Baïane et baissent leurs yeux confus. Ce sont les trois rivaux de Rousslane : les malheureux dissimulent dans leur âme le poison de l’amour et de la haine. L’un est Rogdaï, un chef hardi qui sut agrandir les terres riches de Kief ; l’autre est Pharlaf, orgueilleux querelleur, sans égal dans les festins, mais modeste guerrier sur les champs de bataille ; le dernier est le khan de Khazar, Ratmir, qu’absorbe la pensée amoureuse. Tous trois sont pâles et tristes et le joyeux festin pèse lourdement sur leur cœur.

On se lève de table. Des groupes bruyants se forment.

Tous regardent les jeunes mariés : Lioudmila baisse les yeux comme sous le poids d’une angoisse secrète. Rousslane rayonne de bonheur. Mais l’ombre descend sur la nature entière, la nuit va tomber. Les boïars, alourdis par le miel, saluent et se retirent. Le jeune époux ne contient plus sa joie : déjà, dans son rêve, il caresse les beautés de la vierge timide. Le grand prince donne sa bénédiction, avec un attendrissement doux et triste, au couple qui s’en va.

On conduit la jeune femme à la couche conjugale... Les feux s’éteignent... et l’Amour allume la petite lampe nocturne. L’espérance adorable se réalise ! Les dons de la passion se préparent ; et les vêtements jaloux tombent sur les tapis tsariens... Entendez-vous les murmures amoureux, le bruit doux des baisers et les reproches qui se taisent et renaissent d’un dernier sentiment de pudeur ?... L’époux pressent les joies de la volupté... Et déjà!... Soudain le tonnerre gronde, des éclairs illuminent la nuit brumeuse... la petite lampe s’éteint, une fumée tourbillonne... Tout redevient sombre, tout tremble...

Rousslane gît plus mort que vif... Tout se tait. Dans le silence terrible, une voix étrange retentit deux fois, et un être descend puis disparaît dans un nuage de fumée... Et, de nouveau, le calme le plus profond règne dans le château... L’époux terrifié se relève, une sueur froide a glacé son visage ; le cœur angoissé, d’une main tremblante, il cherche dans les ténèbres silencieuses... Oh ! douleur... sa compagne adorée n’est plus là... Il étreint le vide ; Lioudmila a disparu, enlevée par une force inconnue.

Ah ! celui qui souffre le martyre d’une passion sans espoir vit dans la douleur, mes amis, cependant il peut vivre encore ! Mais étreindre, après de longues années de patience, une femme amoureuse — objet de désirs, de larmes et d’angoisse, et perdre, soudain, à jamais l’épouse d’un moment... Oh ! amis, mieux vaut mourir ! Rousslane le malheureux vit toujours.

Et Vladimir le Soleil, écrasé soudain par la nouvelle terrible, fulminant contre son gendre, convoque Rousslane et sa cour : « Où donc, où donc est Lioudmila ? » demande-t-il en jetant des regards furieux et enflammés. Rousslane n’entend pas. « Mes enfants, mes amis ! Je me souviens de vos services anciens... Ayez pitié d’un vieillard ! Répondez : qui parmi vous est prêt à partir à la recherche de ma fille ? À celui dont l’effort n’aura pas été vain — pleure et souffre, misérable qui n’as pas su garder ta femme — je donnerai Lioudmila avec la moitié du royaume de mes ancêtres.

Qui se décide, mes amis, mes enfants ?... — Moi, prononça l’époux douloureux. — Moi ! Moi, s’écrièrent Rogdaï, Pharlaf et Ratmir tout joyeux : nous sellons immédiatement nos bêtes et ne redoutons pas de parcourir le monde entier ; ne crains rien, père. Nous abrégerons le temps de la séparation. En route ! Et trouvons la princesse ! » Le vieillard, brisé par la douleur, les yeux pleins de larmes, leur tend ses bras avec une reconnaissance muette.

Tous les quatre sortent ensemble : Rousslane est morne et silencieux ; la pensée de sa femme le ronge, le meurtrit. Ils montent sur leurs coursiers ardents et volent dans un nuage de poussière le long des rives heureuses du Dnieper... Déjà, ils disparaissent au loin... On ne voit plus les cavaliers... Mais longtemps encore le grand prince regarde les champs vides, et suit en pensée les quatre héros.

Rousslane souffre en silence abîmé dans une lourde torpeur. L’air important, les mains sur les hanches, Pharlaf chevauche derrière Rousslane. Soudain, il dit : « Oh, eh ! amis ! J’ai eu de la peine à me rendre libre ! Il est temps que je me trouve en présence du géant ! Le sang va couler, l’amour jaloux exige des victimes !... Réjouis-toi, épée fidèle, réjouis-toi, vaillant coursier ! »

Le khan de Khazar, qui embrasse déjà en pensée Lioudmila, se retient avec peine de danser sur sa selle ; son jeune sang bouillonne, des flammes d’espoir traversent son regard ; il lance sa bête bride abattue, puis la taquine soudain, la fait tourner sur place et se dresser sur ses pieds de derrière, ou la met de nouveau au galop en gravissant une colline.

Rogdaï est triste... silencieux... Il craint le destin mystérieux. Torturé par une vaine jalousie, il est le plus agité de tous et, par moments, son regard terrible se fixe, sombre, sur le prince.

Les rivaux suivent le même chemin pendant une journée entière. Les rives douces du Dnieper s’assombrissent, l’ombre de la nuit descend de l’Orient, la brume monte des eaux profondes. Les coursiers ont besoin de repos. Mais voici qu’au pied de la montagne la route se divise. « Séparons-nous, il est temps, disent les cavaliers. Confions-nous à la destinée inconnue. » Et chaque coursier, ne sentant plus le mors, choisit librement son chemin.

Que fais-tu, malheureux Rousslane, seul, dans le silence de la solitude ? Revois-tu en rêve l’heure terrible de ton mariage avec Lioudmila ? Baissant sur ton front ton casque d’airain, laissant tomber les rênes de tes mains puissantes, tu traverses les champs au pas, et, lentement, tout espoir se meurt, toute foi s’éteint dans ton âme.

Mais soudain une grotte apparaît aux yeux du prince ; il aperçoit une lumière... et se dirige vers elle ; sous des voûtes silencieuses... Il entre désespéré. Et que voit-il ? Un vieillard est assis dans la caverne : regard franc, air calme, barbe blanche ; une petite lampe brûle devant lui. Il lit attentivement un livre antique.

« Salut, mon fils, dit-il à Rousslane avec un sourire. Voici vingt ans que je vis seul, ici, me consumant dans la nuit de ma vieillesse. Mais enfin le jour est venu que j’attendais depuis longtemps. Le destin nous unit. Prends place et écoute-moi. Rousslane, tu as perdu Lioudmila ; ton âme virile et forte faiblit. Mais l’heure du mal s’évanouira vite ; le malheur ne te frappe que pour un temps. Ne te décourage point, va, et garde ton espérance et ta foi joyeuse ; en avant ! Hardie l’âme et l’épée et fraye ta route.

Sache-le, Rousslane, celui qui t’a outragé est un sorcier, le terrible Tchernomor, vieux ravisseur des belles femmes, maître des montagnes septentrionales. Nul regard ne pénètre jusqu’à ce jour chez lui. Mais, triomphant de tous les pièges du mal, tu entreras dans sa demeure et le scélérat périra par ta main ! Je ne puis t’en dire davantage. Ton avenir, mon fils, dépend désormais de toi seul. »

Notre prince tombe aux pieds du vieillard, et, tout joyeux, baise sa main. Le monde s’illumine à ses yeux et son cœur oublie la souffrance... Rousslane revit... Mais de nouveau l’angoisse se peint sur son visage qui rougit... « Le motif de ta tristesse est naturel, mais il est facile de le dissiper, dit le vieillard... L’amour du vieux sorcier pour Lioudmila te remplit d’horreur... Tranquillise-toi : cette passion n’est point dangereuse pour la jeune vierge. Tchernomor fait mouvoir les étoiles, la lune tremble quand il siffle, mais sa science est impuissante contre la loi du destin. Gardien jaloux et frémissant des portes impitoyables, il n’est que le bourreau sans pouvoir de son adorable captive. Il erre autour d’elle en silence et maudit son propre sort si cruel...

Mais il suffit, brave prince, les heures s’écoulent et tu as besoin de repos. »

Rousslane s’étend sur la mousse molle devant le feu qui s’éteint ; il recherche l’oubli de tout dans le sommeil, soupire, se tourne et se retourne lentement... En vain ! Impossible de dormir. « Mon père ! dit-il enfin, que faire ! Mon âme souffre, le sommeil me fuit, la vie m’est intolérable ! Que tes saintes paroles raniment mon courage. Excuse ma question insolente. Révèle ton secret : qui es-tu, homme béni, confident mystérieux du destin ? Qui t’a conduit dans cette solitude ? »

Le vieillard eut un sourire triste et poussa un soupir : « Ô mon fils, j’ai oublié déjà les froides régions de ma patrie lointaine. Finnois de naissance, ma jeunesse s’écoula dans des plaines à garder les troupeaux des villages voisins ; insouciant, je ne connus que les profondes forêts de chênes, les ruisseaux, les cavernes et les divertissements de la pauvreté sauvage. Mais il ne me fut pas donné de vivre longtemps dans cette paisible solitude.

Près de notre village vivait Naïna, fleur solitaire. Elle régnait sur ses compagnes, souveraine par sa beauté. Un jour, aux premières heures du matin, je menais à la prairie mon troupeau en jouant de la cornemuse. Un torrent rugissait devant moi. Seule, une jeune beauté tressait sur la rive une couronne de fleurs. Mon destin s’accomplissait...

Ah ! prince. C’était Naïna ! Je m’approche... et la flamme fatale vint punir mon regard insolent. Je connus l’amour avec ses béatitudes célestes et ses douleurs poignantes.

Six mois s’évanouirent comme un rêve. Tremblant, je lui ouvris mon cœur, en lui disant : je t’aime, Naïna ! Mais Naïna écouta fièrement mon aveu timide — elle n’aimait que ses charmes — et répondit, indifférente : « Berger, je ne t’aime point. »

Tout pour moi devint sombre et sauvage: rien ne pouvait adoucir mes souffrances — ni l’ombre des grands chênes, ni les buissons, ni les joyeux amusements des bergers. La douleur consumait mon âme. Je me décidai enfin à quitter les vallées finnoises, traverser les solitudes incertaines de l’océan et à conquérir par la gloire guerrière le cœur orgueilleux de Naïna. Je groupai autour de moi des pêcheurs hardis afin de rechercher l’or et braver les dangers. Pour la première fois, la patrie calme de nos pères connut le bruit des armes d’acier et des barques envahissantes. Je voguai loin, plein d’espérance, suivi par mes intrépides compagnons, et, pendant dix années, nous connûmes durant l’hiver l’assaut des vagues ennemies.

Ma renommée grandissait : les rois des pays étrangers craignaient mon insolence, et leurs fières armées fuyaient les épées du Nord. Nous combattions gaiement, avec fureur. Partagions butins et présents et festoyions amicalement avec les vaincus. Mais mon âme, pleine de Naïna, au milieu des fêtes et des combats, regrettait les rivages finnois et se mourait d’une douleur secrète. « Il est temps de revenir, amis, m’écriai-je un jour. Nous suspendrons nos cottes de mailles aux murs de nos chaumières natales. » Je dis — nos rames fendirent l’eau avec bruit — et, abandonnant tout désir belliqueux, nous entrâmes avec une fierté joyeuse dans le port de notre chère patrie.

Ô rêves si longtemps caressés ! Ô ardente passion ! L’heure de la rencontre délicieuse sonna pour moi. Aux pieds de la belle orgueilleuse, je déposai mon épée sanglante, des coraux, de l’or, des perles. Entouré par la foule silencieuse de ses compagnes jalouses, je restai devant elle, enivré d’amour, esclave obéissant. Mais la vierge me quitta disant, indifférente : « Héros, je ne t’aime pas. »

Pourquoi entreprendre ce récit, mon fils ? Mes forces me trahiraient. Ah ! maintenant, dans cette solitude, l’âme éteinte, aux portes de la tombe, je revis ma douleur et, parfois, lorsque renaît le souvenir du passé, de lourdes larmes coulent sur ma barbe blanche.

Mais écoute : près des rives désertes, dans ma patrie, une science merveilleuse et profonde est enseignée. Là, au milieu des forêts, dans le silence éternel, dans la solitude lointaine, vivent de vieux sorciers ; leurs pensées ne tendent que vers les raisons de la haute sagesse ; la nature entière entend leur voix terrible, ils disent ce qui fut, ce qui sera de nouveau. Et la mort, et l’amour lui-même sont soumis à leur puissante volonté.

Avide de passion je voulus, dans mon désespoir, séduire Naïna par des enchantements et embraser par des sortilèges le cœur fier de la vierge froide. Je me hâtai vers les solitudes sombres des forêts, pour m’adonner aux joies de la liberté, et là je passai des années à étudier l’enseignement des sorciers. Enfin, l’heure fatale sonna, le mystère terrible de la nature se découvrit à ma pensée lucide : je connus la force nécessaire aux sortilèges — qui forcent l’amour et la réalisation des désirs ! Naïna, tu m’appartiens désormais ! La victoire est à moi, pensai-je. Mais le vainqueur réel fut le destin — mon persécuteur obstiné.

Dans l’enthousiasme de mon ardent désir, plein de rêves, de jeune espérance, je fais à la hâte des conjurations, j’appelle les esprits — et, dans les ténèbres de la forêt, le tonnerre gronda, la tempête rugit, et la terre trembla sous mes pieds... Soudain, devant moi, je vis une vieille assise, les yeux caves, brillants, la tête tremblante, bossue, toute courbée, image d’une pénible décrépitude. Ah ! prince. C’était Naïna !... Saisi d’horreur, je gardai le silence, contemplant l’horrible vision et ne pouvant en croire mes yeux.

Soudain, je pleurai et m’écriai : « Est-ce possible ! Naïna, toi !... Toi !... Mais où est ta beauté, Naïna ! Réponds. Les cieux t’auraient-ils donc aussi effroyablement changée ? Réponds. Y a-t-il donc si longtemps que, fuyant le monde, j’ai abandonné ma chère aimée ? — Quarante ans, fut la réponse fatale de la vierge; j’ai aujourd’hui soixante-dix ans; que faire? me cria-t-elle d’une voix perçante, les années se sont évanouies, nombreuses, mon printemps et le tien ont fui à jamais ; tous deux nous avons vieilli. Mais écoute-moi, ami. La perte de la jeunesse perfide n’est pas un malheur. Certes, j’ai les cheveux blancs, je suis peut-être contrefaite. J’ai changé depuis que tu m’as vue, j’ai perdu ma jeunesse, ma beauté, mais en revanche, laisse-moi te révéler ce secret : je suis sorcière ! »

C’était la vérité. Muet, immobile devant elle, je restai désarmé malgré toute ma sagesse.

Mais — horreur ! Mes incantations avaient malheureusement produit leur effet : ma divinité vieillie brûlait pour moi d’une jeune passion. Un sourire hideux tordit ses lèvres, et l’horrible vieille me fit, d’une voix tombale, l’aveu de son amour. Imagine-toi ma douleur. Je frémissais, les yeux baissés ; elle continua, en toussant, sa déclaration passionnée : « Enfin j’ai connu mon cœur ; je sais, ami fidèle, qu’il est né pour une tendre passion ; les sentiments se sont éveillés ; je brûle, je meurs de désirs d’amour... Viens dans mes bras... Oh ! cher aimé... je meurs !... »

En prononçant ces paroles, Rousslane, elle me jetait des regards langoureux, et tenait mon caftane dans ses mains décharnées... Terrifié, je fermais les yeux, il me semblait que j’allais défaillir... Ce fut au-dessus de mes forces... Je me dégageai en poussant un cri et m’enfuis... Elle me suivit : « Oh ! être indigne ; tu as troublé ma vie paisible et pure de vierge innocente ! Tu as fait naître l’amour de Naïna, et tu la méprises maintenant... Oh, les hommes ! Tous ils respirent la trahison ! Hélas ! accuse-toi toi-même, c’est lui qui t’a séduite, le misérable ! Je me suis abandonnée à un sentiment passionné... Traître ! Assassin ! ô honte ! Mais prends garde, être vil !... »

Nous nous quittâmes ainsi. Depuis, je vis dans cette solitude, l’âme désillusionnée ; la nature, la sagesse et le calme consolent le vieillard. Déjà la tombe m’appelle. Mais la vieille n’a pas encore oublié ses sentiments anciens ; et son amoureuse flamme tardive, de dépit s’est transformée en haine. L’âme noire de la vieille sorcière aime le mal et, sans aucun doute, Naïna te détestera... Mais la douleur n’est pas éternelle.

Notre prince écoutait avidement le récit du vieillard. Le sommeil n’avait pas clos ses yeux limpides... Et la nuit silencieuse s’écoula pour lui en méditations profondes. Mais déjà le jour ensoleillé se lève... Le prince, reconnaissant, embrasse le vieillard-devin... Son âme est pleine d’espoir... Il sort... Rousslane éperonne son cheval endormi, se redresse sur sa selle et dit : « Mon père, ne m’abandonne pas ! » Et s’élance au galop... Le sage aux cheveux blancs crie à son jeune ami : « Bon voyage ! Adieu, aime ta femme et n’oublie pas les conseils du vieillard ! »
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