Compétition politique en démocratie ? Notions








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date de publication15.07.2017
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Audrey BOHBOT Tle ES1

Chapitre 1.2 – Comment s’organise la compétition politique en démocratie ?

Notions :


Pluralisme politique : Organisation selon laquelle la coexistence d’opinions divergentes et de partis politiques concurrents existe.

Modes de scrutin : Façon dont sont organisées les élections visant à désigner les représentants du peuple. On peut distinguer trois grandes familles dans les modes de scrutin :

  • le scrutin majoritaire

  • le scrutin proportionnel

  • le scrutin mixte

Parité : Situation ou revendication d’égalité de droit ou de fait dans les différentes sphères de la vie sociale. En France, la loi sur la parité de juin 2000 prévoit un dispositif à deux vitesses. Pour les élections au scrutin de liste (municipales, régionales, européennes), la loi impose l’alternance stricte homme-femme sur les listes. Pour les élections législatives, une pénalité financière est prévue pour les partis qui ne présentent pas 50% de candidates.

Démocratie délibérative : Démocratie dans laquelle on va chercher à amener les citoyens à s’approprier davantage les décisions par des débats argumentés. (ex : conseils de quartier, consultation des citoyens etc.)

A – La nécessité d’une compétition électorale ouverte et non-violente

Doc 1 : La compétition politique, une conquête du pouvoir sans les armes


La singularité des démocraties dans la lutte pour le pouvoir vient du fait que la compétition est pacifique : la violence est délégitimée. On sait que l’alternance est possible, ce qui réduit la nécessité de l’emploi à la force. Ceux élus démocratiquement ont alors une très forte légitimité puisqu’ils ont été élus par le peuple ; ceux qui feraient usage de la force n’auraient pas cette même légitimité. L’abstention, notamment très forte de nos jours, peut aussi délégitimer puisque certaines opinions se sont pas exprimées faute de candidats légitimes selon les électeurs.

Exemples de prises de pouvoir par la force : 1917 par Lénine en URSS ; 1922 par Mussolini en Italie ; en 2012 au Mali.

Les « règles du jeu » sont devenues « naturelles » dans les pays où elles sont institutionnalisées suite au processus d’institutionnalisation : ces règles sont devenues immuables et ne sont pas remises en question.

Doc 2 : Une compétition ouverte qui nécessite le respect du pluralisme


Le travail des maires dans l’organisation des élections sont guidés par différents objectifs comme l’égalité entre les candidats ou la régularité et la conformité des élections par rapport à la loi.
Le processus d’institutionnalisation, qui a mis en place progressivement des procédures concrètes, permet d’assurer ces deux objectifs.
Le pluralisme politique désigne l’organisation selon laquelle la coexistence d’opinions divergentes et de partis politiques concurrents existe.

Doc 3 : Un accès libre et équitable aux médias


Selon le CSA, pour que le pluralisme soit respecté, le temps de parole de l’opposition doit être égal à 50% de celui de la majorité.
Tous les propos du président de la république ne sont pas comptabilisés : ceux ne relevant pas du débat politique ne sont pas comptés.
L’accès aux médias est un enjeu démocratique puisqu’il permet d’alimenter le débat démocratique, de critiquer les décisions du gouvernement. C’est aussi un lien direct entre les électeurs et les politiques, c’est-à-dire un moyen de se faire connaître.

B – Quels rôles jouent les partis politiques dans la compétition électorale ?

Doc 4 : La république des notables


Alexis de Tocqueville était un aristocrate respecté et connu de la population. Il était comme un berger guidant son troupeau, ici ses électeurs, pour aller voter.
Le résultat de cette élection était prévisible car il s’agissait de la première élection universelle au suffrage masculin : c’était la première fois que ces hommes votaient, ils n’avaient donc pas de culture démocratique et ont voté par mimétisme ; en réalité c’était un choix collectif. Aujourd’hui, la manière de voter a bien changé : tout d’abord, les femmes peuvent également voter, et il s’agit désormais d’un acte individuel qui fait partie du processus d’institutionnalisation pour couper l’individu des influences familiales, religieuses etc.

Doc 5 : Les partis politiques, enfants de la démocratie et du suffrage universel


Un notable est un individu qui possède une position élevée dans la hiérarchie sociale (préfet, patron etc.) et qui a ainsi une influence élevée sur la population.
Le suffrage universel a transformé la compétition électorale : tout le monde pouvant voter, la notoriété de celui qui se présente n’est plus suffisante puisqu’il n’est pas connu de tous les électeurs. Les individus issus des partis ouvriers n’ont pas une grande notoriété. C’est leur parti, à travers les meetings par exemple, qui va leur permettre de mener leur campagne en leur donnant les ressources nécessaires pour pallier au manque de capitaux que peut rencontrer un individu se présentant sans parti.
Autrefois, notables avaient une grande importance et légitimité, ce qui a rendu nécessaire l’apparition des partis politiques ; les premiers partis étaient des partis ouvriers.

Doc 6 : Qu’est-ce qu’un parti politique ?


Exemples de partis politiques : Parti Socialiste ; Les Républicains (précédemment UMP) ; Front National ; Europe Ecologie les Verts ; Front de Gauche ; Debout la République ; Nouveau Parti Anticapitaliste etc.

Le PS et Les Républicains correspondent à des partis d’électeurs. Le PS est l’héritier d’un parti de masse alors que Les R2publicains résultent en partie d’un parti de notables.
On distingue parti de masse, parti d’électeurs et parti de cadres.

Les partis politiques ont des fonctions essentielles dans la vie démocratique : ils sont un intermédiaire entre le peuple et le pouvoir en élaborant des programmes qui animent le débat politique, en structurant l’opinion, en faisant des propositions, en se faisant porte-parole du mécontentement. Ils ont également une fonction de direction puisqu’ils forment les élites, les cadres. Enfin, ils ont une fonction de sélection en choisissant quelles personnes vont se présenter aux élections.

Doc 7 : La professionnalisation politique


L’action politique s’est professionnalisée depuis sa création : les politiques ont leurs propres enjeux et règles, mènent une compétition entre eux pour obtenir du pouvoir au sein du parti. Ce débat ne passionne pas forcément les foules et peut provoquer de l’abstention, de l’antiparlementarisme, un vote aux extrêmes. On observe la loi d’airain de l’oligarchie ; cette dernière énonce que toute organisation sécrète une oligarchie (un petit nombre de dirigeants) dont le but est de pérenniser la structure de l’organisation et leur pouvoir.
L’objectif des partis est d’obtenir des suffrages, continuer d’exister.

C – Quels sont les effets des différents modes de scrutin ?



Document 8 :


Au scrutin majoritaire, on est élu si on gagne la majorité des voix.
Au scrutin proportionnel, le nombre d’élus est proportionnel au nombre de voix. Des seuils peuvent exister (avoir au moins 5% des voix pour avoir des sièges par exemple) pour éviter la trop grande fragmentation de la représentation et donc l’existence de micro listes.

Dans un scrutin de liste, on vote pour une liste et donc plusieurs personnes. Dans un scrutin uninominal, on ne vote que pour une seule personne. Ces deux modes de scrutin peuvent s’exercer sur 1 ou 2 tours.

Les élections municipales et régionales sont des élections proportionnelles avec prime de majorité mais également des élections mixtes.
Les élections européennes utilisent le scrutin proportionnel pur.

Le scrutin proportionnel est risqué dans le sens où les voix peuvent se fragmenter ; il n’y a donc pas de véritable majorité et l’assemblée peut devenir ingouvernable.
Le scrutin mixte combine le scrutin proportionnel avec une prime majoritaire : il chercher à associer les avantages des deux.
Le scrutin majoritaire fait apparaître une majorité forte mais pas très représentative puisque l’avis d’une partie de la population n’est pas pris en compte.

Au second tour des élections on observe souvent des fusions, des désistements etc. Les partis qui n’ont pas d’alliés ne réussissent généralement pas à gagner.

Le choix du mode de scrutin est important car selon le mode utilisé, les partis seront plus ou moins bien représentés et les assemblées seront plus ou moins faciles à gouverner. Le choix des seuils est également important car les petits partis en dépendent. Enfin, le découpage des circonscriptions est important aussi puisqu’il peut façonner le résultat des élections.


Doc 9 : Quels sont les avantages et les inconvénients de chacun de ces systèmes ?


Le scrutin majoritaire est injuste mais la majorité est forte, ce qui élimine les opinions minoritaires. Le scrutin proportionnel est lui plus représentatif des souhaits des électeurs mais ne fait pas apparaître de majorité.

Doc 10 : L’impact d’un changement de mode de scrutin


F. Mitterrand a instauré le scrutin proportionnel aux législatives de 1986 pour limiter la victoire de la droite. Cette dernière n’a alors eu qu’une courte majorité, ce qui a mené à une cohabitation ; pour autant, cela a permis au Front National de rentrer à l’Assemblée Nationale. En 1988, J. Chirac a restauré le scrutin majoritaire pour donner la majorité à la droite et sortir le Front National de l’Assemblée.

D – La question de la parité en politique

Doc 11 – Les femmes au pouvoir


Sous le gouvernement d’Emile Combes (1902 - 1905), les femmes ne faisaient pas de politique. Avec le gouvernement Debré (1er gouvernement de la Ve République), il y a une progression puisqu’une femme est présente au gouvernement. Avec le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, les femmes sont largement plus représentées. En effet, la place des femmes dans la société a beaucoup évolué. Après la Première Guerre mondiale, elles ont obtenues une certaine autonomie, ont revendiqué l’égalité du droit de vote (1944), le droit à l’avortement etc. Les femmes ne sont plus considérées comme mineures sur un plan juridique. Le gouvernement Ayrault marque une volonté de parité : ce gouvernement va plus loin que la loi et les obligations de la représentation féminine au sein du gouvernement. Pour autant, les postes qu’elles occupent au sein de ce gouvernement ne sont pas les plus importants ; on note quand même la volonté de représenter la gente féminine, les minorités ethniques, les personnes issues de l’immigration.
En 2000, une loi sur la parité a été votée concernant les élections et les scrutins de liste où il doit y avoir autant d’hommes que de femmes.

Doc 12 – La parité, une revendication ancienne


Le droit de vote des femmes date de 1944 et le droit d’éligibilité remonte lui à 1945. La parité n’a pas longtemps été une priorité pour les femmes car on se préoccupait plutôt du droit civil, de l’émancipation par rapport au mari par exemple.

Doc 13 – La représentation des femmes en politique


En France, la proportion de femmes députées est 18,5% alors qu’en Suède elle est d’environ 45%.
Aujourd’hui en France, les femmes sont sous-représentées par rapport à leur pouvoir électoral et leur poids dans la société. La France est en dessous de la moyenne européenne et mondiale quant à la représentation des femmes en politique. Cette sous-représentation a plusieurs causes :

  • Les hommes détiennent les postes de pouvoir donc ils s’entourent d’hommes (mécanisme sexiste).

  • Pour les postes éligibles ont présente déjà des candidats connus qui se feront élire plus facilement et généralement cela favorise les hommes.

  • En France, pour les députés par exemples, on doit représenter toute la nation (hommes, femmes handicapés etc.) si bien qu’un homme peut représenter une femme. Les élus représentent tout le peuple. Le parlement n’est pas une photo de la société donc la parité n’est pas nécessaire.

  • Depuis longtemps, les femmes ont intériorisé qu’elles n’étaient pas faites pour la politique (notamment à cause du poids de la socialisation différenciée).

Doc 14 – Distribution inégale des ressources politiques et biais liés au genre ?


Les hommes sont élus plus facilement car ils sont implantés dans la politique depuis plus longtemps. Ils détiennent plus de ressources (connaissances, soutien, réseaux) et souvent les femmes sont novices en politique. Les hommes ont plus de capital social ce qui facilite leur élection. Il y a également un stéréotype où l’on associe à la politique des querelles plutôt masculines au cours de débat ou luttes oratoires.

Doc 15 – Le bilan de la loi sur la parité


La France est classée aux alentours de la 60e position au classement de la féminisation des chambres basses et au 19e rang au sein de l’UE.
Les femmes étant novices, on les place dans les circonscriptions les plus difficiles pour qu’elles ne soient pas élues. Certains partis préfèrent payer des pénalités financières plutôt que de respecter les quotas ou la parité. (Ex : les Républicains, PS)
Pour faire progresser la parité, on peut attendre que le temps fasse son travail ou on peut durcir la législation. On peut également faire du volontarisme politique.

E – Quelles évolutions pour la vie démocratique contemporaine ?

Doc 16 – Démocratie délibérative, démocratie participative, quelles différences ?


Selon le concept de la démocratie, l’exercice de la citoyenneté est très limité. En théorie, dans une démocratie, tous les citoyens élaborent la loi en la votant et en la discutant. C’est le cas de la démocratie directe. (Ex : démocratie athénienne). Cela est différent de notre démocratie qui est représentative. Les intellectuels qui soutiennent la démocratie participative et délibérative pensent qu’il y a une crise de la représentation politique (Ex : abstention). Il faut donc rapprocher les citoyens des décisions politiques : on veut réintégrer des formes de démocratie directe dans la démocratie participative.


La démocratie représentative est une démocratie dans laquelle le citoyen va déléguer la prise de décision politique aux représentants élus.
La démocratie participative est une forme de partage du pouvoir, on va renforcer la participation des citoyens au processus de décisions.
La démocratie délibérative est une démocratie dans laquelle on va chercher à amener les citoyens à s’approprier davantage les décisions par des débats argumentés. (ex : conseils de quartier, consultation des citoyens etc.)

Doc 17 – Les limites de la démocratie participative


La démocratie participative possède des limites : les décisions ont souvent peu de poids (sujets mineurs) ou le fruit des délibérations ne sera pas pris en compte.

  • Un certain nombre de choix ne parviendra jamais à une assemblée.

  • La faibles participation des citoyens puisque certains se sentent éloignés de la politique.

  • Le coût est élevé

  • Le faible capital politique de certains citoyens.

  • Certains sujets sont trop techniques ce qui pose un problème de compétence.

La politique s’apprend notamment par le biais des parents, de la socialisation.
Malgré ses coûts, la démocratie participative peut lutter contre la crise de la représentation en associant mieux citoyen et prise de décisions.


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