Déclaration de la Commission cce «Conditions de Travail et des Risques Psychosociaux»








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Comité Central d’Entreprise

des 10&11 septembre 2014


Déclaration de la Commission CCE
« Conditions de Travail et des Risques Psychosociaux »


L’introduction de la précédente déclaration de la commission le 10 avril était la suivante.

« Premièrement, l’AFPA, dans son organisation, n’a pas définitivement tourné la page du Plan Stratégique et de sa mise en lignes.

Deuxièmement, la santé du personnel de l’AFPA et la fierté de faire ce que l’on fait à l’AFPA sont abîmées en même temps que l’AFPA, et que se pose ainsi à nous le vaste problème de redéfinition de notre institution.

Troisièmement, pour « remettre l’AFPA sur le métier » - dans tous les sens du terme – et faire en sorte qu’elle ait un avenir, il faut se mettre autour de la table et avoir le courage de nous poser les bonnes questions.

Quatrièmement, de la réponse à ces questions, dépendent non seulement l’avenir de l’AFPA et la santé du personnel de l’AFPA, mais aussi, au-delà de l’AFPA et de son personnel, pour une part, le devenir du professionnalisme dans notre pays. »

Ainsi pour Yves Clot : « La dégradation de la qualité du travail dépasse maintenant le travail. (…). Le travail « ni fait ni à faire » est dans nos assiettes, dans nos médicaments, dans la nature. »

Qu’est-ce à dire pour nous à l’AFPA ?
Les constats de la DRH sur les facteurs de risques psychosociaux résultant de l’analyse des documents uniques de l’AFPA.

La DRH a pu se rendre compte que le facteur des relations aux stagiaires et publics, clients, fournisseurs ressortait avec un très fort pourcentage, nettement devant 9 autres facteurs de RPS, qui sont, par ordre d’importance : - la qualité des relations entre salariés et des collectifs et le soutien de la hiérarchie, - l’insatisfaction au regard des exigences des salariés concernant les RH, - la suractivité par rapport aux actes métiers, - la gestion des remplacements dans un cadre contraint de moyens, - la confusion dans les missions et rôles, - l’évolution de l’activité de formateur par rapport aux actes métiers et au contexte spécifique, - les importantes variations de l’activité du fait des appels d’offre et l’obtention d’actions non prévues, - la conduite de changement mal accompagnée, - la planification des activités et le manque d’anticipation. 

Et si l’on va dans le détail de ce facteur surdéterminant, « relations aux stagiaires et publics, clients, fournisseurs », on voit qu’il concerne surtout les relations aux stagiaires et publics. Nous avons ainsi les item suivants : - les publics éloignés d’un savoir être en groupe, - les publics éloignés des prérequis, - les conduites addictives des stagiaires, - les violences verbales, - un centre implanté dans une zone sensible, - et autres, item non spécifique.

Le constat est juste. Mais les choses ne doivent pas être présentées de telle manière qu’il faudrait finalement les accepter alors qu’elles ne sont pas acceptables : ainsi est-on en droit de penser que les « publics éloignés des prérequis », les « conduites addictives des stagiaires »et même les « violences verbales » ne correspondent pas à un ciblage correct d’un public adapté à la formation professionnelle qualifiante de l’AFPA.
Les constats de la médiation nationale.

Rapport annuel 2010 :

- Dans le cadre des saisines, il est question de stagiaires « psychotiques », « violents avec les autres », de « consommation d’alcool », de « stagiaires abonnés non assidus », etc. Les stagiaires mettent en cause « la mixité des publics » : « A noter, une sensibilité particulière à l’égalité de traitement qui peut être tantôt une valeur de l’AFPA et tantôt un problème d’autorité ou de renoncement pour assurer le financement des heures travaillées par des individus qualifiés de stagiaires mais qui n’en représentent pas les conditions ».

- On peut lire que « le transfert des psychologues à Pôle Emploi pourrait avoir des conséquences sur l’augmentation de situations dramatiques générées par des stagiaires visiblement inaptes à suivre un parcours de formation. Les entretiens successifs des psychologues avec les candidats à une formation permettaient de détecter des difficultés de comportement ou des troubles psychotiques susceptibles de constituer un obstacle au parcours de formation. En outre, leurs interventions dans le cadre du suivi psychopédagogique, qui pouvaient s’apparenter à de la médiation, étaient appréciées par les managers et les formateurs comme des éléments de régulation face à des stagiaires à risques. »

Rapport annuel 2012 :

- Il y est écrit : « Pour la première fois cette année, la médiation a été destinataire de courriers très violents mettant en cause l’ambiance détestable et insupportable qui règne dans certains établissements. »

- Et : « D’une manière générale, les candidats ont perdu la confiance dans le système de recrutement. »

- Puis : « Les tensions inévitables dans un enclos où doivent se côtoyer tous les caractères et toutes les histoires de vie, ont longtemps été canalisées et adoucies par le rôle majeur des animateurs socio-éducatifs et par l’existence d’une commission mixte de discipline dont le rôle était connu et dont les avis collégiaux étaient respectés. Les animateurs sont de moins en moins nombreux et les commissions de discipline ont été supprimées, sauf dans certaines régions qui ont vite compris l’intérêt de la rétablir pour objectiver les conflits et apaiser les relations entre les acteurs. »

- Par ailleurs : « Déjà en 2000 à l’occasion de la mise en place de la RATT, la direction de l’ingénierie avait éprouvé le besoin de rappeler que l’autoformation devait être systématiquement assistée. « L’usage des supports de l’autoformation n’est possible que pour un apprenant ayant acquis la maîtrise de l’apprentissage, en particulier l’autonomie. Or, l’autonomie n’est pas donnée d’emblée et quand bien même elle est acquise, elle se reconstruit en permanence au gré des crises inhérentes au processus même de l’apprentissage. Qu’elle soit ou non outillée en autoformation, la formation passe par un processus d’apprentissage complexe qui rend nécessaire la médiation d’un formateur. » Compte-tenu du développement des technologies nouvelles dans toutes les couches de la population, on pourrait penser dix ans plus tard que le recours massif aux NTIC n’est plus un problème pour un apprentissage réussi. Les stagiaires nous démontrent le contraire. Ils considèrent que la pratique de l’autoformation ne devrait être réservée qu’à des experts et pas à des novices. Ils se plaignent de ne pas posséder les prérequis nécessaires à l’autonomie »

- Enfin : « une loi de 2011 prescrit que les stagiaires, comme tous les autres travailleurs, ont droit à un suivi médical en formation et qu’un décret devra en préciser les modalités ». « Pendant ce temps, l’AFPA a de plus en plus de difficultés à poursuivre la prestation de suivi médical dans ses établissements : pas de financement de la prestation, raréfaction des médecins de main d’œuvre et des médecins du travail, dilution des processus de réorientation des stagiaires en cas d’inaptitude, impossibilité de traiter correctement les stagiaires à risques pour la santé et la sécurité des usagers du site (personnels et stagiaires). »

Rapport annuel 2013 :

- Nous y lisons : « La cohabitation des différentes populations de stagiaires accueillies au sein des établissements de l’AFPA reste soumise à un équilibre fragile qui peut, à tout moment, être rompu. » - Exemple de ressentiment exprimé : « Notre premier contact n’a pas été de nous accueillir comme adultes responsables en formation professionnelle, mais comme stagiaires de l’AFPA, c’est-à-dire comme un public en difficulté, dont l’orientation est hasardeuse, peu motivé. Je me demande s’il n’y a pas confusion entre formation et insertion. »

Les constats des instances de représentation du personnel à tous les niveaux.

Nous nous limiterons à quelques exemples seulement parmi de nombreuses situations connues.

Un exemple au niveau CE/CRE : ce qu’évoque la motion du CE des Fonctions Centrales et du Dispositif Itinérants de février 2014 :

« Nous avons déjà alerté la direction à plusieurs reprises sur la montée de la violence dans les centres. La situation continue à se dégrader de façon très inquiétante. D’après des témoignages de formateurs, certains secteurs sont plus sensibles que d’autres. Dernièrement nous avons été alertés sur la montée de la violence dans le secteur du bâtiment. Des formateurs sont maintenant menacés par leurs stagiaires, le climat d’insécurité est installé de telle façon que cela finit par paraître normal, comme une forme de fatalité.

Pourtant, nous avons vu les situations se dégrader petit à petit depuis quelques années et cela s’est aggravé par :

- le départ des psychos (le travail d’orientation a été remplacé par du recrutement, plus de suivi psychopédagogique),

- les contraintes de production et de productivité (il faut remplir les sections à tout prix),

- la fourniture en matière d’œuvre et outillage qui ne suit plus par contrainte économique et dysfonctionnement de SIHA (comment faire travailler les stagiaires sans matériau ?),

- les directions de centre qui laissent pourrir des situations, ne font pas appliquer la réglementation et n’assument pas leurs responsabilités,

- la précarisation des stagiaires (condition d’indemnisation, montant, délai de paiement, conditions de vie, hébergement,…),

- liste non exhaustive…

Nous tirons une énième fois la sonnette d’alarme. Les personnels sont en danger et nous ne pouvons tolérer plus longtemps le silence assourdissant des directions de centres. Faut-il aller jusqu’à l’accident pour que l’AFPA protège ses salariés ? Les formatrices et formateurs itinérants ont longtemps été témoins de cette montée et généralisation de la violence ; ils sont les seuls à avoir une vue d’ensemble objective qui nous fait dire que ce ne sont pas des épiphénomènes. »

Un exemple au niveau DP : ce qu’évoque la déclaration des DP de Compiègne fin avril 2014 :

« Ces dernières semaines, plusieurs stagiaires ont été exclus de l’hébergement et de la formation. Des salariés de l’AFPA, nos collègues, ont été insultés et menacés.

Les délégués du personnel tiennent à apporter leur soutien aux salariés qui ont subi insultes, menaces et qui pensent encore aujourd’hui qu’ils peuvent faire l’objet de représailles. Ce n’est pas normal de venir travailler dans ces conditions.

Concernant un de ces individus, un formateur avait déjà prévenu dès le 27 mars d’un comportement inadapté à la formation CAIC.

Concernant l’hébergement, ces évènements sont d’autant plus inacceptables que le manque d’ASE à l’hébergement du centre de Compiègne est dénoncé par les DP depuis le mois de juin – question 3 des DP de juin 2013 – demande réitérée en septembre et en octobre, en vain. »

Un exemple d’une situation suivie au niveau CHSCT, que nous anonymons : la situation d’une formatrice qui est passée à l’acte :

Il y a au départ à son encontre des agressions verbales d’un stagiaire présentant des troubles psychopathologiques, stagiaire qui est un « stagiste » répétitif repris par l’AFPA – en situation économique difficile. Des menaces et intimidations sont proférées également vis-à-vis d’autres stagiaires et du personnel administratif. Dans la même formation qualifiante que ce stagiaire, plusieurs stagiaires quittent le stage dès les premiers jours, pour des raisons diverses. Comme éléments de contexte, cette formatrice, avant 2010, avait sur la commande publique des stagiaires motivés, qui venaient de toute la France, il y avait très peu d’abandons dans ses stages et la réussite au titre de ses stagiaires était supérieure à 90 % ; par la suite, sur 2010/2011/2012, avec le départ des psychologues de l’AFPA et avec un sourcing essentiellement régional, la moyenne des abandons est passée à 40 % et la moyenne des admis au titre a chuté à 25 %. D’autres éléments qu’il n’est pas de notre propos de présenter ici doivent bien sûr être pris en compte pour comprendre la complexité d’une telle situation.

Et nous ne reprenons par ces exemples que le plus visible et le plus inacceptable d’un problème plus général.
Les constats de la commission des conditions de travail et des risques psychosociaux du CCE.

Ce que la commission a déjà exprimé dans cette instance.

D’une part : « La détermination régionale de l’activité des professionnels de l’AFPA est de plus en plus marquée. Que ce soit pour le recrutement, l’individualisation de la formation, la mise en place d’un accompagnement des stagiaires, etc…, la commande régionale est de plus en plus souvent difficilement négociée, voire subie, et apparaît comme imposée aux professionnels du terrain. Pour certains professionnels de la relation stagiaires, dans certaines régions, on peut même dire que la prescription nationale du travail s’efface devant la prescription locale/régionale. »

D’autre part : « Nous ne pouvons éluder la question de ce qui amène l’AFPA, surtout ces dernières années, à « recruter » des stagiaires qui, au moment où nous les recevons, n’ont pas le profil/les prérequis pour entrer en formation professionnelle qualifiante à l’AFPA et la question du coût au final de l’absentéisme en formation, de l’abandon, de l’absence de motivation des stagiaires, de l’échec au titre, du non-retour à l’emploi, de l’usure psychique et physique des professionnels de l’AFPA. Nous rappelons simplement cette évidence qu’une formation, ce sont des objectifs, des moyens et un public en phase - De plus, pour le suivi des stagiaires, faute d’avoir encore à l’AFPA des moyens en médecine du travail et en psychologie du travail, c’est fréquemment à coup de règlement intérieur, appliqué d’ailleurs de manière très aléatoire et très ambivalente pour ne pas vider les stages de l’AFPA, que se règlent les problèmes d’addiction, d’absentéisme, etc… »

Sur le fond, dans certaines régions en particulier, l’enchaînement est le suivant :

Tout d’abord, une confusion de trois logiques de formation chez nos commanditaires et nos prescripteurs : la logique de formation professionnelle qualifiante répondant à un projet de formation à la fois personnel et professionnel – la logique de l’insertion socioprofessionnelle pour des personnes qui ont besoin de réaliser tout un parcours avant d’accéder éventuellement à la formation qualifiante – la logique de l’adaptation directe à l’emploi pour coller aux besoins des bassins d’emploi et des entreprises. D’où découle une disparition des « prérequis », qui se traduit fréquemment dans les termes suivants : « un manque de compétences des stagiaires », « un manque de motivation », « un pourrissement de l’ambiance », etc. D’où découle une hétérogénéité dans les groupes, où peuvent se côtoyer des stagiaires éloignés du profil requis et des prérequis, illettrés par exemple, et des stagiaires mieux ciblés ; ce qui est très problématique, c’est le phénomène de masse critique, dans certains groupes, des premiers stagiaires – situation ingérable dans la durée pour les formateurs.
Quelle est la réponse de la direction générale à ce problème ?

Une note du DG de mars 2014, « Incivilités et accompagnement ».

Citation : « Fidèles à notre utilité sociale, c’est également de notre responsabilité d’organisme de formation que d’insister sur l’importance du savoir-être auprès des stagiaires. » Mais comment insister sur l’importance du savoir être auprès des stagiaires dans un organisme de formation professionnelle qualifiante comme l’AFPA, si ce n’est d’abord par le moyen de la transmission du savoir-faire et du geste professionnel, ce qui renvoie à la question de l’orientation professionnelle et au-delà, à la pertinence du propos sur le savoir être quand le stagiaire est indifférent ou rétif à la transmission d’un savoir-faire ?

Citation : « Cela nous conduit plus globalement à nous interroger sur notre capacité à prendre en compte aujourd’hui la diversité des publics et à apporter à chacun les réponses adaptées. » Mais est-ce à dire que ce sont maintenant les professionnels de la formation professionnelle qualifiante de l’AFPA qui doivent s’adapter à des publics inadaptés à cette formation ?

Citation : « Aujourd’hui, nous devons reconstruire notre capacité à accompagner les stagiaires dans leurs apprentissages, à éviter les abandons de formation en sécurisant les parcours, et bien évidemment à optimiser l’accès à l’emploi de nos stagiaires. » Mais cela signifie-t-il qu’alors qu’il y a 6 millions de demandeurs d’emploi et de moins en moins de places disponibles en formation qualifiante AFPA, nous devons accueillir dans notre dispositif de formation des stagiaires qui n’ont pas les prérequis et la motivation correspondant aux exigences de cette formation courte et rapide et les garder absolument en stage, alors que les conseils régionaux nous demandent dans le même temps de maintenir et même d’améliorer les taux de qualification et de placement ?

Citation : « Sans attendre la mise en œuvre effective de cette offre d’accompagnement, immédiatement, et pour la tranquillité de tous dans les centres, je rappelle qu’il est impératif de réaffirmer lors des réunions de préaccueil et lors de la première semaine de formation, les règles élémentaires du vivre-ensemble, d’expliquer et de partager notamment le Règlement Intérieur Stagiaires afin qu’il soit bien compris et respecté de tous. » Mais n’est-ce pas ce qui est généralement pratiqué et qui en l’absence d’une réelle orientation, d’une réelle sélection et d’un réel suivi, particulièrement dans certaines régions, ne sert pas à grand-chose ?
Quelle est la réponse de la direction du développement du secteur public à ce problème?

Lors du CCE du 26 mars 2014.

D’un côté le DDSP constate que la mise en œuvre de l’offre de services de la « famille de métier RCS » est demeurée hétérogène au niveau du territoire et peu lisible, que l’AFPA se trouve dans une situation où les conseils régionaux demandent d’accompagner des personnes dites en « situation de fragilité sociale » mais que les cahiers des charges sont plus ou moins explicites quant aux modalités de financement et aux attendus et que l’accompagnement n’est pas toujours identifié en tant que tel dans le cadre de l’activité d’achat des conseils régionaux, que même certains commanditaires de l’AFPA, dont des conseils régionaux, font savoir, paradoxalement, qu’ils n’ont pas les moyens de prendre l’accompagnement comme une réelle plus-value de la formation professionnelle.

Pour que nous comprenions bien la situation dans laquelle nous nous trouvons, le DDSP donne l’exemple d’une région où l’AFPA a perdu la maîtrise du recrutement de ses stagiaires et où les conditions de l’orientation des publics ont été rediscutées avec le conseil régional, pour en arriver à la conclusion : « malheureusement, dès lors que les responsables politiques décident de poursuivre les orientations précédemment prises par un conseil régional, l’AFPA n’a pas d’autres choix que de respecter le processus démocratique. »

D’un autre côté, le DDSP affirme que notre capacité à mettre en œuvre des services d’accompagnement est mise en avant pour remporter les divers marchés et que, « quoi qu’il en soit, le métier de l’AFPA est de permettre l’accès à la qualification de tous les publics, dont les publics en difficulté. »

L’équation ainsi posée – nécessité d’accueillir en formation qualifiante des personnes qui ne correspondent pas au profil requis sans avoir forcément le financement de l’accompagnement ou la reconnaissance de notre capacité en la matière - il ne peut donc y avoir qu’une solution. « Chaque service ne correspond pas nécessairement à un type de profession et un nombre précis d’ETP, l’expérience a montré que cette démarche n’est pas concluante. » - « L’idée de construire une offre de service au niveau national pour la mettre immédiatement en œuvre de façon homogène au sein de l’ensemble des centres n’est pas réaliste. » - Si dans le passé, l’AFPA a été conduite à attribuer en interne la charge de l’accompagnement à certains types de professions, les ASE ou les psychologues, « désormais, la question de l’accompagnement ne peut pas se résoudre par une simple liste de prestations, mais doit être abordée par le collectif du centre AFPA, en effet l’accompagnement concerne tous les collaborateurs d’un centre. » Seule solution, en effet, faire de l’accompagnement sans en avoir vraiment les moyens et sans préciser de manière professionnelle ce qu’on fait réellement.

Nous rappellerons simplement ici que l’ « obligation de sécurité de résultat » interdit à l’employeur d’adopter des mesures d’organisation du travail qui auraient pour objet ou pour effet de compromettre la santé et la sécurité des travailleurs.
Quelle est la réponse de la direction de l’ingénierie et de la direction de la formation à ce problème ?

Une réponse qui, d’un côté, laisse à penser que, maintenant, nos stagiaires seraient plus autonomes que par le passé, plus informés, plus en capacité de faire des choix, ce qu’on entend aussi d’ailleurs de la part des conseils régionaux.

Une réponse qui, d’un autre côté, laisse entendre que la nouvelle donne serait nécessairement de faire avec des stagiaires qui ont des problèmes – de type cognitif par exemple (problèmes de lecture, de compréhension, etc.) ou encore de type psychologique (addictions, etc.) – valorisant alors le formateur qui prend la personne en formation et non simplement le stagiaire, ce qu’on entend aussi de la part des conseils régionaux. D’où le propos sur l’organisation d’un réseau externe et interne, sur les dites « compétences transverses » ou encore l’ « accompagnement social », permettant ainsi, après constat de notre manque de moyens actuels, de déporter la prise en compte de ces problèmes dans l’avenir ou à l’extérieur.

Par ailleurs, l’ « accompagnement des personnes », certes, l’ « autorégulation des groupes d’apprenants », peut-être,… Mais les formateurs demandent déjà à avoir réponse aux questions concrètes et actuelles qu’ils posent pour pouvoir réaliser un travail de qualité. De plus, les formateurs sont conscients que l’accompagnement dans ses différentes dimensions relève de compétences et de qualifications spécifiques qui ne s’acquièrent pas en quelques mois. Et surtout, lorsque des formateurs se mettent au travail sur des controverses professionnelles collectives, le rapport : pédagogique et technique n’est pas dissocié pour eux, c’est-à-dire que pour eux, le pédagogique passe par l’approche technique de l’apprentissage du métier et la solution qui consisterait à penser qu’il s’agit de les former expressément à la « pédagogie », à la « maîtrise des conflits », au « développement de la motivation », etc., est une illusion.

Pour conclure.

La commission repose le problème, grave pour l’AFPA, du ciblage déficient d’une part importante de ses stagiaires. Pourquoi ce problème, évoqué fréquemment depuis 2010, ne rencontre-t-il pas véritablement d’écho au niveau de la direction, alors que pendant des décennies, il a été considéré comme central dans l’institution ? Non seulement la direction ne s’en saisit pas vraiment, mais en plus les personnels – et notamment les formateurs – sont souvent rendus responsables de situations avec des stagiaires dans lesquelles ils n’auraient pas dû se trouver. Face à l’importance du problème, il n’est pas possible de continuer à l’aborder sous l’angle de la faute ou d’en rester à la surface ou de le réduire à un problème individuel et ponctuel. Nous en demandons instamment une réelle prise en compte par la direction, comme elle peut le faire à l’occasion promptement lorsqu’un collectif de salariés s’en saisit ou lorsqu’un membre de la direction est directement et personnellement confronté à l’inadaptation d’un stagiaire.

S’il y a manifestement des « incivilités », il faut reconnaître aussi qu’il y a plus largement les innombrables situations de stagiaires qui ne sont pas dans le dispositif de formation qui leur convient, eu égard à l’élaboration du projet ou aux prérequis ou aux indications et limitations psychologiques et physiques. Il faut donc poser d’une part le problème en termes d’orientation professionnelle défaillante, de médecine du travail pour les stagiaires absente, d’activité managériale vacante et d’autre part en termes d’organisation du travail et de dispositifs adaptés.

C’est un problème à considérer du point de vue politique : l’AFPA a-t-elle voix au chapitre au sein du service public de l’orientation ? l’AFPA a-t-elle encore la main sur le sourcing des publics ? l’AFPA peut-elle faire entendre aux commanditaires que des listes d’attente permettent de remédier aux désistements avant la formation et aux abandons en cours de formation ? l’AFPA peut-elle faire comprendre aux commanditaires que les objectifs de qualification et de placement sont inatteignables sans sélection ad hoc ?... Même lorsque l’AFPA disposait de moyens conséquents d’accompagnement des stagiaires (les prestations S3, S4, S5, S6), elle ne prenait pas « tous les publics » (les prestations S1, S2) ! Soit l’AFPA trouve le moyen de se réapproprier dans toutes les régions des prestations d’orientation et de sélection des stagiaires et l’accompagnement peut être « léger », soit l’AFPA ne peut se réapproprier ces prestations et elle négocie alors les objectifs et les moyens de sa formation professionnelle en y intégrant un accompagnement digne de ce nom, soit l’AFPA continue à accepter la dérive de l’orientation/sélection et de l’accompagnement et alors…

C’est un problème à considérer du point de vue institutionnel : effectif insuffisant de la ligne RCS devenue RS, formation insuffisante du personnel de cette ligne, missions contradictoires du fait de contraintes contradictoires qui pèsent sur le recrutement et l’accompagnement, attribution de tâches dans la confusion des compétences et des qualifications, concentration sur cette ligne d’un management ne connaissant pas les métiers pilotés, arrangements dans nos calculs régionaux des taux de qualification et de placement qui souvent ne prennent pas en compte les stagiaires qui ont abandonné ou qui jouent sur la confusion entre certification et qualification, relations aux stagiaires et publics qui est le principal facteur de RPS pour l’ensemble du personnel, et particulièrement les formateurs, et qui explique pour une part l’usure psychique et physique des professionnels de l’AFPA – qui a bien aussi une incidence économique.

C’est un problème à considérer du point de vue économique, comme nous venons de le signaler, mais aussi parce que, dans la plupart des régions, les dizaines de milliers d’heures perdues du fait des désistements de dernière minute et des abandons ne peuvent être reprogrammées, sans parler dudit « bonus » (financier) octroyé par des conseils régionaux lorsque l’organisme de formation peut atteindre les objectifs fixés de qualification et de placement.

De quoi s’agit-il au final ? De l’acceptation ou du refus d’une déqualification de l’AFPA, d’une déqualification des métiers de l’AFPA, d’une déqualification de la formation professionnelle qualifiante de l’AFPA. Ni plus ni moins du devenir du professionnalisme…
C’en est assez de louvoyer : que compte faire concrètement la direction maintenant ?



CCE du 11 septembre 2014 Déclaration du CCE


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