Synthèse des Interventions








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Synthèse des Interventions

 Jeunes des quartiers populaires, un enjeu des politiques publiques

. Et si on en parlait ensemble ?  



La question de la jeunesse et des politiques jeunesse est un enjeu fort des débats politiques. L’est-elle pour autant dans les politiques publiques ?

 

Mais de quels jeunes parle-t-on ? Des lycéens, des collégiens, des jeunes suivis par les associations de prévention ou de protection de l’enfance, des jeunes engagés dans des associations… ou de tous les jeunes des quartiers populaires ? De fait, on a bien souvent recours à une définition de la jeunesse « à problèmes ». C’est de la jeunesse potentiellement délinquante dont il est question la plupart du temps dans les politiques jeunesse, d’une jeunesse en errance, en échec scolaire, en échec d’insertion, d’une jeunesse addictive, de la jeunesse des bandes, de la rue.

 

Même lorsque les approches relèvent davantage d’une démarche positive – concernant par exemple l’engagement, l’éducation et l’apprentissage – on souligne encore trop souvent qu’il y a un manque de quelque chose (d’engagement citoyen, d’intégration des valeurs) pour situer la jeunesse dans un état de « non finitude ».

 

Les attentats de 2015 ont encore renforcé le soupçon face à une jeunesse qui ne partagerait pas les mêmes valeurs, en particulier celle des quartiers populaires du fait de ses origines culturelles. Le jeune est plus que jamais synonyme de jeune musulman maghrébin ou africain…

 

Face à une jeunesse qui n’a pas une vraie place, face à sa vulnérabilité dans un contexte économique difficile, mais aussi face à sa vitalité, à ses formes de résistance, les professionnels, trop souvent assimilés à leur public, sont particulièrement vulnérables et soupçonnés d’incompétences puisqu’ils ne « règlent » pas la question de cette jeunesse.

 

Et si on inversait notre point de vue ?

 

Si les jeunes et leurs familles n’étaient pas le problème, mais une partie de la solution ? Si l’on s’appuyait sur leur pouvoir d’agir qui interroge, parfois de manière radicale, les politiques publiques et, en conséquence, les pratiques professionnelles ?

Si on écoutait cette jeunesse et leurs familles ?

 

Et si on entendait aussi la parole des professionnels, si les politiques publiques s’enrichissaient de la connaissance qu’ils produisent plutôt que leur demander de gérer des dispositifs ?

 

Et si on en parlait ensemble ?

Donnons la parole aux jeunes, à leurs familles et aux professionnels qui les côtoient au quotidien.

Ouverture Mireille Verdier, présidente, Idée 93

Stéphane Troussel, président du Conseil départemental

 

État des lieux de la jeunesse en Seine-Saint-Denis : quelques données et enjeux des politiques publiques

Candice Vincent cheffe de projet, Profession Banlieue

 

Table-ronde : La jeunesse de la Seine-Saint-Denis est-elle particulière ? Quels sont les enjeux, les atouts , freins… ? Quelles alliances éducatives ?

Régis Cortesero, chargé d’étude et de recherche Politiques éducatives, Injep

Michel Joubert, sociologue, coordinateur du DESU Prévention des conduites à risques,

Paris 8

Alain Bertho, professeur d'anthropologie, Paris 8, directeur de la Maison des sciences de

l'Homme, Paris Nord

Table-ronde (suite) : des professionnels interrogent les chercheurs

Andréa Salis, Administrateur , Fédération des centres sociaux

Sophie Modier, directrice d’Étap’Ado, La Sauvegarde 93

Pascal Carpentier, chef de service de prévention, Fondation Jeunesse Feu vert

Salwa Toko, Responsable de la coordination des actions FACE à l’école,

Fondation agir contre l’exclusion, Seine-Saint-Denis

 

Réactions d’un témoin 

Édouard Zambeaux, journaliste spécialisé sur les banlieues et les questions sociales,

France Inter

 

La table ronde (2H) sera rythmée par divers témoignages de jeunes (vidéo)

 

Introduction des ateliers

Jeanne Demoulin, sociologue, membre du conseil scientifique et technique de Pas sans Nous

 

Ateliers A : jeunes :

Quels conseils donneriez-vous aux adultes qui décident pour vous : parents, maires, professeurs, éducateurs… ? Est-ce important pour vous de discuter avec eux ou est-ce perdre son temps ?
Ateliers B : parents et professionnels de première ligne :

Qu’est ce qui peut favoriser et encourager l’expression des jeunes et de leurs parents ?
Ateliers C : cadres des politiques jeunesse :

Qu’est-ce qui peut favoriser la prise en compte de la parole des jeunes dans les politiques publiques?

 

Animation des propositions : Gilles-Laurent Rayssac animateur de la journée

 

Table ronde : comment prendre en compte les propositions des ateliers ?

Frédéric Molossi,* vice-président du Conseil départemental, chargé de l’enfance et de la famille

Florence Haye, maire adjointe, en charge de la jeunesse, Saint-Denis

Sylvie Badoux maire adjoint, en charge de l’emploi, Bondy

Aïssa Sago maire adjointe, en charge de l’action sociale et de la solidarité, Aulnay sous bois
Conclusions de la journée : Mireille Verdier, présidente, Idée 93

 

Ouverture de la Journée du 6 avril 2016


Mireille Verdier Présidente Idée93

Mireille Verdier rappelle les missions de l’Inter-association départementale pour l’éducation et l’enfant 93, idee93 qui regroupe les 28 associations concourant à la protection de l’enfance en SSD.
Cette journée est la concrétisation de la volonté politique d’Idée 93 de changer le regard à l’égard de la jeunesse. Elle a pris sa source après les attentats de janvier 2015.

Malheureusement les évènements de novembre à Paris et à Saint-Denis ont encore fragilisés le vivre ensemble dans une communauté plurielle et renforcé le soupçon à l’égard d’une jeunesse, en particulier des quartiers populaires, qui ne partagerait pas les même valeurs.
En outre, les jeunes sont en recherche de modèle identificatoire et pour cela le dialogue avec leurs parents et les adultes qui les côtoient sont essentiels pour les aider à grandir dans une société de plus en plus complexe.

La transmission des valeurs républicaines ne peut se réduire au discours mais doit passer par des actes qui les concrétisent : encourager la parole des jeunes pour les rendre véritablement acteurs dans la conception et la réalisation de projets dans leur vie quotidienne et dans celle de la cité.

Faire vivre les valeurs républicaines consiste aussi à interroger les politiques publiques : éducative, culturelle, sociale, économique et de santé et créer des espaces de dialogue et de débats pour que ces politiques soient élaborées avec la participation de la société civile.
Cet objectif exige de la part des associations mais aussi de l’ensemble des institutions publiques une évolution voire un changement de posture pour mieux associer les personnes et notamment les jeunes aux décisions qui les concernent.
Les actions menées par les 28 associations adhérentes à idee93 se situent le plus souvent dans des quartiers populaires aux conditions de vie socio- économiques modestes, il n’empêche que le dialogue engagé sur des bases plus réciproques et égalitaires et sur le repérage et l’appui sur les ressources des jeunes et de leurs parents peuvent permettre de stimuler leurs capacités d’agir.

Stéphane Troussel Président du Conseil Départemental

Stéphane Troussel rappelle les grandes orientations politiques départementales qui se concrétisent par de multiples projets tant en investissement qu’en fonctionnement au niveau de l’enfance, de la jeunesse et des familles.
Il illustre ses propos par les différents schémas relatifs : à la petite enfance par l’augmentation pluriannuelle des places de crèche, à l’enfance par les moyens accrus pour l’amélioration de l’accueil et de l’accompagnement des enfants et de leurs familles et à la jeunesse par l’important investissement pour la rénovation des collèges.
Face aux multiples difficultés du département et du manque de moyens suffisants, il s’est félicité des nombreux atouts existants : sa jeunesse, ses potentiels dans différents domaines (culturels, économiques…) méritant d’être mieux valorisés et mieux exploités.
Conscient des inégalités territoriales notamment au niveau régional, il affirme sa détermination auprès des instances gouvernementales et de la Métropole afin que la solidarité entre les territoires produise ses effets en Seine-saint- Denis.
Il estime que la participation des habitants au mieux vivre ensemble est un atout supplémentaire pour les élus et les professionnels. Il donne l’exemple du conseil départemental des jeunes crée sous l’égide du Conseil départemental au profit des collégiens de Seine-saint-Denis.

Etat des lieux de la jeunesse de Seine-Saint-Denis

La jeunesse de Seine-Saint-Denis est-elle particulière ?

Candice Vincent Cheffe de projet, Profession Banlieue
Les jeunes de Seine-Saint-Denis sont-ils différents des jeunes d’autres départements ?

  1. Valeurs

Sans doute que non. Les jeunes du 93 partagent les mêmes valeurs que les jeunes des quartiers populaires d’autres départements. C’est ce que montre le travail mené en 2014-2015 par la Fédération nationale de centres sociaux, et Question de ville, association des directeurs de centres de ressources politique de la ville, qui a abouti à un rapport intitulé « Ils ne savent pas ce qu’on pense » reprenant les propos de près de 350 jeunes de quartiers populaires interviewés un peu partout en France.

Ces jeunes partagent les idéaux humanistes du pays (solidarité, d’égalité, de justice et de tolérance), et donnent à voir un réel décalage avec l’ambiance de repli sur soi qui gagne la société française.


  1. Accumulation d’obstacles

Aussi, même si les jeunes de Seine-Saint-Denis semblent partager les mêmes valeurs que les jeunes d’autres départements, l’accumulation des obstacles à franchir, omniprésents dans le 93, rend le chemin qu’ils ont à accomplir pour entrer dans l’âge adulte bien plus complexe.

Pour se protéger des difficultés qui jalonnent leur jeunesse, ils font preuve d’une sensibilité et d’une conscience collective, parfois dissimulées derrière des attitudes provocantes, qui disent leur attachement aux valeurs énoncées précédemment. La jeunesse de Seine-Saint-Denis se sait clairement appartenir aux milieux populaires et ressent cruellement son exclusion, liée aux conditions de vie socio-économiques, aux discriminations…


  1. Jeunesse du département

La Seine-Saint-Denis est le département le plus jeune d’Île-de-France

  • en 2011, l’âge moyen de la population est de 35 ans contre 37 ans en Île-de-France).

  • En 2011, on dénombre plus de 400 000 mineurs en Seine-Saint-Denis soit plus d’un habitant sur 4 (surreprésentation des mineurs).1

  • 1 habitant sur 3 à moins de 20 ans.

  • La Seine-Saint-Denis est le département francilien le plus diversifié culturellement. Les jeunes de 6 à 17 ans sont souvent issus des milieux socio-culturels multiples (plus de 69 000 jeunes séquano-dionysiens de cette tranche d’âge vivent avec un référent de famille ne possédant pas la nationalité française, soit 29 % des enfants.) Ce qui devrait être un atout, est plutôt vécu comme un handicap du fait des discriminations.


4) Pauvreté

La jeunesse de Seine-Saint-Denis est essentiellement une jeunesse vivant dans les quartiers prioritaires :

  • 600 000 habitants soit 40 % de la population du département vivent en quartier prioritaire. Ces quartiers sont globalement plus jeunes, dans un département plus jeune que l’Île-de-France.

  • La Seine-Saint-Denis est le département francilien avec le plus grand nombre d’enfants pauvres vivant au sein d’une famille où aucun parent ne travaille :

  • 16% des jeunes séquano-dionysiens de 6 à 17 ans sont concernés contre 10% en France Métropolitaine.

  • Le taux de pauvreté financière des moins de 20 ans est en Seine-Saint-Denis le plus élevé de France : 34 % des jeunes contre 21% au niveau national, en 2011).


5) Scolarité

En Seine-Saint-Denis, les élèves subissent une forme de « déchéance de scolarité » :

  • Il n’y a pas de chiffres officiels pour prouver l’ampleur du problème mais une colère bien réelle monte dans les écoles de Seine-Saint-Denis. Selon le syndicat des enseignants de Seine-Saint-Denis, 400 classes de primaires se retrouvent, chaque jour, sans instit. La direction académique parle elle de 250 classes sans enseignant au quotidien, soit 8000 élèves (3 % des élèves).

  • Les jeunes se retrouvent alors régulièrement répartis dans d’autres classes et deviennent des « pros du coloriage ». Cette situation engendre automatiquement un retard dans les apprentissages du fait de la discontinuité pédagogique. Une enquête montrait qu’en moyenne, sur toute sa scolarité, un élève de Seine-Saint-Denis perd une année d’enseignement, du fait de l’absence non remplacée de professeurs.

  • De plus, en Seine-Saint-Denis, les enseignants se caractérisent par leur jeunesse, leur manque d’expérience et un fort turn over (« le speed dating des enseignants »).

= discrimination territoriale en termes de scolarité

  • Pour les parents et leurs enfants, le sentiment de discrimination est ancré d’autant plus lorsqu’ils savent que « les concours des grandes écoles sont pensées pour les élèves qui ont une scolarité sans accroc ».2

  • En conséquence, les jeunes séquano-dionysiens sont plus nombreux à être scolarisés hors du département. Ainsi, près de 15 % des collégiens les plus favorisés résidant en Seine-Saint-Denis sont scolarisés en dehors du département, ce chiffre dépasse 25% chez les lycéens3. Mécanisme qui renforce la ségrégation sociale.


6) Chômage

  • En 2012, 35 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans de la Seine-Saint-Denis sont au chômage (contre 26 % en Île-de-France).

  • Paradoxalement, la Seine-Saint-Denis est le département dans lequel se crée le plus d’activité économique mais avec un taux d’échec plus important qu’ailleurs.


7) Santé

  • Montée des troubles psycho-sociaux.

  • Problème de surpoids (30 % des enfants à Clichy-sous-Bois), insuffisances respiratoires plus important qu’ailleurs chez les moins de 15 ans.

  • Admission des jeunes pour tuberculose 2 fois plus nombreuses qu’ailleurs en région (16 cas pour 100 000 jeunes de moins de 14 ans en Seine-Saint-Denis contre 8 en moyenne pour la région).

  • L’IDH2, indicateur permettant de mesurer les inégalités de développement, est particulièrement faible en Seine-Saint-Denis : il est de 0,39 en Seine-Saint-Denis contre 0,57 en Île-de-France (et 1 à Paris) en 2006.

  • La Seine-Saint-Denis souffre d’un fort déficit en termes d’offre de soin. Le département en début d’année, recrutait 20 médecins en PMI (sachant que 20 % des médecins actuellement en poste vont partir à la retraite dans les 5 prochaines années).


Conclusion

Aussi, il me semble que ce n’est pas tant la jeunesse de la Seine-Saint-Denis qui est particulière que le département en lui-même.
ENJEUX de la Seine-Saint-Denis


  1. Politique jeunesse

Interpellation du réseau des centres de ressources politique de la ville auprès du ministre pour concrétiser une véritable politique en faveur de la jeunesse, qui partent davantage d’eux et de leurs capacités, et pas seulement d’une addition de dispositifs nationaux pensés pour eux et déclinés localement.


  1. Politique de la ville : revenir à l’esprit de la loi Lamy

Sans nier les problèmes de radicalisation qui existent dans certains quartiers de Seine-Saint-Denis comme sur l’ensemble du territoire français, tendance depuis les attentats 2015 à oublier les lignes directrices de la loi Lamy (co-construction, empowerment, considérer les habitants des quartiers comme une ressource et pas comme un problème…) pour concentrer la politique de la ville sur la formation aux valeurs de la république et à la prévention de la radicalisation (avec les problèmes d’amalgame entre quartier/radicalisation/terrorisme)


  1. Faire confiance aux jeunes et les accompagner dans l’accès à l’autonomie

(cf notre dernière rencontre jeunesse et cf l’esprit de la loi Lamy et des conseils citoyens dont les jeunes sont pour l’heure assez largement absents)


  1. Ouvrir les portes de l’agglomération/ de la ville aux jeunes du 93

pour éviter aux jeunes de penser « on ne veut pas de nous ». Redonner l’espoir à une jeunesse qui constate les écarts avec les jeunes des autres départements.


  1. Possible de rêver ?

À la fin des rencontres qui se sont déroulés avec les jeunes dans le cadre du rapport biennal, nous leur demandions : « Et si tout était possible ? Si vous aviez les moyens ? Le pouvoir ? Qu’aimeriez vous faire de votre vie ? Comment vous rêvez-vous plus tard ? ». À ces questions, filles et garçons n’avaient pas de réponse toute prête tant ils ont l’habitude de se sentir empêchés, limités dans leurs mouvements ou leurs désirs. Un enjeu fort pour les politiques publiques est de redonner l’espoir à une jeunesse qui constate les écarts croissants avec les jeunes d’autres départements.


  1. Invitons les jeunes et leur famille à participer à cet état des lieux de la jeunesse et des politiques jeunesses du département.


Table-ronde : La jeunesse de la Seine-Saint-Denis est-elle particulière ?

Quels sont les enjeux, les atouts , freins… ? Quelles alliances éducatives ?

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