Centre rhone –alpes d’ingenerie sociale solidaire & territoriale








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Gerard CLEMENT Page DU 28 AU 31 MARS 10238.doc30/06/2017


CENTRE RHONE –ALPES D’INGENERIE SOCIALE SOLIDAIRE & TERRITORIALE



REVUE DE PRESSE

DU 28 AU 31 MARS 2017




  • Molière et le travail...

  • QVT et collectifs « heureux » : le rôle du manager

  • Formation professionnelle : les performances françaises par rapport aux pays d'Europe

  • L'état du dialogue social en France 2016-2017

  • Quelles évolutions dans l’engagement des salariés syndiqués ?

  • Retraites complémentaires AGIRC-ARRCO : vers un nouveau régime unifié en 2019

  • Des robots et des Hommes

  • Irréformable, la France?

  • Match Fillon-Macron: thatchérisme versus libéralisme? (1)

  • Appel aux citoyen.ne.s français.e.s

  • Taxer les robots, ce n'est pas idiot

  • Forte méfiance des Français vis-à-vis des pratiques politiques

  • Nouvelles projections démographiques et premières évaluations sur l’avenir des retraites

  • "Il faut prendre conscience du potentiel de la jeunesse méditerranéenne"

Molière et le travail...

par Danielle Kaisergruber - 27 Mars 2017

Pauvre Molière ! Il n'a guère mérité de se voir qualifier de « clause » : eût-il préféré « loi », « article », « arrêté », « alinéa », « codicille »... Ecrivain superbe, acteur, directeur de troupe, fondateur de plusieurs théâtres, il a beaucoup travaillé, il est même mort en travaillant. Faudra-t-il donc parler français (celui d'aujourd'hui, à défaut de celui de Molière) pour travailler sur un chantier de BTP donnant lieu à appel d'offre public, comme viennent de l'imaginer plusieurs collectivités ?

Foin de l'hypocrisie ! Il s'agit en l'occurrence si peu de Molière ! « Tartufferie » ont commenté certains en forme de clin d'œil : il s'agit en fait de batailler contre la présence de nombreux travailleurs détachés d'autres pays européens sur les chantiers. La Directive européenne - actuellement en révision à la demande de pays de l'Ouest dont la France - prévoit que des travailleurs peuvent avoir pour employeur une entreprise de travail temporaire basée à Varsovie, à Dublin ou ailleurs, exercer leur métier en France, être payé en France et au même niveau de salaire que les travailleurs effectuant le même travail. Les charges sociales sont payées dans le pays d'implantation de l'entreprise employeur. Mais surtout, les entreprises utilisatrices finales réussissent le plus souvent à ne pas payer de frais de déplacement (importants dans les métiers de chantiers), logent les salariés, pas toujours bien, en les faisant payer au prix fort, et souvent abusent des heures supplémentaires... Il y a actuellement 280 000 travailleurs détachés en France, dont 50 % dans le BTP. Un exemple : l'entreprise Bouygues vient d'être condamnée à une amende (29 000 € parce qu'au-dessus de 30 000, l'entreprise serait interdite d'appels d'offres publics) : les « travailleurs détachés » étaient embauchés par une société de travail temporaire située en Irlande et agissant par l'intermédiaire d'une filiale à Chypre, les Polonais avaient signé un contrat de travail en grec (la langue de la partie européenne de Chypre) et ils travaillaient à Flamanville en France (Le Monde, 22.03.17).

Il n'y a évidemment pas de quoi être satisfait de cette Europe-là ! A porter au crédit de Myriam El Khomri, elle a engagé une vraie lutte contre ces mécanismes avec l'adoption d'une carte professionnelle obligatoire et l'augmentation des contrôles.

Et la langue dans tout ça ? Un responsable d'entreprise des Travaux publics qui a visité récemment le chantier du métro de Rennes y a vu « une organisation industrielle du travail détaché » avec des « petites dames traductrices qui accompagnent les équipes sur le chantier » (au fait c'est encore Bouygues !). Alors faut-il parler la langue de Molière sur les chantiers, celle de Tartuffe ou celle d'Harpagon (l'hypocrite ou l'avare). Pour la sécurité (officiellement) du travail, faut-il que tout le monde, du chef de projet au manœuvre, parle français ? Mais alors il serait bien que les entreprises s'inquiètent de la formation au français des salariés qu'elles emploient directement ou indirectement. Une observation de travaux dans une maison en région parisienne : les plâtriers-peintres sont égyptiens, entre eux, pour communiquer sur leur travail, ils parlent arabe. Le chef de chantier, français d'origine marocaine, parle arabe avec eux pour l'organisation du travail et français avec la cliente. On communique toujours mieux dans sa langue maternelle, d'ailleurs dans les meetings organisés par la Commission européenne, depuis de nombreuses années on peut lire des petits panneaux « Please, use your native langage ».

La langue, les langues, le rôle du langage dans le travail, l'écrit (les mails...) comme l'oral, c'est essentiel dans le travail : Metis y consacrera un prochain dossier. Toutes les langues sont des richesses et s'en prendre à la langue de chacun est méprisable.

A contrario, faudra-t-il interdire que l'on parle anglais dans certains Conseils d'administration de grandes entreprises ? Faudra-t-il obliger des techniciens d'Airbus qui vont travailler en Allemagne à apprendre l'allemand avant de partir ? Les expatriés à apprendre toutes les langues des pays dans lesquels ils sont successivement amenés à travailler ?

Et que dire de ces start-ups « born global » qui sont fondées en même temps à Paris-Saclay, San Francisco et Durban ?

PS : Molière savait aussi user du « patois » !

CHARLOTTE. -Notre-dinse, Piarrot, tu t'es trouvé là bien à point.

PIERROT. -Parquienne, il ne s'en est pas fallu l'épaisseur d'une éplinque qu'ils ne se sayant nayés tous deux.

CHARLOTTE. -C'est donc le coup de vent da matin qui les avait renvarsés dans la mar.

PIERROT. -Aga guien, Charlotte, je m'en vas te conter tout fin drait comme cela est venu [i] : car, comme dit l'autre, je les ai le premier avisés, avisés le premier je les ai. Enfin donc, j'estions sur le bord de la mar, moi et le gros Lucas, et je nous amusions à batifoler avec des mottes de tarre que je nous jesquions à la teste : car comme tu sais bian, le gros Lucas aime à batifoler, et moi par fouas je batifole itou. En batifolant donc, pisque batifoler y a, j'ai aparçu de tout loin queuque chose qui grouillait dans gliau, et qui venait comme envars nous par secousse. Je voyais cela fixiblement, et pis tout d'un coup je voyais que je ne voyais plus rien ».

Dom Juan, Acte II, scène première
QVT et collectifs « heureux » : le rôle du manager

par Yves Grasset et Martin Richer - propos recueillis par Eva Quéméré - 27 Mars 2017

La QVT qu'est ce que c'est ? Qu'est-ce qui pousse les dirigeants à s'en emparer ? Et pourquoi ne pas aller vers l'entreprise libérée ? Les collectifs sont-ils morts ? Dans un entretien croisé, une conversation entre Yves Grasset, sociologue du travail et auteur de Nourrir le collectif - sortir de l'individualisation pour sauver le travail et Martin Richer spécialiste de la Responsabilité Sociale des Entreprises et co-auteur du rapport Qualité de vie au travail : un levier de compétitivité, ces questions vont trouver réponse... et le manager sa juste place.

Partons sur de bonnes bases. La qualité de vie au travail (QVT), qu'est-ce que c'est ?

Martin Richer

Un accord interprofessionnel de juin 2013 s'est attaqué au problème et en a donné une définition extrêmement large en consacrant à la QVT dix champs d'action. Plus simplement, je pense que l'on peut la décomposer en trois grandes branches. La première est l'organisation du travail : le fonctionnement des équipes, la façon dont les tâches sont organisées, réparties, évaluées. La deuxième composante représente tout ce qui gravite autour du management et sa capacité à organiser une délibération sur le travail : agit-il comme une simple plaque tournante faisant descendre les ordres et remonter l'information ou sait-il se positionner en transversal, faire discuter les employés, appliquer la reconnaissance. Le dernier élément est le dialogue social, au sens large, bien sûr, avec les processus de négociation, de consultation, d'information, mais aussi d'animation d'équipes.

La QVT est donc un domaine plurifactoriel. Mais, l'approche que nous avons empruntée dans le rapport réalisé avec Terra-Nova, l'ANACT et la Fabrique de l'industrie a été de considérer qu'il était un peu insensé de la définir sans placer au premier plan la qualité du travail. C'est pour nous un préalable, le juste prisme à privilégier. Ce n'est qu'une fois ceci fait que l'on peut prendre en compte les éléments périphériques qui peuvent aller au-delà de la simple activité.

En Ile-de-France, alors que 95 % des dirigeants jugent le niveau de qualité de vie au travail de leur entreprise bon, voire très bon, seuls 70 % des salariés partagent cette opinion (Malakoff Médéric Etude 2016 Santé et QVT). Comment expliquer cette différence de perception ?

Yves Grasset

L'écart entre ce que s'imagine le dirigeant et ce que perçoit le salarié est inévitable : chacun interprète la QVT en fonction de ses intérêts, liés à une position dans l'entreprise. Ces écarts, qui rappellent l'importance des statuts, sont une vraie source de difficultés, mais ils sont souvent sous-estimés par ceux qui abordent le problème dans une seule logique de gestion. Plus globalement d'ailleurs, on laisse se développer cette illusion (dangereuse) que l'on peut mettre facilement des thermomètres de partout ; c'est pourtant beaucoup plus compliqué que ça. 

Un petit exemple là-dessus à propos des questions de violences et d'insécurité. Il y a déjà quelques années, Jean Pierre Chevènement, alors ministre de l'Intérieur, analysait que dans certains environnements, voir remonter le niveau des plaintes est un indicateur positif, voire encourageant. Pourquoi ? Tout simplement parce que cela signifie d'une part qu'on dispose d'un compteur à proximité (l'implantation d'un commissariat peut avoir cet effet : on rapproche le thermomètre) et que les victimes reprennent confiance dans l'institution pour témoigner de ce qu'elles vivent. Lorsqu'on prend en compte un problème dans l'entreprise, que l'on sort du déni, on observe inéluctablement des déplacements d'intérêts, de préoccupations.

Ajoutons que le chiffre n'est jamais prédictif. De nombreux exemples témoignent de passages à l'acte dramatiques dans des entreprises qui s'étaient pourtant préalablement dotées de batteries d'indicateurs. Par ailleurs, on présente la mesure comme un simple support de réflexion destiné au débat, alors que souvent elle permet au contraire de l'éviter, en réduisant encore la portée du collectif. Ce qu'il faudrait prioritairement interroger, c'est les usages sociaux de la mesure.

Martin Richer

Pour moi, l'écart de perception entre les dirigeants d'un côté et les salariés de l'autre s'explique par trois éléments :

Le premier, c'est le prisme de l'acteur. En tant qu'acteur social, le chef d'entreprise est prioritairement axé sur la mise en œuvre de sa stratégie et pour le reste - comme disait de Gaulle - l'intendance doit suivre. Ainsi, le dirigeant voit les conditions de travail comme un élément significatif, mais asservi à la stratégie et à la conduite des affaires alors que pour le salarié, c'est son quotidien qui est en jeu.

Le deuxième facteur tient, comme souvent, à la façon dont est posée la question. On n'obtient pas les mêmes réponses des employés si on leur demande l'état de la qualité de vie au travail dans leur équipe ou au niveau de leur entreprise. En effet, que ce soit en matière de stress, de QVT, de satisfaction ou encore d'engagement, plus on se rapproche de la personne et meilleure la situation se trouve, plus on s'en éloigne et pire elle est. C'est un peu comme en politique : on aime bien son maire, on déteste son député et encore plus le membre du gouvernement. On le voit très bien dans l'étude de Technologia, Le secret des collectifs heureux, qui nous montre qu'il y a globalement une satisfaction forte vis-à-vis de l'équipe, mais très détériorée vis-à-vis de l'entreprise.

Et puis le troisième facteur c'est, me semble-t-il, la déconnexion des dirigeants au terrain, une problématique déjà évoquée par Michel Crozier et approfondie aujourd'hui par l'un de ses continuateurs, François Dupuy, auteur notamment de La fatigue des élites, Lost in management et La faillite de la pensée managériale. On retrouve justement la problématique de la quantophrénie et du chiffre. En effet, plus les dirigeants s'éloignent des processus de travail et ont du mal à les cerner et plus ils demandent du reporting, des données. Il y a alors une grande partie de l'énergie des opérateurs qui est dérivée, déviée vers la production de chiffres.

Exit la mesure, comment jugez-vous le niveau de qualité de vie au travail des Français - notamment vis-à-vis de leurs voisins européens ?

Yves Grasset

On est traditionnellement très investi, en France, sur la question du travail. Les enquêtes de Dominique Meda et de Patricia Vendramin montrent que globalement les Français l'investissent particulièrement et en sont très dépendants pour définir et valoriser leur identité. Il tient une place particulière, on en attend beaucoup et sans doute plus que dans d'autres environnements culturels. Et à tel point, c'est ce que remarque Danièle Linhart, que quand on le perd c'est notre identité qui souffre. Paradoxalement, alors qu'on pourrait penser à une libération, on perçoit d'abord un aspect de mutilation lorsque l'on perd son emploi. C'est-à-dire que les tensions ou déceptions que les Français peuvent avoir vis-à-vis du travail sont aussi liées aux attentes qu'ils y ont placées.

martin Richer

Par ailleurs, dans nos recherches nous avons trouvé que la France était plutôt en retard en matière de QVT, particulièrement pour ce qui concerne le management et notamment le développement de ce que l'on nomme les OTP (Organisations du travail participatives), toutes ces organisations qui essaient de donner le plus de pouvoir possible aux opérateurs et qui sortent alors du taylorisme. Cette transition-là, que l'on a appelée la « transition managériale », est particulièrement douloureuse en France. En s'appuyant sur les enquêtes comparatives de la fondation de Dublin (Eurofound) on constate, en effet, que l'autonomie au travail est beaucoup plus réduite dans notre pays que chez nos voisins européens.
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