Cours du 24/01/2012








télécharger 204.39 Kb.
titreCours du 24/01/2012
page2/13
date de publication19.12.2016
taille204.39 Kb.
typeCours
l.21-bal.com > histoire > Cours
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   13

31 Janvier 2012


Comment les européens se sont représentés le monde ? Idée fondamentale de : la nation est-elle une invention ? Nation : mot à la fois une réalité sociale (pas de vocabulaire propre) mais a aussi une histoire. L’historien doit en prendre compte pour ne pas faire d’anachronisme. Nation est très ancien mais il a beaucoup changé de sens. Natus : être . Une nation est un milieu ou on nait, un ensemble de gens qui ont une commune origine géographique. Les romains appellent nations les peuplades barbares qu’ils conquièrent. Pour eux, la politique est la cité. La nation est pour eux des groupes que réunie le hasard de la naissance. Les chrétiens désignes par nationes les peuplades qu’ils conquièrent. Le collège des 4 nations est la picarde, la normande, française (Espagne et italien dedans car latin) et anglaise (allemande car saxon). C’est donc une communauté de naissance et de langue. Nation prend son sens actuel bien plus tard, fin du XVIIème sous Louis XIV. Nation : communauté politique de gens vivant dans un même état. Au XVIIIème devient populaire avec les lumières. On trouve ce mot souvent avec Montesquieu (esprit général d’une nation). Puis, ca devient un concept normatif, concept politique de base ; Idée que c’est là que se trouve la souveraineté, idée qu’on trouve chez Rousseau.

Invention : Quelle est la différence d’une découverte et d’une invention ? La découverte, la chose existait déjà avant mais dont on avait pas connaissance. La création, est plus lié à l’art ; il y a l’idée d’un acte fondateur. On invente quelque chose avec des objets ou des phénomènes qui existent déjà. Un processus d’élaboration a partir de quelque chose qui existe déjà. Dans le langage courant, on pense à une non-vérité, un artefact ; connotation péjorative. Entre l’invention technico-scientifique et sens psychologique, on va jouer dessus. Il y a l’idée d’un phénomène réduit dans le temps, datable et lié à une personnalité, un auteur.

Le sujet renvoie à l’opposition qui existe entre la conception essentialiste et la conception constructive. La nation est quelque chose de permanent, d’éternel ; c’est une essence  essentialiste. Il y a des qualités dans la nation qui sont objectives, permanentes ; renvoie aux caractéristiques nationales  c’est dans nos gènes ! (nazisme, à l’extrême). C’est l’idée spontanée, générale qu’on a dans la tête quand on parle de nation.

La nation est remise en cause par le constructivisme qui souligne le caractère idéologique, politique, récent du phénomène national ; phénomène voulu par un certain type d’hommes, organisé et largement un fait de propagande, de communication politique. Ce courant est dominant dans les sciences sociales aujourd’hui (B. Anderson, Gellner, AM Thiès …). L’idée globalement à travers les héros, le folklore, on élabore un patrimoine national symbolique que l’on va diffuser très largement à travers l’éducation, l’armée, création de traditions, journaux. Le XIXème est le siècle de la presse. C’est le print capitalism d’Anderson  vecteur décisive de l’élaboration des nations. A.-M. Thiès dit qu’il n’y a pas de nation sans adhésion. C’est une question fondamentale. La langue aussi est très importante, élément déterminant et problématique dans la définition de la nation. La langue commune, les variantes de la langue.

Mais l’élément déterminant de la nation est que nous nous reconnaissant comme appartenant à cette nation. On a un phénomène sociologique : on est français parce qu’on est reconnu comme Français. L’intégration ne se fait que par reconnaissance mutuelle (problème de l’émigration en France). Le nationalisme précède la nation.

Quelle est la probabilité des deux thèses ? On a vu comment se définit ces deux écoles. Les arguments des essentialistes sont imposants. On a tendance à leur donner raison avec ex historiques. Question de l’apparition des mots et de la création de ce patrimoine national. C’est entre mi XVIIIème et XIXème qu’on voit invention du patrimoine national. Schéma analysé de HROCH montre que la création des nations se fait en trois parties :

  • le moment culturel, moment ou se met en place le patrimoine culturel de la nation (Ex : en Ecosse, fin XVIIIème Macpherson publie les poètes d’un barde de l’antiquité écossais Ossian. Il a collecté de nombreux poèmes antiques. Celui-ci a inventé ce personnage et il n’a jamais montré l’ouvrage original. Il a récolté les poèmes traditionnels et les a fait passé pour des poèmes d’Ossian// même époque : un Allemand, Herder est le théoricien de la nation culturelle avant la révolution Française. A deux idées fondamentales : la nation ; la culture repose sur la langue. C’est ce qui caractérise les hommes. Toutes les cultures se valent pour lui, sont des systèmes complets de tradition et doivent se respecter les unes et les autres (relativisme culturel). Dans les deux cas, il faut comprendre chez Herder une forte opposition à la culture des lumières, universaliste ! Il est contre la culture hégémonique française. Chacun sa langue, chacun sa culture. « Parlez Allemand ! ». Il n’est pas seulement important pour le nationalisme allemand, c’est le théoricien de tous les nationalismes. « aucune nation n’a été désignée par dieu comme le peuple élu sur terre. Donc aucune nation ne peut se séparer et dire de façon folle : nous seulement, nous avons la sagesse »). En Finlande, 1835 Kalevala publié par Elias Lönnrot. Il est suédois. L’intérêt de la tradition finlandaise vient de la minorité suédoise. Il présente cela comme une découverte alors qu’il a repris des choses de la tradition orale mais c’est lui qui en a fait qu’une seule histoire alors que c’était des poèmes relevant d’histoires différentes. Redécouverte mi découverte mi invention du patrimoine encore une fois. Toujours centré sur l’exaltation de la langue : finnois, vieux gaélique.



  • Le passage à la politisation qui se fait aussi au sein d’une élite associé à un pouvoir d’état. Nation-Etat. Il y a un consensus ; il n’y a pas de nation sans Etat ; soit que la nation se définisse avec l’Etat ou contre l’Etat (oppresseur ou étranger). Il y a une relation forte entre nation et état. La politisation se fait à travers l’élite intellectuelle, administrative  fonctionnaire comme les instituteurs. Il y a des partis qui se mettent en place avec cette idéologie nationale. La révolution Française cristallise ce moment politique. Le mot nation est le mot le plus courant de la révolution française avec la souveraineté. Quand les fr gagnent la bataille de Valmy c’est aux cris de « vive la nation ! ». C’est aussi à cette époque que le mot nationalisme entre dans le Français. L’abbé Barruel en 1798 parle du nationalisme. L’idéal national est exporté et se retourne contre la France. Les autres disent qu’ils doivent avoir une nation pour résister au nationalisme français. Discours de Fichte en 1807, les Allemands se sont pris une raclé par Napoléon. Bataille des nations : nations d’Europe contre la nation française. Sur le plan politique. Idée des constructivistes que tout se passe dans l’imaginaire. « imagined community »  la différence entre une nation et une famille et que je ne connaitrais jamais tous les citoyens dans une nation, et pourtant j’ai une relation de ressemblance avec ceux qui je ne connais pas. On accepterait de mourir pour ces gens que l’on n’a jamais connus ! Les liens imaginaires qui nous relient dans la nation sont importants : nous avons un « fellow feeling ». La langue est un fort déterminant dans la théorie essentialiste.

  • L’unité politique et l’unité nationale doit être concluante  nationalisme au sens neutre. l’enjeu de la souveraineté est l’enjeu crucial du nationalisme. Idéologie de la souveraineté de la nation = nationalisme. La nation est souveraine à l’intérieur. C’est aussi un principe externe, je dois être souverain, indépendant des autres nations. L’occupation étrangère, colonisation sont des atteintes à la souveraineté nationale. La jonction entre les deux est : qui va me gouverner ? On veut que les gouvernants nous ressemblent, soit un des notre. On avait des dynasties étrangères puis se sont toutes nationalisées (Windsor, Mountbatten). On n’a pas réussi à nationaliser la monarchie : la France donc on a coupé la tête du roi. La France ne s’en est jamais remise. Le roi a été considéré comme un traitre à la nation. La dynastie marocaine est reconnue comme nationale =/= Jordaniens, Irak en 1958. Il s’agit toujours d’enjeu de souveraineté. Un discours historique se crée : histoire-mémoire. les historiens sont chargés de créer la mémoire collective.

  • La nation est aussi ancienne que possible : les gaulois sont découverts au XVIème et diffusés au XIXème, on disait avant qu’on descendait des Troyens. Plus la famille est ancienne, plus elle est noble. D’où l’importance de montrer qu’on était là avant.

  • La nation est une, les différences au sein de la nation (ethnique, linguistique, sociale) doivent être minimisées voir effacées. Nous sommes ensemble, nous sommes les mêmes. Michelet : fusion des races de l’Europe pour ne former qu’un Français. Pureté à la race arienne, unité de l’allemand démontré par le peuple = Deutsch.

  • Histoire continue, qui ne s’arrête jamais. Thème de la nation éternelle. La nation reste même lorsqu’elle est opprimée.

  • Cette spécificité est liée à une forme de fierté : on a quelque chose de plus, à apporter aux autres. La patrie des droits de l’Homme, American way of life…. Les Anglais sont les gens civilisés, les Argentins veulent apporter la parole de Dieu… Allemands : vit bien, mal organisé, poète, rêveur puis devient violent avec la guerre de 70.

Les constructivistes reprennent tous ces point pour montrer que c’est fragile. La langue nationale est souvent une invention du XIXème siècle. On s’aperçoit que beaucoup de langues ont été codifiées, structurées par un effort volontaire d’érudits, de linguistes. On crée une nouvelle langue nationale. Ce n’est pas une langue créée de rien. On a hébraïsé les mots, on a choisi une langue sacrée et pas gardé le Yiddish ou l’Allemand. Les savants Grecs ont épuré la langue et ont fabriqué le grec moderne à partir de l’ancien Grec. Rôle de l’académie française pour le Français : la langue est organisée elle n’est pas spontanée. Une langue régionale devient une langue nationale dans le cas de la France, en 1789 la moitié de la population française ne parle ni ne comprend la langue française. En Italie, 2,5% parlaient italien couramment au moment de l’indépendance. L’italien vient du Toscan qui est devenu pour une raison culturelle et politique la langue nationale. Le British english est le King’s English, la langue que parle le roi. Le serbo-croate : congrès entre serbes et croates pour trouver une langue commune, au final fusion des dialectes parlés dans la région. La langue est très largement un effet de pouvoir, lié à une puissance politique qui va le diffusé à travers l’éducation, l’armée… On est à la limite de l’invention-création des fois. Le mot basque en Basque est une invention.



  • Acceptation et diffusion qui nécessite un soutien puissant : nationalisation des sociétés. Il faut voir le rapport fondamental entre les mouvements économiques de fond. Il ya un lien entre industrialisation et processus national. Production de masse et nationalisation vont bien ensemble. Des gens peuvent lire les mêmes étiquettes, consommer les mêmes produits. Importance des chemins de fer (plan Fressinet). Le rôle principal revient aux institutions : école obligatoire. Et l’armée alors que le service militaire n’est plus obligatoire. Mariage interrégional permis par le chemin de fer. La Guerre de 14-18 fait qu’un breton parlant breton et étant catho va mourir pour un strasbourgeois. Les nations s’affrontent symboliquement avec leur drapeaux… lors des Jeux Olympiques (1896). 1803 : le tour de France ; les français s’approprient l’Espace Français. Mouvement scout (1907) : sport, patriotisme, militarisme. On voit la dimension militaire et nationale qui nait dans le sport. Mais la question se pose de savoir comment cette entreprise de nationalisation des sociétés (G. Hermet) a pu fonctionner aussi bien, être aussi rapide et aboutir à un incroyable élan nationaliste en 1914. Les choses sont plus complexes et il ne faut pas oublier la résistance à ce phénomène qui vient des enracinements locaux et des appartenances transnationales puissantes (religion). Cette invention des nations est à replacer dans une durée plus longue et des contextes historiques différents. La religion et la nation (le catholicisme en Pologne ou en Italie)

Nuancer l’idée d’une invention totale de la nation la semaine suivante. Le nationalisme se fonde plus sur la religion et non sur l’histoire. « L’Amérique ce n’est pas un passé, c’est une promesse ».
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   13

similaire:

Cours du 24/01/2012 icon1. Cours du 20 septembre 2012

Cours du 24/01/2012 iconCours d'Electronique Général R. Kifouche, Avril 2012

Cours du 24/01/2012 iconCours d'Electronique Général R. Kifouche, Avril 2012

Cours du 24/01/2012 iconCours d'Electronique Général R. Kifouche, Avril 2012

Cours du 24/01/2012 iconTchin‐tchine Inscription aux cours de chinois 2011 -2012

Cours du 24/01/2012 iconSommaire
Article L123-13-1 Modifié par L ‘Ordonnance n°2012-11 du 5 janvier 2012 art. 3

Cours du 24/01/2012 iconRéunions du mardi 10 janvier 2012 et du mercredi 7 mars 2012

Cours du 24/01/2012 iconCalais Année universitaire 2011 – 2012 guérin sophie
«Plan Alzheimer 2008-2012» – Direction de la Stratégie, des Etudes et de l’Evaluation

Cours du 24/01/2012 iconArticle 133 Récapitulatif des marchés pour l'année 2012, en application...

Cours du 24/01/2012 iconCours de Madame Marie -alice fasquelle leonetti et de Madame Sandra vansteelandt
«reconnaissance des adoptions homoparentales prononcées à l'étranger : valse-hésitation à la Cour de Cassation», aj famille, Juillet...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com