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Rocambole II

Le Club des Valets-de-Cœur II

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Ponson du Terrail



BeQ

Ponson du Terrail

Rocambole II

Le Club des Valets-de-Cœur II

roman

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection À tous les vents

Volume 903 : version 1.0


Du même auteur, à la Bibliothèque :
L’héritage mystérieux

Rocambole II

Le Club des Valets-de-Cœur II

LII


Le jeune comte Artoff était sorti la veille de chez Baccarat en proie à une sorte d’émotion enthousiaste.

Il était entré chez elle en don Juan armé de ses millions comme d’un talisman ; il en sortait dominé, impressionné par la tristesse majestueuse de cette femme supérieure, et qui lui paraissait si horriblement calomniée.

Baccarat lui était apparue tout à coup comme un être mystérieux que la foule ne devinerait jamais. Était-ce une grande coupable repentie ? Était-ce quelque sombre vengeresse dont le bras s’armait dans l’ombre pour châtier et poursuivre à outrance des criminels et des meurtriers ?

C’était ce que le comte ne pouvait deviner ; mais il s’arrêtait forcément à l’une de ces deux hypothèses, et comprenait vaguement que Baccarat avait une haute mission à remplir.

Le comte rentra chez lui en proie à mille pensées diverses et confuses.

Aimait-il déjà cette femme, chez laquelle il était entré en conquérant ? N’éprouvait-il pour elle qu’une subite et respectueuse amitié, susceptible du plus grand dévouement ?

Il lui fut aussi impossible de trancher ces dernières questions que de résoudre les deux premières.

Il dormit mal. Baccarat se mêla à tous ses rêves. Il se voyait tantôt errant avec elle dans un désert et se mettant à ses genoux, tantôt elle l’entraînait dans un tourbillon, empruntait les formes les plus singulières, lui tenant les langages les plus divers.

Quand le jour vint, le jeune Russe ne put pas définir mieux que la veille de quelle nature était le sentiment qui le poussait vers Baccarat, mais il éprouvait un impérieux besoin de la revoir.

Elle lui avait dit la veille en le quittant : « Je vous attends pour déjeuner demain, à dix heures. »

Le comte s’aperçut avec désespoir, en passant sa tête hors du lit, qu’il était à peine huit heures à la pendule de la cheminée. Cependant il se leva, fit et défit trois ou quatre toilettes du matin, et comme le temps n’allait point assez vite encore, il demanda l’un de ses chevaux de selle, décidé à monter une heure et à faire le tour du Bois.

Le comte avait oublié que M. de Manerve l’attendait pareillement à déjeuner.

Il habitait un joli petit hôtel rue de la Pépinière, presque vis-à-vis le numéro 40, où Chérubin avait un appartement, où madame Malassis occupait un pavillon au fond du jardin.

L’hôtel, que le comte avait fait bâtir, avait un grand jardin qui faisait retour sur les côtés du principal corps de logis. À l’extrémité de ce jardin, l’architecte avait fait construire un pavillon.

Ce pavillon était surmonté d’un belvédère très élevé. Du haut de ce belvédère, l’œil plongeait aisément sur les toits voisins et dans les jardins environnants. Ainsi on pouvait voir par-dessus la maison ce qui se passait dans le jardin du numéro 40, c’est-à-dire aux alentours du pavillon de madame Malassis.

Ces détails topographiques nous étaient indispensables pour l’intelligence de la suite de cette histoire.

Le comte gagna à cheval le faubourg du Roule, puis les Champs-Élysées, fit le tour du Bois au galop, revint par le boulevard extérieur, et arrêta sa monture ruisselante à la grille de l’hôtel de Baccarat, au moment où dix heures sonnaient aux horloges voisines.

Le groom de Baccarat accourut lui ouvrir et prendre sa bride. Puis il l’introduisit dans le salon que nous connaissons, et où, deux jours auparavant, madame Charmet avait attendu Turquoise.

Le comte se jeta sur un sofa et attendit avec anxiété.

Baccarat ne tarda point à paraître.

Le comte jeta un cri d’étonnement et d’admiration à sa vue, tant elle lui sembla rayonnante et belle. Elle avait fait une fraîche toilette du matin : robe bleue montante, bras demi-nus qu’ornait un seul bracelet d’argent massif avec un mot anglais pour épigraphe, ses beaux cheveux roulés en torsades comme jadis. Elle était souriante et calme, et ne ressemblait plus à cette femme solennellement triste que le comte avait vue la veille au soir, dans le petit cabinet de travail.

Elle tendit la main au jeune homme.

– Bonjour, mon ami, lui dit-elle. Vous êtes exact comme un amoureux.

– C’est que je le suis, dit-il avec une naïveté charmante.

– Eh bien, dit-elle en le baisant sur le front, votre vieille amie vous guérira de ce ridicule.

Et elle ajouta, avec une nuance d’adorable mélancolie :

– Fou que vous êtes ! on n’aime pas les centenaires...

– Oh ! vous êtes jeune et belle, fit-il avec enthousiasme.

– Mon cœur est vieux pour l’amour.

Et comme si elle eût voulu atténuer sur-le-champ la dureté de ces paroles :

– Mais il est jeune pour l’amitié, dit-elle, et je veux être votre amie, car vous êtes noble et bon.

Elle le fit asseoir auprès d’elle et continua à tenir une de ses mains.

– Voyons, dit-elle, causons un peu..., comme de vrais amoureux, puisque nous le sommes aux yeux du monde... Qu’allons-nous faire de notre journée ?

– Ce que vous voudrez, répondit le comte avec la soumission d’un enfant.

– D’abord, vous allez me permettre de vous offrir à déjeuner ?

– Ah ! mon Dieu ! s’écria le jeune Russe, et Manerve qui m’attend !

– Pour déjeuner ?

– Oui.

– Eh bien, écrivez-lui. Tenez, mettez-vous là, devant ce bureau, prenez une plume et écrivez.

Le comte obéit et prit la plume.

Baccarat lui dicta alors ce billet que nous connaissons, et que M. de Manerve lisait une heure plus tard à ses amis du café de Paris. Puis elle ajouta ce post-scriptum dont on se souvient également ; et quand ce fut fait, elle plia le billet elle-même, le mit sous enveloppe et voulut que le comte le scellât avec un cachet armoiré qu’il avait parmi ses breloques.

Après quoi elle sonna et dit à son groom :

– Porte cette lettre chez le baron de Manerve, rue Caumartin, 12.

Le groom parti, elle revint s’asseoir auprès du comte Artoff.

– Mon ami, lui dit-elle, il faut me prouver votre affection en conscience.

– Que dois-je faire ?

– Me compromettre de votre mieux.

Et comme il la regardait :

– Le temps est beau, dit-elle, nous sortirons après déjeuner, comme vous le dites à Manerve, en voiture, vers midi, pour aller au Bois. Mais...

– Mais ? interrogea le comte.

– J’aimerais assez que cette première promenade que nous ferons ensemble fût environnée de quelque éclat.

– Comme vous voudrez...

– Vous aviez, m’a-t-on dit, une ravissante calèche au dernier Longchamps.

– Je l’ai encore...

– Et quatre chevaux noirs attelés et harnachés à la russe, n’est-ce pas ?

– Ils sont toujours dans mes écuries.

– Eh bien, dit Baccarat, écrivez un mot à votre piqueur. Je voudrais essayer de votre calèche.

– Ce sera fait, répondit le comte ; la calèche sera ici avant midi.

Baccarat et le comte Artoff déjeunèrent dans une petite salle à manger, pleine de fleurs et d’arbustes rares.

Puis la jeune femme laissa le jeune homme en tête à tête avec une tasse de café et une caisse de puros, et elle alla s’habiller.

À midi précis, la calèche attelée à la russe arriva. Presque aussitôt après, Baccarat, habillée, rejoignit le comte et s’appuya sur son bras.

– Écoutez, lui dit-elle en prenant sa main pour monter en voiture, j’ai une fantaisie.

– Parlez, madame.

– Au retour du Bois, vous me mènerez chez vous, n’est-ce pas ?

– Ah ! certes, fit-il avec joie.

– Je veux voir votre hôtel en détail. Que voulez-vous ! je suis toujours un peu femme... et qui dit femme dit curieuse.

Elle lui jeta son beau sourire, s’arrondit coquettement dans la calèche, et le fringant équipage s’ébranla sur-le-champ.

Baccarat avait exprimé le désir de descendre par le faubourg Montmartre et de gagner le boulevard des Italiens. Elle tenait à passer au pas devant le café de Paris.

Justement, à l’instant même, le baron de Manerve en sortait. Il reconnut les gens, les chevaux, le livrée du comte, puis celui-ci et Baccarat.

– Ah ! parbleu ! dit-il, voilà qui est aller vite en besogne, surtout si l’on songe que jusqu’à cette heure Paul et Virginie ne s’étaient jamais vus.

Et il s’approcha de la calèche.

– Tiens ! ce pauvre Manerve ! s’écria Baccarat avec son éclat de rire étincelant et moqueur.

– Moi-même, madame...

Et le baron salua comme on salue une femme qui va gaspiller des millions du bout de ses jolis doigts.

– Mon cher comte, dit-il au jeune Russe, permettez-moi de vous faire mes compliments...

Le Russe eut un petit air fat qui ravit d’aise la pauvre Baccarat.

– Ah çà ! dit-elle en riant toujours, voulez-vous une place près de nous ? Nous allons au Bois...

– Merci ! je vais monter à cheval.

– Alors, nous nous retrouverons ?

– C’est probable.

Et le baron allait s’éloigner pour laisser aux deux jeunes gens la liberté de continuer leur promenade, lorsqu’il songea à Chérubin.

– Ah ! dit-il, j’oubliais...

– Quoi donc ?

– Vous allez au Bois ?

– Sans doute.

– Eh bien, vous rencontrerez M. Oscar de Verny...

– Ce monsieur qui m’a pariée ? demanda Baccarat riant comme une folle.

– Précisément.

– Eh bien ! dit le comte, il renoncera sûrement au pari.

– C’est ce qui vous trompe.

– En vérité ?

– Il a déjeuné avec nous et tient le pari plus que jamais... en dépit même de votre lettre, que je lui ai lue.

– Est-ce un homme mort ? demanda le comte souriant et regardant Baccarat.

– Je le crois, répondit-elle avec un calme qui donna le frisson à M. de Manerve lui-même.

Elle salua le baron d’un petit signe de main, et la calèche prit le grand trot.

– Mon ami, dit alors Baccarat, qui redevint grave et triste, que pensez-vous d’un homme qui engage un pari sur l’honneur d’une femme, cette femme fût-elle la dernière des créatures ?

– Je pense, répondit le comte, que cet homme est un misérable.

– Croyez-vous que cette femme dont nous parlons puisse jamais l’aimer ?

– Non, dit le comte avec conviction.

– Ah ! fit Baccarat, merci ! j’avais besoin de votre assertion pour oser continuer.

– Mon Dieu ! qu’allez-vous me dire ?

– Ceci : ce Chérubin est un misérable que je hais et que je méprise. Eh bien ! je vais lui laisser croire qu’il peut arriver à ses fins, qu’il peut gagner son infâme pari.

– Ah ! fit le comte.

– Il le faut, dit Baccarat, dont l’accent devint solennel. Qui vous dit que je ne suis point la main de l’expiation elle-même ?

Le comte baissa la tête.

– Ainsi, reprit-elle, il est bien convenu entre nous, n’est-ce pas ? que, quoi que je fasse, quoi que je dise, vous ne vous en rapporterez jamais aux apparences ?

– Jamais !

– Que si on venait à vous dire que j’aime Chérubin, vous ne le croirez pas ?

– Non.

– C’est bien. Vous êtes un noble cœur.

La calèche descendait au grand trot l’avenue de Neuilly ; bientôt elle franchit la porte Maillot, et quelques minutes après, elle atteignit cette allée à l’extrémité de laquelle chevauchaient M. le vicomte de Cambolh et Chérubin.

Celui-ci, nous l’avons dit, mit son cheval en travers de la route.

La calèche s’arrêta sur l’ordre du comte, qui reconnut Chérubin. Alors ce dernier s’approcha et salua en même temps le gentilhomme russe et Baccarat. Rocambole se tenait à distance, mais il n’en continuait pas moins à examiner attentivement Baccarat.

Baccarat était calme, souriante, la lèvre un peu dédaigneuse.

Chérubin l’avait enveloppée de son regard profond et fascinateur. Mais Baccarat ne perdit point son sourire plein d’indifférence.

– Monsieur le comte, dit Chérubin, dardant toujours son œil noir au rayonnement magnétique sur la blonde Baccarat, monsieur le comte, je suis heureux de vous rencontrer.

– Tout le plaisir est pour moi, répliqua le Russe avec une froide courtoisie.

– J’allais vous écrire, reprit Chérubin, mais puisque je vous rencontre...

– Je vous écoute, monsieur.

– Vous m’avez proposé hier un pari, si j’ai bonne mémoire ?

– Oui, monsieur.

– Ce pari, j’allais le tenir, lorsque M. le vicomte de Cambolh, mon ami...

À ce nom, Baccarat tressaillit et regarda attentivement Rocambole. Elle ne l’avait jamais vu... Et pourtant elle éprouva comme un pressentiment subit que cet homme jouait déjà ou jouerait un rôle dans sa destinée.

– M. de Cambolh, mon ami, poursuivit Chérubin, m’a fait observer que je n’étais pas libre. En effet, j’avais à remplir ce matin de graves devoirs.

– Ah ! fit le comte.

– Ces devoirs sont remplis, monsieur, et me voilà libre.

– Eh bien, monsieur ?

– Eh bien, je puis vous dire, monsieur le comte, que j’accepte le pari.

– Vous acceptez ?

– Sans doute.

– Monsieur, dit le comte, vous ignorez peut-être que la femme auprès de qui je suis en ce moment est précisément celle dont il est question entre nous ?

– Je le savais.

Et Chérubin s’inclina et salua de nouveau Baccarat.

Jusque-là, la jeune femme avait gardé le silence. Mais alors elle enveloppa Chérubin de son regard clair, rapide et qui semblait pénétrer jusqu’au fond de l’âme. Et sous le poids de ce regard Chérubin se sentit tressaillir.

– Monsieur, lui dit-elle, Stanislas m’a tout dit.

Le jeune Russe s’appelait Stanislas, en souvenir de son aïeul maternel.

La mère du comte était Polonaise.

– Stanislas m’a tout dit, continua Baccarat, et je crains fort que vous ne perdiez votre pari, car je l’aime.

Chérubin demeura imperturbable d’aplomb, du moins en apparence.

– On n’aime pas éternellement, dit-il.

– Mais, en tout cas, poursuivit Baccarat, je suis d’avis que toute sorte de duel doit avoir lieu à armes courtoises, et votre pari est un duel, ce me semble ?

– Tout à fait, madame.

– Donc il est juste que vos armes soient égales, monsieur. Stanislas entre chez moi à toute heure, je vous permets d’y venir quand bon vous semblera : ma maison vous est ouverte.

– Oh ! madame, dit Chérubin, je n’abuserai pas longtemps de la permission ; le comte me donnait quinze jours, mais je n’en veux que huit.

– Vous avez raison, monsieur, dit froidement Baccarat, l’homme qui n’est pas aimé au bout de huit jours ne le sera jamais.

Elle lui jeta un nouveau, un dernier et étrange regard, prononça d’un ton moqueur : au revoir, et fit un signe.

Et la calèche repartit au grand trot et disparut dans un nuage de poussière.

Alors Chérubin se rapprocha de Rocambole :

– Ma parole d’honneur ! murmura-t-il, si j’ai le regard fascinateur, je crois qu’elle l’a aussi. Ce serait curieux que je fusse le fasciné, moi, et non le fascinateur...

Et Chérubin essuya quelques gouttes de sueur qui perlaient à son front.

*

Pendant ce temps la calèche du comte poursuivait sa route, faisait le tour du Bois, rentrait à Paris par le faubourg du Roule, et s’arrêtait enfin, selon le désir exprimé par Baccarat, dans la cour de l’hôtel habité par le comte Artoff, rue de la Pépinière.

– Vous me donnerez à dîner, lui avait dit Baccarat, et vous me montrerez votre hôtel dans ses moindres détails. Je suis curieuse, je veux tout voir.

Et, en effet, Baccarat se laissa guider par le prince russe à travers ce palais digne des Mille et une Nuits, et dans lequel il avait dépensé trois millions.

Puis, de l’hôtel, elle passa dans le jardin, et se fit montrer le pavillon.

Ensuite elle voulut monter au belvédère. De la terrasse de cet édifice elle promena un regard tranquille sur les maisons environnantes.

– On a d’ici, dit-elle en riant, un assez beau coup d’œil de cheminées.

– On voit aussi des jardins, répondit le comte, témoin celui que vous apercevez et qui dépend du numéro 40 de la rue de la Pépinière.

– Tiens, dit Baccarat avec une certaine indifférence, n’est-ce point la maison qu’habite ce M. Chérubin ?

– Précisément.

Elle devint rêveuse. Le comte, qui l’observait, vit son front se plisser et toute sa physionomie s’assombrir peu à peu. Tout à coup elle releva la tête et regarda le jeune Russe.

– Mon ami, lui dit-elle, j’ai un nouveau service à vous demander.

– Lequel ?

– Cédez-moi ce pavillon pour la nuit prochaine.

– Quelle folie !

– Et ne m’interrogez pas, ajouta-t-elle, je ne pourrais vous répondre.

– Soit, dit le comte, qui avait promis d’obéir en aveugle.

Baccarat descendit du belvédère et demanda au comte la permission d’écrire un mot chez elle.

Le jeune Russe l’installa devant un pupitre au rez-de-chaussée du pavillon, et se retira discrètement.

Voici ce que Baccarat écrivait à sa femme de chambre :

« Mariette habillera Sarah, la petite juive, ce soir, vers huit heures, montera en voiture avec elle et me l’amènera rue de la Pépinière, à l’hôtel du comte Artoff, où je suis. »

Qu’allait faire Baccarat ?
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