Texte intégral de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, Abdoul Mbaye








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Texte intégral de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, Abdoul Mbaye

Voici l'intégralité de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, Abdoul Mbaye, prononcée lundi à l'hémicycle de l'Assemblée nationale du Sénégal.

Monsieur le Président de l'Assemblée nationale, Honorables Députés,

Vous pouvez aisément deviner l'émotion qui est la mienne de me trouver devant vous aujourd'hui, illustres mandataires du Peuple sénégalais, brillamment élus pour la douzième législature de notre jeune République.

Cette émotion est celle d'un fils du Sénégal, hautement conscient de se trouver dans un lieu chargé d'histoire, dans un lieu où tant de décisions cruciales pour la vie de notre Nation ont été adoptées par les représentants du Peuple souverain. Dans un lieu, enfin, où certaines des pages les plus marquantes de l'histoire de la démocratie sénégalaise ont été écrites.

C'est également l'émotion d'accomplir, en ce jour, un rituel particulièrement important dans la vie d'une démocratie, un rituel qui est le privilège des peuples libres, devant lesquels les gouvernants sont des serviteurs et non des maîtres.

Mais ma fierté se trouve renforcée d'accomplir ce rituel au sein d'un hémicycle où, pour la première fois dans l'histoire de notre pays, la place des femmes est à la mesure de leur représentativité sociale, ainsi que de leur contribution déterminante à la consolidation de la démocratie sénégalaise.

La configuration de cette Assemblée nationale augure d'une nouvelle ère dans la vie de votre prestigieuse Institution. Une ère de rupture attendue et espérée par tous nos compatriotes.

Tous les membres du Gouvernement, que j'ai l'honneur de diriger, s'associent à moi pour vous présenter nos félicitations les plus chaleureuses et vous dire, avec la plus grande conviction, que nous resterons toujours extrêmement attentifs à vos interpellations, vos suggestions et vos critiques, pour des échanges féconds entre nos deux institutions et dans l'intérêt exclusif de la Nation.

Car le Peuple vous a confié la haute mission de légiférer en son nom, ainsi que d'assurer le contrôle de l'action gouvernementale pour les cinq prochaines années.

Je mesure toute l'étendue de cette mission et prie pour que la ferveur et l'énergie qui vous animent, soient chaque jour raffermis, pour l'accomplissement avec succès de votre sacerdoce.

Monsieur le Président, honorables Députés,

C'est avec beaucoup d'humilité et une haute conscience des charges qui sont les miennes, que je décline devant vous, ma déclaration de politique générale, qui vise à traduire en programmes et actes concrets, la vision du Président de la République Macky SALL.

Je sacrifie avec plaisir à cette tradition républicaine, consacrée par la constitution de notre pays, en saluant avec respect, l'action de chacun de mes prédécesseurs, pour leur contribution à la marche de notre pays vers le progrès.

En m'adressant ce matin à votre auguste Assemblée, j'éprouve une immense fierté d'appartenir à un grand Peuple, de faire partie d'une grande Nation, de vivre dans un pays respecté à travers le monde.

Un pays qui vient de vivre, encore une fois, deux échéances électorales majeures, qui lui ont permis de consolider sa place dans le cercle restreint des grandes démocraties modernes.

En effet, le 25 mars 2012, déjouant les prédictions les plus pessimistes, le Peuple sénégalais, dans un élan patriotique et avec un sens élevé de la pratique démocratique, exprimait sans équivoque et avec une sérénité impressionnante, son aspiration au changement, en portant son choix sur le Président de la République, Son Excellence, Monsieur Macky SALL.

En réussissant cette seconde alternance démocratique, le Peuple sénégalais a franchi une nouvelle étape dans la marche de son histoire.

Il y avait sans aucun doute une succession d'évènements qui présageaient de cette issue inéluctable, après tant d'attentes insatisfaites, d'espoirs déçus, de perspectives obstruées, d'issues incertaines, après l'immense espoir suscité par la première alternance survenue le 19 mars 2000.

Les observateurs attentifs avaient bien décelé, depuis quelques années, le désir irrésistible des sénégalaises et des sénégalais au changement, leur aspiration à être gouvernés autrement, dans la rigueur, la sobriété et l'éthique.

Je voudrais donc, ici, réitérer mes plus profonds remerciements au Chef de l'Etat, qui m'a chargé de conduire le Gouvernement dont la mission exaltante est de traduire sa vision et de réaliser sa généreuse ambition pour le Sénégal.

Comme vous le savez, sa vision qui cristallise les attentes et espoirs des sénégalais, a été forgée au contact du pays profond, au constat du malaise social et des nombreuses fractures qui traversent la société sénégalaise, à l'observation d'une méthode de gouvernance qui appelait le changement.

Elle découle d'une connaissance intime des réalités de nos terroirs, de l'observation des dures réalités quotidiennes des ménages ruraux, et des conditions de vie précaires des populations dans les centres urbains et périurbains.

La vision du président de la République s'est enrichie de patientes séances d'écoute, de discussions et de partage avec les sénégalaises et sénégalais de tous les âges et de toutes les conditions, des villes, mais aussi des villages et hameaux les plus reculés du pays.

Cette vision prend également sa source au contact de nos compatriotes de la Diaspora, à la quête dans d'autres pays et continents, au prix de multiples sacrifices et de privations, d'un mieux être pour eux-mêmes, mais surtout pour leurs familles, leur terroir et leur pays.

Cette vision est condensée dans le programme Yoonu Yokuté du Candidat qu'il fut.

Elle s'inspire également de la marche du monde, marquée notamment par une série de crises, qui ont fini de remettre en cause bien des doctrines et approches en matière de développement économique.

Cette vision, c'est celle d'un Sénégal émergent, abritant une société sur le chemin du progrès, solidaire et adossée à des valeurs telles que le respect de soi-même, de l'autre et du bien public ; sans oublier : la justice, l'équité, le sens du devoir.

Des valeurs qui ont été magnifiées au cours des Assises nationales, moments intenses d'analyse et de dialogue entre forces vives de la Nation qui souhaitaient une autre voie pour notre pays, une autre gouvernance.

Ces valeurs ont été le catalyseur de l'exceptionnelle mobilisation pour la défense de la Constitution le 23 juin 2011, avec aux premiers rangs, une jeunesse vibrante de courage et d'énergie, debout, dès les premières heures de la journée, pour faire face à l'arbitraire et défendre la démocratie.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Nous assistons aujourd'hui à des mutations profondes d'une société, avec un Peuple conscient que sa souveraineté est inaliénable. Son message ne souffre d'aucune ambiguïté.

C'est un message que nous avons bien compris.

C'est un message qui rappelle à tous les pouvoirs publics leurs devoirs devant la Nation.

C'est un message qui réclame la fin de l'arrogance et de l'impunité, la juste récompense de l'effort, du mérite et de la compétence.

A cet égard, je puis vous dire que c'est le Peuple lui-même qui a fixé ses exigences.

La mission du Gouvernement est de les satisfaire, en prenant pour boussole la vision du Chef de l'Etat.

Car cette vision a fixé le cap et clairement défini les urgences, de même qu'elle a parfaitement identifié les réformes de profondeur à réaliser.

Elle est fondée sur l'analyse lucide d'un contexte macroéconomique et social fortement délétère. Jugeons-en !

La croissance du PIB a connu au cours de ces dernières années une fluctuation erratique, du fait d'une forte vulnérabilité de l'économie aux chocs exogènes et aux aléas climatiques.

L'activité économique a cru de 2,6% en 2011 contre 4,1% en 2010. Ce ralentissement est essentiellement lié à la contreperformance du secteur agricole qui s'est contracté de plus de 20%.

Cette situation traduit la très forte sensibilité de l'économie sénégalaise aux aléas climatiques, car le PIB non agricole affiche une hausse de 4,8%, imputable à la bonne tenue des secteurs secondaire et tertiaire en 2011.

L'inflation s'est établie à 3,4% en 2011, au-delà du seuil fixé pour les Etats membres de l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine.

Notre balance courante est structurellement déficitaire avec un solde ressorti à -6,4% du PIB en 2011, en liaison avec les politiques macroéconomiques parfois inappropriées, la vulnérabilité aux chocs exogènes et des orientations sectorielles souvent hasardeuses.

Ce niveau élevé de déficit requiert une réorientation de nos choix en matière de politique économique, pour permettre à notre pays de mieux tirer parti de ses échanges avec le reste du monde.

Comme vous l'avez sans doute constaté, au plan sectoriel, plusieurs branches qui, dans un passé récent, étaient fortement contributrices aux recettes d'exportation ont été en recul : les industries chimiques, la pêche et le tourisme notamment.

Ces niveaux élevés de déficit courant traduisent une perte de compétitivité compromettante pour les perspectives de rééquilibrage de notre commerce extérieur.

Le déficit du compte courant reste malheureusement couplé à un important déséquilibre budgétaire.

En dépit d'une bonne tenue des recettes qui ont doublé entre 2000 et 2010, le déficit budgétaire n'a cessé de se creuser, pour atteindre 455 milliards en 2011, représentant 6,7% du PIB, et 33,1% des recettes fiscales et non fiscales.

L'encours de notre dette publique a sensiblement augmenté entre 2006 et 2011, passant de 1023 milliards de FCFA, soit 21% du PIB, à 2704 milliards de FCFA, représentant 40% du PIB.

Cette évolution rapide de notre dette pour financer des investissements ne s'est cependant pas traduite par une amélioration conséquente de la productivité de l'économie et des conditions de vie des ménages.

Il s'y ajoute que nos options récentes en matière d'endettement intérieur ont été fortement marquées par le recours abusif aux instruments de court terme.

Notre pays doit supporter un service de la dette de 493 milliards en 2012, dont 412 milliards au titre du remboursement de sa dette intérieure de 653 milliards de FCFA.

Le Sénégal est ainsi entré dans un cercle vicieux, où il doit emprunter pour rembourser sa dette intérieure, dont le temps moyen de renouvellement est de 14 mois.

De plus, notre potentiel de croissance n'a pu être pleinement optimisé ces dernières années, du fait, notamment, des fortes contraintes induites par la crise énergétique.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Cet exposé de chiffres peut paraître assez rébarbatif, mais il était nécessaire pour apprécier ce qu'était la situation du Sénégal sur le plan macroéconomique lorsqu'intervenait l'alternance du 25 mars dernier.

Car, malheureusement, lorsque les chiffres de l'économie ne sont pas brillants, c'est le citoyen qui le ressent dans sa chair et dans son vécu quotidien. Ce n'est pas un exercice théorique.

Concrètement, des actions avaient certes été entreprises et des progrès enregistrés dans certains secteurs, notamment les infrastructures.

Toutefois, l'inopportunité de certaines options en matière de réalisation d'infrastructures structurantes, et le retard dans l'application de réformes structurelles majeures, ont maintenu dans une regrettable inertie des secteurs à fort potentiel de création de richesse et d'emplois, et des pôles de production.

Trop de priorités et d'urgences ont été souvent négligées au profit de dépenses somptuaires et couteuses. Alors qu'on s'interroge encore sur l'opportunité et la justification des sommes colossales englouties dans l'organisation de conférences, de voyages, ainsi que d'un festival.

Au même moment, nos compatriotes attendent toujours des solutions durables à la crise énergétique résultant d'une offre insuffisante, coûteuse et instable d'électricité, d'un déficit de production structurel, d'une vétusté des réseaux de transport et de distribution.

Cet état de fait est aggravé par la situation financière critique de la SENELEC, et les coûts de production élevés de l'électricité, largement en déphasage avec les tarifs actuels du fait d'un recours trop important à l'énergie thermique.

Les réponses du Plan Takkal ont révélé toutes leurs limites, avec des coûts de location élevés et insoutenables sur la durée, un retard dans la réalisation des investissements, une option stratégique risquée, axée pour l'essentiel sur les centrales à charbon, et enfin, l'absence d'un calendrier précis pour rétablir la compétitivité du secteur.

Au plan sanitaire, le dénuement ou l'inaccessibilité des services de soins, l'indigence des plateaux techniques, l'insuffisance de personnel qualifié et les difficultés récurrentes de gouvernance des structures sanitaires, sont les meilleures illustrations des faiblesses d'un système de santé qui doit inévitablement opérer sa mue.

L'assainissement urbain est confronté à des défis majeurs, du fait de retards d'investissements importants, de la faiblesse et de la vétusté de son réseau, face à une urbanisation galopante et mal contrôlée.

Aujourd'hui, la moitié des capitales régionales ne dispose pas encore d'un réseau d'assainissement des eaux usées et, généralement, pour celles qui en disposent, seul leur centre-ville est desservi.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

L'actualité récente vient encore de nous rappeler, douloureusement, à quel point les inondations pour cause de pluie constituent un fléau national.

Ces inondations révèlent les dysfonctionnements et incohérences qui ont marqué sur plusieurs décennies les politiques en matière d'aménagement, d'occupation de l'espace urbain et d'assainissement de notre cadre de vie.

Je m'incline une nouvelle fois devant la mémoire de nos compatriotes qui ont perdu la vie au cours des dernières calamités et j'affirme ici, devant vous, représentants du Peuple souverain, que le Gouvernement ne trouvera pas le repos tant que nous n'aurons pas apporté une solution définitive à ce fléau.

A côté des inondations, la gestion des ordures se pose avec acuité dans nos villes, avec les dysfonctionnements récurrents du système de nettoiement. La prolifération des décharges sauvages dégrade le cadre de vie des populations et génère des risques sanitaires élevés.

Notre pays doit faire face à une forte croissance urbaine et à des faiblesses persistantes en matière de planification spatiale. Une situation qui génère une occupation anarchique de l'espace ainsi que des difficultés d'accès à la propriété pour une grande majorité de nos compatriotes.

L'accès à l'habitat est rendu difficile par les coûts élevés de production et de cession des logements, la raréfaction des réserves foncières qui ont été jetées entre les mains avides des spéculateurs, et les limites des programmes publics de promotion de l'habitat social.

Monsieur le Président, Honorables Députés, je veux vous parler de notre système éducatif qui vit un malaise profond.

Notre école est en proie à une instabilité chronique, au point que nos enfants, qui sont plus souvent dans les rues que dans les salles de classe, en arrivent à souhaiter parfois une année blanche, alors même que des efforts budgétaires importants sont pourtant consentis au profit du système scolaire.

Car nous ne devons pas oublier que les dépenses publiques pour l'éducation, ont atteint plus de 2400 milliards de FCFA entre 2000 et 2010. Chaque année, l'école absorbe plus du cinquième du budget de l'Etat.

En dépit de ces efforts, elle est sujette à une dégradation continue de la qualité des enseignements et des apprentissages, avec de faibles taux d'achèvement, de transition, et de réussite aux examens. A cela s'ajoute la faible intégration des modèles alternatifs d'éducation qui constituent une forte demande des populations.
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