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Synthèse de la Rencontre Inventer à gauche

Mardi 20 mars - Assemblée nationale

Alain Claeys, Olivier Beaud et plusieurs directeurs de centres de recherche
Invités :

M. Olivier Beaud, Président de la Qualité de la science française (QSF) ;

M. Alain Claeys, député de la Vienne depuis 1997, maire de Poitiers depuis 2008, chargé de l'enseignement supérieur dans l’équipe de campagne de François Hollande.
Cette rencontre était présidée et animée par Michel Destot, Député-maire de Grenoble et Président d'Inventer à gauche.


Propositions clés :

  • Etablir un contrat d’autonomie entre l’Etat stratège, l’Université et les Territoires

  • Rééquilibrer la gouvernance et ramener la collégialité au sein de l’Université

  • Restaurer l’évaluation de la Recherche par les pairs

  • Réformer l’orientation des élèves pour en finir avec l’échec du premier cycle universitaire et promouvoir l’attractivité universitaire par l’excellence

  • Stabiliser et sécuriser les financements de la Recherche en combinant et optimisant les financements par projets et les crédits récurrents

  • Recentrer le Crédit impôt recherche sur les TPE/PME et lutter contre l’optimisation fiscale



A.Introduction de Michel Destot


L’évolution du pôle universitaire et de recherche grenoblois, souvent cité comme exemple international, démontre qu’il est possible, en s’ancrant dans une longue tradition et en jouant sur l’interdisciplinarité, d’avoir une fertilisation croisée et de développer à travers l’innovation un triptyque université-recherche-industrie.
Les thématiques prioritaires concernant l’enseignement supérieur et la recherche sont :

  • la professionnalisation des formations et de l’enseignement via la valorisation des filières courtes,

  • la lutte contre l’échec universitaire et l’amélioration de la condition étudiante (aide financière, accueil...),

  • la répartition et la sécurisation des ressources des universités,

  • la dynamisation et la rationalisation de la carte de la Recherche,

  • le rapprochement entre grandes écoles, universités et les centres de recherche pour une recherche collaborative,

  • la mise en place une stratégie européenne de recherche.


Le travail mené depuis plusieurs mois est une contribution en tant que maire de Grenoble et Président d'IAG. Maire depuis 17 ans, il a particulièrement insisté sur le parcours scientifique et technologique de sa ville.

  • Premièrement, Grenoble est souvent classée première ou deuxième de France où il fait bon étudier (160 nationalités différentes sont représentées parmi les 60 000 étudiants) ;

  • deuxièmement, cette ville où il fait "bon chercher" (20 000 chercheurs publics et privés, 120 laboratoires de recherche, Minatec, le Synchrotron, les laboratoires de l'UJF, de l'INP…). Michel Destot étant lui-même arrivé à Grenoble comme chercheur au CEA, puis directeur d'un laboratoire de recherche… ;

  • troisièmement, Grenoble est une ville où il fait bon innover. Le magazine Time classait ce pôle scientifique et technologique, il y a quelques années, comme la capitale européenne secrète de l'innovation, parfois appelée la Silicon Valley à la française.

L'innovation découle de bonnes capacités de recherche ; la recherche performante résulte d'un enseignement supérieur de qualité. Qu'il existe par conséquent un continuum entre enseignement supérieur/recherche/innovation.

B.Un contrat « Etat stratège – Université – Territoire »


Alain Claeys rappelle que les propositions de François Hollande sur l’université et la recherche s’inscrivent autour d’une double volonté : premièrement, réhabiliter la notion de progrès comme en témoigne la volonté affichée d’autoriser la recherche sur les cellules souches ; deuxièmement, la mise en place de contrat de génération qui implique nécessairement l’université et l’enseignement supérieur.
    1. Revoir la gouvernance de l’enseignement supérieur et de la recherche


Concernant la loi sur l’autonomie des universités, des modifications au code de l’éducation seront faites en cas de victoire de François Hollande, et dès juin 2012 des assises réunissant l’ensemble des acteurs universitaires et de la recherche auront lieu. L’autonomie a été défendue bien avant la LRU par la gauche, mais elle doit aller de pair avec un Etat stratège. Cette conciliation doit se faire par un contrat auquel doivent également prendre part les collectivités locales. Il ressort aujourd’hui de la part des acteurs un besoin de stabilité et de lisibilité après une longue période de changements. Dans le cadre d’un contrat d’autonomie Etat stratège – Université – Territoire, il n’est pas question de passer d’une vision étatique à une vision régionalisée. Les bassins de formation doivent être unifiés au niveau de la région et des territoires afin d’assurer la cohérence de l’offre de formation et de recherche.
Aujourd’hui l’autonomie est mise à mal dans certaines universités par un manque de moyens financiers et humains. Certaines universités font face à des problèmes comptables et financiers structurels entrainant un gel des postes alors que les moyens humains font défaut pour monter et créer les dossiers. Il est donc indispensable d’établir un diagnostic des besoins le plus rapidement possible.
S’il n’est pas question de remettre en cause la notion d’équipe présidentielle, la gouvernance doit faire l’objet d’un rééquilibrage avec l’ensemble des acteurs de l’université avec de rétablir davantage de démocratie, de collégialité et de transparence. Il faut également permettre à l’ensemble des institutions de l’université telles que le conseil scientifique de jouer pleinement leurs rôles.
Le législateur devra également se poser la question des aspects juridiques et la légitimité entourant les PRES, les conseils d’université et les différentes structures composant le « mille-feuille » de la recherche et de l’enseignement supérieur.
Olivier Beaud précise que si la loi LRU doit faire l’objet de modifications c’est notamment dans le recrutement des universitaires pour restreindre localisme dans les recrutements et imposer une mobilité aux universitaires afin d’assurer la qualité de l’enseignement à l’Université. Il est également nécessaire d’adopter une loi sur l’enseignement supérieur dans son ensemble pour assurer son contrôle. Le ministère ne contrôle pas toutes les formations privées vers lesquelles fuient les étudiants alors même qu’elles sont chères et souvent de mauvais niveau.
    1. Le rôle des organisme de recherche : orienter


Un directeur d’un centre de recherche dont la recherche résulte de la dynamique de la science, mais également des demandes de la société, pose la question de la place de la recherche au sein des différents acteurs, locaux et internationaux, qui en sont les parties prenantes. Ces acteurs sont aussi bien les institutions d’enseignement supérieur et de recherche que les partenaires socio-économiques. C’est le rôle de chacun, en liaison les uns avec les autres dans le système de la recherche, qu’il faut penser. Cette réflexion doit être menée au niveau du territoire avec le tissu local des universités, écoles et acteurs privés, mais également en regardant le niveau international dans un souci d’attractivité. L’orientation de la recherche ne peut être décidée de manière isolée, mais en consultant ces parties prenantes, en mesurant la compétition scientifique et en fonction des avis scientifiques. Ainsi un institut tel que l’INRA et ses nombreuses parties prenantes, peut conseiller et orienter les efforts de recherche vers ce qu’il lui semble important de faire financer.
La programmation doit être proposée par ces alliances composées de l’ensemble des acteurs de la recherche et l’Etat doit tenir son rôle de stratège pour avoir des stratégies nationales de recherche car on ne peut atteindre l’excellence partout dans tous les domaines.
Un des directeurs de centre de recherche estime que les établissements de recherche ont une tradition d’évaluation de la recherche. Or le système actuel de note unique ne reflète pas la diversité de la recherche et la multiplicité des contributions des équipes et métiers à la recherche.

    1. Stabiliser et sécuriser le financement de la Recherche


Aujourd’hui, il existe trois éléments de financement de la recherche : les crédits récurrents, l’ANR et le crédit impôt recherche (CIR). Les deux premiers sont en diminution et seul le CIR compense ces baisses par son augmentation. Le CIR est en soi un bon mécanisme, mais il doit être réorienté vers les TPE/PME qui ne captent que 40 % des 5 milliards d’euros du CIR. Il faut également lutter contre l’optimisation fiscale que permet le CIR, estimée à 0,5 à 1 milliard d’euros par an.
Si les financements par projets sont importants, les crédits récurrents sont nécessaires au fonctionnement à long terme des laboratoires et doivent être sécurisés et stabilisés sans dogmatisme.
Concernant les investissements d’avenir, il faut mettre en perspective l’effort annoncé, qui porte sur les intérêts de 5 milliards d’euros, avec ce qui a pu être fait par la gauche auparavant : le plan Université 2000 de Lionel Jospin qui prévoyait l’équivalent de 5 milliards d’euros et cent milles étudiants de plus par an ou le plan université 3ème millénaire. Concernant ces financements d’avenir, il existe un faut débat entre ceux, soi-disant modernes qui défendent les pôles d’excellence, et ceux qui voudrait un saupoudrage sur le territoire. Mais l’Etat stratège doit se soucier des alliances entre ces pôles d’excellence et les universités sous peine de mettre les territoires de côté. François Hollande propose donc de faire une évaluation de ces investissements, sans remettre en cause les crédits déjà attribués.

C.Réformer l’orientation au sein de l’université

    1. Réhabiliter le premier cycle universitaire


L’échec du premier cycle universitaire fait l’objet d’un large consensus. Alain Claeys souligne les enjeux de l’orientation en pointant le gâchis du premier cycle tant pour les élèves qui y rencontrent l’échec qu’en terme de coûts pour la collectivité. De même, pour Olivier Beaud, il est indispensable de cesser de tenir l’université responsable de l’échec d’élèves mal orientés. Or l’université est devenue une orientation par défaut à éviter pour beaucoup. Pourtant celle-ci est source d’innovation, de progrès et donc de croissance. Il importe donc de mener une réflexion conjointe sur l’orientation défaillante des élèves mais également sur les filières courtes, dont certaines sont détournées de leurs objectifs (BTS et IUT). Les BTS notamment devraient offrir en priorité aux élèves des bacs pro des formations adaptées à leurs cursus. Et les classes prépas et les IUT permettent surtout aux meilleurs d’éviter ce premier cycle avant de revenir au sein de l’université après la troisième année.
Alors qu’aujourd’hui l’accès à l’éducation supérieure est garanti à tout bachelier, Olivier Beaud pose la question de la sélection pour l’accès à l’enseignement supérieur comme condition du sauvetage du système universitaire. Selon lui, l’autonomie des universités dans la sélection de leur public est primordiale face à la concurrence du secteur sélectif, le plus souvent privé. Cette absence de sélection constitue la principale raison pour laquelle les étudiants la fuient et aucune réforme sérieuse de l’Université ne pourra se faire tant que le pouvoir politique ne posera pas cette question avec courage et que les syndicats, notamment étudiants, s’y opposeront farouchement. Si tout bachelier a le droit à l’enseignement supérieur, il n’en demeure pas moins nécessaire de réguler les entrées, comme cela se pratique par exemple en Allemagne, en fonction des compétences.
Il est nécessaire d’orienter les élèves en fonctions des attentes des entreprises vers de nouveaux métiers et filières en travaillant avec les lycées pour une individualisation des parcours comme le montre l’exemple de l’ESC Grenoble, présenté par Jean-François Fiorina, son directeur. L’ESC Grenoble cherche à remettre l’étudiant au cœur de son parcours en partenariat avec les autres acteurs de la formation. La condition étudiante doit être au cœur de la réflexion de la gauche sur l’enseignement supérieur, qu’il s’agisse des conditions de vie sur les campus ou de leur orientation et de leur intégration professionnelle, comme le souligne Simon Porcher.
Gilles Demailly insiste sur la baisse dramatique du nombre de candidats aux carrières d’enseignants primaires et le manque de formation des enseignants envoyés sur leurs premiers postes. Alain Claeys rappelle à ce propos que l’Etat stratège que propose François Hollande doit confier une mission d’intérêt général aux universités pour résoudre ce problème de flux, tari suite à la politique menée depuis 5 ans.
    1. Lutter contre les inégalités et promouvoir l’excellence


Un problème majeur est posé par le manque de docteurs au sein de l’Université. Aujourd’hui 40% des doctorant sont étrangers, ce qui justifie en soi la suppression de la circulaire Guéant (Cf. la tribune de Michel Destot publiée dans Libération sur le sujet).
Bernard Soulage souligne les inégalités existant dans l’enseignement supérieur. Il est nécessaire de renforcer le lien grandes écoles et universités en terme de convergence sur les formations et la recherche. Autre élément porteur d’inégalité sociale, la question de l’emploi et de l’insertion professionnelle pour lesquelles le passif culturel et social des étudiants est fondamental. Les inégalités de reproduction se sont aggravées malgré la montée en puissance de l’enseignement supérieur.
Dominique de Combles de Nayves insiste toutefois sur l’importance de tenir compte des éléments de référence qui font le succès des formations des grandes écoles dans toute réflexion sur l’enseignement supérieur. Il faut également développer l’excellence et les conditions d’accueil pour attirer les meilleurs étudiants et chercheurs étrangers en France. Ces échanges sont primordiaux comme vecteur d’influence international pour la France et d’échange culturel.

Site Internet : http://www.inventeragauche.com/



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