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L’imprécision du vocabulaire de Dumont

L'imprécision dans l'usage des mots est une des sources les plus courantes de confusion chez les auteurs qui écrivent sur les idées philosophiques et politiques. Nous avons vu déjà l’insouciance avec laquelle Dumont qualifiait la doctrine de l’harmonie naturelle des intérêts tantôt d’« axiome », tantôt du contraire (de « théorème »). On comprend encore mieux les erreurs dans lesquelles il tombe lorsqu'on constate le flou avec lequel il utilise les expressions comme égoïsme, libéralisme, utilitarisme, etc., qui sont pourtant les mots clés de son discours.
Confusion entre « Amour de soi » et « Egoïsme »

Si l’on croit Dumont, la thèse fondamentale soutenue par Adam Smith, dans La richesse des nations, est que :

« l'activité économique est la seule activité de l'homme où il n'y a besoin que d'égoïsme » (p. 83).

Nous avons pourtant vu que Smith affirme exactement le contraire. Dans le « système de la liberté naturelle », l’homme doit régler son intérêt personnel en le soumettant à la partie la plus précise et la plus obligatoire de la moralité : les « lois de justice ».

Mais il y a encore pire pour la thèse de Dumont ; en parcourant La richesse des nations, on constate que le mot « égoïsme » (selfishness) n’est jamais utilisé. Comment donc Smith aurait-il pu soutenir que l’homme n’a besoin « que d’égoïsme » tout en évitant l’usage de ce mot ?

Dumont semble avoir confondu deux concepts différents que Smith distingue clairement et désigne par deux expressions distinctes :

  • d’un côté il y a self-love (expression neutre, que nous traduisons ici par « amour de soi »),

  • de l’autre il y a selfishness (expression péjorative, que nous traduisons par « égoïsme »).

Chez Smith, comme dans les écrits de nombre d'autres écrivains, l'expression « amour de …» est utilisée pour désigner cette famille de motivations qui nous font accomplir certaines actions en raison de l'attirance, inclination ou désir que nous ressentons. Les actions accomplies par amour de … s'opposent ainsi aux actions qui sont accomplies sans inclination ni désir et qui exigent un effort, comme les actions qu’on accomplit exclusivement par sens du devoir (lorsque nous aidons quelqu'un qui nous est franchement désagréable).

L'expression « amour de soi » est le nom générique donné à l’ensemble des attirances, inclinations et désirs pour les choses que nous voulons pour nous. L’amour de soi est ainsi le ressort fondamental de la vie humaine ; c'est principalement par lui que l'homme mange, boit et fuit la douleur - bien que l'on puisse manger et boire aussi par sens du devoir (lorsqu'on est malade et sans appétit, par exemple).

Depuis l'Antiquité, c'est une doctrine établie que l'amour de soi est une motivation parfaitement légitime pourvu qu’il ne soit pas excessif et qu’il ne s’exerce pas au détriment des autres. C'est même un devoir ou obligation morale de s’aimer soi-même ; ainsi Saint Thomas (qu’on ne saurait soupçonner d’« idéologie moderne ») écrit :

« Toute chose naturellement s'aime soi-même et cherche donc naturellement à se préserver et à résister à ce qui lui ferait du mal (...) ; c'est un devoir de s'aimer soi-même35 ».

Et Bossuet (dont nous avons vu plus haut qu’il désapprouvait le prêt d’argent avec intérêt) dit la même chose :

« L'amour de soi est irrépréhensible36 »

L'expression selfishness (que nous traduirons par « égoïsme » ici) désigne, dans la langue anglaise en général et chez Smith en particulier, quelque chose de tout à fait différent. C’est un mot fondamentalement péjoratif ; c'est le nom qu'on donne à l'« amour de soi » lorsqu'il cesse d’être légitime, - lorsqu’il devient excessif et s’exerce au détriment des autres. La relation entre « l'amour de soi » et l'« égoïsme » est comme le rapport entre le désir de manger et la gloutonnerie. Le premier est le nom qu’on donne à une inclination naturelle, parfaitement légitime et nécessaire à la vie, tandis que la deuxième est le nom qu'on donne au vice qui en résulte lorsque cette inclination est excessive et s’exerce au détriment de notre santé. Remarquons que dans la langue française, le mot « égoïsme » possède aussi, dans son sens principal, cette acception péjorative. Ainsi, d’après le dictionnaire Le Robert, le mot signifie « attachement excessif à soi-même »37.

Il s’ensuit, d’après ce que nous venons de dire, qu'il serait illogique, pour Adam Smith, d'avoir soutenu (comme le suggère Louis Dumont) qu’en économie l’homme peut suivre son « égoïsme » (son « amour de soi » excessif ). Puisqu'il lui suffirait de suivre son « amour de soi » simple et sain (son inclination naturelle et légitime d'améliorer sa situation). Et, en effet, c’est cette deuxième expression (self love) qu’utilise Smith dans la célèbre phrase, si souvent mal citée, sur le boulanger et le boucher :

« We address ourselves, not to their humanity, but to their self-love38 ».

Dumont confond donc les deux concepts en question, comme on le voit dans la phrase suivante, où il traite les deux expressions comme des synonymes :

« On admet généralement que le thème central d'Adam Smith, l'idée que l'égoïsme (self-love : "amour de soi") travaille pour le bien commun, vient de Mandeville » (p. 85).

Pourquoi traduit-il self-love par « amour de soi » dans la parenthèse de cette phrase, tandis que, dans le reste du livre, il utilise le mot « égoïsme »? Parce que, en faisant un amalgame entre les deux expressions, il peut ensuite faire une confusion entre les deux thèses :

- entre la thèse modérée d'Adam Smith :

« la poursuite de l’intérêt personnel, lorsqu’elle est respectueuse des lois de justice, est fréquemment une force qui agit dans la bonne direction ».

- et la thèse fausse et provocatrice, que Dumont lui attribue :

« l’intérêt personnel, poursuivi sans tenir compte des règles de la morale, est toujours (en économie) la meilleure chose à faire ».
Confusion entre « Libéralisme » et « non-intervention »

En français, le mot « libéralisme » possède deux acceptions principales tout à fait différentes. Dans la langue courante contemporaine, le mot fait souvent allusion à une doctrine qui voudrait que l'Etat soit réduit au minimum ou qui prône que l'Etat reste en dehors de l'économie.

Dans l'histoire des idées politiques et économiques, en revanche, le mot désigne un projet politique, ou idéal de société, élaboré pendant la deuxième moitié du XVIIIe siècle et dont les auteurs de référence sont Adam Smith, Turgot, Thomas Jefferson, Humboldt, Kant, etc.. Il suffit d'avoir lu n'importe lequel de ces auteurs pour voir la différence entre l’usage du mot « libéralisme » dans la langue courante et son usage dans l’histoire des idées, puisque aucun de ces auteurs n’était partisan ni de l'Etat minimal ni de la non-intervention de l'Etat dans l’économie. L’acception courante du mot « libéralisme » ne correspond pas du tout aux idées qu’ils professaient39.

Afin d'éviter la confusion entre ces deux acceptions du mot, les historiens sérieux distinguent deux familles de pensée très différentes : une première, qu'ils appellent « ultra-libéralisme », ou « libéralisme manchesterien », ou « libéralisme laisser-faire », ou quelque autre expression similaire, et une seconde famille, à laquelle ils réservent l'appellation de « libéralisme classique » ou simplement « libéralisme ». En parlant d’économie, par exemple, Lionel Robbins écrit :

« Je ne considère pas l'économie politique classique et la soi-disant école de Manchester comme identiques - je pense fortement le contraire40 ».

Louis Dumont, par contre, ne semble pas clairement distinguer les deux acceptions du mot (ni les deux projets de société très différents que ces deux familles proposent), de sorte que, lorsqu'il utilise l’expression « libéralisme », c'est toujours avec un sens flou et imprécis. Ainsi, lorsqu'il tente une définition du mot, c'est à l'acception vulgaire qu'il fait allusion. Comme dans Homo aequalis où on lit :

« Le “libéralisme” ( ... ), c'est-à-dire essentiellement la doctrine du rôle sacro-saint du marché » (p. 15, les guillemets anglais sont de Dumont)

Et dans sa préface au livre de Polanyi La grande transformation, où il écrit :

« Le libéralisme économique ( ... ) était une doctrine intolérante, excluant toute intervention de l'Etat, une doctrine selon laquelle … toute interférence était néfaste41 ».

Après une telle définition on s’attendrait, lorsque Dumont parle des théoriciens du libéralisme, qu’il se réfère aux ultra-libéraux ; à des auteurs comme Herbert Spencer (au Royaume Uni) et Frédéric Bastiat (en France), car ce sont effectivement eux qui ont défendu l’Etat minimal. Mais non, c’est principalement sur Adam Smith que portent les arguments de Dumont, un auteur qui n’a jamais avancée « une doctrine intolérante, excluant toute intervention de l'Etat ».
Confusion entre « Utilitariste » et « utilitaire »

Une confusion similaire à celle entre « amour de soi » et « égoïsme », consiste à confondre les mots « utilitariste » et « utilitaire » et à glisser de l'un à l'autre comme s’ils étaient des synonymes. Les acceptions sont pourtant fort différentes.

Le mot « utilitariste » est le nom par lequel se désignent eux-mêmes les philosophes qui soutiennent que le bonheur de la communauté est le critère suprême en matière de morale et de législation. Le mot « utilitaire », en revanche, est un mot de la langue courante qui possède une forte acception péjorative et désigne ces personnes méprisables qui négligent l'art, la poésie, l'ornement et s'intéressent surtout aux choses « matérielles ». Le caractère péjoratif du mot « utilitaire » est assez évident, comme on peut le voir par l'usage qu'en fait, par exemple, Théophile Gautier :

« Je renoncerais plutôt aux pommes de terre qu'aux roses, et je crois qu'il n'y a qu'un utilitaire au monde capable d'arracher une plate-bande de tulipes pour y planter des choux. ( ... ) Vous voyez que les principes utilitaires sont bien loin d'être les miens42 ».

Si une expression neutre (comme le mot « utilitariste ») n’existait pas, on pourrait comprendre l’usage d’« utilitaire » tout en regrettant l’inexistence d’une expression qui n’ait pas d’acception péjorative. Mais, quel crédit peut-on donner à un historien des idées qui connaît les deux expressions et qui utilise, pour désigner la doctrine qu'il critique, tantôt l’une, tantôt l’autre ? C’est comme si nous étions en face d’un historien qui parlerait parfois des « Allemands » et parfois … des « Boches » !

La confusion est d'autant moins excusable que la plupart des dictionnaires attirent l'attention sur le caractère péjoratif du mot « utilitaire ». Ainsi, le prestigieux Lalande indique que le mot est utilisé :

« presque toujours avec un import péjoratif » (p. 1176)

Et, sur le mot neutre « utilitariste » :

« Il serait très souhaitable de l'employer de préférence à [utilitaire], ... pour éviter l'équivoque entre l'esprit utilitaire ( ... ) et les doctrines philosophiques de la morale fondée sur l'utilité » (p. 1178).

Malgré cela, Dumont saute d’une expression à l’autre (pages 98 et 99, par exemple). Tout comme son maître Elie Halévy qui, dès la première page de son livre, et dans la même phrase, saute d'une expression à l'autre :

« A l'époque où l'utilitarisme était une philosophie constituée, il fallait être radical pour être utilitaire ( ... ). Si l'on ne sait pas cela, petit-on vraiment dire que l'on connaisse la morale utilitaire et le principe de l'utilité ?43 ».
Ce que Louis Dumont prétend avoir fait

Dumont fait partie de ce large courant de sensibilité qui pense que, à un certain moment de l'histoire moderne, la pensée occidentale a pris un mauvais chemin. Les sciences naturelles et la technologie se seraient remarquablement développées, mais quelque chose de profondément malsain et regrettable (réductionniste, dogmatique et simplificateur) se serait passé dans la manière dont l'homme se voit lui-même ainsi que dans sa façon de voir la société dans laquelle il vit.

Nous sommes ainsi passés de « l'idéologie traditionnelle » à « l'idéologie moderne » dont le « détachement » de l'économique par rapport à la morale serait, d'après Dumont, un des éléments réducteurs caractéristiques.

Selon notre auteur, ce sont les écrits d'Adam Smith et de David Hume notamment, qui ont véhiculé ces valeurs, représentations et idées. La Richesse des nations serait, d’après Dumont, le prototype de cette vision réductrice et malsaine de la société, tandis que « l'apothéose de l'idéologie économique » se trouverait dans Karl Marx (p. 137).

Dumont considère que cette « évolution » ou « transition » ou « rupture » est regrettable pour deux types de raisons. Premièrement, parce qu'elle constitue un appauvrissement intellectuel, réductionniste et simplificateur, par rapport à l'idéologie « traditionnelle » (ou par rapport à ce qu'aurait pu donner cette idéologie). Deuxièmement, parce qu'elle a produit des « conséquences involontaires » catastrophiques, comme le fascisme en Allemagne et le communisme en Russie.

Afin de contribuer à la compréhension de ce qui s'est passé, afin de comprendre comment et pourquoi cette idéologie moderne si regrettable a pu surgir, il se propose d'en « rendre compte » en la situant par rapport à une « grille d'interprétation » ou « système de coordonnées », ou « cadre de référence » qu'il construit à partir d'une connaissance des deux types de sociétés (la traditionnelle et la moderne) et de deux types de disciplines (l’économie et l’anthropologie).

La première tâche dans ce programme de recherches est donc d’identifier et de dégager un certain nombre d'éléments qui, d’après Dumont, composent l'idéologie moderne et la différencient de l'idéologie traditionnelle. Il s’agit d’une tâche qui relève de l'histoire des idées.

Parmi les « éléments » qui constituent cette idéologie moderne, ces «  idéologèmes » (comme il les appelle), nous en avons vus quelques-uns :

  1. dans le domaine économique, l'homme est autorisé à négliger à la moralité, il peut suivre exclusivement son intérêt égoïste ;

  2. lorsque les individus suivent uniquement leur intérêt personnel, sans consulter la morale, il en résulte une harmonie naturelle ;

  3. pour que cette harmonie se réalise, l'Etat ne doit pas intervenir.

D'après ses propres mots, il entreprend :

« une enquête qui ressortit à première vue à ce qu'on appelle communément l'histoire des idées » (p. 11).

Il suffit de parcourir cette liste de croyances réductionnistes et dogmatiques, que Dumont attribue à Hume et à Smith, pour frémir. Dominées par une telle idéologie, il n'est pas étonnant que les sociétés « modernes » aient engendré des monstruosités comme le fascisme et le communisme !

Heureusement, grâce aux travaux comme le sien, une lueur d’espoir se dessine: Dumont nous dit que dans les milieux de la sociologie et de l’anthropologie :

« nous assistons à une crise du paradigme idéologique moderne » (p. 18).

C'est parmi les travaux qui ont déclenché cette « crise du paradigme » que se situe :

« [mon] propre plaidoyer répété pour une perspective holiste » (p. 36).

Dumont nous dit lui-même ce qu'il pense avoir fait, et nous dit quel critère nous pouvons utiliser pour le juger :

« Il s'agissait de regarder sous un angle nouveau nos conceptions modernes fondamentales » (p. 23) ;

« Si à la fin, nous avons jeté quelque lumière sur l'histoire de la pensée économique ( ... ), alors la perspective sera justifiée » (p. 38).

Notre conclusion, dans cet article, est que Dumont pouvait difficilement jeter quelque lumière que ce soit « sur l’histoire de la pensée économique » car, soit il n'a pas compris les opinions et doctrines des grands économistes comme Hume, Smith et Mill, soit il les a sciemment déformées.

Les « idéologèmes » qu'il attribue aux classiques anglais (dont nous avons examiné quelques un) ne sont pas les opinions clairement exprimées par ces auteurs, mais les caricatures et déformations qui circulent à leur propos dans une grande partie de ce que l'on appelle la « littérature secondaire ». Comme le dit Lionel Robbins :

« Il est vrai que ces doctrines ( ... ) ont joui d'une large audience et ont été reprises par des célébrités de l'époque. Mais elles n'ont pas reçu l'aval des économistes classiques44 »

« Identifier de telles doctrines avec les opinions explicites et faciles à vérifier des économistes classiques est un signe certain d'ignorance ou de malhonnêteté »



 Economiste et philosophe. Auteur de Les Fondements philosophiques du libéralisme, éd. La Découverte, 2002. Voir www.fvergara.com.

1 Lionel Robbins, A History of Economic Thought, The LSE Lectures, Princeton University Press, 1998, p. 7.

2 Emile Durkheim, Textes : 1. Eléments d’une théorie sociale, Les édition de Minuit, p. 272 (paru initialement dans Revue Philosophique, 1887). Sauf mention contraire, c'est nous qui soulignons.

3 Louis Dumont, Homo æqualis, éd, Gallimard, 1985.

4 Sauf mention contraire, c'est nous qui soulignons.

5 Adam Smith, La Richesse des nations, éd. Flammarion, 1991, vol. II, p. 308.

6 David Hume, Les passions, Traité de la nature humaine, livre II, éd. Flammarion, 1991, p. 148.

7 Pufendorf, Le Droit de la nature..., Amsterdam (Paris), Briasson : 1734 vol. I, p. 145.

8 Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, éd. PUF 1999, p. 130-131.

9 John Stuart Mill, « Du lien qui unit la justice et l'utilité », in L'Utilitarisme (p. 148 de l’édition Flammarion, 1988, et p. 134 de l’édition PUF de 1998).

10 David Hume, « De l'origine de la justice et de la propriété », La morale, Traité de la nature humaine, livre III, éd. Flammarion, 1993, p. 88.

11 Hans Kelsen, « Justice et Droit naturel », in H. Kelsen, B. de Jouvenel, N. Bobbio, etc., Le Droit naturel, PUF, Paris, 1959, p. 1.

12 H. L. A. Hart, « Justice and Morality », Ch. VIII de The Concept of Law, Clarendon Press, Oxford, 1994, p. 157-158.

13 Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, op. cit. p. 137.

14 David Hume, La morale, Traité de la nature humaine, livre III, éd. Flammarion, 1993, p. 185.

15 Dugald Stewart, Account of the Life and Writings of Adam Smith, in Adam Smith, Works and Correspondance, vol. III, Glasgow Edition, p. 315.

16 Thomas Robert Malthus, Principles of Political Economy, Londres, 1836 (fac-similés Kelley, 1986), p. 2.

17 Jacob Viner, « L'homme économique et la main invisible », dans The Role of Providence in the Social Order, Princeton University Press, 1976, p. 32.

18 David Hume, « De l'origine de la justice et de la propriété » et « Des règles déterminant la propriété », Traité de la nature humaine, livre III, éd. Flammarion, 1993.

19 Adam Smith, La Richesse des nations, op. cit., vol. I, p. 82.

20 Il s'agit d'un texte de Hume reproduit par Smith dans La Richesse des nations, op. cit., vol II, p. 415-416.

21 Adam Smith, La Richesse des nations, op. cit., vol. II, p. 406.

22 Jacob Viner, « Adam Smith and Laissez-Faire », dans J. M. Clark, Adam Smith, 1776-1926, Chicago University Press. 1928, p. 128.

23 Lionel Robbins, The Theory of Economic Policy in English Classical Political Economy, éd. Macmillan, 1952, p. 25.

24 J. M. Keynes, The End of Laissez-Faire, Hogarth Press, 1926, p. 17. En français aussi aux éditions Agone, 1999, p. 11.

25 Voir notre article « A Critique of Elie Halévy : an Important Distortion of British Moral Philosophy », dans le numéro de janvier 1998 de la revue Philosophy, qui peut être téléchargé en français et en anglais sur le site www.utilitarianism.com.

26 Louis Dumont, From Mandeville to Marx, University of Chicago Press, 1977, p. 30.

27 David Ricardo, « Lettre 497 », Works, vol. IX, 1952, p. l94.

28 Il s'agit d'un texte de Hume reproduit par Smith dans La Richesse des nations, op. cit, vol II, p. 415-416.

29 John Stuart Mill, L'utilitarisme, op. cit., p. 37.

30 John Stuart Mill, « Bentham », dans The Collected Works, vol. X, p. 86-87 Voir, en français, Essai sur Bentham, in L'utilitarisme, op. cit., éd. PUF, 1998, p. 184-185.

31 La Raison réprouve l’intérêt sur l’argent car ce serait récolter là où il n'y a pas reproduction (des semences ou animaux qui se multiplient, par exemple).

32 Cité par Guy Berger, « Les origines du libéralisme : Pierre Nicole », revue Commentaire, vol. IV, n° 14, été 1981.

33 Turgot, Mémoire sur l'argent.

34 Dans notre livre Les fondements philosophiques du libéralisme (éd. La Découverte), nous dédions un chapitre aux auteurs qui défendent le libéralisme de ce point de vue.

35 Thomas d'Aquin, « Le suicide est-il permis ? », Somme thëologique, II, II, q. 64, 5.

36 Voir « Amour, 7° », dictionnaire Littré.

37 Nous ne prétendons pas ici que les expressions égoïsme et amour de soi ne sont jamais utilisés avec d'autres acceptions. Nous soutenons simplement que, pour comprendre les thèses de Smith, il faut distinguer les deux concepts que Smith désigne par les self-love et selfishness et que Dumont confond en les amalgamant sous une expression unique : « égoïsme ».

Il n'est rien de plus facile, pour le confirmer ce que nous disons, que de parcourir le texte électronique de The Theory of Moral Sentiments et The Wealth of Nations pour le vérifier. Les textes peuvent être téléchargés à partir du site Web : http://phare.univ-paris1.fr/

38 Adam Smith, The Wealth of Nations, Glasgow Edition, vol. 1, p. 27. On peut regretter donc que, dans la plus consultée des traductions de La richesse des nations (celle de Germain Garnier) on puisse lire :

« Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme » (p. 82).

Traduction qui, sans être erronée de manière absolue (en raison des acceptions diverses du mot « égoïsme »), induit souvent en erreur.

39 Voir l’« Introduction » de notre livre Les fondements philosophiques du libéralisme, La Découverte/Poche, 2002 (p. 8-13).

40 Lionel Robbins, The Theory of Economic Policy in English Classical Political Economy, éd. Macmillan, 1952, p. 3.

41 Préface à La grande transformation, de Karl Polanyi, éd. Gallimard, p. VI (nous soulignons).

42 Théophile Gautier, Mademoiselle de Maupin, Préface.

43 Elie Halévy, La formation du radicalisme philosophique, vol. 1, p. 5.

44 Lionel Robbins, The Theory of Economic Policy in English Classical Political Économy, Macmillan, 1952, p. 36-37.

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