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IV. CONCLUSION

Les économies capitalistes occidentales ayant à faire face à des difficultés qui ressemblent de plus en plus à celle des années 30, la vision monétaire de Keynes, et notamment ce qui touche le rôle déstabilisateur du revenu des rentiers, prend une importance nouvelle chez un certain nombre d'économistes modernes. Cherchant à discréditer son non-conformisme, certains auteurs sont allés jusqu'à puiser dans sa vie privée pour trouver une explication possible de son hétérodoxie ! 2

Le présent travail, cependant, a démontré que ses propositions très hétérodoxes sur la socialisation de l'investissement et l'euthanasie de la classe des rentiers sont au coeur du développement de la pensée orthodoxe britannique et sont aussi le résultat des influences négatives et positives de penseurs inspirés par les principes et la méthodologie de l'École historique allemande. En dépit de certaines ambiguïtés, Keynes présente néanmoins un modèle cohérent, mais hybride, du système économique duquel découle ses opinions sur la politique économique. En même temps qu'il s'oppose à la vision néo-classique du marché des capitaux suivant laquelle l'influence déstabilisatrice de la monnaie de crédit devrait être éliminée (comme dans l'économie d'échange réel de Hayek et de Fisher), Keynes épouse les idées des théoriciens de l'abondance qui percevaient le marché des capitaux comme étant contrôlé par les intérêts des rentiers ce qui empêche ainsi l'économie d'atteindre son plein potentiel. À propos de cette « vaillante armée des héroïques » 1 qui adhère aux principes de ces théoriciens, il écrit : 2

« Dans les conditions actuelles (...) le flux d'investissement n'étant ni planifié ni contrôlé, mais se trouvant au contraire livré aux fantaisies d'une efficacité marginale déterminée par le jugement personnel d'individus ignorants et spéculateurs, et à l'action d'un taux d'intérêt à long terme qui ne baisse jamais ou presque jamais au-dessous d'un niveau conventionnel, ces écoles en tant que guides d'une politique concrète ont certainement raison ».

Les politiques concrètes auxquelles Keynes fait allusion ne sont pas les mesures stéréotypées 'stop and go' que préconisaient les keynésiens hydrauliques de l'après-guerre mais plutôt ses deux propositions radicales les moins continues qui, elles, sont entièrement étrangères à la pensée néo-classique des keynésiens 'batards' de l'après-guerre.

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La “Théorie générale” et le keynésianisme
2

La signification théorique de
la théorie générale de Keynes *

A. Asimakopulos **


I. Introduction

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On qualifie souvent de « keynésiennes » les mesures gouvernementales fiscales et monétaires qui ont comme objectif d'affecter les niveaux de production et d'emploi. Cette appellation s'explique par le support que de telles mesures trouvent dans le livre de Keynes La Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie et par l'énorme littérature « keynésienne » que ce livre a générée. Keynes n'a jamais été un économiste académique au sens traditionnel du terme ; il a toujours été très impliqué dans le monde réel à l'intérieur de la communauté universitaire et les événements qui s'y produisaient ont influencé la direction de son travail en théorie économique. Dans son Traité sur la Monnaie, Keynes était « d'abord préoccupé par ce qui gouverne les prix » (Keynes, l973a, p. 145, italiques dans l'original), et même si la production n'était pas présumée constante, il n'y avait aucun examen systématique des facteurs déterminant les niveaux de production et d'emploi. L'aggravation de la dépression mondiale a fourni à Keynes une forte incitation à se tourner vers la tâche difficile de mieux adapter la théorie économique au monde qui l'entourait. Il voyait son livre et la Théorie générale 1 qui y était développée comme constituant une remise en question fondamentale de l'orthodoxie dominante de l'époque, orthodoxie - que Keynes appelait « classique » - qui présupposait l'existence de puissantes forces tendant à produire une situation d'équilibre de plein emploi.

Les espoirs de Keynes à l'effet que sa Théorie générale changerait profondément la théorie orthodoxe ne se sont pas réalisés. On a dénaturé son appareil théorique : des aspects essentiels de la réalité économique ont été omis et remplacés par des construction mécaniques menant à des recommandations de politiques qui semblaient s'apparenter à celles de Keynes. Dans certaines versions, la théorie de Keynes a été intégrée à une « synthèse néo-classique » (Samuelson, 1955, p. vi) qui supposait que les politiques keynésiennes pouvaient découler d'un monde où la théorie pré-keynésienne serait applicable Le titre de cette communication doit donc s'interpréter comme se référant à ce qui est vraiment significatif au niveau théorique dans la Théorie générale de Keynes, indépendamment de son influence sur le développement ultérieur de la théorie économique.

Keynes trouvait inadéquate la théorie orthodoxe parce qu'elle « postulait une connaissance du futur d'un type très différent de ce que nous avons en réalité... L'hypothèse d'un futur calculable conduit à une interprétation erronée des principes de comportements que nous devons adopter pour pouvoir agir et à une sous-estimation des facteurs sous-jacents comme le doute profond, la précarité, les espoirs et les craintes... Elle est, de ce fait, incapable de traiter du cas général où l'emploi est fluctuant » (Keynes, 1973b, pp. 122-23). Keynes faisait une distinction entre la portée de son analyse théorique et celle des recommandations de politiques qu'il avançait pour améliorer le niveau de l'emploi. Il considérait que son analyse (ou 'diagnostic') « des raisons pour lesquelles la production et l'emploi étaient sujets à fluctuer... et des principales raisons de son éloignement de la théorie traditionnelle... sont d'un caractère très général et devraient être définitives » (Ibid, p. 122). Par contre, il souligne : « Mais je considère que mes suggestions pour un remède qui, je l'avoue, n'ont pas été travaillées aussi systématiquement, sont d'une nature différente du diagnostic. Elles n'ont pas la prétention d'être définitives ; elles sont sujettes à toute sorte d'hypothèses spéciales et sont nécessairement liées aux conditions particulières de l'époque » (Ibid, p. 122). Cette réserve touchant les recommandations de politiques économiques contenues dans La Théorie générale a souvent été ignorée par certains keynésiens. Nous essaierons de démontrer ici que, même si la prétention de Keynes à l'effet que son analyse théorique a une plus grande généralité que la théorie orthodoxe est fondée, certains aspects de son analyse sont aussi 'liés aux conditions particulières de l'époque'.

II. LE CADRE D'ANALYSE

L'analyse de Keynes prend place à l'intérieur de la courte période marshallienne, période de temps à l'intérieur de laquelle on peut légitimement ignorer les changements qui surviennent continuellement dans la capacité de production de toute économie dynamique parce que, en moyenne sur toute la 'période, ces changements sont petits relativement à la capacité initiale. Marshall (1920, p. 379) a fourni un estimé de la longueur de sa courte période - 'quelques mois ou un an' - et l'utilisation que Keynes fait de la courte période est tout-à-fait cohérente avec ce cadre de référence temporel. L'analyse de Keynes se situe donc, en étant sujette aux abstractions nécessaires à toute théorie, dans une période de temps actuelle, un 'présent' qui sépare un 'passé' qui a fourni les moyens de production courants, les attitudes, habitudes, etc., d'un futur, dont plusieurs caractéristiques ne peuvent être connues avec degré substantiel de certitude. C'est ce cadre d'analyse, et la prise en compte des complications que cela entraîne, que Joan Robinson considérait comme l'élément le plus important de la Théorie générale de Keynes. « Au plan du développement des idées, le point le plus important de la Théorie générale est qu'elle a rompu avec le système théologique des axiomes orthodoxes ; Keynes regardait la situation actuelle et essayait de comprendre comment une économie actuelle fonctionnait ; par opposition à un contexte d'état stationnaire atemporel, il a replacé la discussion dans le présent, ici et maintenant, alors que le passé ne peut pas être modifié et le futur, connu » (Robinson, 1971, p. ix).

Même si l'analyse de Keynes est centrée sur la courte période, sa signification ne peut être comprise que si cette période est vue comme un intervalle dans un processus historique. Cela n'a pas toujours été clairement souligné par Keynes et, comme nous le verrons plus loin, certains éléments de son analyse ont été 'sortis du temps'.

Les décisions de production ne donnent lieu à un output final, prêt à être utilisé ou vendu qu'après un certain temps. À cause de cet intervalle de temps, les manufacturiers sur un marché concurrentiel doivent baser leurs décisions de production, dans son modèle, sur des anticipations entourant le prix de leurs produits au moment où ils seront prêts pour la vente, et il appelle ce type de prévisions, les « prévisions de court terme » (Mid, p. 47, souligné dans l'original). En fait, en dépit de la connaissance expresse du rôle et de l'importance des prévisions de court terme 1, on n'en retrouve généralement pas de références explicites dans la Théorie générale. On suppose qu'elles peuvent généralement être remplacées par « les plus récents résultats observés » (Ibid, p. 51), et l'attention est centrée sur les situations où les évènements confirment ces anticipations. Puisque les prix réalisés, la production et l'emploi sont endogènes (ils sont déterminés par le niveau des dépenses d'investissement et de consommation), les prévisions de court terme apparaissent aussi comme étant endogènes.

On ne peut éviter les références explicites aux prévisions de long terme parce que les résultats réalisés avec lesquels elles peuvent être comparées ne surviendront que dans le futur. Ces prévisions, sur lesquelles les décisions d'investissements sont fondées, sont exogènes dans le modèle de Keynes et « elles sont susceptibles de révision soudaine » (Keynes, 1936, p. 51). Les conditions ultérieures, ou plutôt les conditions ultérieures anticipées, affectent donc la production et l'emploi courants en influençant les décisions et dépenses d'investissement. Même si l'analyse de Keynes est centrée sur une courte période spécifique, cette période n'est pas 'fermée'. L'activité survenant dans cette période ne peut s'expliquer sans référence à des projets et prévisions concernant des périodes de temps ultérieures, périodes dont les conditions peuvent différer de celles de la période courante. Keynes considérait qu'une des caractéristiques les plus importantes d'une économie monétaire était le fait qu'elle était « essentiellement une économie où la variation des vues sur l'avenir peut influer sur le volume actuel de l'emploi et non sur sa seule direction » (Ibid, p. vii), et cette conception se retrouve dans son modèle d'une telle économie. L'analyse de Keynes, en dépit de l'utilisation de certains éléments statiques, est essentiellement dynamique parce que les résultats de courte période sont influencés par cet aspect essentiel du processus historique.
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