Centre rhone –alpes d’ingenerie sociale solidaire & territoriale








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Qu’il s’agisse d’identité culturelle, nationale ou sexuelle, vos travaux semblent obsédés par cette question de l’identité… Quels sont vos rapports à la philosophie ?

Je me trouve souvent en conflit avec une certaine vulgate philosophique. Car selon moi les fameuses questions prétendument éternelles – « qui suis-je ? », « d’où je viens ? » – ne se posaient pas dans l’Antiquité. Aujourd’hui, l’époque nous impose de penser que tout individu doit se construire une identité, se rattacher clairement à une lignée et une culture, faute de quoi il se sentirait mal. Ça n’a pas toujours été le cas. À Rome, l’affirmation identitaire n’est pas problématique. Personne ne s’intéresse à la question « Qu’est-ce qu’être romain ? » en termes existentiels. L’identité romaine se résume à la citoyenneté politique. Un Romain est défini par sa dignitas, c’est-à-dire une place qui le situe dans la hiérarchie sociale et implique d’emblée un réseau de solidarités verticales et horizontales. Pris dès la naissance dans ce réseau, il n’a pas besoin de chercher une quelconque « essence » identitaire.

Je pense donc que notre forme d’inquiétude identitaire est récente. À mon avis, elle s’est développée à partir du xixe siècle, lorsque les individus ont cessé d’être les sujets d’un roi et plus généralement de se définir dans le monde par rapport à une allégeance personnelle. L’affirmation identitaire serait ainsi liée à une forme progressive de démocratie.

N’y a-t-il pas un risque, à toujours vouloir déconstruire les évidences contemporaines : 
celui de démunir la pensée sans rien 
lui offrir en échange ?

Mon but n’est pas de délégitimer les travaux de nos collègues historiens et philologues, qui enrichissent les connaissances sur l’Antiquité, mais d’ajouter une inventivité nouvelle. Je prône une dynamique, non une déconstruction définitive. Un bon exemple en est fourni par les travaux d’une architecte, enseignante à l’université Bordeaux-III, Sandrine Dubouihl, qui a participé à nos journées d’études en 2013. Elle a montré que le fameux théâtre grec avec ses gradins en « amphithéâtre » était une projection rétrospective, que l’espace théâtral au ve siècle av. J. C. n’était pas construit, n’était pas un édifice. Ce qui fait bouger toutes nos représentations sur le théâtre antique.

Mais cette découverte n’implique pas qu’il faille démolir les théâtres ou cesser d’en construire. Elle rappelle qu’il y a une autre tradition que le théâtre institué par son édifice dans notre passé théâtral occidental. Du coup, cela met fin à une séparation : le théâtre de rue d’un côté, le théâtre dans les édifices de l’autre. Pour les metteurs en scène, cet écart devrait permettre une créativité supplémentaire. L’idée est ainsi toujours d’être « en plus ». Soyons multiples !

Vous vous définissez comme « antiquisante », mais au fond, le monde contemporain ne vous intéresse-t-il pas plus que le monde antique ?

Je pense qu’ils ne sont pas dissociables. Ni pour les antiquisants, qui ont intérêt pour leur survie à s’intéresser aux débats contemporains, ni pour personne, car il en va de notre mémoire à tous. Je suis allée récemment à Beyrouth, invitée à un colloque à l’université Saint-Joseph. J’ai appris qu’on n’y enseignait pratiquement plus ni le latin ni le grec. Pour le Liban, c’est une catastrophe intellectuelle, mais aussi humaine. Car une mémoire commune et multiple, latine et grecque, païenne et chrétienne a longtemps uni les rives de la Méditerranée.

Enseigner les langues anciennes, c’est réintroduire la multiplicité des origines. Si vous dites à des religieux fondamentalistes, quels qu’ils soient : « Vous savez, vos ancêtres ont été des Grecs, puis des Romains polythéistes, puis des Romains chrétiens… Vous avez tout ça dans votre mémoire », il y aurait de quoi les faire réfléchir ! Nous avons tous ainsi des identités multiples parmi lesquelles chacun peut piocher. Le faire savoir le plus largement possible me semble important.

C’est aussi l’une des grandes leçons de l’Empire romain : chaque cité avait sa langue, ses coutumes et en même temps, tous étaient d’une façon ou d’une autre citoyens romains. L’humanité y était simultanément une et multiple. Rien que savoir cela, je trouve, insuffle de l’imagination dans les possibilités sociales et politiques.

Florence Dupont

Professeure émérite à l’université Paris-7, Florence Dupont fait partie des derniers grands « antiquisants » français depuis les disparitions de Pierre Vidal-Naquet, Jean-Pierre Vernant ou Jacqueline de Romilly. Auteure d’une œuvre dense tant sur la Grèce que sur Rome, elle vient de signer un livre d’entretiens avec Pauline Colonna d’Istria et Sylvie Taussig : L’Antiquité, territoire des écarts, Albin Michel, 2013.

Des master class sur l’Antiquité grecque et romaine

Destinés aux enseignants du secondaire et des CPGE, des master class sur ce thème de l'écart sont organisés tout au long de l'année scolaire 2014/2015.

Comment aborder l’Antiquité ? Et quel usage en faire aujourd’hui ? Qu’est-ce que l’Antiquité « fait » au monde contemporain ? Ces questions doivent servir de fil rouge à ces ateliers, animés par des enseignants et chercheurs (philosophes, anthropologues, littéraires, historiens…) réunis autour de Florence Dupont. Ces master class porteront sur des thèmes transversaux comme la famille, le genre, mythe et récits, oralité et écriture, l’étranger, le personnage, etc.  Ils doivent permettre la diffusion des résultats d’une recherche interdisciplinaire, en cours, sur le thème de l’écart. Cette notion permet de remettre en question certaines ressemblances illusoires entre l'Antiquité et la Modernité et de penser des catégories modernes (par exemple la philosophie, prétendument enracinée dans la culture grecque, ou le droit naturel, dans la culture romaine) selon une autre historicité.

Renseignements et inscriptions :http://institutdeshumanites.fr/?q=antiquite-territoire-des-ecarts/seminaire

Latinistes, combien de divisions ?

« Le nombre de latinistes n’a jamais été aussi élevé en France que ces dix ou quinze dernières années » : c'est ce que révélait en 2013 un rapport du Centre d’analyse stratégique sur l'état des humanités classiques en France (1). Plus de 500 000 élèves apprennent en effet le latin au collège et au lycée. Il n’y a jamais eu autant de jeunes gens, dans la France moderne, en contact avec la langue latine : en classe de quatrième, ils sont quinze fois plus nombreux à étudier le latin qu’en 1920 !


Cependant, ces chiffres en cachent toujours d’autres. En l’occurrence, il faut distinguer la situation au collège et au lycée. Les effectifs de latinistes s’effondrent en seconde, où moins de 5 % des élèves poursuivent l’étude d’une langue ancienne (contre 26 % en cinquième). L’immense majorité des collégiens arrête donc le latin après deux ans d’initiation, sans avoir vraiment eu le temps d’en acquérir la langue et la culture. Il y a plusieurs explications à ce décrochage. S’il permet toujours d’aller « dans les bonnes classes » au collège, le latin se trouve concurrencé par les classes bilangues ou européennes. Par ailleurs, il reste réputé inutile pour s’orienter dans le monde actuel. Enfin, réduit au statut d’option, son enseignement se voit souvent relégué à des horaires dissuasifs, par exemple, le vendredi à 17 heures… Le CAS préconise une meilleure insertion des cultures anciennes dans les cursus littéraires. De tels cursus, affirme J.-F. Pradeau,qui a dirigé le rapport, répondraient à une demande sociale, les entreprises appréciant la « rigueur », la « capacité à écrire » et la « souplesse d’esprit » des candidats nourris d’humanités classiques.

(1) Jean-François Pradeau, « Les “humanités” au cœur de l’excellence scolaire et professionnelle », rapport pour le Centre d’analyse stratégique, février 2013.
Bilan de la loi de 2008 sur la représentativité syndicale

samedi 16 mai 2015

La loi du 20 août 2008 sur la représentativité syndicale a fait suite à la position commune des organisations patronales et de deux confédérations syndicales (CFDT et CGT). Elle a mis fin à la représentativité irréfragable des 5 organisations syndicales héritée de 1945 pour la remplacer par une représentativité basée sur des élections périodiquement renouvelées.

Ce premier article d’une série revient sur les conclusions d’une étude réalisée par l’IRES. Quels sont ses effets dans les entreprises ? Comment l’élection modifie-t-elle la relation entre salarié et organisation syndicale ? Avec quelques années d’expérience, ces questions peuvent aujourd’hui être étudiées et représentent un champ d’investigation important pour la recherche, notre pays se singularisant avec ce mode de représentativité original.

Une baisse réelle du nombre d’organisations dans les entreprises

L’étude de l’IRES, réalisée pour le compte de la CGT, comprend les résultats d’une enquête sociologique de terrain dans 26 établissements de différents secteurs professionnels. Elle montre notamment que dans la moitié des établissements visités, des organisations syndicales ont perdu leur représentativité à l’occasion des élections. 
Ces résultats ne sont bien sûr pas extrapolables à l’ensemble des entreprises, mais ils fournissent des éléments d’explication.

  1. Plusieurs raisons peuvent être invoquées :

    1. l’épuisement des forces syndicales d’une organisation dans l’établissement, suite par exemple au départ à la retraite d’un militant impliqué et à la difficulté du renouvellement syndical ;

    2. la présence inégale de l’organisation syndicale en fonction de l’évolution des qualifications de la main d’œuvre, qui peut remettre en cause une organisation restée centrée sur les salariés historiques dont le nombre diminue ;

    3. la réorganisation des institutions représentatives, qui ont été souvent fusionnées au niveau régional dans les banques et les assurances, ce qui peut aussi remettre en question des équilibres prévalant au niveau départemental, par exemple.

Un sentiment ambivalent chez les militants rencontrés 

La perte de représentativité est souvent vécue comme un choc personnel pour les militants investis dans l’entreprise. Néanmoins, la plupart des militants concernés semblaient conscients des difficultés d’implantation syndicale dans leur établissement et n’ont ainsi pas été « surpris » de perdre leur représentativité. Plus surprenant encore, les directions des établissements ont souvent maintenu les moyens et locaux mis à disposition des perdants afin de ne pas « alourdir leur punition ». Enfin, parmi les gagnants, la disparition d’une organisation n’implique pas forcément un sentiment de renforcement mais surtout l’apparition d’une menace latente sur sa représentativité future.

Néanmoins, les effets sur la négociation sont jugés d’emblée positifs par les personnes enquêtées : « Le fait que la validation d’un accord par un syndicat à la représentativité modeste soit désormais impossible est ressenti de façon positive ». En effet, il ne semble pas y avoir de recours à l’opposition dans le panel de l’étude. L’étude analyse que « les normes désormais instituées s’inscrivent comme des bornes qui encadrent des pratiques anciennes : les directions ne poussent pas vers des accords mal soutenus si les syndicats sont bien installés ; les syndicats faibles ne prennent pas le risque de s’affaiblir encore en appuyant des propositions controversées parmi les salariés ». La négociation a ainsi peu évolué, surtout dans le domaine de la NAO salariale qui est jugée « décevante », le cadre économique n’aidant pas bien évidemment.

Du coup, les équipes syndicales ne s’évaluent pas seulement par rapport aux résultats des votes. Il est finalement positif de constater qu’elles continuent de privilégier les sujets leur permettant de gagner la « confiance avec les salariés ». En effet, le caractère contraignant de nombre de NAO ne permet pas de mettre suffisamment en avant leurs résultats, aussi paradoxal que cela puisse sembler. 

Par contre la loi de 2008 devrait aussi modifier la relation des délégués d’établissements avec les unions syndicales territoriales, celles-ci devenant sollicitées pour la préparation des élections ainsi que pour les stratégies électorales, notamment les alliances. L’organisation d’élections permet de remettre en cause les mandats de délégué syndical et devrait renforcer le lien avec l’organisation syndicale.
Don de jours de repos : un dispositif basé sur des valeurs de solidarité et d’entraide

samedi 16 mai 2015

La loi du 9 mai 2014 permet le don de jours de congé à un parent d’un enfant gravement malade pour les salariés du privé et du public. Le décret concernant les salariés du public devrait être applicable à partir de mai 2015 avec effet rétroactif.

Le don de jours de congés pour les salariés du privé soutenu par la loi est amélioré par la négociation de branches et d’entreprises.

Que dit la loi N° 2014- 459 ? : Un salarié peut, sur sa demande et en accord avec l’employeur, renoncer anonymement et sans contrepartie à tout ou partie de ses jours de congés non pris, (qu’ils aient été affectés ou non sur un compte épargne temps), au bénéfice d’un autre salarié de l’entreprise assurant la charge d’un enfant de moins de 20 ans atteint d’une maladie, d’un handicap ou victime d’un accident. Le don est assimilé à une période de travail effectif pour le salarié bénéficiaire du don, qui conserve sa rémunération et tous les avantages acquis avant le début de l’absence.

Un effet boule de neige : Une nouvelle proposition de loi autorise le don de jours de repos à un aidant familial. De nombreuses négociations de branches et d’entreprise (Air France, Alstom transport, Areva, canal+, PSA Peugeot Citroën, SFR, Veolia, la branche des institutions de retraite complémentaire, des sociétés d’assistance ou celle de la restauration rapide…), ont conclu des accords plus avantageux que la loi et ces accords ont ouvert de nouveaux droits pour la charge d’un conjoint ou d’un parent âgé. Ces accords englobent toutes les situations d’aidants pour une personne handicapée, une personne âgée souffrant d’une maladie chronique ou une personne en fin de vie.

Exemple : l’accord Total est signé le 30 mars 2015, par la CFDT, la CFE-CGC et l’UNSA, il concerne 13 000 salariés. Il s’appliquera à partir du 1er septembre. Le don de jours de congé est possible entre les différentes sociétés du groupe, il repose sur le volontariat.

Et le décret ? Un projet a été examiné le 8 avril 2015 en formation spécialisée du conseil commun de la fonction publique avec un avis positif.

Formalités à suivre pour faire un don : Tout agent pourrait à sa demande renoncer sans contrepartie à tout ou partie de ses jours de congés non pris, qu’ils aient été affectés ou non sur un compte épargne temps, au bénéfice d’un autre agent, relevant du même employeur dont l’enfant est gravement malade. Les jours pouvant faire l’objet d’un don seraient les suivants : jours d’aménagement et de réduction du temps de travail, jours de congé annuel au-delà du 20ème jour ouvré. Seraient exclus : les jours de repos compensateur et les jours de congé bonifiés. L’agent devrait signifier par écrit, à son service gestionnaire, le don et le nombre de jours cédés. Le don deviendrait définitif après accord du chef de service.

Conditions pour bénéficier d’un don de jours de repos : Les agents assumant la charge d’un enfant de moins de 20 ans atteint d’une maladie, d’un handicap ou victime d’un accident d’une particulière gravité. La durée du congé serait limitée à 90 jours par enfant et par année civile.

La rémunération du bénéficiaire : L’agent bénéficierait du maintien de sa rémunération, à l’exclusion des primes et indemnités non forfaitaires ayant le caractère de remboursement de frais et des primes non forfaitaires liées à l’organisation et au dépassement du cycle de travail. La durée du congé serait assimilée à une période de service effectif.
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