Être résistant de 1940 à 1944








télécharger 104.77 Kb.
titreÊtre résistant de 1940 à 1944
page1/3
date de publication07.09.2019
taille104.77 Kb.
typeDocumentos
l.21-bal.com > économie > Documentos
  1   2   3
Être résistant de 1940 à 1944 :

L’ouvrage Les résistants, récits, témoignages et documents inédits du musée de la résistance nationale, paru chez Belin en 2015, se découpe en dix chapitres, qui abordent plusieurs aspects de ce qu’implique « être un résistant » lors de la Seconde Guerre Mondiale. Ces chapitres sont entre autre : « refuser », « manifester, protester », « s’organiser », « s’armer et lutter », « reconstruire, réformer », et montrent bien la complexité des actions menées par les Résistants dans la France en guerre, et leurs caractères aussi bien militaire que politique et réformateur. Être résistant, c’est donc lutter sur tous les fronts : militaire, économique, politique, social, culturel. Mais être résistant, c’est peut-être d’abord et avant tout s’opposer, résister à un ordre qui ne convient pas, qui bafoue nos valeurs. Être résistant, semble donc être s’engager pour défendre les valeurs qui nous semblent justes et défendables, parfois jusqu’au sacrifice suprême. Il semble impossible de caractériser, d’homogénéiser l’ensemble des résistants en un groupe harmonisé. Il est même difficile de quantifier les Résistants. Ces derniers n’ont jamais représenté plus de 2% ou 3% de l’ensemble de la population française. On dénombre ainsi environ 200 000 résistants pour le début de l'année 1944 et estime à 500 000 le nombre de personnes ayant eu une implication substantielle dans la Résistance. Jean-Pierre Azéma estime le nombre de « sympathisants actifs » à un million de personnes. Les résistants étaient des hommes et des femmes de tous âges, souvent jeunes, des volontaires engagés dans l'action clandestine. Ils étaient issus de toutes les couches sociales, de toutes les sensibilités politiques, philosophiques et religieuses. La grande majorité d’entre eux sont mariés, ont un métier, une vie de famille et contrairement aux idées reçues, seule une minorité est engagée à plein temps dans la clandestinité. Mais tous semblent plus ou moins soumis à une autorité supérieure, principalement à la Résistance Intérieure ou à la France Libre, à la tête de laquelle se trouve le Général De Gaulle, secondé en France par Jean Moulin. Être résistant c’est donc changer de vie et s’exposer à la torture, à la déportation. Mais c’est donc avant tout faire le choix de se substituer à un Etat défaillant. Pour cela, les résistants doivent s’organiser. Le déroulement de la guerre montre des bouleversements dans la manière de vivre des résistants et les moyens dont ils disposent. Ainsi, alors qu’en 1940, 1941, ils sont encore très isolés, ils se structurent par la suite au sein de mouvements ou de réseaux de plus en plus structurés et unifiés. Mais être résistant implique également de surmonter des divisions présentes au sein même de la Résistance : des divisions politiques ou encore sur la stratégie à adopter dans la lutte contre l’occupant nazie et le Régime de Vichy.



  • Dans quelle mesure « être résistant durant la durant la Seconde Guerre Mondiale » suppose l’action de Français et de Françaises qui ont agit, à leur propre mesure, pour défendre leurs valeurs dans un contexte saturé par la violence ?



  1. Être résistant : défendre des valeurs à travers des moyens qui montrent la complexité et l’hétérogénéité des Résistants :




  1. Être résistant permet de s’impliquer à travers des actions diverses :


-presse clandestine :

Sud : de décembre 1941 à janvier 1944 paraissent 58 numéros du journal Combat.

Nord : En janvier 1944, Défense de la France, diffuse 450 000 exemplaires.
-renseignement et contre-espionnage :

Les réseaux de renseignement sont les plus nombreux et les plus étoffés tandis que se renforcent les services de contre-espionnage. Ainsi, les premiers agents de la France libre débarquent sur la côte bretonne dès juillet 1940. La transmission des renseignements se fait d'abord par émetteur radio. Plus tard, lorsque les liaisons aériennes par Lysander (avion militaire britannique) deviennent plus fréquentes, une partie des renseignements est également acheminée par ces courriers. Selon Passy, le responsable du Bureau Central Renseignement et d’Action (service de renseignement et d’action clandestine de la France libre), en 1944, 1 000 télégrammes quotidiens transitent par radio. Les opérateurs radio sont les plus vulnérables. Beaucoup sont repérés par les voitures goniométriques allemandes : aucun opérateur radio ne survit plus de 6 mois.
-sabotage :

Les sabotages se multiplient tout au long de la guerre. Ainsi, entre 1942 et 1943, ils sont multipliés par 10. De même, en décembre 1943 ont lieu 600 attentats : 1 toutes les heures en France.
De nombreux laboratoires clandestins se mettent en place pour produire les explosifs. EX : Jules Dumont et France Bloch-Sérazin montent en août 1941 un petit laboratoire pour fournir des explosifs aux premiers combattants communistes. France Bloch-Sérazin est arrêtée en février 1942, torturée, déportée à Hambourg et décapitée à la hache en février 1943.


  1. Être résistant : sauver des vies : celles des populations juives :


France : cas unique en Europe car 75% des Juifs ont été sauvés.

Dès 1940 se mettent en place des structures, des associations d’entraide aux Juifs.

EX : OSE, Œuvre de Secours aux Enfants, dirigée par Eugène Minkowski. L’OSE construit un réseau copié sur celui des grands mouvements de résistance : il divise la France en régions et chacune a un chef qui a des assistantes sociales qui parcourent à vélo les départements et demandent aux populations villageoises de garder les enfants sauvés des camps d’internement du Sud de la France. Des curés les font enfants de cœur pour les protéger.

Plusieurs curés ou passeurs sont tués pour ces actes et beaucoup ne sont pas reconnus comme résistants. Jacques Sémelin : « tous ces sauveteurs ce sont des individus très ordinaires qui, à un moment donné, dans des circonstances précises, ont accepté d’avoir cette démarche d’accueil vis-à-vis d’un enfant, vis-à-vis d’une famille. Peut-être sont-ils presque gênés de se voir installés sur un piédestal parce que précisément il n’ont fait comme ils disent, que leur devoir ».

Ainsi, entre autre grâce à ces personnes qui ont, dès le début de la guerre, aidé les populations juives persécutées, plus de 250 000 Juifs de France one échappé à la Shoah.
Ce mouvement de solidarité envers la population juive touche l’ensemble de la société française. Ainsi, en juin 1942 est instauré le port obligatoire de l’étoile jaune. Ce port de l’étoile a créé un sentiment de solidarité avec cette population juive : EX : lycéens parisiens portent des étoiles aux noms divers. Le mouvement est réprimé : des dizaines de jeunes sont internés à Drancy avec une étoile blanche : « amis des Juifs ».
Les Juifs eux-mêmes basculent dans la Résistance armée et sont sur-représentés chez les Résistants, dès 1940. EX : printemps 1944 : des groupes d’éclaireurs israélites ayant cachés des enfants forment un maquis au dessus de Moissac dans le Tarn et Garonne : ils forment 2 bataillons des Forces Françaises de l’Intérieur. Ils réussissent à prendre un train de soldats allemands. Ce maquis a remis les prisonniers au chef des FFI : les résistants avaient une morale : ne plus jamais être victimes, ne jamais devenir bourreaux, toujours être révoltés.
Mais être résistant implique aussi l’ensemble des croyants en France. En France, les protestants tout particulièrement développent une attitude de résistance active. Ainsi, dès le 23 juin 1940, le pasteur André Trocmé prononce devant ses paroissiens du Chambon-sur-Lignon son sermon dit des « armes de l'Esprit ». La population du Chambon-sur-Lignon a pendant toute la guerre un comportement de résistance non violence qui lui vaudra la médaille des Justes Parmi les Nations en raison du nombre important de juifs qui sont cachés et protégés par le village et ses environs.


  1. Être résistantes :


Les femmes représentent 15 à 20 % des résistants. Elles étaient privilégiées pour certaines actions de résistance, indispensables comme dactylos, et surtout comme agents de liaison, en partie parce que les Allemands se méfiaient moins des femmes, et que les innombrables contrôles d'identité dirigés contre les réfractaires au STO ne les concernent pas.

Elles sont très rarement chefs de réseaux ou de maquis, mais c’est par contre le cas de Marie-Madeleine Fourcade, qui dirige dès 1941 l’un des plus grands réseaux de Résistance en France, le réseau Alliance.

Mais certaines femmes ont tout de même joué un rôle fondamental au sein de la résistance, et à tous les niveaux de cette vaste organisation. C’est par exemple le cas de Lucie Aubrac, faisant partie du mouvement Libération-Sud avec son époux Raymond Aubrac. De nombreuses combattantes de l’ombre vivent en effet la guerre et la Résistance en couple. Ainsi Lucie Aubrac organise l’évasion de son époux prisonnier de guerre dès août 1940. Lucie est un membre important du mouvement Libération-Sud, elle assiste aux réunions de la direction tout en continuant d’enseigner et est également chargée des liaisons avec Libération-Nord. Après une nouvelle arrestation de son mari par la police lyonnaise en mars 1943, elle le fait à nouveau libérer, avec tous ses compagnons. Raymond est à nouveau arrêté par le chef de la Gestapo lyonnaise, Klaus Barbie, en même temps que Jean Moulin le 21 juin 1943. Lucie réussit, 4 mois plus tard, à faire évader pour la 3ère fois son mari.

Les résistantes peuvent par ailleurs subir les mêmes peines que les hommes, que ce soit la torture, la déportation ou la mort.


  1. Refuser la violence :


L’historien Olivier Wieviorka explique que la majorité des résistants n’aimaient pas se livrer à des actes violents. C’est même le cas du PCF, qui a pourtant recours à l’action armée pour tuer des Allemands dès 1941. Ainsi, Tony Bloncourt, résistant communiste, refuse d’exécuter un Allemand : « À cette minute, à ce moment précis, je n’ai plus vu un officier allemand, je n’ai vu qu’un homme ». Olivier Wieviorka explique donc que globalement, « la violence n'est pas une valeur de la Résistance ». Ainsi, le réseau Morhange groupe d'action directe et de contre-espionnage, était chargé de tuer les traitres, collaborateurs et nazis qui détruisaient les réseaux de résistance du sud-ouest de la France. Ils ont éliminé des dizaines de personnes hostiles à la France libre et la résistance. Mais une enquête était effectuée avant chaque liquidation et souvent, des aveux étaient demandés sous la forme d'un procès, avec témoins.


  1. De grands tournants de la guerre peuvent bouleverser et motiver l’engagement des Français dans la Résistance :




  1. 1940, 1941 : l’isolement des premiers résistants :


En juillet 1940, la France Libre compte seulement 7.000 hommes et les actes de résistance ne sont que le fait de personnes isolées. Olivier Wieviorka : « les hommes de 1941 sont des hommes seuls ».
Ce sont alors principalement les conséquences sociales de l’occupation (manque de nourriture) qui réveillent la société. Pour Pierre Laborie, « la France est une société de résistances, mais non de résistants. La France est une société de non-consentement »
Ainsi, dans Sept fois sept jours, Emmanuel d'Astier de la Vigerie, le chef du mouvement Libération-Sud, insiste sur les difficultés initiales de la Résistance : Après trois mois j'avais trouvé cinq personnes désintéressées [...] cinq personnes sincèrement versées dans l'utopie et portés au désespoir raisonnable ou à l'espérance irraisonnée : un professeur de philosophie, un journaliste qui louchait, un fabriquant en literie, une amazone agrégée d'histoire [Lucie Aubrac] et un employé de métro... ». Une grande hétérogénéité marque les Résistants : toutes les classes sociales, les sexes, les âges y sont représentés.
Être résistant en 1940 est inventer quelque chose : historien Julian Jackson : « il fallait apprendre comment résister ».

EX : les 1ers gestes de solidarité apparaissent donc, comme par exemple le fait de donner à manger ou à boire aux soldats prisonniers qui partent en All.

EX : le passeur Marcel Pernet dit le Grand, qui fait franchir la ligne de démarcation dès 1940 et durant toute la guerre à plus de 1000 personnes. Arrêté 3 fois, affreusement torturé, il n’a jamais parlé et s’est à chaque fois échappé. Il est tué le 8 mai 1944.


  1. 22 juin 1941 : la rupture du Pacte germano-soviétique : l’entrée active des communistes dans la Résistance : la lutte armée


Le Parti Communiste bascule dans la lutte armée pour attirer les Allemands sur un front autre que l’URSS. Ainsi entre l’été 1941 et le début de l’année 1942 apparaissent les « bataillons de la jeunesse » : des groupes de jeunes communistes engagés dans la lutte armée. Pierre Laborie explique que leurs actions constituent une forme de lutte totalement neuve : le passage à l’acte, à l’assassinat, est souvent difficile pour ces jeunes :

EX : Pierre Georges, dit Colonel Fabien, 21 août 1941 : métro Barbès : il tue un officier Allemand. Dans la semaine qui suit, 5 officiers allemands sont tués par ces bataillons. Les Allemands organisent tout d’abord des cérémonies grandioses à Paris puis changent de stratégie : ils fusillent 20 puis 50 otages par attentats. Le 1er groupe d’otages est tué le 23 octobre 1941. Guy Moquet en faisait partie.
Les communistes développent rapidement un mouvement de résistance armée, les Francs-tireurs et partisans français (FTPF), dirigé par Charles Tillon.

Les résistants communistes sortent ensuite de leur isolement et se rapprochent des autres éléments de la résistance intérieure française. Ainsi, en mai 1943, le Front national participe à la 1ère réunion du Conseil national de la Résistance (CNR).
Le Groupe Manouchian, dirigé par Missak Manouchian, était en 1942-1943 le mouvement de Résistance armée le plus actif de France, réalisant une opération armée tous les deux jours. Ses participants étaient des étrangers communistes dont une majorité de Juifs. Le Groupe Manouchian totalise environ 150 attentats dans la seule ville de Paris. Il devient un symbole de la Résistance française avec la publication de l'Affiche Rouge et l'exécution de la plupart de ses membres en 1944. Le poète Louis Aragon leur rend hommage dans « Strophes pour se souvenir ».


  1. Février 1943 : la création du Service du Travail Obligatoire et la formation des maquis :


-la formation des Maquis :
Au début de l’année 1943, le Reich a déjà perdu 1,3 million d’hommes. La Loi 16 février 1943 instaure donc le Service du Travail Obligatoire (STO) pour les jeunes nés entre 1920 et 1922. Dès l’instauration de cette loi, la résistance s’oppose à ce que les jeunes français soient envoyés pour travailler en Allemagne : la BBC diffuse 1500 fois le slogan « Ne va pas en Allemagne ! » Ainsi, de la fin 1942 à été 1943, les réfractaires passent de 27 000 à presque 200 000.

Les jeunes réfractaires se réunissent dans des maquis, situés la plupart du temps dans des régions montagneuses peu accessibles, comme les Alpes, le Massif Central ou encore le Jura.

A l’été 1943, une partie de la France rurale bascule donc dans la Résistance et prend en charge les maquisards, les cache et approvisionne. De nouvelles solidarités se créent. Être résistant s’inscrit désormais dans une action qui entraîne une certaine cohésion nationale.

Dans les maquis, la population est plus spécifiquement jeune et masculine. Dans le maquis de Bourgogne, par exemple, 90 % des maquisards sont des hommes jeunes et célibataires, typiquement dans la tranche d'âge 22-25 ans.
L’historien Patrice Arnaud  explique donc : « Le STO eut donc cette conséquence fondamentale en 1943 de ruraliser la dissidence, jusqu’alors essentiellement urbaine et de mettre en place des poches de guérilla que Londres ne cherche réellement à armer qu’au printemps 1944 ».
Le journal de la résistance, Bir-Hakeim, publie en décembre 1943 un reportage sur la vie au maquis de l’Ain, par André Jacquelin, journaliste. Il présente une journée très organisée, avec des horaires précis pour les repas, l’entraînement militaire, les corvées, la toilette,... Il explique que « Toutes les classes sont ici mélangées et toutes les régions représentées. Voici des étudiants de Clermont-Ferrand, des instituteurs de l’Ain, des gars du bâtiment de Lyon, de jeunes paysans de l’Ardèche... ». Il insiste également sur l’attachement des jeunes maquisards à l’honneur, à la lutte jusqu’au sacrifice.
-les dangers encourus par les Maquisards :
En 1944, la
  1   2   3

similaire:

Être résistant de 1940 à 1944 iconVichy sous les Tropiques; La révolution nationale à Madagascar, en...
«En introduisant outre-mer une idéologie identitaire intégriste et surtout un colonialisme très dur, [les années noires] allaient...

Être résistant de 1940 à 1944 iconRecherches socio conduites entre 1915-1940
«Ecole de Chicago» = ensemble de recherches socio conduites entre 1915-1940 par profs et étudiants univ. Chicago

Être résistant de 1940 à 1944 iconIntégrer le secteur professionnel du mouvement hlm
«nous prétendons que tout être humain a droit au logement» l’Union Confédérale des Locataires est créée en 1916 (elle deviendra la...

Être résistant de 1940 à 1944 icon«Je me suis longtemps fait une certaine idée de la France […] La...
«Je me suis longtemps fait une certaine idée de la France […] La France ne peut être la France sans la grandeur» (Mémoires de Guerre,...

Être résistant de 1940 à 1944 icon1- notes de guerre 1939-1940, par Jean Desaubliaux

Être résistant de 1940 à 1944 iconConstitution et fonctionnement du marché mondial des capitaux
«Le cycle britannique des déséquilibres financiers internationaux (xvième siècle 1944)», 2008

Être résistant de 1940 à 1944 iconProgramme On étudiera le développement des mouvements de capitaux depuis le XIX
«Le cycle britannique des déséquilibres financiers internationaux (xvième siècle 1944)», 2008

Être résistant de 1940 à 1944 iconMarché de maîtrise d'oeuvre pour la mise en accessibilité pmr des...

Être résistant de 1940 à 1944 icon1944 Juin : débarquement en Normandie Août : Libération de Paris...

Être résistant de 1940 à 1944 iconFln et oas : deux terrorismes en guerre d'Algérie
«résistants» accomplirent attentats ciblés et sabotages. Ils sortirent auréolés de la guerre, tandis qu’une partie d’entre eux participèrent,...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.21-bal.com