Idomeneo, re di Creta








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Les financeurs estiment que la seule façon de sauver l'Opéra-Orchestre de Montpelier/Languedoc-Roussillon est de réduire la masse salariale.


On ne s'écharpe plus autour de l'Opéra-orchestre de Montpellier/Languedoc-Roussillon et de son contesté directeur Jean-Paul Scarpitta qui a quitté les lieux. Au contraire. Mardi 9 décembre au cours d'une conférence de presse impromptue, Philippe Saurel parlait au nom de tous les financeurs : les collectivités qu'il préside (la mairie et l'Agglo) mais aussi la Région. Et il aurait représenté l'Etat si l'envoyé de la Drac* n'avait fini par arriver. Le calme est donc revenu mais le ciel n'en est pas plus serein pour les 32 choristes, les 94 musiciens et les administratifs. Si les salariés n'ont plus comme en octobre la peur de ne pas être payés à la fin du mois, chaque financeur ayant versé son dû, c'est à une diminution de la masse salariale que chacun s'attend désormais.

Pour Didier Deschamps, le président de la structure, c'est la seule façon d'augmenter le budget artistique qui, de 5,3 millions en moyenne ces dernières années, est passé à 2,8 millions. Il faut dire que l'ancien président de Région, Christian Bourquin avait diminué sa subvention de 5,5 millions et que le Conseil général a supprimé son aide de 500 000 euros. "20 millions d'argent public et 240 salariés pour une programmation très nettement insuffisante au regard du label national", insiste Didier Deschamps.

La décision d'un plan de départs volontaires, décidée à l'unanimité quelques heures plus tôt en conseil d'administration, a été annoncée au personnel hier après-midi. Car dans l'impossibilité, selon le président, de trouver de nouvelles recettes, il a fallu diminuer les dépenses.

Un PSE n'est pas écarté

Le loyer payé au Corum sera négocié, mais c'est surtout la masse salariale (65% du budget) qui pèse - on n'a évidemment jamais vu un violon jouer tout seul . Vingt-quatre salariés ont soit l'âge de la retraite (six ont plus de 65 ans), soit l'atteindront en décembre 2015. On leur demandera de partir. Comme à d'autres d'ailleurs puisque, la directrice Valérie Chevalier, qui constate un "sureffectif", se donne huit ou neuf mois pour "conscientiser la maison" et "dégager une manne à remettre dans l'artistique". Entre 20 et 30 départs sont espérés.

"Si on n'arrive pas à le faire en douceur", prévient le président "ce sera un plan de sauvegarde de l'emploi". Didier Deschamps n'y va d'ailleurs pas par quatre chemins en espérant "que les syndicats seront intelligents", mais en estimant que "le bon sens n'est pas toujours le mieux partagé". Valérie Chevalier tempère en ajoutant : "Nous sommes une association, nous n'avons pas d'actionnaires." Et Philippe Saurel ne peut qu'ajouter : "Si on laisse faire on va dans le mur. Je ne souhaite pas que la Région perde cet atout majeur." Et l'un de ses arguments les plus convaincants est la prochaine fusion des deux Régions. "Si on considère que deux orchestres c'est trop, qu'allons-nous faire ?" interroge-t-il en ajoutant la région Midi-Pyrénées ne donne quasiment rien à l'orchestre du Capitole... A méditer.

La réaction : Par AJF (et non KZRG)

On comprend souvent mal ce passage biblique :

« Heureux les pauvres d'esprit car le Royaume des Cieux est à eux. »
On pense que ce sont les dadais et autres ramollis du bulbe qui sont heureux, car ils ne perçoivent pas toute l'étendue de la réalité.
Alors que ce sont bien les pauvres, ceux qui sont dans le besoin, dont l'esprit ne demande qu'à être rempli, qui s'ouvrent au message divin. Ce sont eux les heureux.
Cela me rappelle aussi la fin d'une des toutes dernières Lettres à Lucilius, de Sénèque : « Rappelle-toi que ceux qui sont malchanceux sont ceux qui ont de la chance... »

Phrase réversible à merci...
AJF

***


Opéra-Orchestre de Montpellier : un plan de départs volontaires envisagé

Par Victor Tribot Laspierre, France Musique du 10 décembre 2014

Toujours en difficulté financière, la direction de l'Opéra de Montpellier envisage de "diminuer la masse salariale" afin de relancer l'offre artistique de l'établissement. Un plan de redressement comportant un recours au temps partiel, des départs à la retraite et des départs volontaires, est à l'étude.

L'opéra-Orchestre de Montpellier semble avoir du mal à se sortir la tête de l'eau. Deux mois après avoir évité la cessation de paiement à cause d'une subvention de la région Languedoc-Roussillon qui n'avait pas été versée à temps, la maison lyrique veut "diminuer" sa masse salariale afin de redonner de l'air à budget artistique mis à mal ces dernières années. Interviewé par Midi Libre, le président Didier Deschamps insiste sur la nécessité de redonner de la marge à la programmation.

"On ne peut pas continuer à entretenir une maison de 240 salariés pour une programmation aussi maigre. Si on continue, la saison se réduira à un récital de piano solo pour le concert du Nouvel An" a déclaré le président. Lors d'un conseil d'administration, la directrice Valérie Chevalier s'est vue confier l'engagement de négociations avec les syndicats.

Un grand plan de redressement est à l'étude afin d'éviter un plan de sauvegarde à l'emploi. Parmi les pistes de réflexion, la direction envisage de recourir au temps partiel dans l'emploi des musiciens mais en assurant une perte de salaire "très limitée" selon Mme Chevalier. Autres pistes, plusieurs départs à la retraite dont "24 salariés peuvent faire valoir leurs droit en décembre 2015" ainsi que des départs volontaires accompagnés.

Le maire et président de l'agglomération de Montpellier, Philippe Saurel, souhaite que 20 à 30 personnes acceptent un départ, tous secteurs confondus. Le Midi Libre rappelle qu'une dizaine de postes ont déjà été gelés à l'orchestre et au choeur. M. Saurel argumente en s'appuyant de rapports et d'audits qui vont tous dans cette direction afin "d'éviter à l'Opéra d'aller dans le mur". Une chose est déjà sûre, l'agglomération n'augmentera pas ses subventions.

La location du Corum, deuxième lieu de résidence de l'Opéra avec le théâtre de la Comédie, pourrait être renégociée pour faire là aussi des économies.

***

Orchestre / Une trentaine de personnes doivent partir

Par Valérie Hernandez, La Gazette du 11 novembre 2014

Pour la première fois de son histoire, l’Orchestre et Opéra national de Montpellier (OONM) va « dégraisser ».

Le conseil d’administration a validé mardi, à l’unanimité, le programme de réduction de ses effectifs qui vise au départ de « vingt à trente personnes » d’ici un an. (1) Confronté à la plus grave crise de son existence, l’OONM est au pied du mur. Le président de l’association, Didier Deschamps, et la directrice, Valérie Chevalier, ne mâchent pas leurs mots. Pour trouver de l’argent, il n’y a pas trente-six solutions.

Augmenter les recettes ? NON. « Avec la programmation actuelle, nous ne pourrons pas augmenter les recettes de billetterie qui, à 6 %, sont très inférieures à la moyenne nationale. » « Nous avons du mal à remplir les salles », a confié récemment Valérie Chevalier en comité d’entreprise.

Baisser le budget artistique ? NON. « Il est déjà très faible, il n’est pas question de le réduire. »

Trouver du mécénat ? NON. « Impossible à cause de l’image de la maison… »

Baisser le loyer du Corum ? OUI. « Notre convention avec le Corum s’achevant en 2015, nous négocions une baisse avec Montpellier Events, la société gestionnaire. »

Réduire la masse salariale ? OUI. C’est l’essentiel de ce plan. Elle a augmenté de 25,5 % entre 2002 et 2008. Elle représente actuellement 65 % des dépenses. Pléthorique, elle est héritée en grande partie des années Koering : après la fusion des deux maisons Orchestre et Opéra, en 2001, on n’a pas procédé à l’harmonisation sociale des personnels. Les deux entités ne se sont pas fondues (ce qui aurait permis des économies d’échelles), mais ajoutées. Un empilement ravageur.

Les décisions. Principale mesure : des départs à la retraite pour des salariés en âge légal, « soit 24 personnes d’ici fini 2015 ». On envisage également de recourir à de l’activité partielle et à inciter à des départs volontaires. Economie réalisée : 1,5 million. Autre mesure annoncée : une baisse de 4 % des salaires de tout le personnel (2) (en partie compensée par l’Etat) pour une économie d’1 million d’euros, qui s’accompagnerait d’une renégociation de certaines primes.

C’est une façon « douce » de régler une crise sérieuse. Et un tabou qui commence à tomber sur les rémunérations. Fixés par une grille nationale, les salaires des musiciens sont avantageux (lire ci-dessous). Les salaires du chœur – qui font l’objet d’un accord d’entreprise – sont moins élevés. Au bout de trente ans de carrière, l’un de ses salariés gagne 2 200 euros net par mois.

Mais on n’en est pas encore à pointer les gros salaires. Pour les chefs invités, c’est spectaculaire. Le maestro italien Ricardo Muti aurait été payé 120 000 euros pour deux concerts en janvier 2012. (3) Même chose pour certaines rémunérations de l’administration, notamment celui de l’administratrice générale que diverses sources établissent à environ 8 000 euros, bien qu’il soit très difficile d’obtenir des confirmations officielles dans une structure assez opaque.

Comment les salariés vont-ils accueillir cette proposition ? Sans doute mieux qu’on ne le croit. Ils semblent prêts à faire certains sacrifices. De nombreux orchestres en France, à Dijon, Caen, Nancy, Avignon, Grenoble, Cannes, et dans le monde entier, au Danemark, en Allemagne et même le fameux MET (Metropolitan Opera de New York), sont dans une situation identique. Les années folles sont terminées.

A l’Opéra de Rome, après la menace d’un licenciement des 182 musiciens et choristes (l’information avait fait le tour du monde), les salariés ont signé un accord portant sur la baisse de leurs primes. Idem à New York où l’on a renégocié les salaires.

A Montpellier, c’est la raréfaction des financements publics qui a provoqué un effet domino.

D’abord le retrait du Conseil général (600 000 euros), puis le retrait partiel, mais substantiel, de la Région qui a baissé sa subvention de 9 à 4 millions d’euros (4). Un manque à gagner que l’Agglo n’a pu totalement compenser. « On se donne 8 à 9 mois pour négocier avec les salariés. Si nous n’aboutissons pas, ce sera alors un plan de sauvegarde de l’emploi », a prévenu Didier Deschamps (5). Autrement dit : un plan social.

Opéra Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon

242 salariés, 28 chanteurs, 94 musiciens à l’orchestre, et 120 salariés pour l’administration.

Salaires des musiciens, des plus simples aux plus gradés : de 2 800 à 5 400 euros (brut mensuel) la première année.

Salaire de Dorota Anderszewska, violon solo supersoliste : 6 000 euros par mois.(6)

Montant du loyer annuel versé au Corum : 3 millions.

Coût de l’opéra Einstein on the beach (7) de Bob Wilson en 2012 : 1 million d’euros, record absolu.

Fréquentation : 67 000 entrées payantes en 2013, selon le ministère de la Culture. Un chiffre en baisse en 2014.

La réaction : Par Sun Tzu (et non KZRG)

Un médecin généraliste gagne en moyenne 6500€ mensuel. J’ai du mal à comprendre avec mon petit cerveau ce qui justifie le salaire de l’administratrice générale de l’OONM-LR.

Sun Tzu

La réaction de KZRG :

(1) Ce même Conseil d’administration, du temps de Frêche, a voté les yeux fermés et à tour de bras des embauches.

(2) Il faut baisser fortement les hauts salaires pour éviter de diminuer les petits.

(3) En échange de sa venue à Montpellier (et en supplément des copieux euros), Muti a casé ici sa fille pour une mise en scène d’opéra + le gendre pianiste pour des concerts. Et en échange de l’échange de bons procédés, Jean-Paul Scarpitta a pu créer son Nabucco à l’Opéra de Rome (Muti y régnait). Tout cela, bien sûr, avec la bénédiction du Conseil d’administration (le même qui aujourd’hui nous donne des leçons d’économie).

(4) Paix à son âne.

(5) Extrait de Rimbaud l’Africain, de Claude Jeancolas, éditions Textuel : 

« Le roi du Choa ayant été prévenu qu’il y avait des armes à la factorerie dite « Soleillet », envoya à Obock une caravane d’ivoire se montant à 25 000 talaris (115 000 francs). M. Soleillet donna ses armes en échange, apporta l’ivoire à Aden, le fit vendre par l’intermédiaire d’un nommé Deschamps, avec lequel il empocha le produit de la vente. Puis il reparti pour Obock et de là au Choa avec une nouvelle caravane d’armes et de munitions qu’il vendit encore au roi Ménélik contre de l’ivoire, et représentant une somme de 20 000 talaris, qu’il a dû faire parvenir à son ami M. Deschamps. Mais pendant cette dernière opération, la société avait été mise en liquidation et le liquidateur, M. Vidal, donnait l’ordre à l’employé qui était resté à Obocks à la garde de la caravane de ne la remettre qu’à M. César Tian, le liquidateur actuel de la société à Aden. Ce fut tout ce qui fut sauvé de ce désastre. »

(6) Grande artiste. Salaire largement mérité.

(7) Mauvais procès fait à Jean-Paul Scarpitta. Bravo et merci à lui d’avoir ressuscité ce chef-d’œuvre (mais JPS aurait dû, c’est vrai, mieux négocier l’addition).

***

Le personnel veut surtout « de la lumière »

Par Annie Menras, L’Hérault du jour du 11 décembre 2014

Opéra-Orchestre. La réaction de François-Charles Nouri aux mesures d’économie.

Rien de ce qui a été annoncé mardi soir au personnel de l’Opéra-Orchestre n’a surpris les personnels qui s’attendaient, depuis la réduction de la subvention régionale de 5 millions d’euros, à être en première ligne des mesures économiques.

« Ces mesures seront négociées », annonce François-Charles Nouri, porte-parole d’une intersyndicale qui se réunit aujourd’hui. Un accord de méthode sera mis en place en janvier avec la directrice Valérie Chevalier. Les personnels ont évidemment pris note du fait que les mesures sont qualifiées de « douces » alors qu’elles auraient pu l’être moins.

Outre les 20 à 30 postes qui pourraient disparaître par des mises en retraite ou des cessations anticipées d’activité, les personnels ont aussi appris que leurs salaires devraient être amputés de 4 % mais l’hypothèse d’une compensation par l’Etat a été évoquée. Comme est envisagée une baisse du loyer du Corum tout aussi hypothétique car elle semblait impossible il y a quelques mois en raison de la situation financière du lieu géré par Montpellier Events.

C’est bien ce caractère hypothétique qui inquiète François-Charles Nouri qui déplore en outre « l’absence de propositions artistiques » face « aux sacrifices demandés au personnel ».

C’est que les choristes, musiciens et autres personnels techniques et administratifs sont très amers de payer aujourd’hui l’addition de ce que le syndicaliste appelle « les gabegies financières du passé » : fusion mal gérée de l’opéra et de l’orchestre, « fin de règne désastreuse de René Koering » et « gouvernance désastreuse qui a fini de précipiter la maison dans le gouffre » de Jean-Paul Scarpitta. Sans compter « les tutelles qui se sont bouffé le nez sur notre dos pendant trois ans ».

Michael Schønwandt espéré

De ce point de vue, la situation s’est améliorée et le cégétiste dit avoir « pris note avec une grande satisfaction » du fait que le président de la Région et celui de l’Agglomération de Montpellier s’entendent aujourd’hui « et ne soient plus dans une guerre dont nous serions les victimes ».

Cela dit, c’est insuffisant pour les tranquilliser sur l’avenir. Ce qui les rassurerait c’est l’arrivée à la direction de l’orchestre de Michael Schønwandt dont le nom a été avancé. « C’est un immense chef qui dirige l’orchestre philharmonique de Berlin comme celui de Vienne, une grande pointure qui a un très grand charisme et beaucoup d’idées. Il pourrait nous amener ce qui nous manque cruellement : la lumière. » B

François-Charles Nouri sait évidemment que rien n’est signé, mais, dit-il « nous n’en pouvons plus de la noirceur. Nous voulons donner 30 concerts symphoniques par an et pas neuf ou dix, jouer six beaux opéras. Cela ne sera pas possible si l’on se contente de gratter six sous à droite et à gauche. »

La réaction : Excellente déclaration de François-Charles Nouri, choriste passionné et porte-parole de l’intersyndicale CGT-CFDT-Unsa.

***

Potin de merdre 3 : Le spectacle continue ? (réalité-fiction)

Lundi 8 décembre
Rien se passe de bon aloi comme par exemple mon gaz du radiateur en panne qui froidit mon adorée et le chat Poupie. Toni m’apportera donc un électrique de sa salle de sport qui en foisonne et où il reçoit des dames musclées et un ami du maire qui veut nous foutre de l’Opéra et s’exerce.

En plus de quoi il y a une coupure de mon quartier la gare d’électricité et nous sommes obligés mon adorée, Poupie et moi de nous enfouir au lit. Oui.
Heureusement j’arrive ce matin à l’Opéra chauffé où Dédé le chef a croisé, au bureau de Gary notre directeur technique qui porte un pantalon serré, la madame des sous pas gentille à qui il n’a pas répondu bonjour à cause de mon avertissement qu’elle m’a imposé par madame De La Tour, notre nouvelle directrice qui est noble comme les Incas.
Je m’installe au pupitre tel un Aztèque et je constate des défauts au groupé des pongés qui sont les porteuses 6 et 8 dont je tue le méchant rouge en changeant de Maître. Bravo, mon sadisme.
Titou l’électricien qui a peur d’être renvoyé de l’Opéra dans sa maison en carton me dit : « Moi je suis tranquille parce que j’ai un métier. » Je réponds : « Moi je suis maçon. » Il ricane : « A part les écritures, vous savez rien faire. »

Son collègue El Salséro qui aime les culs bombus interviens : « C’est moi le plus tranquille car je suis pas marié. Je risque pas le divorce. »

A ce moment arrive Brutus le metteur en scène qui n’est pas marié. Il nous dit bonjour sans serrer ma main ni bisou. Il sait que je recopie pour vous mes lecteurs tout ce qu’il fait et dit en plein jour ou aux cabinets. Oui.
Nous prenons les repères de la trappe dont je contrôle les millimètres au pupitre pendant que les accessoiristes font la fumée dans les dessous et que Brutus se régale de plaisir d’enfumer dans la piscine les choristes qui sont ses ennemis car il préfère les danseurs. Oui.

A 14 heures Gérald le régisseur mascotte des machinistes nous montre la photo de sa voiture qui a été écrasée par une voiture d’agent de police. Je lui demande quoi de pays d’origine est sa voiture détruite. Il dit qu’allemande et je rétorque : « Ca vous apprendra d’acheter pas français. »
On fait la répétition de la patience des pongés qui s’enfuient en courant dans les cintres en s’ouvrant et Djibril à cour se brûle au fil les mains et Bastien du jardin le moque de ne pas être un professionnel pour le moins avisé. Puis on refait cela et c’est Bastien qui se brûle la même chose en chair et alors Djibril le moque à son tour d’être un nigaud. Oui.
Dédé reçoit alors un message sur son mobile où on lui offre à Noël des volets pour une de ses sept maisons qui en sont munis. Il demande à ce téléphone s’il pourrait avoir à la place une télévision et on lui dit non.
Tandis que les choristes vont entrer en scène dans la piscine enfumée je demande à une de ce troupeau comment écrire le message de la grève de l’opéra de Brutus et Mozart que je prépare si on me déchire pas mon avertissement car cette choriste est une rebelle crépue. Elle me répond séance tenante et je lui rajoute que j’espère qu’on cèdera à ma puissance et que la grève n’aura pas lieu et elle me grogne avant de disparaître dans la fumée comme une chipie : « J’espère pour toi, Caizergues. » Oui.
Soudain c’est la pause et je bois à mon local, pour le moins chauffé d’un radiateur qui obnubile Djibril assis contre, une verveine.
A la reprise de cette répétition pour le moins artistique je vais au milieu du chœur sur scène incognito pour voir quoi ça fait d’être célèbre. Je fais semblant de chanter en ouvrant ma bouche. Je dis do ré mi fa sol. C’est rigolo.

Mardi 9 décembre
Dès de bonne heure on discute, Gary qui a sa couette de cheveux et moi qui suis normal, de la grève que je vais ordonner si mon avertissement n’est pas gommé d’un trait comme un crime de lèse-majesté. Je prononce à ce Gary que je suis une victime, un martyr, un Jésus-Christ. Il se nerve que je ne suis pas le Seigneur sur la Croix mais un Calimero, qui est un poussin noir qui pleure son sort. Il m’ajoute que depuis mille ans je fais que je veux ici sans punir être. Que je me permets l’incroyable mais que grâce à lui, Gary, personne ne m’a assassiné ou jeté dans le purin. Non.
Sur ces bonnes paroles je recommence mon travail au pupitre pour les porteuses latérales jardin que Titou doit équiper de projecteurs automatiques très lourds qu’il faut renforcer de fer en barre et qu’alors ce Titou veut en donner mission à notre chef du spectacle Bastien qui refuse comme un seul homme. Donc ce Titou et sa bande d’électriciens malingres sauf El Saséro qui est un guerrier des femmes au teint marron doivent faire ce travail prestigieux eux-mêmes tandis que Bastien et consorts vont boire le café en dosette.
A mon midi je reçois un message d’être à 16 h 15 après le conseil d’administration de l’Opéra qui va décider de notre vie ou mort dans le bureau de madame De La Tour en tant que syndicat car oui je remplace Hernandez qui est parti longtemps se faire opérer une partie de son corps la plus étrange.

Je réponds en message à cette De La Tour que non je ne viendrai pas à son invitation pour le moins incongrue.

Elle me demande qui donc viendra en représentation des travailleurs fainéants et je réponds comme au temps des cyclopes que mon nom est Personne.
Après-midi à la répétition en coulisse sur le banc Karim reraconte à Bastien que quand la petite femelle veut butiner il faut la laisser faire, la laisser venir toute seule comme une grande se poser sur la branche pour récolter le miel.
Il y a des élèves dans la salle qui regardent la répétition comme un film et qui j’en suis sûr à moins d’un accident ou suicide mourront après que j’aurai été brûlé dans mon cercueil par mon adorée. Ils sont la France de demain qui n’existera plus. Ils n’auront pas de pays sauf le monde entier. Ils riront tout le temps, comme des demeurés ou des machinistes. Oui.
Gérald range en rond à la barre le fil de la patience de Bastien avec un art digne des pendus. Je lui demande où il a appris ce métier qui est le mien et qui est intéressant. Il m’informe alors de sa propre bouche garnie de lèvres fines mais coriaces qu’il a appris à naviguer depuis qu’il est petit dans sa baignoire. Je le félicite et lui demande de rouler tous nos fils en boule avec des nœuds.
Châtel l’accessoiriste à qui il manque un doigt me prévient que Fernandel et De La Tour madame et le nouveau président de l’Opéra qui est un retraité font une conférence de presse tandis qu’on travaille. Notre avenir est donc déjà connu de cette engeance et on va, nous le peuple de l’Opéra, le savoir à 17 heures salle Voltaire où on va nous parquer.

Va-t-on nous exterminer comme des êtres humains ? Va-t-on nous augmenter le salaire ?

Tout le monde des machinistes est tellement angoissé qu’on fait la pause.
A l’heure de la grande réunion d’information salle Voltaire l’équipe des machinistes descend derrière le chef qui nous commande partout même dans les escaliers et qui promet si on nous annonce la porte de montrer son cul. Oui.
Je vais en haut de la salle derrière l’administration et de Jean-Pierre Grominet le chef comptable qui a un side-car comme les Allemands.

Marcel vient me chercher de descendre en bas de la salle avec eux à côté de Dédé pour me défendre du président des retraités qui m’a fait montrer du doigt par la madame des sous pas gentille cachée derrière une main car ils veulent ma destitution de mon pouvoir sur la grève.
Ces méchants nous annoncent que nous serons tous baissés de salaire en échange de nous conserver vivants dans notre Opéra pour sauver l’argent qu’ils ont dépensé en fioritures et art. Oui.

Comme nous sommes gardés à ce travail qui est merveilleux et gentil, Dédé ne montre pas son cul et nous remontons au local où nous rions avant de partir nous glisser dans nos maisons où règnent mon adorée et mon chat Poupie. Oui.

Mercredi 10 décembre
Des individus de cet Opéra nauséabond m’arrêtent de partout que je croise et me grommellent leur mécontentement d’être baissé d’argent de leur Noël à cause des responsables de la ruine de la culture qui continuent d’être payés un million ici-bas au sixième étage.
Au local tous s’inquiètent qu’on m’a désigné du doigt au président des retraités qui est en plus chauve.

C’est alors que Toni dit à ce peuple des machinistes autour de la carafe de café chaud : « Elle lui léchait la cogne dans les cabinets. »

Je demande pourquoi « dans les cabinets ».

Toni s’insurge : « Tu voulais pas quand même que par décence elle la lèche cette cogne dans la salle du bar ! »

J’avoue que non et alors Paul clame que si on lui enlève des sous de ses vacances au Périgord il lèvera le pied du travail et aussitôt en préambule il assoit son corps noueux dans le canapé N°1 de Marcel devant la télévision où vrombissent des cerfs et autres animaux de la forêt dont un garde-champêtre. Oui.
Boris et Eric reviennent du bureau du régisseur Mamoto où ils ont rempli des fiches de figurant pour en cas de recyclage professionnel comme l’a inventé madame la directrice qui a des idées. Mamoto a photographié en costume de l’opéra de Brutus et Mozart ces deux jeunes hommes qui ont coché à la case de figurant nu : OUI.
Quand je va travailler après manger du saucisson et un gros pain je vois au café de la place Voltaire monsieur Roméo le petit gitan qui a une minerve d’arrêt de travail depuis un mois et je lui demande s’il connaît quelqu’un dans sa tribu pour casser les jambes d’un président gratuitement car c’est Noël et qu’ils sont chrétiens et il répond oui et je demande pour précision si ce serait cassé pareil qu’en été et il répond encore oui, cassé en deux endroits chaque jambe.
Je m’installe avant le pupitre à l’ordinateur du local et j’envoie un message à tout mon monde de l’Opéra que nous sommes le peuple et eux des impies et que madame la pas gentille des sous et consorts doivent baisser leur addition chaque mois de la moitié si nous 1 seul euro.

Grand Gribouille le chef du bruit me prévient immédiatement que là je suis mort de ce message de Ravachol.

Et Toni avertit Marcel qu’en cas de grève il devra gagner sa vie en mini-jupe à carreaux.

Petit Gribouille est à côté de Grand Gribouille et je lui demande s’il a lu ma libre expression de la semaine où je lui décerne le titre d’étalon. Il répond oui mais pas merci.

Châtel regarde posés sur le pupitre mes papiers de notes que vous lisez et il déclare que quand on se penchera plus tard sur mes travaux on dira : « Il a raté sa vie. » Oui.
On répète les mouvements des pongés et de la trappe et je sors délicieusement de ma poche, car plus personne autour, mon chocolat aux noisettes que pourtant dans les dessous au casque Marcel m’entend manger.

Jeudi 11 décembre
A mon café le Penalty je lis dans le journal le salaire gentil de la madame des sous qui est secret.

Quand je reviens de mon Carrefour je m’arrête à Gary qui fume à la conciergerie devant et me crie. Me crie de quoi ? Me crie de mon message de Ravachol qui est cause de couler l’Opéra.

Informé par Marcel de retour de la boulangerie que Eric a vu s’effacer le programme du spectacle de Brutus et Mozart je monte tel la fusée dans l’ascenseur avec Gary car mon professionnalisme a voulu que j’enregistre hier ça sur ma clé dans ma poche de gilet où règne le chocolat en noisettes. Oui.

Dans l’ascenseur Gary m’attrape mes cheveux comme dans les films du Parrain et me prononce : « Tu es mon ami. »

Vendredi 12 décembre
A ma sieste à domicile, Gary m’appelle dans le téléphone. J’ai rendez-vous dans le bureau de la directrice noble avec lui où je me rends et m’assois sur le canapé rouge qui gratte.

Madame De La Tour, admirable de calme et courage face à mon individu, m’informe que sa dame des sous est contrariée très de la tournure de mon avertissement en grève et qu’elle pleure.

Par miséricorde de chrétien je décide alors que j’enverrai un message d’excuse à cette malheureuse.

Que je fais immédiatement sorti de ce bureau de directrice après que Gary m’a grogné devant les cabinets des choristes : « T’es intelligent, Caizergues, mais t’as un fusible de pété ! »
Dans ma cervelle je sais qu’on pardonne tout aux fous. Donc, continuons de faire mon maboule. Oui.

(à suivre)


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MAISON HANTEE
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