Idomeneo, re di Creta








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Potin de merdre 1 : Compte rendu très subjectif (notes prises à la va-vite, et qui peuvent donc être contestées, et même jugées inexactes) de la réunion d’information du personnel qui a eu lieu le 9 décembre à 17 heures salle Molière à l’Opéra Comédie de Montpellier France Europe Monde après la tenue du Conseil d’administration de l’OONM-LR qui venait de voter des mesures pour rétablir la situation financière et artistique à laquelle doit faire face notre Maison gentille



A 16 h 55 la salle est déjà pleine (plus de monde, le double voire le triple, qu’à l’AG de début octobre).

Je m’installe en haut, derrière l’administration. Mes collègues machinistes sont en bas, au pied de la scène, regroupés autour de notre chef.

Un machino vient me chercher. Etant donné l’avertissement qui vient de m’être notifié, ils veulent que je sois au milieu de l’équipe pour marquer leur solidarité. D’autant qu’à peine arrivé, le président Didier Deschamps aurait demandé qu’on lui désignât Jean-Luc Caizergues du doigt (en cachette derrière la main). Oui.
La réunion d’information commence.

De jardin à cour sur la scène, attablés : le président de l’Association, la directrice générale, l’administratrice générale (qui ne prendra pas la parole).
Le président Deschamps parle le premier et se présente comme « grand chauve » pour désarmer d’avance les moqueurs. Puis il déroule un long discours intéressant au début, ennuyeux à la fin. Je crois qu’il lit son texte mais ça ne se voit pas, l’homme a dû être comédien amateur dans une vie antérieure (avant de finir à la DRAC).

Madame Valérie Chevalier, directrice, explique ensuite avec précision et concision, posément, les mesures qui vont être prises pour sauver les meubles.
Rapidement les salariés comprennent, même si le chantage plane, qu’il n’est pas question pour l’instant de PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). Et donc ils semblent soulagés.

Mais ils comprennent aussi qu’ils vont perdre 4 % de salaire. Alors l’agacement prend le pas. Des questions viennent titiller les conférenciers, qui répondent parfois sèchement (Chevalier) ou ironiquement (Deschamps).

Personne, parmi ceux qui posent des questions, n’ose franchir le pas de la révolte agressive. Sans doute par réserve naturelle ou peur de se désigner comme candidat à une hypothétique future « liste ». D’autant qu’on vient d’apprendre qu’une vingtaine de personnes en âge de partir à la retraite (ou proches de) se verront proposer de l’argent et des mesures d’accompagnement pour les inciter à dégager la piste.

Il semble, mais je me trompe peut-être, qu’on essaie de faire peser sur les salariés âgés un sentiment de culpabilité : s’ils refusent de partir, le PSE sera inéluctable, et donc ils mettront en danger leurs collègues plus jeunes.

On oublie de dire qu’une personne âgée salariée rapporte en cotisant, mais qu’au contraire un retraité coûte. Et que, multipliée aux quatre coins de France, cette politique de dégraissage liée à l’âge, contradictoire avec le recul de l’âge de la retraite, peut avoir sur l’économie nationale des conséquences graves à moyen et long termes. Mais bon, je ne suis pas un spécialiste en la matière. Il faudrait demander à « oeconomica musicus », notre éditorialiste.

Paroles relevées durant cette réunion (mais ce n’est pas un enregistrement, il y a donc des raccourcis à l’écrit, et sans doute de petites erreurs ici et là) :
Deschamps (au micro) : « Je vais faire un point le plus précis possible au sujet des mesures à prendre pour la Maison. »

« La Maison traverse une triple crise : artistique, sociale, financière. La crise financière n’est pas la plus passionnante mais l’argent c’est le nerf de la guerre. »

« En octobre il y a eu un équilibre financier en trompe-l’œil. »

« Diminution du budget artistique : on est passé de 5,3 millions à 2,8 avec à peine 13 % du budget de la Maison. Et au train où vont les choses, la masse salariale et le loyer du Corum en expansion, notre budget artistique tombera à 10 % puis moins encore. Ce n’est pas acceptable financièrement, moralement, politiquement. »

« Il y a un déficit structurel de 3 millions. »

« 2010 a été un tournant décisif. 1) Disparition de Georges Frêche. 2) Le départ de René Koering, laissant d’ailleurs un déficit de 700 000 euros, l’équivalent du déficit de 2014. 3) La crise qui rattrape les collectivités locales. »
Au sujet de ces 700 000 euros, je me suis renseigné. Voici ce qu’on me répond (qui n’est selon moi qu’une hypothèse, bien sûr) :
« Ca a l'air d'être ça (700 000) et pourtant il y a à redire. Le trou au départ de Koering n'est pas dû à ses fautes de gestion mais à ses indemnités de départ (au titre de la rupture de contrat + 1 an de salaire au titre de la rallonge de 2 ans que Georges Frêche lui aurait accordée et pour laquelle il n'aurait effectué qu'un an partiellement. Avec l'hydre, on devrait ne pas être loin des 700 000, mais c’est à vérifier). 

Le départ de RK ayant été inattendu, la somme semble n’avoir pu être approvisionnée. »
Autre chose, me dit-on, concernant le budget artistique réduit : « Des dédits pour 2014/2015 ont été payés pour des opéras annulés (2 paraît-il, dont la création mondiale " La Dispute", qui avait déjà été repoussée à cette saison). Il paraît difficile de ne pas conclure que si on n’allait de procès en dédit, saupoudrés de maladroites non-coproductions, le budget artistique ne serait pas tant réduit à peau de chagrin.

Ces malheurs jamais assumés auront-ils une fin ? Apparemment non, puisque l’OONM-LR ferait appel en justice pour des décisions qui lui sont défavorables. » 

Deschamps (suite) « Il ne faut pas mettre ça sur le compte d’une mauvaise gestion. Je veux démentir les rumeurs sur la gestion financière de l’OONM-LR. Je l’ai dit aux politiques. C’est une légende urbaine à qui il faut tordre le cou. »

« Entre 2002 et 2010 : augmentation de 500 000 euros par an (salaires, etc. ?). L’équipe sortante (Jean-Paul Scarpitta ?) a réduit ces coûts de 60 000 euros. Mais ça ne peut se poursuivre, ces réductions, sans mettre en péril le fonctionnement. La Région a retiré 5 millions. L’Agglo n’a compensé que partiellement cette subvention perdue et on a 500 000 en moins du département. »

« Mais ça ne sert à rien de dire que c’est à untel ou untel la faute, ce n’est pas très productif. »

« Le constat : nous héritons d’une situation extrêmement difficile. Toute l’équipe dirigeante et le président sont nouveaux… L’actualité en France et ailleurs… Les vaches maigres succèdent aux vaches maigres… La réponse à ma lettre au Père Noël (les politiques) est aussi brève que négative (réponse à une demande augmentation de la subvention ?). »
« Comment faire pour redresser la situation compromise ? Grâce à Allary (président de Région) qui a versé la subvention (4 millions) nous passerons l’hiver. Mais ce n’était pas gagné il y a deux mois encore… Les difficultés ne font que commencer. Il manque 3 millions pour doter cet opéra d’un budget artistique digne d’un opéra orchestre national. Augmentation des recettes et baisse des dépenses… La billetterie n’augmentera pas, elle diminuera avec une programmation maigrelette (la saison 2014/2015 de JPS)… L’autre ressource : le mécénat. Je ne suis pas sûr que l’image renvoyée par cette Maison depuis deux à trois ans invite les mécènes à vouloir dans un premier temps associer leur image à notre entreprise… Comment diminuer les dépenses ? Pas question de diminuer le budget artistique. Il faut carrément les ( ? illisible dans mes notes). »

« 3 millions de loyer à Montpellier Events, c’est scandaleusement trop. Nous allons négocier, Chevalier et moi. Mais la convention court jusqu’en 201 (?) (janvier 2016 ?). J’espère gratter 1 million sur le loyer du Corum en 2016, mais pas sûr de réussir. »

« Masse salariale : 65 % des dépenses de l’établissement. »
Deschamps (président des Retraités anonymes ?) en tire cette conclusion : « Départs non remplacés à la retraite en tenant compte de la pyramide des âges. »

Il ajoute : « Certains (des politiques ?) voulaient un plan social et une liquidation totale de la Maison puisqu’il y a un excellent opéra en activité à Toulouse (d’autant que la Région donne 4 millions à Montpellier et rien à Toulouse). »

« Personne n’a dit ni murmuré que c’était la faute des personnels. »

« C’est la méthode douce, des moyens doux qui ont été choisis pour arriver aux objectifs chiffrés. »

« Partout en Europe et en France, il y a des protestations pour soutenir le rôle essentiel de la culture joué dans la vie en société. J’adhère. Pendant deux ans j’ai moi-même écrit des discours en ce sens. Victor Hugo a écrit des choses extraordinaires à ce sujet. C’est une conviction profonde de ma part… On n’est pas une entreprise privée où les patrons font suer le burnous pour toujours plus de dividendes. On est dans le même bateau. »

« La seule raison d’être de la Maison est de donner des concerts et des opéras de bonne qualité. Personne dans le pays ne pourrait accepter que 20 millions ne servent qu’à sauver des emplois. Le but c’est de lever le rideau sur des spectacles de qualité. Faute de quoi, si on laisse filer les choses pendant cinq ans on aura 20 millions d’argent public pour 1 seul concert le jour de la Fête de la Musique, et ce n’est pas acceptable… Après avoir consulté pas mal d’experts qui ont dit (le président prend l’accent du midi, sans doute pour moquer gentiment l’un des experts) : «  A un moment donné, faut que ça bouge ! »

« Valérie a travaillé sur des mesures efficaces, humaines, acceptables. »

Valérie Chevalier a la parole :
« Projet artistique et culturel… Maintien du label national… Réponse à un cahier des charges précis + EPCC… Toutes les hypothèses sont arrivées vers nous… Ces hypothèses ne nous plaisaient pas pour des raisons humaines… Notre projet a été validé par le CA à l’unanimité... dans un climat apaisé, pas d’invectives, les gens se sont parlé correctement… Maintien de la vie de l’Opéra… »
Un musicien l’interrompt : « Et l’Orchestre ? »

Réponse de Chevalier : « L’Opéra et l’Orchestre. On parle de l’un ou l’autre pour dire la même chose. »

Puis Chevalier continue : « Réduction des coûts, réduction du loyer au Corum et de la masse salariale… Accord de principe sur la réduction du loyer en 2016… Pas question pour nous d’aller travailler ailleurs pour les répétitions… L’indexation du loyer au Corum nous plombe : 150 000 euros d’augmentation ces trois dernières années… La masse salariale : nous sommes en sureffectif. Je l’assume. Il y a des services pléthoriques. Il faut l’accord de tous pour les négociations avec vos instances représentatives. Nous évitons le PSE, le départ contraint de plusieurs dizaines de personnels (de certains services artistiques notamment, mais c’est dans tous les services). Je me suis basé sur l’activité des différents services. Activité partielle. Ca veut dire l’ensemble du personnel, pas un service particulier, ça je ne voulais pas. Ca fera 4 % de baisse de l’activité partielle pour développer l’activité artistique. »

« Départs à la retraite. Certains améliorent leur retraite avec le salaire (selon madame Chevalier, ces personnes touchent actuellement une retraite tout en travaillant à l’OONM-LR), ils pourraient partir. Les départs, sinon, ça ne concerne pas seulement des gens proches de la retraite et qui l’ont dépassée. Ca peut être des gens qui veulent changer d’orientation professionnelle. On les accompagnera. »
« Il y a des accords d’entreprise qui plombent et qui sont obsolètes. Il y aura des négociations à partir de mars. De juin à décembre on fera un bilan. Si c’est insuffisant, les tutelles maintiendront un positionnement classique, un PSE, c’est-à-dire un plan social… Donc on va se mettre au travail avec les instances représentatives. »
Didier Deschamps : « Saurel a fait une conférence de presse aujourd’hui où il a dit sa ferme volonté de sauver la Maison. »
Les questions du personnel s’enchaînent ensuite, aux quatre coins de la salle : musiciens, choristes, administratifs, techniciens.
Réduction partielle ?

« 1,5 millions en août 2015 sous réserve de l’accord de la direccte. » (la plupart des salariés de la Maison n’avaient jamais entendu parler, jusqu’à ce 9 décembre 2014, de cette fameuse direccte. La direccte prend en charge financièrement, semble-t-il, une partie de la baisse d’activité de 30 %, ce qui fait 4 % de moins sur le bulletin de paie pour le salarié.)
Nombre de départs volontaires espérés ?

« Un peu plus de vingt. »
Quelle est le positionnement des tutelles pour le passage à la grande région ?

Deschamps : « Philippe Saurel a dit que si Martin (?) et Damien Allary (…) tout se passera bien. » (mes notes sont quasi illisibles à cet endroit)
Au sujet de l’EPCC ?

Deschamps : « C’est MOI qui l’ai demandé en 2007… Quand j’étais à la DRAC… On était presque prêt sauf qu’il manquait un projet artistique et culturel articulé… Les prédécesseurs de Chevalier ne l’avaient pas préparé… Pas de projet, pas de moyens et des difficultés culturelles et structurelles, bref, on n’était pas prêt… Le président de l’Agglo et de la Région n’ont pas une position de principe sur l’EPCC. Quand on sera prêt, sans déficit, on sera prêt pour passer en EPCC. »
Y a-t-il des modalités d’accompagnement pour les départs volontaires. Avez-vous thésaurisé ?

Deschamps : « Les départs volontaires seront accompagnés d’indemnités légales, au moins, et incitatives. Pour ceux qui n’ont pas 65 ou 66 ans, ils pourraient partir aussi avec des indemnités qui leur permettraient de se recycler professionnellement avec accompagnement… Chevalier : « Les départs volontaires permettent aussi de redéployer en interne, de changer de poste. »
Les économies iront alimenter les départs volontaires ou l’entreprise ?

Chevalier : « Pour l’instant ce serait de l’autofinancement… On est en train de renégocier avec les tutelles pour qu’elles nous aident financièrement à sauver l’entreprise… 250 000 à 300 000 euros d’augmentation chaque année sur la masse salariale, c’est voué à disparaître, on deviendrait un garage, comme d’autres Maisons. »
Les départs à la retraite : postes gelés ou supprimés ?

Chevalier : « Pas question de supprimer les postes gelés… En 2015 il y a 24 personnes qui pourraient prendre leur retraite et beaucoup d’autres qui le voudraient. Si les 24 personnes décidaient de partir, on ferait appel à des intermittents… Les suppressions sont à peu près réparties dans chaque pôle, harmonieusement réparties. »
Le Directeur musical ?

Deschamps : « On n’a pas aujourd’hui 65 000 euros à donner pour un Directeur musical. » (selon mes sources, c’est par an, charges comprises… mais + les cachets ça fait beaucoup; on se contentera donc pour l’instant d’un Chef principal : le grand Michael Schønwandt, à compter du 1er janvier 2015).
Info qui n’a rien à voir, ou presque : « Des chefs prennent (selon mes sources toujours) 10 000 boules mini par concert. Les chanteurs, entre 5 et 15 000 selon la gloire. » 
Les « sources » de mes sources : le Figaro.fr « salaires des chefs » et « salaires des chanteurs », page 1 de Google.
Christian Merlin / 2010 :

« La rémunération des chefs invités varie selon leur notoriété. Les maestros en pleine ascension peuvent toucher de 8 000 à 20 000 euros par soirée. Les chefs de réputation mondiale émargent entre 20 000 et 30 000 euros. Les stars gagnent plus de 30 000 euros par concert, voire 50 000. »
Léna Lutaud / 2009

« Le « top fee » réservé aux quinze plus grandes voix est de 15 000 euros brut par soir. Les étoiles montantes comme Diana Damrau ou Sophie Koch obtiennent entre 5 000 et 12 000 euros. »

Un salarié s’insurge au sujet des dérives financières, de la « gabegie »

Chevalier : « Je préfère regarder l’avenir que le passé. Il s’agit aujourd’hui de sauver cet opéra-orchestre. »

Le salarié : « Il y a des gens qui peuvent travailler jusqu’à 70 ans (ils ont le droit). »

Chevalier : « C’est une responsabilité citoyenne. Vous avez des enfants ? Il y a des jeunes qui sont sur le marché de l’emploi. Y en a qui cumulent leur retraite et leur salaire et pendant ce temps des gens de 35 à 50 ans ne retrouvent pas de travail. Alors le choix est fait. »
Chevalier (à un musicien qui s’inquiète du répertoire à jouer s’il y a des départs de l’orchestre) : « On parle de réduction d’effectifs, on veut activer les départs contraints. On ne va pas aller dans le détail maintenant de la nomenclature de l’orchestre. On fera travailler les intermittents. On a besoin d’eux. »
Au sujet des 4 % de réduction de salaire, un salarié dit que gagner 1500 euros ou beaucoup plus, ce n’est pas pareil (un autre crie « Bravo ! »).

Chevalier : « On en parlera aux négociations, j’en suis consciente. »
La date butoir avant le PSE ?

Chevalier répond et un salarié lui dit : « Trois ans de sursis, alors ? »

Chevalier comprend « Trois ans de soucis. » Rires dans la salle.
Peut-on se permettre d’embaucher un Chef Assistant ?

Chevalier : « On en a besoin pour les concerts en région, et on aide un jeune chef à se développer. J’ai fait ce choix. » (il s’agit peut-être d’un poste aidé par l’Etat)
Chevalier dit qu’elle expliquera son projet artistique avec Opéra Junior. Et elle veut redynamiser les ressources propres : billetterie, sponsoring.
Visibilité de l’OONM-LR à Montpellier et en région (communication) :

Chevalier : « La publicité coûte extraordinairement cher. C’est 20 000 euros les 20 secondes de spot publicitaire pendant 10 jours sur Radio Classique. »
Mécénat :

Deschamps : « René m’a dit : « On s’est entendu avec Georges Frêche. Tout le mécénat est siphonné sur le Festival de Radio France, et on n’en met pas sur l’Opéra et Orchestre. »
Deschamps encore : « Tous les efforts, c’est pour faire remonter cette Maison en 1ère division, avec une qualité qui lui donne une visibilité nationale. Il faut que le public de Montpellier et la région soit satisfait. »
Un musicien prend longuement la parole, debout dans l’allée centrale : « Jamais un réel projet artistique à long terme… Quelle est la différence entre les dirigeants de Toulouse et les nôtres ?... (Toulouse semble réussir) Vous essayez… et ça va se faire, mais la situation qui va se mettre en place est en fait un dérivatif car les personnes qui n’ont pas pris au moment crucial leurs responsabilités, ce sont ces personnes les responsables. Elles sont responsables par leur inactivité et par leurs jeux de pouvoir. Leurs querelles larvées, c’était au détriment de notre Maison. C’est maintenant au personnel de réparer… Madame Chevalier, vous ne connaissez pas la situation… »

Chevalier : « Oui, vous la connaissez mieux que moi. »

Deschamps : « En tant que président de l’Association, et c’est de mon devoir… (Deschamps parle de l’absence de différence entre Toulouse et Montpellier, mais je ne comprends rien à ce qu’il dit).

Le musicien : « A Toulouse, le financier et l’artistique sont serrés et ici non… Vous allez faire porter le chapeau au personnel de cette Maison. Pourquoi ne pas passer en régie municipale ? »

Grognement de Deschamps (à un moment il glissera qu’il est bénévole, lui – contrairement à nous –, que les politiques sont venus le chercher; moi je pense que s’ils étaient venus le chercher pour travailler gratuitement sur les chantiers, à l’usine ou à la mine, il n’y serait pas allé, non).
Dans les services pléthoriques, vous allez convoquer les gens ?

Chevalier : « Aucun service n’est visé particulièrement. Le sureffectif concerne tous les pôles. »

Deschamps, qui commence à en avoir marre ou a rendez-vous ou commence à avoir faim, lance : « C’est l’heure de l’apéro ! » (beaucoup y verront du mépris)
Un salarié signale qu’aujourd’hui il n’y a en ville aucune affiche de nos spectacles par rapporte à avant.

Deschamps : « On va demander à la Ville de faire un effort. On avait rendez-vous mardi mais elle a disparu. » (la responsable de la Culture venait d’être virée par Saurel)

Un salarié : « Pourquoi demander à la Ville si tard ? »

Chevalier : « Parce nous venons d’arriver. »

Deschamps : « Et nous allons partir. »
Tout le monde se lève et s’en va. Des salariés applaudissent. Oui.


Quelques réactions (écrites ou orales) de salariés après cette réunion d’information :


Je ne sais s'il existe beaucoup d'entreprises où les employés applaudissent massivement à la fin d'une réunion leurs employeurs qui annoncent qu'ils vont être moins payés, et que les effectifs vont diminuer....!
Sacher Masoch
On est cocus et on paye la chambre.
Gorge fraîche
Voici mon point de vue sur la situation actuelle :


1) Tous les conseils d'administration qui se sont succédé ont approuvé les comptes de l'OONM, malgré les dépenses pharaoniques ayant pour commandant de bord un surintendant.

2) Les 4 % de baisse salariale, en ces temps difficiles, doivent toucher en toute équité les gros salaires de cette Maison et pas ceux qui rament depuis de nombreuses années avec un petit salaire.

3) En ces temps difficiles, de morosite ambiante dans notre pays, il serait bon que dans la programmation les choix soient éclectiques. Le lyrique à gogo touche une élite de personnes. Notre théâtre, autrefois municipal et maintenant bâtiment Agglo, doit accueillir certes de l'opéra, mais aussi d'autres genres : théâtre, et pourquoi pas one man show en location de salle, etc. Plus populiste, on remplirait les salles. Une belle opérette pour les fêtes de fin d'année au lieu d'un spectacle sinistre, par exemple. Le public a besoin d'humour, de gaieté.



4) Si la billetterie se désertifie, il faut dire aussi que pour aller acheter ses places c'est peu engageant :


- pas de calicot en façade avec une affiche alléchante, comme dans tous les théâtres parisiens
- il faut enjamber les toxicos ivres dès le matin qui vomissent dans les escaliers d'accès à la billetterie (à Paris on ne voit pas cela, la sécurité du lieu ne laisse pas ces personnes obstruer les accès).



Il faudrait aussi un peu plus de simplicité dans les dépenses. Les temps ont changé, les fastes de la cour sont d'un autre siècle. Et arrêt des grèves : on ne prend pas un public en otage, c'est le seul remède pour finir seul.

Lilas mai
Je n’ai pas eu d’érection après cette réunion.
Karim
Notre direction est à l’image de notre président Hollande : « Le changement, c’est maintenant. »
Eric
C’est le commencement de la fin.
El Salséro
Je n’étais pas à cette réunion. Mais selon ce qu’on m’en a rapporté, il faudrait d’abord baisser les gros salaires.
Bastien
J’ai l’impression qu’on a eu affaire qu’à des hypocrites.
Djibril
Ma première impression au début de la réunion, dès que le président a parlé, j’ai pensé : « On est morts. »
Boris
Réunion d’information nulle. Vraiment nulle. Ca n’a pas porté ses fruits… Je regrette de ne m’être pas exprimé sur le moment. J’aurais eu des choses à dire.
Dédé

Bonjour Jean-Luc,

Les réactions sont très nombreuses ce matin, beaucoup de déception. Le discours de Valérie Chevalier n'a pas convaincu, comment peut-elle annoncer que la quasi-totalité des services est en sureffectif alors qu'elle-même est venue avec une assistante (par ailleurs très bien…), c'est mal venu !!!

Le problème n'est pas réglé. Je suis très déçue des politiques qui cautionnent des projets de saisons lyriques au-dessus de nos moyens, mais à quel PRIX !!!!!

Il ne faut pas se faire d'illusions, les personnes ne vont pas se bousculer devant la porte de la DRH (pour démissionner), l'esprit civique ne fait pas partie de cette "maison".

Pas sûre que tout le monde ait compris que le personnel allait se retrouver à temps partiel avec une diminution de salaire; on engraisse encore les "GROS" !!!

Les précisions sont prévues pour QUAND ?

Fantômette

Salut Jean-Luc,

Je te balance quelques idées en vrac :

  1. Valérie Chevalier qui ouvre l'AG en disant qu'on est en sureffectif, c'est l’hôpital qui se fout de la charité.

  2. Faire perdre 4 % de salaire à tout le monde c'est reculer pour mieux sauter. Dans 1 an, plan social et hop ! tout ça pour des prunes !

  3. Et les économies sur les frais de la direction ?

Véritas
Je m’inquiète à cause d’une baisse de salaire de 4 % car je ne pourrai plus organiser autant de soirées libertines dans l’année.

Si l’OONM-LR veut subventionner mes soirées, je peux les organiser sur la scène de l’Opéra Comédie pour donner du travail au personnel avec pour présentateur monsieur le directeur technique nu (c’est un ami de trente ans).
Toni
Ils n’ont qu’à augmenter de 40 % mon salaire comme ils ont fait pour eux. Et après ils me le baissent de 4 %, et même de 5. Ca me fera + 35 %.

Et je leur fais cadeau des récupérations qu’ils se sont partagées fin 2012 (des centaines de milliers d’euros !).
Louis Le Généreux

Hors de question que l’on touche à mon salaire d’ouvrier pour sauver les Millionnaires de l’Orchestre ! Sinon, méfie aux peaux de bananes dans les escaliers*.

A quant foutras.......

*Humour ?

A l'AG j'ai trouvé dommage que certains musiciens ramènent tout à leur petite personne alors que l'on venait d'annoncer que tout le monde allait perdre 4 % de son salaire. 
Bien évidemment pour tous les musiciens qui cachetonnent ailleurs, 4 % ce n'est pas bien grave. Par contre pour certains administratifs à 1500 euros par mois, oui c'est grave ! 60 euros en moins par mois c'est beaucoup ! Et ils ne cumulent pas les emplois, eux !
Germinal


Des responsables pas coupables --- Un président fin politique-rusé-et-matois --- Une directrice qui fait ce qu'elle dit --- Un personnel incrédule, assommé, révolté, lucide ou complètement décalé --- Une époque qui est révolue, un monde qui s'effondre, une page d'histoire qui se tourne...
Jacques le Fataliste
Qu’ils aillent tous se faire enculer !
Le Suceur
« Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs. »

A. R.
Ca m’a choqué quand le président a dit : « La réunion est finie, c’est l’heure de l’apéro ! » C’était méprisant.

Ca sous-entendait qu’on était des ouvriers, des fonctionnaires, des fainéants, des ivrognes.

Les techniciens par exemple ne boivent pas, ne fument pas, ne prennent pas de la cocaïne et ils font du sport quand leur travail leur en donne le temps.
Marcel
Je ne bois pas l’apéro, moi !
Anonyme
Une bonne chose de faite, cette réunion.

Tout en douceur…
Paul
Quelle tronche de… ce Deschamps ! Le vrai…

Laissez-le-moi un quart d’heure dans un local à poubelles, je vais m’en occuper.
Justin Bridou
La seule personne correcte des trois sur scène : Chevalier.

Le reste, ça vaut rien.
Le voyeur
Je pense que c’est de la poudre aux yeux.

Dans quelques mois il y aura un plan social, c’est prévu.

Surrans a refusé et Chevalier a accepté.

Elle est là pour ça. Elle est payée pour ça.
Jean Foutre
Tous les salariés seront-ils à temps partiel, direction comprise ??

La réduction des horaires de 30 %, cad 25 heures pour les personnes à 35h, et 20h pour les temps partiels me semble un peu difficile dans certains cas.

En théorie cela paraît simple mais dans la pratique il va falloir ajuster...

Pierre Vive

Je trouve que la directrice a très bien expliqué la situation de la Maison de façon ordonnée, claire et concise.
Châtel
Je suis resté sans voix.
Un choriste

***

Potin de merdre 2 : Vers un dégraissage à l'Opéra-Orchestre / Vers une réduction des effectifs en perspective
Par Jean-Marie Gavalda, Midi Libre du 10 décembre 2014 A. R.

montpellier : vers un dégraissage à l\'opéra-orchestre

Tous les secteurs notamment artistiques, seraient touchés.

PHOTO RICHARD DE HULLESSEN

La direction réfléchit à une série de mesure d'économies.

Dégraisser le mammouth ! La célèbre formule d'un ministre de l'Education pourrait s'appliquer à l'Opéra Orchestre national de Montpellier (OONM) qui se trouve aujourd'hui "en sureffectif ".

Après la sonnette d'alarme tirée par Philippe Saurel, maire et président de l'Agglomération de Montpellier, la direction de l'Opéra lance un "plan de redressement" visant à réduire la masse salariale pour redonner de l'oxygène au budget artistique divisé de moitié ces dernières années (2,8 M€ en 2014).

Recours au temps partiel ?

"On ne peut pas continuer à entretenir une maison de 240 salariés pour une programmation aussi maigre. Si on continue, la saison se réduira à un récital de piano solo pour le concert du Nouvel An" cingle Didier Deschamps. Sous sa présidence, le conseil d'administration réuni mardi a chargé la directrice Valérie Chevalier d'engager des négociations avec les syndicats. "Nous nous donnons six à huit mois de réflexion pour trouver des solutions consensuelles et éviter un plan de sauvegarde de l'emploi" commente cette dernière.

Parmi les pistes évoquées : le recours au temps partiel "avec une perte de salaire très limitée", des départs à la retraite ("24 salariés peuvent faire valoir leurs droits en décembre 2015"), et des départs volontaires accompagnés.

Philippe Saurel fixe entre 20 et 30 la fourchette des départs qui affecteront tous les secteurs, administratif, technique, et artistique. Une dizaine de postes ont déjà été gelés à l'orchestre (94 titulaires) et au chœur (32 titulaires) que complètent ponctuellement des musiciens et des choristes intermittents.

"Eviter d'aller dans le mur"

"Tous les rapports et les audits préconisent ces mesures pour éviter à l'Opéra d'aller dans le mur. Nous commençons par la méthode douce mais, attention, ce n'est pas de la mollesse" prévient Philippe Saurel. Pour anticiper la réaction des syndicats ?

Le président de l'Agglomération de Montpellier exclut tout recours à une augmentation des subventions.
"Il faut conscientiser l'ensemble des personnels de la maison dans une démarche humaine et sociale" temporise Valérie Chevalier.

D'autres économies pourraient venir d'une renégociation de la location du Corum. On mise aussi sur un regain de billetterie (1,3 M€ pour 20M€ annuels de subventions en 2014). Mais pour l'obtenir, l'Opéra de Montpellier devra redevenir attrayant.

La réaction : Commentaires sur Midi Libre.fr

Francine. il y a 3 heures 10 Décembre 18:25

Bien d'accord lilas2mai, sur tout ; et aussi sur la question des SDF devant l'opéra. Je ne vois ça nulle part ailleurs, et pourtant je vais à l'opéra ailleurs qu'à Montpellier, mais des SDF qui se sont annexés les marches de l'opéra, et à qui il faut demander de se pousser un peu pour pouvoir rentrer, ou sortir, on voit ça qu'ici ; pourtant, les autres villes doivent bien aussi avoir des SDF, non ? Après, on ne peut pas toujours critiquer la qualité de la programmation, il vient des artistes de qualité qui méritent une meilleure promo, et une meilleure visibilité ; parce que là franchement, pour savoir ce qui se passe, il faut vraiment chercher, et quand je trouve, c'est généralement sur la version papier du ML.

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levantamos il y a 4 heures 10 Décembre 17:48

Pourquoi avoir 4 violons alors qu'il suffit du 1er et du 2e?

Pourquoi 2 cors qui jouent le même morceau? Un seul suffit.

Pourquoi 60 choristes? Gardons une soprano, une alto, un ténor, un baryton.

Le chef, qui ne joue pas, n'est pas productif: supprimons-le, les musiciens doivent devenir adultes et se prendre en main eux-mêmes.

On devrait remplacer, autant que possible, les timbaliers (2 ou 3 notes) par des pianistes (88 notes), même si leur salaire est un peu plus élevé ils sont bien plus rentables.

Je suis sûr que si Macron s'occupait de l'orchestre, il aurait encore bien d'autres idées de bonne gestion.

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Rorkal il y a 5 heures 10 Décembre 17:08

@Pouetpouet34
Comment vous dire?... les sans dents (entendez les gens normaux...) doivent apprécier vos remarques : "Lorsque j'estime que Montpellier ne satisfait pas mon besoin culturel, je me rends à Londres ou à Paris pour voir des Opéras de qualité... a ma juste mesure..." J'espère juste que vous trouvez aisément à garer votre Jet Privé devant le Garnier....


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Rorkal il y a 5 heures 10 Décembre 17:03

@Pouetpouet34
30 000 euros/mois, c'est peu...très peu.... Je ne résiste pas à paraphraser Bertrand Cantat s'adressant à JM Messier : Camarade, on vit sur la même planète... mais décidément pas dans le même monde...


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Pouetpouet34 il y a 7 heures 10 Décembre 14:59

Lorsque que René Koering a obtenu le statut d'orchestre national, hélas, les budgets n'ont pas suivi. Car un titre, c'est beau, mais si le reste ne suit pas... Je ne m'étendrai pas sur le salaire du chef d'orchestre. Si c'est 30000 euros, c'est peu, très peu. Car pour attirer un grand chef, je ne vois que la carotte. Quant à la programmation, mille fois hélas, @Shirleyet a raison, et j'en fais partie, je me rends à Toulouse, Lyon récemment pour une Luisa Miller extraordinaire, Paris, Londres ou Marseille, pour entendre et voir des artistes que Montpellier n'accueille pas (ou ne peut accueillir). Henri Maier !!!!!!!!! Revenez ! Alerter Répondre

papy59 il y a 8 heures 10 Décembre 13:54

J'irai volontiers aux concerts si la programmation était meilleure et si mon épouse ne craignait pas de se garer le soir au parking du Corum. Quant aux salaires, il ne faut pas oublier que leur montant est "suggéré" par le ministère de la culture.

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Rorkal il y a 9 heures 10 Décembre 13:22

Si ma mémoire est bonne;;;; ET ELLE EST EXCELLENTE MERCI;;; Il me semble que dans vos colonnes de l'an dernier, on pouvait apprendre que les émoluments du directeur d'orchestre dépassent les 30 000 euros mensuels... Si cela se vérifie, voilà une bonne piste d'économie...

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Shirleyet il y a 10 heures 10 Décembre 11:59

@lilas2mai
C'est vrai qu'avant il y avait du théâtre ! Je me souviens d'une pièce russe qui durait 8h "frères et soeurs" je crois, les 24 décembre au soir ! il y avait des comédies musicales de très bonne qualité, venu de Belgique, comme "Certains l'aiment chaud" un merveilleux souvenirs... J'y ai vu des opérettes, notamment celles de Jérôme Savary. Des amis mélomanes et aisés ne mettent pas les pieds à l'Opéra de Montpellier mais vont à Paris, Londres ou New York où ils sont sûrs de trouver du beau et du bon... Mais le budget de Paris n'est pas comparable et à l'étranger les fonds sont privés, donc...


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Shirleyet il y a 10 heures 10 Décembre 11:48

Il était temps ! Oui certains services sont en sureffectif, l'Orchestre par exemple. Mais d'autres mériteraient un peu plus de bras pour faire le boulot dans de meilleures conditions. J'espère que les "bras cassés", les abonnés aux arrêts maladie, les pistonnés qui n'y ont pas leur place, ceux qui ne veulent plus bossés (âge, lassitude...) partiront histoire de remotiver les troupes qui ont déjà bien souffert. Les politiques, Frêche en tête, les directeurs et administrateurs qui se sont succédés et surtout une partie des salariés eux même sont responsables de la situation, donc tous doivent faire amende honorable. S'ils en sont capables...

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lilas2mai il y a 10 heures 10 Décembre 11:29

ah ! j'oubliais : et arrêt des grèves, on ne prend pas un public en otage, c'est le seul remède pour finir seul.

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