Partie 1 : Les déséquilibres macroéconomiques et financiers








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Module 4 : Déséquilibres, régulation et action publique

Partie 1 : Les déséquilibres macroéconomiques et financiers
Chapitre 1 : Inflation et déflation



  1. L’évolution du niveau général des prix : survol historique


Document 1 : définitions

L’inflation est généralement définie comme une hausse du niveau général des prix.

Pour mesurer l’évolution des prix, on calcule des indices des prix. L’indice des prix le plus utilisé est l’indice des prix à la consommation. En France, l’indice des prix à la consommation est publié par l’Insee qui, par convention, le calcule sur la base de 110 000 produits dont les prix sont relevés dans des agglomérations de plus de 2 000 habitants. Cet indice, dit « indice pondéré des prix à la consommation » (IPC), repose sur la stabilité des caractéristiques des produits.

Le taux d’inflation mesure l’augmentation en pourcentage du niveau général des prix au cours d’une période donnée.

La désinflation correspond au ralentissement du rythme de croissance de la hausse du niveau général des prix. Il y a toujours inflation mais à un taux de plus en plus faible.

La déflation constitue une baisse du niveau général des prix.


    1. Jusqu’au 18ième siècle


Document 2 : Durant l’Empire romain

L’Empire romain d’Occident traverse au 3ième siècle une période de forte inflation, conséquence d’une raréfaction de l’or et l’argent remplacés par des métaux de moindre valeur comme le cuivre, l’étain ou le plomb. En 301, cette inflation pousse l’empereur Dioclétien à promulguer l’édit du maximum : il prévoit la peine de mort à tous les commerçants qui augmentent abusivement leur prix !
Document 3: à partir du Moyen-âge

Les guerres continuelles, les croisades, le commerce avec l’Orient provoquent une pénurie de métaux précieux et une longue période déflationniste dont le pic est atteint à la fin du 14ième siècle. Les monarques (Angleterre, France, Espagne) instaurent alors un système monétaire dual dans lequel cohabitent des unités de comptes abstraites et des moyens de règlement métalliques. « Louis IX frappa l’écu d’or et le gros d’argent. Il fixa souverainement la valeur des pièces en livre tournois dans laquelle les dettes étaient exprimées. Aucun nombre n’était inscrit sur les pièces. Il offrait ainsi à ses successeurs l’opportunité de décréter des mutations monétaires sans avoir à remodeler les poids et les titres des pièces en circulation » (Aglietta Monnaie. Entre dettes et souveraineté, 2016). Lorsque la monnaie devient rare, le souverain manipule la valeur faciale des pièces, afin qu’elles se remettent à circuler et, d’éviter la déflation. Mais lorsque l’Europe est « inondée » d’or des mines d’Amérique du Sud au 16ième siècle, les systèmes dualistes basculent irrésistiblement dans l’inflation. La hausse des prix est d’environ 400% entre 1500 et 1600. Dans un système de monnaie métallique, l’inflation fait donc diverger la valeur déclarée des pièces et la valeur commerciale des métaux précieux qui constituent ces pièces. Les agents économiques cherchent alors à conserver les pièces pour la valeur commerciale du métal qu’elles contiennent et non plus pour leur fonction monétaire. Les pièces fabriquées dans les métaux les moins chères continuent à circuler. Ce que Nicolas Oresme résumera deux siècles avant la loi de Gresham par « la mauvaise monnaie chasse la bonne ».


    1. Depuis l’avènement de la société industrielle




      1. Jusqu’en 1945


Document 4 : le 19ième siècle et les cycles économiques

D’une façon générale, les prix industriels tendent à baisser au 19ième siècle, sauf durant la période de guerre internationale, de la guerre civile américaine, et du boom des chemins de fer au milieu du siècle. Cela peut s’expliquer par deux facteur essentiels : le premier est l’intégration croissante des nouvelles techniques de production qui réduisent les coûts unitaires en augmentant les quantités produites ; le second est l’existence de débouchés limités qui rendent vive la concurrence entre producteurs.

Si l’on envisage la période 1790-1890, on observe une multitude d’oscillations des prix et de la production, autour de plusieurs grands cycles longs débordant sur le 20ième siècle. Chacun comprend une phase d’expansion et une phase de dépression.

La France connaît au 19ième siècle, au même titre que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, le même mouvement de baisse des prix de gros et le même renversement de tendance au milieu des années 1890 qui conduira à l’explosion inflationniste du 20ième siècle.

Source : Pierre Bezbakh « Inflation et désinflation », La découverte, 2006, p.6-24
Document 5 : une succession de cycles des affaires

Durant la première phase du cycle des affaires, les investissements et la demande progressent, provoquant une tension sur le niveau général des prix. Mais rapidement cette hausse des capacités de production se heurte à une insuffisance structurelle de la demande (les classes moyennes n’apparaîtront qu’à la fin du 19ième siècle dans les sociétés industrielles), ce qui produit une crise de surproduction qui s’achève en déflation. De cette succession de crises économiques et financières naissent les banques centrales et la première forme de politique monétaire : l’intervention du prêteur en dernier ressort (W.Bagehot Lombard Street, 1873)
Document 6
Source : Pierre Bezbakh Inflation et désinflation (2006)
Document 7 : la période de l’entre-deux-guerres, des roaring twenties jusqu’à la grande crise

Après l’inflation de pénurie, caractéristique des années de guerre, le retour de la paix en Europe permit un redémarrage de la production et une croissance plus modérée des prix, sauf en Allemagne où sévit une « hyperinflation » spectaculaire. (…) La corrélation entre fluctuations de l’activité et des prix apparaît avec netteté : croissance et hausse des prix en 1919-1920, puis de 1920 à 1926 et en 1928-1929 ; baisse des prix et de la production en1921, 1927-1928 et après 1929.

Source : Pierre Bezbakh « Inflation et désinflation », La découverte, 2006, p.6-24
Document 8 : retour à l’étalon or et déflation en Grande Bretagne

Pourtant, la déflation ne disparaît pas dans ce 20ième siècle. Tout d’abord en raison du système monétaire fondé sur l’or. La volonté de retourner à l’étalon or en Angleterre avec les parités d’avant-guerre produit une déflation en 1925 et 1926. A partir de 1929, le système de l’étalon-or empêche les Etats d’utiliser des dévaluations compétitives pour stimuler leurs exportations et provoque un choc de demande négatif mondial. Les pays à excédents commerciaux stérilisent les entrées d’or pour éviter l’inflation (et la perte de compétitivité prix qui en découle), tandis que les pays à déficits commerciaux s’appuient sur une dévaluation interne pour améliorer leurs performances commerciales.. Ces comportements non coopératifs produisent un choc de demande négatif qui prolonge les effets de la crise de 1929 sur les prix (Barry Eichengreen Un privilège exorbitant, 2011).
Document  9 : la crise des années 1930, la grande dépression

C’est bien sûr l’effondrement des prix et de l’activité durant les années 1930 qui constitue le phénomène marquant de cette période. La baisse des prix, très forte de 1929 à 1934-1935, entraîna un effondrement des profits et un blocage de l’investissement, car elle était plus forte que celle des coûts de production, et des salaires en particulier. Cela constituait un facteur d’atténuation de la dépression et favorisa la reprise à moyen terme. Mais la relance n’intervient vraiment qu’à partir de 1936, par le biais conjugué des hausses de salaires et du développement de l’investissement public. On assista alors à une reprise sensible de la production industrielle et à une remontée des prix.

Source : Pierre Bezbakh « Inflation et désinflation », La découverte, 2006, p.6-24
Document 10 : l’hyperinflation allemande

Quelques années après la fin de la Première Guerre mondiale, l'Allemagne connut une flambée des prix exceptionnelle par son ampleur et unique dans l'histoire des pays industrialisés : en novembre 1923, un dollar valait 4 200 milliards de marks, contre 60 marks en 1921 et 4,2 en 1914. Un reichsmark de 1922 équivalait à 20 milliards de marks fin 1923 et un kilogramme de pain coûtait 600 milliards de marks ! Durant cette période la masse monétaire passa de 81 milliards de marks fin 1920 à 116000 milliards au milieu de 1923, masse dérisoire à la fin de l'année par rapport à la valeur exorbitante des transactions exprimées en marks.

Source : P. Bezbakh, « Inflation et désinflation », La découverte, 2011
Document 11 : la seconde guerre mondiale, une période de vive inflation

Les années de guerre relancèrent une inflation due à l’énorme ponction sur la production nationale effectuée par l’occupant allemand. (…) Les destructions causées par les combats et les bombardements alliés allaient encore aggraver la désorganisation de l’économie et la raréfaction de l’offre. (…)

Source : Pierre Bezbakh « Inflation et désinflation », La découverte, 2006, p.6-24
Document 12 : l’hyperinflation

En situation d’hyperinflation, les prix augmentent de plusieurs centaines, voire milliers, voire millions de pourcents par an ! Les prix doublaient toutes les 49h en Allemagne en 1923, toutes les 28 heures en Grèce sous l’occupation allemande de 1941-1944, toutes les heures en Hongrie au cours de la même période d’occupation !

Source : J.Couppey-Soubeyran « Monnaie, banques, finance », Puf, 2010, p.224



      1. A partir de 1945


Document 13 : de l’inflation rampante à l’inflation galopante

Dans un contexte de construction des sociétés salariales et des Etats Providence, l’inflation se stabilise, mais ne disparaît pas, avec une moyenne d’environ 3% sur la période 1953-1968. Cette inflation qualifiée de « rampante » devient « galopante » à partir de la fin des années 1960 jusqu’au début des années 1980. Aux Etats-Unis, elle passe de 2,4% en 1968 à 10,4% en 1981, en France de 4% en 1968 à 13,3% en 1980, au Royaume-Uni de 3,7% en 1968 à 16,2% en 1980. Seuls le Japon et l’Allemagne connaissent une accélération du niveau général des prix plus modérée.
Document 14 : la période 1950-1974, l’inflation rampante

Les années qui suivirent la fin de la seconde guerre mondiale furent marquées par l’inévitable tension sur les prix provoquée par une situation de pénurie (…). Puis, du début des années 1950 à la fin des années 1960, s’affirma un phénomène nouveau dans l’histoire des économies industrialisées : la hausse des prix, bien que relativement modérée (environ 3% par an en moyenne), devint permanente, et tendit à augmenter légèrement à la fin de la période. Elle s’accéléra ensuite fortement à la suite des deux chocs pétroliers de 1973-1974 et de 1979.

En 1970, alors que l’on était encore loin des taux d’inflation « à deux chiffres » des années suivantes, l’OCDE publiait un rapport intitulé « l’Inflation, le problème actuel ». Les auteurs s’inquiétait d’un taux d’inflation dépassant 5% l’an et reflétant – selon eux – une situation de surchauffe généralisée de l’économie mondiale. (…) Ainsi, le PIB augmenta—t-il d’environ 5% par an dans l’ensemble des pays de l’OCDE durant les années 1960, ce qui représente un doublement de la richesse nationale en quinze ans. Dans ces conditions, la volonté des salariés, entrant dans l’ère de la consommation de masse, de bénéficier des avantages d’une croissance rapide et le comportement des chefs d’entreprise portés vers l’élargissement de leur capacité de production firent passer au second plan l’objectif de stabilisation des prix. Les politiques anti-inflationnistes ne furent donc jamais draconiennes et les années 1968-1973 furent marquées par une tension plus forte sur les coûts, y compris dans le secteur industriel, qui avait jusque-là exercé un effet modérateur sur les hausses de prix entraînées principalement par les services. (…) En 1973, allait se produire une forte tension sur les prix, provoquée par de fortes hausses des coûts avant même, « l’explosion » du prix du pétrole.

Source : Pierre Bezbakh « Inflation et désinflation », La découverte, 2006, p.6-24
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