Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations








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Théories Economiques Comparées
Quels sont les déterminants de la croissance ? Quels sont les principaux courants ?
Première partie : les classiques ; quelle est l’analyse de la croissance et des crises selon les classiques ?
Deuxième partie : analyse marxiste de la croissance et des crises.
Troisième partie : dynamique de la croissance et des crises chez Keynes, en insistant sur les déterminants financiers de l’accumulation du capital, et de la crise en analysant les logiques spéculatives.
Quatrième partie : modèles post-keynesien, analyse financière et analyse de la répartition.

PARTIE 1 : LES CLASSIQUES :
Chapitre 1 : accumulation du capital et loi des débouchés :

Les économistes à travers l’histoire ne se posent pas les mêmes questions.
Les Classiques : quels sont les déterminants de la croissance ? Livre fondateur d’Adam Smith : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776)
Section 1 : le cercle vertueux du capital :
Le noyau des Classiques est l’idée qu’il existe un cercle vertueux de l’accumulation du capital.
Π=>S=>K=>Y=>R



L’accumulation du capital permet la croissance, pour accroitre le capital il faut épargner. L’épargne est soutenue par les profits ; la production engendre les revenus et donc les profits.

Le capital chez les Classiques (et chez Marx) est tout ce qui permet de produire, le travail productif et le salaire versé au travailleur productif sont du capital.
Chez les Classiques, le capital se décompose en trois :

  • les machines = capital fixe

  • les matières premières = capital circulant

  • travail productif = capital circulant


Il y a donc deux types de capitaux :

  • le capital fixe ; l’argent investit pour les machines

  • le capital circulant ; achat de matières premières et paiement des travailleurs.


Pour Marx : - le capital constant = machines et matières premières

  • le capital variable = travail productif

Selon Marx, seul le travail productif ajoute de la valeur.
L’idée que l’accumulation du capital apporte de la croissance se retrouve chez tous les économistes.
Une thèse centrale classique est que l’épargne est synonyme de capital. Pour les Classiques, tous les revenus épargnés sont transformés totalement et immédiatement en capital, directement ou indirectement par le système bancaire ou financier.

Il n’y a pas de sens à utiliser différemment ces produits ; la thésaurisation n’a pas de sens économique.
Les Classiques distingue trois classes sociales :

  • les salariés qui touche un salaire. (pour les classiques, si le salarié épargne, il devient alors capitaliste). Salariés=>salaires=>consommation

  • le capitaliste qui touche un profit. Capitaliste=>profit : =>consommation

=>épargne

  • le propriétaire foncier qui touche une rente. Propriétaire foncier => profit : =>consommation

=>emploi de salariés improductifs (le travail domestique ne produit aucune richesse selon les Classiques).
La grandeur d’un capitaliste se réalise lorsqu’il fait grandir ses affaires et qu’il améliore ses gains, il suit pour cela une logique de capitaine d’industrie.
Chez Keynes, une partie de l’épargne peut ne pas être réinvestie.

Un des débats centraux des théories économiques est que l’épargne engendre l’accumulation du capital.
Pour Keynes : c’est le niveau d’investissement qui détermine le niveau d’épargne. L’épargne est déterminée et non pas déterminante.
Pour les Classiques : ce sont les profits qui engendre l’épargne. Le cercle vertueux du capital est un argument de poids au tournant des politiques économiques de ces dernières années. Il faut augmenter les profits des plus roches car ils favorisent la croissance.

Section 2 : la loi des débouchés :
Les Classiques : pour que le cercle vertueux soit possible, il faut une concurrence libre. Les capitalistes vont se conformer à ce schéma. Le risque des sociétés est que nul ne connaît l’intérêt général, chacun à son intérêt propre. De cette façon, le monopole est un principe de comportement capitaliste.
Loi de Say : c’est une synthétisation de la loi des débouchés ; attention, Jean-Baptiste Say n’est pas l’inventeur de la loi des débouchés.
Loi des débouchés : elle comporte deux propositions :

  1. égalité des offres et des demandes globales.




Offre > Demande

Offre < Demande

Prix de marché < prix naturel

Prix de marché > prix naturel

Profit courant < profit naturel

Profit courant > profit naturel

Baisse du capital

Hausse du capital

Baisse de l’offre

Hausse de l’offre




  1. L’offre crée sa propre demande (cela explique 1.)


Schéma classique :
Y=>R=>D =>salaire=>consommation

Y : =>rente : =>consommation

=>travail improductif=>salaire=>conso

=>profit : =>consommation

=>travail productif=>salaire=>conso

=>matières premières et machines

Schéma keynésien :
D=>Y=>R


Pour Kalecki : il existe deux classes sociales :

  • les salariés qui dépense ce qu’ils gagnent.

  • Les capitalistes qui gagnent ce qu’ils dépensent (rôle des crédits d’affaire).


Chapitre 2 : la crise selon les Classiques :


Section 1 : la crise de l’état stationnaire selon Smith :
Tous les Classiques sont en accord avec le cercle vertueux de l’accumulation du capital. De plus, ce cercle est infini ; tous vont rajouter qu’il y ait une fin au cercle vertueux. Chez Smith, il y a un horizon lointain d’une crise, c’est l’état stationnaire lié à une baisse des profits ; Ricardo à la même théorie.
Pour Smith, les économies capitalistes vont butter sur un problème de débouchés lui même provoqué par une saturation des besoins. On voit apparaître alors un excès d’offres sur l’ensemble des marchés, cela va provoquer une concurrence acharnée entre les capitalistes. Cela signifie que sur tous le marchés, le prix de marchés va tomber en dessous du prix naturel, il va donc bien y avoir blocage de l’accumulation du capital et donc stagnation économique.

A. Smith expose un raisonnement conforme à la loi des débouchés, en marche normale il peut y avoir des crises de surproduction partielle, le raisonnement est qu’avec l’horizon d’un état stationnaire il y a alors remise en cause de la loi des débouchés, on a bien dans ce cas précis une crise de surproduction générale.

Quels sont les moyens qu’expose Smith pour retarder la venue de cet état stationnaire ?

C’est le commerce extérieur ; il évoque plus spécifiquement le commerce avec les colonies. En première instance, ce commerce est condamnable pour des raisons économiques car c’est un commerce de monopole. Pour Smith, le comportement du capitaliste et de se constituer un monopole, il ajoute que ce commerce a une qualité celle de permettre d’écouler les marchandises en surplus.

Tout ceci n’empêchera pas l’arrivée de l’état stationnaire mais d’en reculer l’échéance.

Section 2 : la crise de l’état stationnaire selon Ricardo :
Ricardo, plus que JB Say lui même, se pose comme un défenseur de la loi des débouchés. Il présente sa propre explication des crises.


  1. la loi de population et rendement décroissant dans l’agriculture :


Ricardo va faire sienne les deux thèses de Malthus :


  • la loi de population ; au fur et à mesure que la richesse des nations augmente la population augmente encore plus vite. Malthus en formulant cette thèse dit vrai sur la base des statistiques qu’il a réussît à accumuler.




  • La loi des rendements décroissants dans l’agriculture. Cela signifie que les gains de productivité sont très faibles dans ce secteur à cause de la fertilité des sols, pour produire plus il faut mettre en culture des terres de moins en moins fertiles et cela provoque une hausse du prix du blé. Cette seconde hypothèse est erronée parce qu’il a sous estimé les capacités productives de l’agriculture.




  1. Salaire et baisse du taux de profit :


La hausse du prix du blé provoque l’augmentation des salaires, car les salaires naturels sont déterminés par le prix naturel du blé, si le prix naturel du blé augmente alors les salaires augmentent.

Prix naturel = salaire + profit + rente


  1. Crise des commerces extérieurs :


Quel est le moyen de retarder l’état stationnaire ? Ricardo fait l’éloge du commerce extérieur et notamment du libre échange de marchandises agricoles. Au moment où il écrit il y a deux grands débats : les Corn Laws et les Poor Laws. Ricardo défend l’abolition des Corn Laws qui protégeait les agriculteurs anglais et se prononce en faveur du libéralisme pour repousser l’arrivée de l’état stationnaire.

Section 3 : la crise selon Malthus :
Tant chez Smith que chez Ricardo, la crise est pensée comme un horizon lointain. Chez Malthus, la crise est un horion potentiellement immédiat, le système capitaliste peut butter sur la crise si certaines règles ne sont pas respectées.

Il pointe les risques d’un excès d’épargne (sans pour autant condamner l’épargne), cela peut mener au risque d’insuffisance de la consommation. Malthus reprend Smith et notamment le concept de demande effective qui est la demande au prix naturel et remettre en cause la loi des débouchés. Malthus fait preuve d’hétérodoxie et montre que le capitalisme peut butter sur le problème de surproduction.
Parenthèse Keynes : Postérité de ces lois : Keynes, un siècle plus tard, s’attaque au théories libérales, et en particulier à cette loi des débouchés.

Selon lui, la demande crée l’offre.

Remise en cause radicale de la loi des débouchés. Il place au cœur de son analyse la dépense/demande anticipée (demande effective, en hommage à Malthus, qui a «osé» s’attaquer à la loi des débouchés)
Il utilise deux arguments :

  • les revenus épargnés peuvent ne pas être investit. L’épargne n’est pas nécessairement immédiatement et totalement transformé en capital et cela par indolence.


Ricardo reprend ces termes, et met en avant que la thésaurisation n’a pas de sens économique.


  • Imaginons une situation de départ, étant une situation d’équilibre t1.

t1 : équilibre

Dans cette économie, pour 100 travailleurs productifs, on a 100 travailleurs improductifs (domestiques des propriétaires fonciers)
t2 : une partie des propriétaires fonciers se métamorphose en capitaliste : embauche des travailleurs productifs. :

On a donc 150 travailleurs productifs et 50 travailleurs improductifs.

Les propriétaires fonciers se sont « serrés la ceinture » pour se métamorphose en capitalistes. On a donc :

  • Croissance des capacités de production

  • Croissance des biens de consommation


Qui va acheter ces marchandises produites en excès en t2 par rapport à t1?
Cf. Marx, et Keynes

Chez Keynes on la retrouve de façon intéressante. Chez Keynes, la crise est principalement analysée comme une crise de sous accumulation du capital. Crise de sous-investissement.

Alors que chez Marx, la crise est plutôt analyser comme une crise de sur accumulation du capital, crise de sur-investissement.

De même, Malthus, pointe les risques d’une sur-accumulation du capital provoquée par un excès d’épargne.

Malgré tout, chez Keynes, crise = sans accumulation de capital, il pointe aussi cela.

Il faut qu’à un moment, les machines servent à produire les biens de consommations finaux.

Sous consommation : principale cause de la crise
Malthus pointe les risques d’un excès d’épargne => excès d’accumulation du capital.

La solution ? L’éloge par Malthus des propriétaires fonciers. Le capitaliste a vitalement besoin de la classe des propriétaires fonciers. Il met en garde contre les thèses qui, explicitement, laissent entendre que cette thèse est un reliquat de l’histoire.

Les propriétaires fonciers sont indispensables, ils assurent au capital un débouché permanent (avec leur «  vie de château »)
Partant de là, Marx va à l’encontre de Malthus.

Partie 2: analyse marxiste de la croissance et des crises :


L’analyse de Marx a été critiquée car l’objet central de Marx est de définir le capital en estimant que les classiques y ont mal répondu. L’analyse de Marx a pour question centrale : qu’est-ce que le capital ? Le capitalisme est un mode d’exploitation particulier de l’homme par l’homme. Cela forme le cœur de l‘analyse de Marx. Cette analyse de Marx est féconde, il y a par ailleurs une série de trou noir dont l’état social, l’analyse de l’état et la démocratie. Pour lui l’état social n’existe pas lors de son existence.
L’Etat social dont de base la définition n’est pas stabilisé, par moment, on a tendance à réduire cet état social à la protection sociale. Retenons une définition large :

  • protection sociale.

  • Régulation des rapports de travail.

  • Services publics.

  • Politique économique (budgétaire, monétaire, commercial et industrielle).



On peut retenir que c’est la révolution léguée au XIX° siècle.
44% du RDBA en moyenne est constitué de prestations en France en 2008.

L’état social existe dans tous les pays du monde avec bien sûr des formes différentes. On note que ces 4 piliers existent partout dans le monde. L’Etat social est largement remis en cause ces dernières années. Ce qu’on peut soutenir : si a été remis en cause, il est toujours d’actualité pour deux raisons :

  • il est toujours là.

  • Il est quelque chose de considérable.


Plans entiers de l’économie qui échappe au capital, sur lequel le capital ne peut faire des profits. L’état social n’a pas simplement une dimension anti-libéral, mais aussi anti-capitaliste. Selon Marx, l'État est capitaliste. Dernière précision : Marx n’a pas pensé l’état social au milieu du 19e siècle, car il n’existait pas.

Certains travaux prétendant le fondement politique de l’état social: révolution américaine, puis française.

Chapitre 1 : plus value et exploitation :

Section 1 : exploitation capitaliste et accumulation du capital.
La thèse de Marx est de dire que le capitalisme n’a pas inventé l’exploitation mais un mode d’exploitation, le salariat. Ce sont ses rapports d’échange qui rende ce mode singulier.


  1. force de travail et exploitation


Le salarié est propriétaire de sa force de travail, il y a échange entre le salarié et le capitaliste. Le salarié est libre de vendre sa force de travail à qui il veut. Marx distingue 3 catégories que les classiques n’ont pas distinguées :

  • travail

  • force de travail

  • produit du travail


Ce que le salarié vend, ce n’est pas son travail ni le produit de son travail, c’est sa force de travail. Le travail chez Marx n’a pas de valeur d’échange. Cette distinction permet d’expliquer les racines de l’exploitation salariale.



  1. Force de travail, travail et produit du travail :


Marx souligne qu’il importe de distinguer ces 3 éléments, ce que le travailleur vend ce n’est ni ce travail, ni le produit du travail, c’est sa force de travail. En moyenne les travailleurs la vendent à sa valeur. La valeur de la force de travail comme la valeur de n’importe quelle marchandise est déterminé comme une moyenne sociale cela signifie que les marchandises sont échanger en moyenne à leur valeur.

Le travailleur ne vend pas sont travail car on ne peut vendre que ce que l’on possède, il n’est pas non plus en mesure de vendre le produit de son travail. Le travail c’est la valeur d’usage de la force de travail. Cela signifie que le capitaliste, une fois qu’il a acheté de la force de travail, a le droit de consommer cette marchandise, ici en faisant travailler le travailleur. De ce travail va naitre le produit du travail qui lui même va avoir une valeur d’usage et une valeur d’échange. L’enjeu pour les capitalistes, et que cette valeur du produit du travail soit supérieur à la valeur de la force du travail pour qu’il y ait plus value. Le travail en lui même n’a pas de valeur d’échange, il n’est qu’une valeur d’usage.

Selon Marx, c’est dans la confusion de ces trois dimensions que les classiques n’ont pas percé le mystère du capital.

Le capitaliste a de l’argent (A), il achète des marchandises (M) à leur valeur et revend les marchandises à leur valeur et fait pourtant une plus value (A≠A’). On a A-M-A’ parce que la marchandise achetée est différente de la marchandise vendue.

Un marché, par définition, ne produit rien. Marx insiste sur le fait que l’exploitation n’est pas du vol. Qui dit exploitation dit travail non payé, ici le prolétaire est libre de vendre sa force de travail, il l’a vend à sa valeur en moyenne, il n’y a pas de vol en moyenne (certains paye en dessous du prix, d’autres au dessus). La force de travail produit de la valeur plus qu’elle n’en coute. Il y bien du travail non payé, mais ce n’est pas du vol car ce n’est pas le travail qui est payé. Le capitaliste ne fait pas la distinction de façon spontanée de la force de travail du travail.



  1. Circulation simple et accumulation du capital :


Marx distingue deux types de circulation de l’argent :


  • la circulation simple ; M-A-M, cette circulation simple est à préciser, la marchandise cédée est différente de celle que l’on va acquérir. Dans cette circulation simple l’argent n’est qu’un moyen de l’échange. Au terme du processus, on ne dispose plus de l’argent. La finalité de l’échange est la valeur d’usage. Cette circulation simple est limitée par la satisfaction des besoins. Marx oppose la circulation de l’argent comme capital à cette circulation.




  • La circulation de l’argent comme capital ; A-M-A’, la marchandise n’est plus qu’un moyen. La finalité est l’accumulation d’argent peut importe la nature de la marchandise. Les deux formes primitives évoquées par Marx sont le capital commercial, on achète des marchandises et on les revend plus chères. L’autre forme est le prêt à intérêt (A-A’). Ces formes primitives de l’accumulation du capital sont assimilables en un sens au vol, le capitalisme n’est plus définit par ces formes primitives mais un mode de production particulier caractérisé par le salariat, c’est à dire par le travail productif ou il va y avoir accroissement de valeur dans la sphère de la production.


La formule générale du capital (A-M-A’) montre bien que l’accumulation de richesse est à priori infinie. Le capitaliste est guidé par une soif d’argent.

Marx rajoute qu’on voit d’emblé avec la formule générale du capital que le capitalisme amène l’accumulation pour toujours plus de richesse mais la concurrence entre capitaliste impose à ceux ci d’innover en permanence afin de produire plus efficacement que leurs concurrents ainsi un second vecteur pousse donc le système à accroitre leur production. Le capitalisme se distingue des modes de production antérieurs où il n’y avait pas ces vecteurs aussi puissant à innover et augmenter la productivité. A ce stade Marx fait l’éloge du capitalisme. C’est incontestablement un mode de production progressiste.

Ce qui guide le capitalisme est l’accumulation de l’argent et non la satisfaction des besoins et c’est ce en quoi le capitalisme est critiquable.
Section 2 : forme de la plus value et accumulation :
On va voir comment l’analyse par Marx des formes de la plus value permet de préciser son propos sur l’accumulation et donc sur la croissance. Marx distingue trois formes de plus value :

  • plus value absolue.

  • plus value relative.

  • plus value extra ou différentielle.




  1. plus value absolue et plus value relative :



  1. la plus value absolue :


La plus value absolue consiste à augmenter la journée de travail sans augmenter les salaires. Cette plus value a deux grandes limites :

  • limite physiologique. (journée de 24h)

  • limite sociale. La lutte des classes sur les salaires et sur la durée du travail.


La plus value absolue est brutale et ne peut être le ressort permanent du capitalisme car elle est soumise aux deux limites précédemment évoquées.



  1. la plus value relative :


Elle consiste à baisser la valeur de la force de travail mais sans faire baisser le niveau de vie du travailleur, elle peut même s’accompagner d’une augmentation du pouvoir d’achat des travailleurs. Elle est permise par les gains de productivité dans les entreprises qui produisent les biens de consommation consommés par les salariés.
Considérons une situation A1 un ouvrier qui travaille 8 heures par jour et il produit une paire de chaussure qui vaut 100 euros. Dans ces 100 euros, il y a 20 euros de capital constant (capital qui sert à acheter les machines et les matières premières), l’ouvrier est payé 40 euros pour ses 8 heures de travail, la plus value est donc de 40 euros. Le travail vivant a permis la plus value, le capital constant n’a fait que transmettre sa valeur. La force de travail à créer 80 euros et est rémunérée à 40 euros pour 8 heures de travail. Pour produire la marchandise il a fallu 10 heures de travail (8 heures de travail et 2 heures pour produire le capital constant). Le taux d’exploitation est de 100% (travail payé/ travail non payé => ici, 40/40).
Dans la situation A2, il y a eu des gains de productivité de 100%, en moyenne la valeur des marchandises consommées par l’ouvrier est divisée par deux (car gains de productivité multipliée par 2) ainsi la valeur des marchandises diminue car déterminée par le temps de travail nécessaire pour les produire donc l’ouvrier voit son salaire diminuer de moitié par le patronat car il ne perd pas son pouvoir d’achat
Dans la situation A3, il y a plus value relative dès lors que le pouvoir d’achat des salariés n’augmente pas au même rythme que les gains de productivité.
La plus value relative dépend des biens produit dans toutes les entreprises, elle n’est donc pas accessibles au capitaliste en autarcie.

  1. La plus value extra : présentation :


Marx ne consacre que quelques lignes à cette plus value, il ne s’étend pas sur le sujet. Cette plus value est permise par les gains de productivité réalisé par les capitalistes individuellement par contraste avec les autres capitalistes notamment ceux de leur branche, ici c‘est l’innovation capitaliste qui est en jeu.

Il y a plus value extra dès lors qu’un capitaliste parvient à introduire des innovations technologiques ou organisationnelle qui vont lui permette d’augmenter la productivité sans que ses concurrents soient parvenus à le faire. Ce sont les innovations technologiques qui sont en jeu.
Imaginons que grâce à une innovation technologique en une journée de travail de 8 heures on produit non plus une mais deux paires de chaussures (gains de productivité de 100%).
(B1=A1) txπ = plus value/ capital total capital total=K constant + K variable

= (pl/Kv) / ((Kc/Kv)+1)
Taux d’exploitation

Composition organique du capital

Situation B2, pour Marx taux de profit = plus value / capital constant + capital vivant.

Situation B3,

L’élargissement de l’innovation technologique aboutit finalement à la baisse du taux de profit dans l’ensemble de la branche. On voit donc ici la baisse tendancielle du taux de profit selon Marx.

La plus value extra repose sur les gains de productivité et plus précisément par les innovations technologiques qui les permettent.

  1. Remarques sur la plus value extra :


1ère remarque : pour Marx, le capitalisme est un système qui pousse en permanence à innover, à bouleverser les techniques de production. Il est de l’intérêt du capitaliste d’innover par rapport à leurs concurrents de façon à pouvoir réaliser cette fameuse plus value extra. Il y a un processus permanent qui articule plus-value extra, extinction de la plus value extra, nouvelle innovation.
2ème remarque qui prolonge la précédente : la diffusion des innovations techniques conduit à l’extinction de la plus-value extra. Dès lors que la différence n’existe plus, il n’y a plus cette plus-value différentielle qui lui était attribuée.
3ème remarque : la plus-value extra permet de confirmer que pour Marx, le mode de production capitaliste articule deux rapports irréductibles l'un a l’autre, des rapports d’échange, et des rapports de production. Les plus-values extra sont des innovations techniques dans la sphère de production. Mais elle existe que parce qu’il existe simultanément une valeur moyenne de la marchandise. Pour conquérir des parts de marché, le capitaliste va réduire sa plus-value extra de façon à faire plus de profit en masse. Au bout d’un certain temps, la concurrence entre le capitaliste conduit à la diffusion de l’innovation technologique.
4ème remarque : la plus-value extra dans le langage Marxiste s’appelle aujourd'hui des rentes technologiques, ce qu’on peut appeler aussi les surprofits associés aux monopoles technologiques qu’une entreprise peut posséder.
5ème remarque : l’exposé de la plus-value extra permet de visualiser comment la valeur relative des marchandises a tendance à baisser sous l‘effet de la diffusion des innovations technologiques. Ex : on passe de 10h a 7h de travail pour produire une marchandise grâce a l’innovation technologique, la valeur de cette marchandise baisse car le travail vivant est réduit de moitié.
6ème remarque : la plus-value extra permet de visualiser comment le capitaliste est à la fois la lutte des classes (en l’occurrence la bourgeoisie et les prolétaires) mais c’est aussi la lutte à mort des capitalistes entre eux. Le capitaliste qui a réussit l’innovation a prit les parts de marché à ses concurrents. Le capitaliste resté sur les vielles méthodes de production est contraint de vendre ses marchandises plus chères. Ce capitaliste baisse donc ses profits, car il doit conserver ses machines et employés.
7ème remarque : plus-value relative intéressante mais inaccessibles pour les capitalistes qui n’ont pas les moyens de peser sur les moyens de production de tous les biens. La plus-value extra incite les capitalistes à innover en permanence pour être plus performants que ses concurrents. Explication du canal de transmission par lequel la plus-value relative est extraite. Lorsque la plus-value extra disparaît, c'est la ou la plus-value relative est la plus importante. Potentiellement, cette situation peut engendrer la plus-value relative, le phénomène de diffusion permet de comprendre l’origine concrète de la plus-value relative. Enjeu de la répartition des biens de productivité et des luttes des classes : le prix des biens baissent donc les capitalistes baissent les salaires.
8ème remarque : l’exposé de la plus-value extra permet d’introduire la baisse tendancielle du taux de profit. Le taux de profit chez Marx : Plus-value / ensemble du capital (Constant et Variable). Marx le décompose (P/V)/(C/V +1)

Cette innovation technologique conduit à la baisse du taux de profit, suite a la hausse de la composition organique du capital.

Chapitre 2 : accumulation et crise :
la baisse tendancielle du taux de profits

Le principal objet d’étude de Marx ; capitalisme ? Réponse : le salarié
Le sujet des crises : le capitalisme génère nécessairement pour des raisons endogènes des crises régulières. Marx fait l’éloge du capitalisme par rapport au système antérieur (systèmes féodaux,…). Il cherche l’innovation. Il soutient par ailleurs que si le capitalisme peut être jugé progressif par rapport aux modes de production antérieurs, ce n'est pas pour autant la fin de l’histoire. Il n’a pas l’efficacité optimale à laquelle il prétend. La crise en est l’illustration saisissante.

Marx s’emploie à démontrer que le capitalisme génère régulièrement des crises, pour des raisons propres à sa dynamique même. La crise est le témoin de l’inefficacité de ce système. Elle signifie qu’une partie du capital (une partie de la main d’œuvre) va être inutilisée, au chômage. La crise est pour Marx la preuve que le capitalisme n’a pas l’efficacité sociale car besoins insatisfaits + travailleurs qui peuvent les satisfaire, mais le système l’interdit. La crise est au cœur de l’analyse de Marx.

Pour Smith ou Ricardo, la crise a des causes exogènes, extérieures (Ricardo : problème de fertilité des sols) qui pèsent sur le capitalisme mais dont il n’est pas responsable et ne fait que subir les conséquences.

Section 1 : la baisse tendancielle du taux de profit


  1. Exposé de la loi :


Origine de cette loi : ce sont les innovations technologiques. Ce qui provoque cette baisse : la hausse de la COC (composition organique du capital). Pour faire plus de profit les capitalistes sont contraints par la concurrence a réaliser en permanence des innovations technologiques qui conduisent a la hausse de la COC ce qui provoque la baisse du taux de profit. Tendancielle : apporte une nuance importante



  1. remarques sur la loi :


1ère remarque : l’exposé de la li permet de mettre l’accent sur une contradiction du capitalisme. Cette contradiction porte sue le statu de la force de travail. Capitalistes sont incités a bouleverser leurs techniques de production. Processus d’expulsion, dévalorisation de la force de travail. Seule la force de travail vivante crée de la plus-value. Les machines ne créent pas de plus-value, elles permettent d’augmenter la capacité pour la force de travail vivante à créer de la plus-value. Le capital constant ne fait que transmettre sa valeur, ne crée pas de nouvelle valeur. Paradoxe : le capitaliste expulse le travail, le dévalorise.
Taux de profit = taux d’exploitation / COC +1

= P/V / C/V +1
La contradiction du capitaliste : l’exploitation repose sur la force de travail mais le capitaliste est contraint d’innover, ce qui conduit à expulser la force de travail, or il n’y a qu’elle qui crée de la plus-value.
2nde remarque : la décomposition du taux de profit permet d’insister sur le statut ambivalent de V (capital variable).


Section 2 : les contre-tendances
A. la hausse du taux d’exploitation :

Marx évoque la hausse tu taux d’exploitation comme contre tendance à la baisse du taux de profit. La plus-value relative peut être l’une des racines de la hausse du taux d’exploitation.


B. le gain de productivité dans le secteur de production :

Les gains de productivité dans le secteur de la production se répercutent dans le secteur de la consommation. Il n’y a pas de loi mécanique qui pousse le taux de profit à la baisse.

C. l’exploitation des pays de la périphérie :
Du temps de Marx, les pays de la périphérie étaient essentiellement des pays coloniaux.

La première possibilité est l’exploitation des matières premières des pays de la périphérie, cela implique la baisse de la valeur du capital constant.

De la même façon, l’exploitation de la main d’œuvre ; soit sous la forme de la délocalisation (on réalise ici de la plus value absolue) encore faut-il trouver une main d’œuvre capable d’utiliser les moyens de production, soit sous la forme d’immigration de la main d’œuvre.

D. Remarque sur les contre-tendances :



Marx n’était pas autoriser de son propre point de vue compte tenu des contre tendances qu’il expose lui même a parler de la baisse tendancielle du taux de profit.

La hausse de la COC est loin d’être un processus mécanique, Marx invite à distinguer deux concepts :

  • composition technique du capital : c’est un rapport technique entre le degré de complexité technique des machines et la main d’œuvre. On peut accepter une hausse de la composition technique du capital. Cette composition technique n’est pas mesurable, ni le rapport entre la complexité technique des machines et des travailleurs.

  • composition organique du capital :



Le taux de profit n’est pas un rapport technique, c’est un rapport monétaire. La hausse de la COC est en partie contrecarrée par la productivité du secteur producteur de machines, C n’est pas constant.

Autre remarque, Marx quand il parle de loi tendancielle du taux de profit est prisonnier de la pensée classique qu’il critique. Marx à de nombreuses reprises critique les classiques en disant qu’il n’y a pas de loi naturelle mais on peut dire que ce que Marx reproche aux Classiques irrite sa pensée.

Cette vision téléologique se retrouve chez Marx comme quand Marx nous dit que le capitalisme va tomber.

Dernière remarque, une fois dit cela et reprocher à Marx sa vision téléologique, cet exposé est très intéressant car Marx exhibe les tendances de l’évolution du taux de profit.

Dans la plupart des raisonnements néo-classiques on considère le taux de profit comme stable et on ne s’y intéresse pas.

Chapitre 3 : reproduction et crise :

Section 1 : surproduction et sous-consommation :
Marx s’oppose à la loi des débouchés. Ce que Marx reproche aux Classiques, c’est d’avoir sous estimé que la production capitaliste n’est pas seulement marchande mais destiné à assurer un profit aux capitalistes.

Marx insiste sur la notion de suraccumulation du capital : croissance du COC (ce qui signifie une suraccumulation du capital).

Chez Marx la baisse du taux de profit est du à la COC. La suraccumulation du capital provoque la crise.

Au contraire pour Keynes, la crise est du à une sous accumulation du capital (sous investissement). Keynes met l’accent sur le rôle de l’investissement, contrairement aux modes de penser, ce n’est pas la sous accumulation mais le sous investissement.

C’est pour insister sur les déterminants financiers de l’investissement (spéculation) que Keynes insiste sur la question de l’investissement ; cette financiarisation débute par l’investissement.

Keynes pointe tout de même le rôle de la consommation, en effet une production de biens d’investissement doit servir à la production de biens de consommation. Chez Keynes il existe une loi psychologique fondamentale ; lorsque les revenus augmentent alors la consommation augmente mais dans une moindre proportion. Pour que la production soit écoulée, il faut une hausse de l’investissement pour compenser ; d’où l’accent mis sur l’investissement (réduit la demande effective à court terme). Mais cette hausse de l’investissement ne fait que repousser le problème car il y a une hausse de la puissance productive des biens de consommation.

Marx soutient que la suraccumulation du capital peut se traduire par une baisse du profit et par surproduction (surproduction effective de marchandise ou capacité de l’inutilisé)

Marx pointe ici une raison majeure, le capitaliste peut faire coexister suraccumulation du capital, surproduction et besoins sociaux insatisfaits. La crise du point de vue de Marx est l’illustration de l’inefficacité sociale capitaliste. On vérifie ici que la volonté du capitaliste n’est pas des améliorations sociales, sa vocation est le taux de profit.
Section 2 : schéma de reproduction :
Marx s’inspire de François Quesnay qui a essayé de résumer la fonction de l’économie à travers un circuit. Marx va exhiber les conditions pour qu’il y ait reproduction du système (égalité de l’offre et de la demande dans l’économie) et va finir par mettre en avant le fait que rien ne garantit l’équilibre :

  • conditions de reproduction simple : consommation du capitaliste.

  • Conditions de la reproduction élargie : l’essence du capitaliste est la reproduction élargie : partie du profit du capitaliste utilisé à des fins productives.




  1. la reproduction simple :


Secteur 1 : bien équipement (capital constant)

Secteur 2 : bien consommation

Quelles sont les conditions pour que la production globale soit écoulée à sa valeur ?
S1 = C1 + v1 + pl 1 v1 (salaire versé) pl 1 (plus value)
En reproduction simple, toute la plus value est consommée de manière non productive :
D1 = C1 + C2

D2 = v1 + v2 + pl1 + pl2  C2 = v1 + pl1
Il faut que la demande de biens de consommation suscite peu la production de biens de production (v1 + pl 1) soit égale à la demande de biens de production susciter pat la de demande de biens de consommation (C2). Il faut que les salaires versés par les entreprises plus les profits soient égaux à la demande de machines des capitaux qui se produisent.

Pour Marx cela est impossible car il n’y a aucune raison pour que cela soit égale, ce ne sont pas les mêmes décideurs.


  1. La reproduction élargie :


Toute la plus value se décompose : pl= cpl + vpl + zpl

pl > zpl
Donc une partie est destinée à la production :
C = C1 + v1 + cpl1 + vpl1 + zpl1

C = C2 + v2 + cpl2 + vpl2 + zpl2

v1 + vpl1 + zpl1 = C2 + cpl2
Il faut que la demande de biens de consommations suscitée par la demande de bien de production soit égale à la demande de biens de production suscitée par la demande de bien de consommation.
La reproduction simple était impossible ; alors celle-ci autant. Il faut que la somme des salaires initiaux + les salaires aux travailleurs + part des profits des capitalistes soient égales à la demande de machines initiales – demande en sucroit (du secteur 2).


  1. remarque sur les schémas de reproduction :


Dans les pays en développement, on a constaté non pas 2 mais 3 secteurs :

  • 2 sous secteurs de production et biens de consommation.

  • Secteur 2 : biens de consommations salarié.

  • Secteur 3 : biens de consommations de luxe.


Il y a une classe aisée et une autre classe laborieuse et entre les deux une classe moyenne. Sous l’effet de la création d’impôts sur le revenu les inégalités sont donc réduites.
Peut-on concevoir un capitalisme fiable à long terme qui soit tiré sur la croissance de consommation de luxe ?
Nous verrons comment Keynes critique la loi des débouchés.
Les schémas de reproduction sont pour Marx la remise en cause de la loi des débouchés. Rien ne garantit qu’il y ait un équilibre.

Section 3 : les prolongements de l’analyse marxiste
sur les crises :



Baisse du taux de profit et schéma de reproduction.



  1. le capitalisme comme économie monétaire :


Le capitalisme connaît l’économie monétaire. Marx insiste sur le fait que la différence entre l’économie capitaliste et le troc est une différence systémique.

Il pointe ici le fait qu’avec une économie il y a formellement d’embler une possibilité de crise liée à la dimension monétaire de l’économie. La transformation de l’argent en capital ne va pas de soi.

Marx reproche aux Classiques d’avoir considérer que ces étapes allaient de soi.
Chez Keynes, la monnaie et la création monétaire sont très importantes dans l’économie. Jusqu’à aujourd’hui, chez nombre d’auteurs marxistes ce qui est important est la sphère productive.

Les capitalistes gagnent ce qu’ils dépensent alors que les salariés dépensent ce qu’ils gagnent (accès au crédit d’affaire). On trouve chez Keynes une asymétrie fondamentale.


  1. le modèle de Goodwin :


1967, ce modèle est pris comme le prolongement de l’analyse marxiste.
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Il y a ici l’idée qu’il y a une dynamique du capitalisme qu’on peut interpréter autour de ce cercle.
Point A : le chômage élevé équivaut à l’armée de réserve industrielle, si le taux de profit est élevé alors il y a de fortes allocations du capitalisme ce qui entraine une variation et donc l’embauche et donc une baisse du chômage.
Point B : il y a une diminution de l’armée de réserve ce qui entraine une hausse des négociations des travailleurs et donc une hausse du salaire qui engendre donc une baisse du profit.
Point C : crise de l’accumulation du capital qui entraine la réussite économique et une hausse du taux de chômage.

Remarque :


  • Présentation de façon simple la dynamique du conflit entre profit et travail.

  • Ce modèle rencontre parfois la réalité.

  • Il est plus classique que marxiste.

  • Le profit est réinvesti en capital ; qui dit profit et capital au cœur de la théorie classique.


Les profits sont entièrement réinvestis en capital (profit synonyme de capital) cela implique qu’on se trouve au socle de la théorie Classique mais également en partie marxiste.

C’est ici que Keynes s’oppose radicalement. Certains auteurs décrivent Marx comme Classique car il reste en partie prisonnier de la pensée Classique. On ne trouve pas chez Marx une analyse hétérodoxe de la monnaie.

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